Intervention de Jérôme Normandière
Conseil municipal, 07/07/08

Centre d’Information Petite enfance

Le Centre d’information petite enfance est une initiative tout à fait intéressante. Elle peut néanmoins paraître étonnante au regard de la nature des difficultés persistantes en matière de garde d’enfant à Rennes. Le problème réside sans doute autant, si ce n’est même plus, dans le manque de capacité d’accueil que dans l’information et l’orientation.

C’est donc à la fois très simple… et très compliqué. Nous ne doutons pas que ce centre trouvera sa pleine mesure et toute son utilité lorsqu’il sera également envoyé par la Mairie un signe fort pour satisfaire les besoins en matière de garde d’enfant. A lui seul, il ne pourra pas faire de miracles.

L’information, sans les moyens qui suivent derrière risque de confiner, chacun le sait, à un exercice de communication.

Nous verrons donc à l’usage, mais en attendant, le centre ne doit pas être le cache-sexe –ou plutôt l’arbre qui cache la forêt- des choix qui ont pu être faits et qui conduisent à la situation que nous connaissons.

Les crèches sont aujourd’hui saturées. Le nombre de places en crèches municipales est passé de 1227 en 1996 à 1070 en 2006. Le nombre d’assistantes maternelles de la Ville de Rennes a été divisé par deux entre 1998 et 2006. 36% des demandes sont aujourd’hui satisfaites alors qu’elles étaient encore 58% en 1998.

Cette réalité pèse sur la disponibilité et même sur le droit au travail d’un grand nombre de parents, essentiellement des mères de famille.

C’est un constat que nous avons formulé au cours de la campagne du printemps dernier. Nous proposions notamment, en liaison avec la CAF et le CG un plan d’adaptation de l’offre –structures collectives ou assistantes maternelles- destinées à satisfaire en deux ans la totalité des besoins des familles rennaises pour la garde des enfants de moins de 3 ans. Ce plan devrait idéalement précéder ou accompagner une initiative telle que le centre d’information.

Il y avait en 2000 43500 familles avec au moins un enfant. Elles étaient 39700 en 2006, alors que la population de la Ville s’accroissait dans le même temps, de 12000 habitants environ.

Une Ville qui perd ses familles, c’est une ville qui renonce implicitement à tout un pan du lien social. C’est une ville qui trahit sa raison d’être en s’abstenant de s’adresser à tous. C’est une ville qui fait des choix implicites. En s’abstenant de prendre des mesures positives et volontaristes, elle fait celui de les laisser partir et ainsi de tourner le dos à son avenir.