Intervention de Bertrand PLOUVIER

Conseil Municipal du 5 juillet 2010

 

Monsieur le Maire,

Cher(e)s Collègues,

 

Le quartier Maurepas est aujourd’hui un quartier majeur de la ville, avec ses 21 000 habitants et 9 200 résidences.

Votre volonté d’y restructurer de manière importante la ZAC doit en être à la hauteur. Il en va de son avenir.

Ce quartier doit répondre à plusieurs questions.

Tout d’abord, il s’agit d’un quartier d’entrée de Ville important et à ce titre, il doit répondre à plusieurs impératifs.

Un impératif fonctionnel d’abord, avec la prise en compte de la circulation automobile. Sur ce point, le projet ne répond malheureusement pas à la saturation régulière de l’axe majeur que constitue l’axe Rochester. Cette artère, déjà régulièrement saturée aux heures d’affluence, doit faire l’objet d’un rétrécissement en 2 voies au lieu de 4 à l’heure actuelle. Le résultat est prévisible. Les embouteillages et les nuisances qui en résulteront vont s’accroître.

Cependant, sur la fonctionnalité, nous ne pouvons que saluer la création d’un nouveau parking-relais qui a permettre de mieux répartir cette offre essentielle sur les différentes portes d’entrée de la Ville. En effet, les parkings de Villejean et Fréville sont aujourd’hui saturés, décourageant nombres d’automobilistes et ne favorisant pas par conséquent la multimodalité.

A côté de l’aspect fonctionnel, il est aujourd’hui important que le quartier réponde à l’impératif d’esthétisme et de convivialité gage essentiel du « bien vivre à Rennes ». En cela, le projet comporte une dimension « verte » intéressante avec un réseau vert hiérarchisé.

Ensuite, ce quartier mérite un supplément d’âme qui pourrait le transformer en un « village dans la ville », idée phare de notre campagne électorale.

L’objectif de centralité évoqué dans le projet participe de cette idée. En effet, la centralité basée autour du centre commercial et des places, en particulier la place d’Europe avec son futur équipement de quartier, y participeront certainement.

Mais, l’esprit de village et de « bien vivre ensemble » peut être menacé par une nouvelle accentuation de la densification urbaine au cÅ“ur du projet de ZAC.

Il en effet prévu d’augmenter l’habitat collectif dans le quartier en résidentialisant le foncier d’Espacil Habitat et en profitant de l’espace gagner grâce à la réduction de l’avenue Rochester pour construire de nouveaux immeubles.

La politique de la ville encouragé au niveau national ces dernières années encourageait pourtant le développement d’un habitat social individuel plus en adéquation avec le concept tant avancé et nécessaire du « mieux vivre ensemble ».

Ainsi, votre projet atteint malheureusement rapidement ses limites :

- il veut chasser la voiture sans apporter de réelles solutions aux automobilistes de la périphérie,

- il privilégie une logique de masse en favorisant une nouvelle fois la densification de l’habitat dans ce quartier déjà bien identifié par la présence de nombreux logements collectifs.