photo-aditoIntervention de Bruno CHAVANAT

Conseil Municipal du 29 mars 2010

 

Monsieur le Maire,

 

Cette décision n’est pas comprise non pas seulement parce qu’elle serait : 

- mal expliquée : elle l’est, c’est sûr

- précipitée et désordonnée : elle l’est aussi 

Non, cette décision n’est pas comprise parce que ses objectifs sont contradictoires, confus et pas assumés par ceux qui les exposent. 

Au total, cette décision n’est pas comprise parce qu’elle est incompréhensible. 

Avant d’en venir au processus qui conduit au rapport qui nous est présenté, voyons la situation des écoles primaires à Villejean.

- 4 écoles primaires (Kennedy, Guyanne, Picardie et Moulin)

- Quartier classé en ZEP

- Taux de retard scolaire d’un an 

L’école Kennedy est la plus petite mais on y remarque une cohésion des parents, une mobilisation des parents et une baisse de la violence scolaire 

Voilà la situation à laquelle on veut s’attaquer. 

Il faut ajouter la parcelle qui est très importante et bien placée et les bâtiments qui sont peu entretenus, comme si en prévoyant de pas investir on avait anticipé la fermeture annoncée depuis l’automne. 

Quels sont les objectifs affichés ? 

Difficile de le dire, car ils n’ont pas été affichés clairement durant le processus « dit de concertation ».

On parle de mixité sociale mais sur quelle base ?

Villejean a-t-il la réputation d’être un quartier riche ?

Les parents de l’école Kennedy sont-ils des privilégiés par rapport à la moyenne des Rennais ?

Quel résultat cherche-t-on à obtenir en termes de mixité : que les plus favorisés d’entre ces parents aient le désir de partir vers un autre quartier parce que leurs enfants ne seront pas scolarisés selon leur choix ? 

Ce n’est pas – a priori – un objectif absurde mais là on cherche en vain des justifications.

D’abord, parce que les chiffres d’une éventuelle économie ne sont pas afficher clairement.

Ensuite, parce que s’ils étaient affichés, il faudrait en évaluer l’importance relative. Consacrer quelques dizaines de milliers d’euros de manière préventive en favorisant un projet d’école à taille humaine, est-ce que ça ne vaut pas mieux que les mêmes dizaine de milliers d’euros qui devront financer ex post des rattrapages et de la réinsertion. Il est toujours plus coûteux de guérir que de prévenir.

Et puis, ce que ça coûte, c’est combien de en équivalent « caravanes des quartiers » (50 000 €). 

A moins que l’aspect financier ne soit pas affiché clairement parce que vous n’osez pas avouer le projet que vous avez sur le site.

Car, qu’adviendra-t-il du site Kennedy après ?

Mystère :

- si c’est pour loger des associations, c’est déjà le cas

- en tout état de cause, si c’est pour réaffecter le site au lien social, la meilleure mesure c’est de maintenir l’école.

La véritable mixité, elle consiste non pas à casser ce qui marche bien, mais à le faire grandir quitte à y intégrer d’autres enfants. C’est remettre des enfants là où :

- la violence est moindre,

- l’équipe parents-élèves marche bien

- la réussite est au rendez-vous. Or la réussite ne rime pas avec grand nombre.

On parle de rationalisation des moyens mais on n’en parle pas clairement.

De petits effectifs ont-ils des inconvénients pédagogiques ? Toute l’expérience éducative montre que c’est l’inverse. Et l’expérience particulière de l’école Kennedy en est une preuve supplémentaire.

Non, la réalité n’est pas assumée clairement.

L’absence de projet alternatif clair laisse nécessairement supposer que vous entendez valoriser l’emprise dans une pure logique financière.

Est-ce le cas ? Encore une partie du brouillard qui entoure le projet.

Venons-en à l’objectif de maîtrise des effectifs.

Là encore, comment comprendre une décision qui est totalement paradoxale. Car on ne ferme pas une école seulement parce qu’elle a moins d’élèves que les autres. On la ferme parce que l’on pense qu’elle va en accueillir de moins en moins.

Et on ne ferme pas une école pour une perspective de baisse en deux ans. Mais le cas échéant, parce que sur les 15 ans qui viennent elle dépérirait.

Est-ce la cas ?

Bien sûr que non.

D’abord, parce que les effectifs rennais se sont stabilisés après des années de baisse

Ensuite, parce que cette stabilisation est un objectif insuffisant. Il faut viser l’augmentation des familles et des enfants pour Rennes.

La question est simple : le voulez-vous ? 

Naturellement, vous n’avez rien fait pour qu’on puisse en débattre.

La fermeture de Kennedy est un révélateur de votre absence de volonté, car :

- si vous avez un projet pour Villejean

- si vous avez un projet attractif pour les familles

la fermeture de Kennedy est un non-sens.

Mais vous n’avez pas de projet.

Vous avez fonctionné ici comme ailleurs avec un principe : on ferme d’abord, on discute après.

Cette attitude – la même qu’à Maurepas, la même qu’à la Maison bleue, la même qu’à Carrefour 18 – non seulement elle est incompréhensible par les parents et par les habitants, mais en plus elle est choquante.

Elle est choquante d’abord parce que les parents et les habitants sont des adultes – et à même de comprendre les objectifs s’ils étaient clairs – non pas des exécutants auxquels on demanderait seulement comment aménager à la marge la carte scolaire.

Mettre en débat le principe de la fermeture et non pas seulement ses modalités, c’eut été respecter les habitants.

Elle choquante car nombre de problèmes concrets ont été ignorés et peuvent plus être résolus sérieusement d’ici la rentrée :

- sécurisation des parcours,

- utilisation du gymnase,

- rythme de repos…

Elle est choquante enfin, car dans la ville qui se veut la ville de tous les savoirs, dans le quartier où cohabite le temple du savoir qu’est l’université et un taux d’échec scolaire des plus élevés, on ne fait rien, on n’invente rien pour marier les mondes, pour organiser des parrainages. Le symbole le plus clair est de supprimer l’école Kennedy qui les proches de l’université.

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