Intervention de Bruno Chavanat

Conseil de Rennes Métropole 26 février2009

Classement d’intérêt communautaire du site de la gare

 

 Le classement de la gare en site d’intérêt communautaire répond à une nécessité que personne ne conteste.

On a tous conscience, je crois, que la gare est un carrefour stratégique. Mais il me semble que nous mettons derrière cette notion des réalités qui ne sont pas toujours les mêmes.

L’intérêt de la délibération de ce soir est de définir le plus clairement possible les enjeux qui s’attachent au développement du site de la gare et de définir les stratégies pour y répondre.

Je vois pour ma part trois grands enjeux, dont je ne suis pas sur qu’il soit totalement pris en compte

nous au contraire attirer et retenir les emplois supérieurs et les centres de décision ? (AujourEt je vois une question centrale qui est commune aux trois enjeux qui est la question du calendrier.

Le premier enjeu est celui des déplacements.

La gare est un nÅ“ud de communication ferroviaire, routière et de transports en commun d’agglomération. Elle n’est pas que cela. Mais elle est d’abord cela.

Naturellement, le projet doit tenir compte de l’effet démultiplicateur du TGV à 1 h30 de Paris sur le nombre des personnes qui fréquenteront le site

Naturellement, il faut souhaiter et encourager un développement des transports en commun de proximité.

Et naturellement il faut renforcer l’intermodalité qui facilitera le passage de l’un à l’autre mode.

Toutes ces questions sont à degré ou à un autre prises en compte et c’est tant mieux.

Mais il y a une question qui se cache derrière cette concentration très importante des centres d’échange intermodaux en un même point c’est celui de l’engorgement du site de la gare vers lequel risque de converger un nombre considérable de bus et de voitures.

Cette concentration elle résulte très directement du choix que vous faites de préférer pour la desserte de l’agglo en site propre le rail  (qui arrive nécessairement à la gare) plutôt que le tramway qui permettrait d’autres pôles d’échange.

Le deuxième enjeu est celui de l’aménagement urbain.

Cette question là concerne l’agglomération certes, puisqu’étant au cÅ“ur de Rennes nous sommes aussi au cÅ“ur de l’agglomération, mais c’est principalement une question qui concerne la ville centre.

Et cette question se pose dans les termes suivants. Voulons faire de la gare une véritable passerelle entre les deux parties Nord et Sud de la ville (ce qu’elle n’est pas actuellement) ? Le problème urbain se pose au sud ou nous avons une zone pavillonaire peu dense au sein de laquelle (si l’on fait exception du futur axe Alma) il n’y a pas d’espace qui permet de structurer l’ouverture de la ville au sud. D’où la question : Quelle ouverture prévoyons nous pour ce pôle gare vers le sud ?

Cette question renvoie à la question du périmètre de la future ZAC et à la place qu’y prendra ou non la prison des femmes.

Jusqu’à présent, à chaque fois que nous vous avons interrogé sur la prison des femmes, vous avez fait preuve d’un surprenant attentisme. Vous nous dites : l’Etat n’est pas vendeur. L’Etat n’a pas de projet. Mais c’est nous qui sommes demandeur. C’est à nous d’avoir un projet susceptible de convaincre l’Etat. Car tôt ou tard, nous le savons, il faudra envisager d’ouvrir la prison des femmes sur le quartier et le quartier sur la prison des femmes, qui est le véritable point d’ouverture de la gare vers le sud.

Enfin la troisième question est celle du pôle d’activité que nous voulons développer.

Vous parlez d’un pôle d’activité tertiaire. Vous parlez d’un centre d’affaires. Mais tout cela a un nom. C’est un palais des congrès qu’il faut faire.

Il y a une telle logique de convergence des projets et de convergence des calendriers entre ce que nous attendons du pôle gare et ce que nous attendons du palais des congrès, qu’on se demande vraiment pourquoi, au minimum, alors que nous sommes dans une période intermédiaire d’étude où plusieurs alternatives devraient être envisagées, pas une fois vous n’avez émis l’hypothèse d’étudier un site à proximité de la gare. Je dis bien un site, car il peut y en avoir plusieurs.

Je voudrais terminer sur la question commune qui domine tous les enjeux de la gare, celle du calendrier. En clair, nous avons un RV avec l’histoire qui est l’arrivée du TGV en 2014.

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’on ne commence pas en avance. Et le calendrier annoncé n’est pas là pour nous rassurer. SI nous lançons la ZAC en 2011, jamais nous ne serons prêt en 2014/

Ce retard est dommageable. Mais il faut désormais regarder les réalités en face.

A tout le moins, nous devons nous projeter en 2014.

Nous devons le faire sur le sujet d’aujourd’hui qui est l’aménagement du site de la gare. Tout sera loin d’être fini, mais quelle étape intermédiaire cohérente projetons nous d’achever à cette date.

Mais la stratégie 2014, qui peine à voir le jour elle doit être une stratégie plus globale encore. Quel effet l’arrivée du TGV aura-t-elle sur les migrations quotidiennes ou hebdomadaires en direction de la région capitale ? Aurons nous une balance positive ou négative des emplois tertiaires de haut niveau ? En clair serons nous comme Rouen ou Orléans qui patissent d’être des villes à une heure de Paris, ou saurons d’hui, à titre d’exemple, plus d’un tiers des enseignants chercheurs de la fac d’histoire ne sont pas résidents, depuis longtemps, les DG d’une entreprise aussi emblématique pour l’aménagement du territoire que le groupe Legris n’habitent plus Rennes). Qu’en sera-t-il demain ?

C’est une des questions parmi d’autres de la stratégie 2014. Il est temps de se les poser.