photo-aditoConseil Municipal du 16 septembre 2009

Intervention de Bruno CHAVANAT

 

Monsieur le Maire,

Chèr(e)s Collègues,

 

Il y a quelques mois, j’évoquais ici, en conseil municipal, la perspective du lancement prochain de la revue « Place publique ».

Je le faisais dans des termes qui témoignaient de notre intérêt pour la démarche. Une revue ouverte au débat, susceptible de traiter, avec le recul nécessaire, les grands problèmes d’une agglomération telle que la nôtre et souhaitant faire appel à toutes les compétences reconnues sur des sujets divers allant de la culture à l’histoire, de la sociologie à la démographie, tout ceci était riche de promesse.

Je le faisais d’autant plus volontiers qu’elle m’avait été présentée dans une perspective très ouverte par Jean de Legge, dont j’apprécie les qualités intellectuelles, la finesse d’analyse et l’ouverture d’esprit.

Je le faisais néanmoins en attirant votre attention sur les garanties qui me paraissaient absolument nécessaires pour que cette revue ne tombe pas dans certains écueils.

Largement subventionnée par la collectivité, cette revue court d’emblée le risque d’être reçue comme la voix officielle de ceux qui la financent.

Mme Appéré m’avait alors dit que toutes garanties seraient apportées.

Le premier numéro vient de sortir et tout le monde peut constater que tout ceci était de belles promesses qui n’étaient destinées qu’à endormir ceux qui les reçoivent.

La revue « Place publique » est lancée, dès son premier numéro comme un organe délibérément orientée pour vous donner la parole et soutenir votre politique.  Le débat que l’on y retrouve, si on peut parler de débat, fait dialoguer entre eux les maires socialistes des grandes villes de l’ouest. Regardez le sommaire.  Ce n’est pas la qualité des contributions qui est en cause. Ni la qualité des contributeurs. Je la reconnais volontiers. C’est le débat en cercle fermé qui est profondément choquant.

Rien d’étonnant à vrai dire pour cette revue dont vos directeurs de la communication successifs ont assuré la genèse puis désormais la responsabilité opérationnelle. On retrouve aussi un fil rouge en sachant que Place publique  ne pourrait pas vivre sans l’argent que vous lui donnez.

M. Salaûn a beau protester que « rien ni personne ne nous interdira d’affirmer et de prouver notre ferme autonomie ». On voit les affirmations mais on attend les preuves.

Tout cela contribue à une impression déplorable. La « cité des idées » que vous promettez est une cité des idées que vous controlez. Bonjour la démocratie !

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