INÉGALITÉS DE REVENUS

Tribune Libre 10 mai 2012

par Pierre Gusdorf

UN DÉBAT LÉGITIME

Sébastien Loeb et Franck Riboud : 7 millions d’euros de revenus en 2011. Vincent Cassel et Nolwenn Leroy : 2,5 millions. David Guetta et François Cluzet : 3,2 millions. Carlos Ghosn et Thierry Henry : plus de 9 millions. Ces sommes donnent le vertige. La proposition électorale de « taxer les riches » à 75% a relancé le débat sur les inégalités de revenus. C’est un débat qui dépasse largement les frontières de notre pays. Il est parfaitement légitime. Encore faut-il situer clairement les choses.

Le bonus de 16 millions d’euros accordé à Maurice Lévy, président de Publicis, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Face aux critiques de plusieurs personnalités politiques, de gauche comme de droite, l’intéressé s’est défendu en expliquant qu’il s’agissait d’une rémunération différée depuis neuf ans. Il a indiqué qu’il s’agissait de la récompense de sa « surperformance » à la tête de Publicis, devenu un groupe de communication de niveau mondial avec des revenus « multipliés par dix » et des « milliers d’emplois créés ».  Enfin il a comparé ce bonus à une prime de match, attribuée à Ronaldo ou Zidane, et c’est là que le bât blesse. En matière d’inégalités, il convient en effet de distinguer deux types de cas qui n’ont strictement rien à voir.

ARTISTES, SPORTIFS, ÉCRIVAINS…

D’un côté les artistes, sportifs, écrivains, scientifiques, patrons de PME ou de start-up. Ces personnalités ne doivent leurs revenus qu’à leur propre travail, aux stades ou salles de concert ou de cinéma qu’ils remplissent, au succès des brevets qu’ils déposent, aux buts qu’ils marquent, aux records qu’ils battent, aux contrats qu’ils signent, aux livres et aux disques qu’ils vendent. Leur carrière est parfois de courte durée. Elle se termine avec leurs succès. Un acteur de cinéma, un chanteur ou un footballeur qui connaissent des contre-performances peuvent perdre rapidement leur statut de « bankable » et subir une baisse de revenus spectaculaire. Jean-Louis Trintignant expliquait qu’après s’être arrêté de tourner pendant quelques mois, à la fin des années 70, son cachet avait baissé de 80%. Est-il légitime de s’indigner des revenus élevés – mais volatiles et aléatoires – qu’ils touchent ? Ne doit-on pas au contraire partager les inquiétudes d’une Françoise Hardy, d’un Philippe Bouvard, d’un Patrick Bruel ou d’un Carlo Ancelotti face à un tel risque de spoliation ?

PATRONS DU CAC 40

Le cas des patrons du CAC 40 est plus critiquable. L’annonce de l’augmentation de 34% de leurs revenus en 2011 a provoqué l’incompréhension et l’indignation. L’explication officielle est que ces revenus et ces bonus seraient liés à la prospérité de leur entreprise. Cette justification est insuffisante pour deux raisons :

- La réussite d’une grande société n’est pas liée au seul travail de son président. Maurice Lévy s’attribue avec immodestie et prétention l’exclusivité des succès de Publicis. Or la gestion d’une entreprise est un travail d’équipe, qui inclut non les seuls dirigeants mais également l’ensemble des salariés. Les collaborateurs de Publicis qui ont contribué à la « surperformance » de leur entreprise ont-ils touché des primes et bonus en rapport avec les 16 millions de leur président ?

- L’expérience montre que les bonus, primes et retraites-chapeau dont peuvent bénéficier les patrons du CAC 40 n’ont aucun rapport avec les résultats de leurs entreprises. Le président de Dexia, responsable de la déconfiture de son groupe, a été contraint à la démission en 2008. Il touche cependant une retraite-chapeau de 583 000 euros par an. Le directeur général de Crédit Agricole SA a mis fin à ses fonctions voici deux ans et perçoit depuis une retraite-chapeau de 760 000 euros par an. Il est pourtant responsable de 11 milliards de pertes pour son entreprise sur les subprimes et 5 milliards sur sa filiale grecque.

ASSISTANCE MUTUELLE ET CONSANGUINITÉ

Ces dérives s’expliquent. Les conseils d’administrations du CAC 40 constituent une forme de syndicat d’entraide mutuelle, dont l’action est facilitée par la « consanguinité » qui y règne : 39 des 40 entreprises du CAC 40 ont au moins un administrateur en commun. Certains administrateurs siègent même dans six conseils à la fois. Comment s’étonner qu’ils se renvoient la balle au sein des comités de rémunération ? Au final le salaire moyen annuel des patrons du CAC 40 s’est élevé en 2010 à 4,11 millions d’euros. Dix présidents dépassent le plafond de 240 SMIC, soit 4,6 millions d’euros.

UNE RÉALITÉ MÉCONNUE

Le comportement des patrons du CAC 40 n’est certes pas de nature à réconcilier les Français avec le monde de l’entreprise. Il peut contribuer à expliquer l’augmentation spectaculaire de l’électorat des partis extrêmes, de droite et de gauche.Cependant ils ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt. Une étude de l’OCDE (Toujours plus d’inégalité – disponible sur www.oecd.org/els/social/inegalite) vient en effet de révéler que les inégalités de revenus au sein de la population en âge actif sont restées globalement stables en France depuis le milieu des années 1980, contrairement à la plupart des pays de l’OCDE qui ont connu une augmentation constante. Le niveau de vie moyen des 10% des Français les plus riches en 2008 était d’environ 61 000 €, 7 fois plus élevé que celui des 10% les plus pauvres avec un niveau de vie de 8 700 €. Cela se compare à un ratio de 8 en 1985. La part des hauts revenus est restée relativement stable. Entre 1990 et 2006, la part de la tranche supérieure de 1% des revenus n’a que légèrement augmenté en France de 8,2% à 8,9%. Dans le même temps, ces parts ont souvent doublé dans les pays anglophones.

L’un des éléments d’explication réside dans la redistribution par les prestations sociales et les impôts, qui réduit les inégalités d’un peu plus de 30% en France, ce qui est bien supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE de 25%.

Même si les salaires des dirigeants d’entreprise de notre pays sont largement inférieurs à ceux de leurs collègues anglo-saxons, on comprend l’indignation que peut provoquer, dans un contexte de crise, l’indécence des montants annoncés. Cela ne dispense pas, cependant, de se pencher sur la réalité des chiffres. Celle-ci démontre une situation bien moins inéquitable dans notre pays que dans bon nombre de ses voisins.


« le forfait de la ville pour France Argentine : une formidable occasion manquée »

Non classé, Sur le vif 27 mars 2012

COMMUNIQUÉ DE BRUNO CHAVANAT
AU NOM DU GROUPE UNION POUR RENNES CAPITALE

Toujours présents pour communiquer, les élus rennais sont décidément bien absents pour passer à l’acte! En déclarant forfait pour recevoir le match  France Argentine après s’être fait mettre hors jeu pour l’Euro 2016, la municipalité montre malheureusement que l’intention d’accueillir un grand événement sportif est à ranger dans le rayon déjà bien rempli des voeux pieux et des déclarations sans suite.
Lors du dernier conseil municipal, nous avions demandé à l’adjoint au sport de prendre position. Sa réponse évasive (« c’est  intéressant, je vais étudier »), ne présageait rien de bon. Sans doute savait il déjà que la ville ne ferait pas l’effort nécessaire -au demeurant limité à la remise en état de la pelouse- qui aurait pu permettre la tenue du match.
En contrepartie, Rennes, capitale d’un jour du rugby, aurait pu démontrer avec éclat que son stade pouvait accueillir une compétition internationale de haut niveau et que le rugby n’est pas un sport réservé au sud de la Loire. Pour les amateurs de sport, pour le rugby et pour la ville, quelle formidable occasion manquée!


« Drame de Toulouse : lorsqu’une communauté est visée, c’est au corps social unanime de réagir »

Sur le vif 20 mars 2012

COMMUNIQUE DE BRUNO CHAVANAT

AU NOM DES ELUS DU GROUPE « UNION POUR RENNES CAPITALE »

Après les fusillades qui ont couté la vie à trois militaires à Toulouse et Montauban, le drame qui vient frapper le collège Ozar Hatorah à Toulouse suscite l’effroi et l’indignation.

Face à la violence qui se manifeste sous son jour le plus révoltant et le plus condamnable, il est important que chacun se sente solidaire. Aucun attentat à des vies innocentes ne peut être toléré. A fortiori, lorsqu’un service public ou une communauté sont visés en tant que tels.

Lorsqu’une communauté est visée, c’est au corps social unanime de réagir. C’est dans cet esprit, que les élus du groupe Union pour Rennes Capitale expriment leur condamnation sans réserve  des actes barbares qui ont visé sciemment des enfants du collège juif de Toulouse. Ils font part de leur totale solidarité avec la communauté juive et avec les familles des victimes dont les vies innocentes ont été détruites de manière aveugle comme l’ont été celles des militaires ces jours derniers.


Pourquoi Rennes ne dispose-t-elle pas d’une salle de spectacle grande capacité ?

Coup de gueule 17 février 2012

Bertrand Plouvier et les élus du groupe d’opposition de la ville de Rennes Union pour Rennes Capitale souhaitent réagir à l’article paru dans Ouest-France le mercredi 15 février titré « la Bretagne manque de salles de concerts« .

Lors du lancement du projet de rénovation du Liberté, il y a quelques années, les élus du groupe Union pour Rennes Capitale avaient déjà part de leurs inquiétudes quant à la carence de la capitale bretonne en matière de salle de concert « grande capacité ». Le succès des nombreux festivals bretons atteste la volonté des bretonnes et des bretons de se distraire. Hélas, la Bretagne ne peut pas se contenter du Liberté malgré sa version rénovée. Cet équipement présente une capacité d’accueil insuffisante (5.300 places en assis-debout ou 3.400 en assis) : les grandes tournées artistiques d’aujourd’hui exigent des capacités d’accueil bien supérieures.

L’absence de grande salle adaptée à de tels spectacles se fait bel et bien ressentir en Bretagne. Bertrand Plouvier et les élus du groupe Union pour Rennes Capitale regrettent de ne pas avoir été entendus en son temps. Les responsables politiques rennais et bretons au pouvoir ont fait preuve d’un manque de volonté indiscutable d’équiper la Bretagne d’une salle de spectacle de type « Zenith« . Rappelons, que nos voisins Bas-normands ont été dotés d’un Zénith à Caen dès 1993, les Ligériens en 2006 à Nantes. Pourquoi devons-nous, à Rennes, nous contenter d’un hall de parc-expo « aménagé » en salle de concert vieillissant et inadapté pour accueillir le public des grandes tournées européennes ?


Agression du patron de PMU du Landrel : indignation des élus de l’URC

Dans les médias 13 février 2012

Les élus du groupe Union pour Rennes Capitale tiennent à exprimer leur vive émotion et leur indignation après l’agression d’une rare violence qui a entraîné la mort de M. Rabah Merakeb, patron du Bar PMU du Landrel. La famille et les proches de M. Merakeb doivent être assurés que  les Rennais s’associent à leur douleur. Ce drame doit être pris très au sérieux. Nous faisons confiance aux autorités de police pour tout mettre en œuvre pour en élucider les motifs. Plus largement, nous appelons et nous soutiendrons les efforts nécessaires de la ville pour que, comme dans d’autres quartiers de Rennes, les commerçants du centre commercial et tous les habitants du quartier du Landrel soient  assurés que leur droit à la sécurité est une priorité absolue.


Pour en finir avec un pessimisme bien français

Idées neuves, Place du marché 7 février 2012

par Pierre GUSDORF (pierre.gusdorf@gmail.com)

Sondage après sondage, la presse se fait complaisamment l’écho de cette notable exception française : le pessimisme. Ce manque de confiance en l’avenir qui affecterait nos compatriotes donne lieu régulièrement à des analyses variées. Leur point commun est de mettre immanquablement en avant la défiance à l’égard de la politique, des politiques. Est-ce aussi simple ?

Curieusement, deux points ne sont jamais évoqués par les commentateurs :

- L’inculture du compromis politique : depuis 1958, notre pays n’a plus connu de gouvernement de coalition entre grands partis. Schématiquement, c’est toujours « droite contre gauche » et réciproquement. De ce fait, toute politique gouvernementale est systématiquement jugée nocive par l’opposition. Tendance aggravée par la prégnance d’une idéologie manichéenne d’héritage marxiste. Les points de convergence sont exceptionnellement rares et vécus honteusement. L’actualité fournit un bon exemple avec la « règle d’or » de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux : celle-ci embarrasse au plus haut point le parti socialiste, qui désapprouve vigoureusement cette mesure jugée sarkozyste tout en expliquant laborieusement qu’il la mettra en place s’il parvient au pouvoir. Comment l’électeur pourrait-il avoir une vision claire de l’avenir quand toutes les propositions ou décisions d’un camp sont systématiquement démolies par l’autre camp ?

- Le rôle de la presse : ce n’est pas nouveau, les médias s’attachent à ne parler que des trains qui n’arrivent pas à l’heure. Les « faut que ça rate » : ainsi De Gaulle surnommait-il déjà certains journalistes. Cette tendance s’est considérablement aggravée ces dernières années : défaitisme, catastrophisme, misérabilisme sont aujourd’hui le credo d’une presse dont les acteurs paraissent torturés par la mauvaise conscience des privilégiés. Au point que l’homme de la rue évoque fréquemment sa réticence à allumer radio ou télévision de peur de n’entendre que de mauvaises nouvelles. Par surcroît, le milieu des journalistes d’actualité est largement dominé par les idées de gauche[1]. Comment s’étonner dans ces conditions que la politique des derniers gouvernements ait été systématiquement présentée sous un jour sombre et néfaste par la quasi-totalité des médias ?

Le phénomène s’auto-alimente par les enquêtes d’opinion qui mettent en évidence l’efficacité de ce système de démolition et constituent un élément supplémentaire de déprime, donnant lieu à un supplément de sombres analyses.

La presse ne se remet jamais en cause à l’occasion de ce triste constat. Etonnant, non ?


[1] Fait démontré par le célèbre sondage de l’institut SCP réalisé en février 2001 paru notamment dans l’hebdomadaire Marianne – cf http://archives.contrepoints.org/IMG/pdf/www-contrepoints-org_La-veritable-pensee-unique.pdf).


Vœux à l’association Projets pour Rennes Capitale

Vie de l'asso 29 janvier 2012

Le discours de Bruno Chavanat,

Conseiller Municipal et Président du groupe Union pour Rennes Capitale

à l’occasion des vœux à l’association Projets pour Rennes Capitale le vendredi 27 décembre à la MJC Le Grand Cordel

Chers amis,

Vous avez vu, entre Noël et le jour de l’an, sur les murs de la mairie un spectacle, appelé le Petit Géant. Ce spectacle était une sorte de carte de vœux adressée par le maire et la municipalité aux Rennais.

Il vous délivrait trois messages.

1/ Nous vivons une époque terrible. Le monde dans lequel vous vivez vous agresse. Vous avez raison d’avoir peur.

2/ Il faut des coupables. Le coupable n°1 c’est la finance (depuis le discours de F. Hollande au Bourget on sait que ce message ne doit rien au hasard). Le complice n°1 c’est Sarkozy.

3/ Laissez vous prendre par la magie du spectacle. Ne vous offusquez pas. Applaudissez même si cela vous choque un peu. Laissez les communicants vous prendre en charge et tout ira bien.

Ces messages disent exactement l’inverse de ce que voudrais vous souhaiter pour cette année 2012.

Je ne veux pas vous souhaiter cet engrenage de la peur, de la recherche du bouc émissaire, et de l’image qui hypnotise.

Je veux vous (nous) souhaiter la confiance. Je veux vous (nous) souhaiter l’esprit d’union. Et je veux vous (nous) souhaiter l’authenticité et la vérité.

Confiance dans ce que nous réserve l’année qui vient en dépit de tous les obstacles. Confiance dans les liens d’amitié ou de fidélité qui vous unissent à vos proches, votre famille. Confiance dans les liens qui nous rassemblent ici depuis plusieurs années dans notre association Rennes Capitale.

Confiance aussi  pour notre ville.  Car il ne faut pas se tromper d’objectif ni d’état d’esprit. Nous ne préparons pas l’alternance à Rennes parce que  nous sommes des grincheux. Nous sommes au contraire des amoureux de Rennes. Il faut le dire. Il faut que cela se sente.

Depuis le début du mandat, nous avons joué bon an mal an notre rôle d’opposition. Mais nous ne l’avons pas fait dans l’idée de faire feu sur tout ce que propose la mairie. Nous le faisons, au contraire, parceque nous avons le désir que Rennes avance et que, bien souvent, le maire piétine avec une vision étriquée – ou avec pas de vision du tout.

-          Pourquoi sommes nous critiques sur le projet EuroRennes ? C’est parce qu’on pense qu’il s’agit d’un levier majeur pour le rayonnement de Rennes et que c’est un gâchis monstrueux que ne le traiter que comme une simple ZAC, sans idée du contenu, sans même y intégrer la prison des femmes… Souvenons la présentation qui nous a été faite ici même il y a deux ans du projet Bordeaux Euratlantique, qui révélait une autre ambition, un autre souffle… Au nom de ce nouveau souffle, nous proposons de transformer Eurorennes en EuroBreizh, qui permettrait par sa visibilité et son contenu de nous affirmer mieux comme capitale de la Bretagne.

-          Pourquoi sommes nous critiques sur la politique de la petite enfance et le manque de places en crèche ? Ce n’est pas pour le plaisir de critiquer l’élu en charge du dossier. C’est parce qu’on ne se résout pas que Rennes n’ait pas gagné un seul habitant en dix ans, alors qu’on y construit des milliers de logements. Une ville où 56% des habitants vivent seuls qui a besoin de familles !

-          Pourquoi soutenons nous ceux qui dans les Prairies Saint-Martin ou rue de l’Alma se battent contre les projets de la municipalité ? Ce n’est pas pour mettre de l’huile sur le feu. C’est parce que l’écoute des habitants et la confiance dans leur capacité d’inventer la ville, les aménagements, les pistes cyclables, c’est quand même moins décourageant pour les citoyens que les projets systématiquement déja ficelés.

Nous entrons dans une année décisive. 2012 va être l’année durant laquelle, après les élections, nous allons changer de registre. Nous étions l’opposition. Nous allons devenir la force qui prépare l’alternance. Or on ne préparera pas l’avenir de Rennes sans vision et sans optimisme. C’est pour cela que la confiance est un état d’esprit si nécessaire.

Il faut de la confiance. Mais il faut aussi de l’union.

Dans le petit géant, le maire de Rennes cherche des ennemis. Moi je vous propose de chercher des amis.

Certains d’entre vous l’ont lu dans la presse, à l’approche des élections nationales, je me suis exprimé pour dire que l’union des forces politiques de la droite et du centre me parait une nécessité pour le redressement du pays et une condition de la victoire en 2012.

Ce que j’ai dit à propos de Bayrou et Sarkozy, je le redis, avec plus de force encore pour Rennes dans la perspective des élections municipales de 2014. Je ne demande à personne de renier ses convictions ni son appartenance. Au contraire.

Mais je dis qu’un parti isolé ne gagnera pas seul. Que nous devons créer des passerelles, ne pas nous murer dans des identités partisanes, attirer à nous tous ceux qui n’appartiennent à aucun parti mais qui, tout simplement ont la passion de leur ville.

Cette attitude ouverte, respectueuse des identités, nous devons la cultiver comme un trésor. Soyons y  d’autant plus attentifs –et ceci dès les échéances du printemps- qu’il est possible que cette attitude nous distingue d’un camp socialiste où déjà nous voyons sortir les dagues entre deux députés sortants et fleurir les divisions entre courants et partis concurrents.

Je voudrais former un troisième vœu qui est de vous souhaiter l’authenticité et la vérité dans les comportements.

Le maire tente de séduire les Rennais avec les images de synthèse projetées à grand frais sur les murs de la mairie. Coût pour la collectivité : près de 100 000 euros.

Le maire et ses adjoints de quartier tentent de faire croire à la population des quartiers qu’il sont proches de leur préoccupations en organisant ici et là caravanes de quartier et assises de quartier : coût pour la collectivité : 50 000 euros l’unité.

Le maire de Rennes président de Rennes métropole tente de faire croire – à travers la revue Place publique, à travers le Forum Libération- que la ville et la métropole sont le temple du débat pluraliste et respectueux de la diversité des opinions. Coût pour la collectivité 185 000 euros dans le premier cas, 300 000 euros dans le second.

Ces dépenses n’ont qu’un but : soigner les apparences. Elles couvrent une réalité : le système en place depuis 33 ans ne veut pas céder une once de pouvoir ni même tolérer ce qui met en danger son hégémonie.

Si nous n’y prenons pas garde, l’année 2012 risque d’en fournir une nouvelle illustration.

Chacun sait que le Président de Rennes Métropole a une idée fixe qui est d’absorber dans Rennes Métropole les communautés de communes avoisinantes.

Le coup a largement raté en 2011. Seules quelques communes autour de Bécherel et Laillé vont nous rejoindre. Mais la direction est donnée : donner de plus en plus de compétences à un organe de plus en plus gros et de plus en plus lointain.

Vos élus accessibles et surtout responsables devant vous, c’est déjà presque fini à Rennes. Vous voulez parler d’aménagement du quartier de la gare ? Voyez E. Couet, le maire de Saint-Jacques que vous n’avez pas élu. Vous voulez parler des horaires de bus ou de l’aménagement du mail ? Voyez le maire d’Acigné, que vous n’avez pas élu.

Cette évolution est décourageante. Naturellement elle s’accompagne d’une campagne de communication destinée à faire croire que les simples citoyens que nous sommes sont consultés. Mais ne nous laissons pas abuser par ce duo composé d’une machine administrative lointaine et sans visage et de son « directeur du marketing territorial » (sic) qui est censé lui donner bonne image.

Cette évolution de la démocratie est le contraire exact de ce à quoi nous aspirons. Mais c’est précisément parce que nous refusons ce système, parce que nous cultiverons l’authenticité et la vérité que nous serons écoutés.

Les Rennais ressentent cela. Ce sera un enjeu important des prochaines élections que de rendre au citoyen sa place au cœur de la ville. C’est l’une des choses les plus importantes qui nous réunit ce soir.

C’est aussi la raison pour laquelle nous avons restructuré l’association Rennes Capitale avec des moyens d’expression nouveaux, notamment dans les quartiers, et que nous relancerons au printemps l’association Forum pour réunir l’ensemble de ceux qui veulent avancer avec nous à l’échelle de la Métropole. Et c’est pour nous une raison d’agir ensemble avec enthousiasme,  dans l’union et avec confiance tout au long de cette année 2012. Tout le contraire du Petit géant !

Bonne année à chacun d’entre vous.


Voeux de Rennes Capitale

Non classé 25 janvier 2012

Bruno Chavanat

Conseiller Municipal – Président du groupe Union pour Rennes Capitale

et

Benoît Caron, Chrystèle Jouffe, Françoise L’Hotellier, Marie Louis, Doris Madingou, Michèle Payen-Toulouse, et Bertrand Plouvier

Conseillers Municipaux

vous convient

avec l’association Projets pour Rennes Capitale

à la cérémonie des

voeux de Rennes Capitale


le vendredi 27 janvier à 18h30

à la MJC Le Grand Cordel – 18 rue des Plantes – face à l’église Saint-Augustin

35700 Rennes

Réponse souhaitée :

rennes.capitale@yahoo.fr