Insécurité dans le quartier de Bréquigny
Question orale de Marie Louis
Conseil municipal, 6/10/08
Violences urbaines à Bréquigny
Monsieur le Maire, chers collègues,
Je veux, ce soir évoquer la détresse qu’éprouvent certains de nos concitoyens victimes de violences urbaines.
En pareil cas, trois postures sont possibles : la première, pas constructive, serait d’exploiter cet événement ; la deuxième, irresponsable, serait d’être indifférent et la troisième, la seule acceptable est d’être pragmatique et efficace. J’insiste, je ne suis pas là , pour donner des leçons mais simplement pour poser un problème de sorte que, sereinement et collectivement, nous y apportions les meilleures solutions.
J’ai rencontré les 5 personnes victimes des incendies de voitures la semaine dernière, dans le quartier Sarah Bernhardt. La violence de ces actes n’est pas facile à vivre et met les victimes dans une situation difficile. Comme toujours, ce sont des personnes de condition modeste. Et, nous savons tous que l’indemnisation ne couvrira qu’une partie du coût d’achat d’un nouveau véhicule. Le préjudice subi va, malheureusement, bien au-delà des frais inhérents au remplacement du véhicule.
Face à ces actes de vandalisme, on peut toujours passer le singe… Mais les victimes sont bien là . Elles nous interpellent et attendent des solutions.
Des questions, bien légitimes, nous sont posées :
Je cite une des victimes : « Que pouvez-vous faire pour nous ? On aurait aimé avoir un soutien de la mairie, d’Aiguillon… Personne ne s’est intéressé à nous jusqu’à maintenant… ». Je reprends ces propos non pas pour porter un jugement mais pour que demain d’autres victimes trouvent une écoute et un soutien.
Quelles dispositions comptez-vous prendre pour que les violences urbaines cessent de se développer à Rennes ? Pourquoi n’installez-vous pas de caméras de vidéoprotection, -comme le font certains de vos collègues, maires socialistes à Angers ou à Lyon pour ne citer que deux exemples ?
Ce n’est, certes pas, le remède miracle mais c’est un moyen parmi d’autres. Et puis, leur efficacité est, désormais, reconnue par tous les services de la sécurité publique. N’ont-elles pas démontré leur efficacité dans le métro ? Nous ne sommes pas choqués d’être vidéo protégés dans tous les supermarchés ou dans les banques, pourquoi le serions-nous en d’autres points de la ville ?
Outre la prévention, j’aimerais que nous réfléchissions à un dispositif pour venir en aide aux victimes. Que peut-on envisager pour une prise en charge rapide des victimes ? Elles ont vraiment besoin d’être écoutées, reconnues. Pourquoi ne pas confier ce rôle au conseil de quartier ?
Enfin, que pourrait-on envisager, au titre de la solidarité locale, pour aider les victimes ? Un fonds spécial pourrait-il être créé pour la réparation du préjudice subi par suite de violences urbaines ? Ce fonds devrait être bien conçu pour compenser équitablement les pertes sans inciter à l’abus.
Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ces questions.
















21 octobre 2008 Ã 19:57
Madame Louis.
Je suis l’une des victimes et vous remercie d’avoir pris un moment pour nous rencontrer. Vous êtes la seule à l’avoir fait, même depuis le conseil municipal du 6/10/08. Nous avons bien reçu une lettre de l’élue de quartier Mme Chapdelaine… Une lettre pour ne pas dire grand chose… Je pense que cela lui a donné l’impression d’agir…
Quel est le résultat de votre intervention ? Avez vous été écoutée ? Le message est il bien passé ?
Il faut vraiment réussir à faire comprendre que cette situation est difficile à vivre et qu’il faut tout faire pour que cela ne se reproduise pas ailleurs. Aujourd’hui, j’envisage sérieusement de quitter la ville : ne pas se sentir en sécurité, ne plus dormir correctement, être continuellement en alerte au moindre bruit suspect, peut être que cela passera avec le temps, mais je n’ai plus envie de laisser le temps faire son oeuvre. J’ai une fille de 12 ans, et je veux la protéger de l’insécurité qui règne dans notre quartier.
Voilà , je voulais juste vous faire passer ce message pour que vous le fassiez suivre auprès de la municipalité. Que cette dernière prenne vraiment conscience de la réalité des choses, qu’elle arrête de se fermer les yeux et qu’elle mette des actions concrètes en place pour que chaque habitant qui vit à Rennes y vive en s’y sentant bien.
Merci encore de votre écoute.
Cordialement.
3 novembre 2008 Ã 11:37
Madame,
J’ai pris toute la mesure de ce que vous subissiez et j’essaie de sensibiliser davantage les élus pour que nous mettions en place des moyens nécessaires à votre protection. Il n’y a pas de raison de vous laisser vivre avec ce sentiment d’insécurité.
Des solutions existent pour limiter et à terme enrayer ces processus. La solution de la vidéoprotection n’est certes pas la panacée. Elle aurait tout de même le mérite de dissuader ! Et ce n’est pas négligeable.
Suite à la question posée devant le conseil municipal, je suis invitée à participer à une réunion programmée, courant décembre, pour évoquer ce sujet. Souhaitons que cette rencontre permette d’aborder pleinement les problèmes de violences urbaines à Rennes et de mettre en face des problèmes connus des solutions. Vous pouvez compter sur le groupe de Rennes Capitale pour aiguillonner, sans relâche, les élus de la majorité et les convaincre de mettre en place les moyens nécessaires à votre protection.
Quant à la prise en charge des victimes, pour l’heure rien n’a véritablement changé. Les élus de la majorité estiment qu’avec « SOS victime », le dispositif de soutien existe. La question est de savoir s’il répond aux besoins ou s’il est perfectible ? Quoi qu’il en soit, la responsabilité de l’élu à mon avis, c’est de consulter, d’évaluer et de corriger si besoin !
Par ailleurs, une chose est sûre, les victimes ont déjà beaucoup de démarches à entreprendre pour faire valoir leurs droits auprès des assurances… Je pense que la collectivité a le devoir d’être plus active, plus proche des victimes sans exiger d’elles de nouvelles démarches !
Je comprends votre envie de fuir pour d’autres contrées… Beaucoup de familles ont fait ce choix depuis quelques années. Avec les élus de Rennes Capitale, nous pèserons de tout notre poids pour que nous ayons, à Rennes, le courage de placer la famille au premier rang. La vie des familles doit être facilitée par une meilleure prise en compte des problèmes de sécurité, de logement, de garde d’enfant, par un accès aidé aux activités sportives, culturelles… Nous voulons travailler pour que vous retrouviez un environnement calme et serein, pour que vous et votre fille viviez bien à Rennes.
Un grand merci pour la qualité de nos échanges, ils nous permettent d’avancer.
Bien sincèrement,
Marie LOUIS
4 novembre 2008 Ã 0:13
Je partage votre avis. Nous devons faire quelque chose pour ne pas laisser quelques agités pourrir la vie du plus grand nombre. Si le système de vidéoprotection est efficace, pourquoi ne pas essayer ?