Intervention de Marie LOUIS

Conseil Municipal du 7 mars 2009

 

Monsieur le Maire,

Le moment est venu d’évaluer votre ambition en matière sportive. Le temps est loin où l’on qualifiait Rennes, ville la plus sportive de France. La réalité, quelle est-elle ? Depuis 5 ans, les chiffres le prouvent, Rennes n’investit plus dans le sport. On est passé de 20 millions d’euros d’investissements en 2005 à 9,2 millions en 2009, soit 55 % de baisse. Hormis, la piscine des Gayeulles, le stage Roger Salengro, la patinoire, il n’y a pas grand-chose à signaler…. Vous conviendrez que c’est bien modeste. Autrement dit, on se contente de viser le maintien. Heureusement que nos clubs préférés mettent la barre plus haut !

Pour autant on ne recule devant aucun effort en matière de communication et de pub. Rennes annonce, par exemple, aux Rennais sa candidature pour accueillir l’Euro 2016. Or, nous savons tous que c’est parfaitement irréaliste. Alors bien sûr le stade a constitué un investissement sportif important ces dernières années, malheureusement il ne permettra pas d’accueillir un seul match. Dommage !

En attendant les sportifs rennais s’impatientent. Les spécialistes s’accordent pour dire l’insuffisance en matière d’équipements sportifs… La demande est insatisfaite aussi bien pour le sport de compétition, les pratiques amateurs que pour le sport de santé. Alors doit-on se contenter de quelques terrains synthétiques de football ? La réponse est non parce que Rennes est une ville étudiante, une ville jeune et une ville sportive !

Le plan de relance local constitue une vraie opportunité pour rattraper un très beau projet quasi enterré par le département. Le stade est une bonne idée et ses bénéfices nombreux, nous l’avons déjà évoqué ici. Pourquoi, au titre des compétences partagées, ne pas envisager que Rennes et Rennes Métropole prennent le relais du Département pour que ce projet puisse voir le jour.

L’association entre collectivités en matière sportive y compris quand ça n’est pas sur leur propre territoire est une nécessité vitale.

Le vote de ce budget sera aussi l’occasion d’évoquer les relations avec les associations sportives. Non seulement on n’investit que très peu, mais en plus on modère les subventions. Il y a, certes, une légère augmentation de 6 % de l’enveloppe réservée aux associations (2,7 millions d’€ en 2008 à 2,9 millions d’€ en 2009). Mais une question se pose encore et toujours : quid de l’équité dans l’attribution des subventions. Poser la question n’est pas y répondre… Simplement, nous pouvons légitimement souhaiter faire évoluer les choses.

Pourquoi la rigueur de la gestion des fonds globaux ne serait-elle pas appliquée aux subventions accordées directement par la ville ?

Un ratio entre la subvention et les effectifs accueillis serait source de davantage  d’équité.

Dernier point, les piscines ou plutôt le manque de piscines appellent une observation. Les commentaires sur le site de la ville le disent mieux que personne ! Je cite deux internautes rennais : Nicolas Fusco écrit : «15 millions euros = 3 bassins neufs à Rennes. Ce serait un paradis, c’est ce qui manque !»

Et

Franck BERNARD écrit : «1979 : 4 piscines à Rennes, 2009 : 4 piscines à Rennes. 15 millions d’€ : le prix du relooking des Gayeulles, 4 millions d’€ : le prix d’un bassin neuf moyen (moins cher si c’est une piscine découverte), 1 seul club de natation possible, 0 piscines ouvertes au petit matin ! Pas d’autre commentaire – désolé – merci.» Fin de citation.

L’essentiel est dit ! Alors à défaut de voir progresser le nombre des piscines, élargissons, sans délai, l’amplitude horaire. Et au moment où nous cherchons des solutions pour les étudiants et autres jeunes noctambules, proposons leur un accès aux équipements sportifs jusqu’à une heure assez avancée et pas seulement le mardi soir.

En conclusion, sur ce budget, nous aurions souhaité vous voir agir en tenant compte des besoins. Nous aurions souhaité pour Rennes un projet d’envergure. Tout se passe à Rennes comme si vous n’aviez pas noté l’évolution des pratiques sportives et de loisirs.

Nous le regrettons et c’est pour cette insuffisance que nous nous abstiendrons.

Je vous remercie.