Le scandaleux conte de Noël offert aux Rennais par la municipalité
Intervention de Bertrand Plouvier
lors du Conseil Municipal du 16 janvier 2012
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Je profite de cette délibération pour revenir sur le scandaleux conte de Noël que la municipalité a offert aux rennaises et aux rennais à l’occasion des dernières fêtes de fin d’année. Noël, le jour de l’an, sont traditionnellement l’occasion de se retrouver en famille, entre amis. Il semble que la municipalité de Rennes attache peu d’importance à l’esprit de Noël. Vous avez profité de cet instant opportun à la convivialité et au partage, pour au contraire diviser et désunir. Vous avez tout simplement politisé l’esprit des fêtes de Noël avec ce spectacle projeté sur les façades de notre Hôtel de Ville.
Revivons ce spectacle quelques instants. C’est Noël. La façade de l’hôtel de ville est enchantée par des tableaux de lumière époustouflants. Sur la place de la mairie, la foule est assez nombreuse même sous la pluie. Et chacun aspire à se laisser emporter par un conte qui s’annonce comme une féérie filtrée par un regard d’enfant. Mais attention : les contes ne protègent pas de la violence. Ici c’est la violence de la crise, de l’argent roi, du capitalisme oppresseur. Et bien entendu, Il faut un méchant, une figure diabolique, un coupable. Dans le spectacle de cette fin d’année 2011, le moins que l’on puisse dire c’est que votre municipalité n’y va pas par quatre chemins. A la mi-temps du spectacle, le coupable est désigné : il s’appelle Nicolas Sarkozy. Certes ce n’est pas lui qui passe au tribunal, ce sont ses deux fils : Jean, chevelure blonde, plus vrai que nature et Louis le cadet rebaptisé « Louis d’or ». L’intention du spectacle n’est d’ailleurs jamais dissimulée. Tous les clichés de l’antisarkozysme sont convoqués à l’appui d’une idée simple : Sarkozy c’est l’argent et l’argent c’est la crise, le « cauchemar » et la destruction. On assiste d’ailleurs en direct à la destruction de notre superbe mairie par des guerriers aux couleurs de Bouygues armés d’un « bouclier fiscal » et dont le cri de guerre est « gagner plus pour gagner plus » ! Les images sont superbes, la musique envoutante mais le scénario ne fait pas dans la finesse. Plus la ficelle est grosse….
En définitive, on ne saisit bien le sens de ce canardage en règle que par les effets de contraste que suggère la scénographie. Car après la description de l’apocalypse sarkozienne vient la douceur socialiste. Après le déluge et la terreur, c’est une pluie de roses –à l’image de l’emblème du PS- qui vient rétablir le bonheur. Tandis que le héros perturbé (tout comme le spectateur) vient se faire consoler à l’endroit même du bureau du maire (on croit rêver !).
De tout temps, le pouvoir a cherché à utiliser l’art au service de son image. Louis XIV l’avait montré de brillante manière. Et plus récemment les pays de l’est dans un art officiel moins inspiré. On croyait ces méthodes révolues. A l’heure où le regretté Vaclav Havel est parti vers d’autres cieux, on aurait aimé qu’il nous redise ce qu’il pensait du pouvoir qui utilise l’art pour sa propre promotion. Face à des méthodes aussi clairement manipulatrices, sans doute aurait il dit : « citoyens rennais indignez vous ! ».
Suite aux premières diffusions, face aux nombreuses réactions de désapprobation, votre majorité a tenté de se disculper en arguant que l’artiste avait carte blanche. Effectivement, à la lecture du contrat de marché, il ressort que l’artiste avait carte blanche. Mais il est également stipulé que la ville de Rennes participe aux réunions. Donc vous avez validé et soutenu ce spectacle. Vous l’aurez compris, nous ne contestons pas la forme, l’esthétisme, la mise en valeur de notre Hôtel de Ville. Mais nous vous reprochons, par vos actes militants, de ne pas avoir respecté la traditionnelle trêve des confiseurs et d’avoir ainsi bafoué l’esprit de Noël.
En conséquence, mes chers collègues, je vous informe que nous avons décidé de demander à la commission de contrôle des comptes de campagne d’inscrire cette dépense aux comptes de votre candidat François Hollande, ainsi qu’aux comptes des candidats rennais investis par le Parti Socialiste.
Je vous remercie.















18 janvier 2012 à 13:35
Juste un détail, utile aux néophytes. J’aurais aimé que cet article à propos du conte de Noël proposé par la municipalité soit signé. Je ne connais pas l’homme qui est sur la photo, ça donne presque des complexes !!
Merci à vous
19 janvier 2012 à 16:35
Bonne remarque !
J’ai apporté les modifications pour répondre à votre question…
23 janvier 2012 à 11:40
Nous sommes des milliers de personnes à avoir eu le même réactif face à cette manipulation de l’information municipale rennaise.
En qualité de Secrétaire de PROJETS POUR RENNES CAPITALE, j’ai reçu une quantité impressionnante de lettre de plainte; bon nombre ont été adressées à M. DELAVEAU, Maire de RENNES. Sans réponse…
Même réaction de recul au dernier Conseil municipal : pourquoi ne pas admettre en toute intelligence cette grave bévue. Les adultes citoyens apprécieront cet esprit militant PS au travers des organes de communication de la VIlle de RENNES.
Le responsable en est le président de la commission COMMUNICATION. Je n’ose pas imaginer que M. DELAVEAU ait pré-visionné ce montage et accepté son contenu.
Les conséquences sont à mesure auprès des enfants dont beaucoup ont réagi négativement en disant que le petit JEAN ne méritait pas cela ! L’enfance a été manipulée dans ce spectacle. C’est gravissime.
La majorité des élus municipaux de gauche étant issus de l’Education Nationale ne peuvent admettre ce stratagème; certains me l’ont avoué mais sous le préau il vaut rester discret…
Un couple NANTAIS de passage à RENNES m’ indique que M. AYRAULT n’aurait jamais eu ce culot !
Oui, il faut décompter cette dépense publique militante des comptes de campagne de M. HOLLANDE.
La solidarité de la presse locale dont OUEST FRANCE est à relever pour ses articles courageux lorsque l’on voit le poids habituel du PS qui voudrait en faire une PRAVDA locale.
Bernard BERGOT
Secrétaire
de l’association citoyenne
PROJETS pour RENNES CAPITALE
23 janvier 2012 à 20:24
Tout à fait d’accord…mais je regrette que Ouest-France n’ait pas parlé cette intervention de Bertrand Plouvier au Conseil municipal. On avait l’impression que l’affaire était classée.
26 janvier 2012 à 9:41
Bravo à Bernard Plouvier pour cette intervention fort bien exprimée