Vols et détériorations de Vélostars : Que faire ?
Intervention de Bruno CHAVANAT
Conseil de Rennes Métropole du 15 octobre 2009
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300 vélostars volés ou détériorés, soit un tiers du parc, si l’on en croit les déclarations de Guy Jouhier à Ouest France.
600 vélos si on en croit les déclarations à Aujourd’hui en France de Guillaume Pépy, président de la SNCF, actionnaire principal de Kéolis, l’exploitant du réseau.
Enfin si l’on se réfère à la perception de l’usager, ce qui est certain, c’est que la disponibilité des vélostars aux stations a singulièrement diminué au cours des dernières semaines, sans que le nombre apparent des vélos circulant en ville ait augmenté à proportion. Au point que des stations sont systématiquement et durablement vides de vélos. Ce qui pose quand même un problème.
Quelle est la vérité sur le nombre des vélos volés ? On ne sait pas. Ce qui est sûr, c’est que nous atteignons des chiffres élevés, beaucoup trop élevés.
Durant la même période – les six premiers mois d’exploitation- le taux de vol ou dégradation à Lyon ou à Paris était compris entre 10% et 15%. C’était déjà important. Mais, nous avons hélas largement dépassé cette moyenne.
Pour tenter de corriger la situation, il faut s’interroger sur les causes du phénomène.
- La première cause est une forme d’incivisme dont je n’ai pas peur de dire qu’elle est totalement irresponsable, et extrêmement choquante par le mépris dont elle témoigne vis-à -vis de la collectivité. J’estime que nous méritons mieux à Rennes qu’une image de lanterne rouge du respect des équipements publics.
- Mais il faut reconnaître aussi que –en comparaison du Vélib parisien ou du Vélov lyonnais- le système vélostar a des défauts qui ont été largement sous-estimés. Les points d’attache sont notoirement moins robustes qu’à Paris ou à Lyon. A Paris il faut être bien organisé ou sacrément musclé pour arracher le point d’accroche. A Rennes, certains de nos collègues en ont été témoins, un coup de pied bien ajusté suffit.
Et maintenant que faire ?
- Première urgence : Remédier à la fragilité des points d’attache sur les nouveaux vélos.
- Deuxièmement : il faut être ferme avec les voleurs ou les casseurs. J’espère que ce sera le cas. Il n’y a aucune raison que la collectivité non seulement paie le coût des vélos volés mais plus largement voit anéantir une politique du vélo pour lequel on investit 17 millions d’euros
- Troisièmement : la sécurité des stations. Je ne suis pas sûr que les mesures envisagées soient les meilleures. On nous parle de mettre de la vidéosurveillance. Pourquoi pas ? Mais cet enthousiasme soudain pour la vidéosurveillance en espace découvert me parait désordonné (alors qu’il y a un mois vous exprimiez les plus grands doutes au CM de Rennes). Si vidéosurveillance il doit y avoir, commençons par protéger la sécurité physique des personnes – là oui- ou par lutter contre le trafic de drogue. Même chose pour les cages. Vous voulez mettre les vélos libre service en cage ? Ca ne me parait pas être le meilleur moyen de favoriser ce mode doux. Le vélo libre service doit être simple d’accès.
- Enfin, je propose de compléter la panoplie de lutte par un quatrième moyen, qui est d’accélérer la politique en faveur du vélo. Plus il y aura de vrais utilisateurs du vélo dans la ville, plus le comportement des casseurs de vélo sera intolérable. Contre l’incivisme, il faut utiliser les armes du civisme. Mais pour cela, il faut être incitatif plus qu’on ne l’est aujourd’hui.
- Il faut accélérer le programme de créations de voie sécurisées – y compris sur les artères de Rennes que le programme de Rennes Métropole ne prend pas en compte-.
- Il faut mettre en place les tranches conditionnelles dans les quartiers où la motivation s’est clairement exprimée pour s’approprier le Vélostar.
- Mais il faut aussi aider les cyclistes qui utilisent leur propre vélo : graver gratuitement les vélos, renforcer les points d’attache sécurisé, encourager les populations spécifiques, il n’y a pas de raison de traiter moins bien les vélos citoyens que les vélostar














