Monsieur le Maire, chers collègues,

La première question qui me vient à l’esprit est la suivante. Nous sommes le 3 octobre 2011. Le décret relatif au Code de la rue date du 30 juillet 2008. 3 ans se sont écoulés, et je serais tentée de dire que le Code de la rue patine à Rennes. Sur combien de voies à sens unique en zones 30 a-t-on autorisé la circulation à double sens pour les cyclistes ? A-t-on signalé le « tourne à droite » testé à Bordeaux en 2009 et depuis intégré officiellement au code de la route ? A-t-on expérimenté le trottoir partagé ?

Vous allez me répondre que la municipalité fait des efforts. Vous allez m’illustrer cela par la seule zone de rencontre aménagée au niveau de la place de la République. Vous allez m’expliquer que la municipalité à aménager 15 kilomètres d’itinéraires cyclables depuis 2008. En revanche, vous omettrez de parler du dernier kilomètre d’itinéraire cyclable en site propre aménagé à Rennes qui date de 2007 (chiffre Mairie de Rennes).

La municipalité de Rennes a pris un retard inexplicable au regard des intentions affichées dans son programme municipal. Durant ces trois années, la municipalité a tenté de redresser le bilan négatif du précédent mandat au cours duquel, la part modale du vélo est tombée à un niveau historiquement bas (3% en 2005 au lieu de 11 en 1979).

Le Code de la Rue à Rennes n’est pas une franche réussite et les indicateurs sont mauvais ! Vous vous basez sur des indicateurs purement quantitatifs : 3460 mètres linéaires de zone de rencontre, 195 kilomètres d’itinéraires cyclables ailleurs, etc, etc… Cette vision, très quantitative, révèle une politique dont les décideurs ne sont pas des adeptes du vélo ! Sinon, les indicateurs seraient tout autre, plus qualitatif.

Les indicateurs de notre progrès collectif devraient être :

-          combien de personnes changent elles de mode pour aller à leur travail ;

-          combien de parents font ils confiance au vélo ou à la marche pour que leur enfants aillent au collège ou au lycée ;

-          combien d’étudiants supplémentaires les modes doux séduiront ils à l’occasion de cette rentrée ;

-          et j’ajouterai –car il y va aussi de la valeur de l’exemple- combien de conseillers municipaux cesseront de parquer leur voiture sur la place de la mairie les jours de conseil

D’autres villes de France, comparables à Rennes, je pense à Bordeaux, Lyon, ou Nantes, ont su mettre les moyens pour inciter leurs habitants à franchir le cap. Il ne suffit pas de fêter le millionième usager du vélo’star pour cela. Pour transformer les pratiques modales des rennais, il faut certainement inciter davantage à utiliser le vélo pour se déplacer tous les jours  aller au travail et pas seulement pratiquer le vélo pour se balader. A cet égard, il faut saluer le travail des associations, notamment Rayons d’action et Espace Piétons.

Les autres villes, dont je parlais à l’instant, organisent des manifestations ponctuelles ou répétées. Lyon organise le Park’ing Day, le centre de Lyon se transforme en un vaste plateau piétonnier et le stationnement est offert à qui le souhaite. Le centre-ville de Bordeaux est également piéton les premiers dimanches du mois. Il existe tout un panel de manifestations dans les grandes agglomérations françaises incitant les gens à découvrir les modes doux de déplacement.

A Rennes, quelles manifestations ? Quelles opérations auprès des jeunes ?

Alors, la mise en place du code de la rue implique une démarche de proximité certes mais nous sommes très surpris par la forme que prend l’appel à projet. Et puis, à l’heure où vous nous proposez de voter cet appel à projet, celui-ci figure déjà sur le site internet de la ville et dans les colonnes de Ouest-France ?  Cette manière de faire, dont vous avez l’habitude, reste choquante.

Quant au cahier des charges, pardon de le dire tout de go, mais il est mince. Il n’y a rien de précis, on indique vaguement 4 thèmes, c’est tout ! Et puis ce ne doit pas être un alibi pour reporter, sine die, ce qui devrait déjà être fait. Cependant, nous souhaitons qu’au moins un élu de notre groupe Union pour Rennes Capitale soit membre du jury.

En conclusion, nous pensons que le Code de la Rue à Rennes mérite bien mieux qu’une petite opération de communication. Pour nous, il s’agit de se contenter d’une seule politique d’équipements, il faut transformer les habitudes des Rennaises et des Rennais en matière de mode doux de déplacements.

Je vous remercie,