Il faut le dire sans détour : la nomination de Mme Kruger apparaît plutôt comme un signe d’ouverture.

Qui est Mme Kruger ? C’est, depuis le mois de mars l’élue en charge de « la diversité culturelle » au conseil municipal de Rennes. Elle est allemande, elle est jeune et elle tire de son expérience « binationale » une vérité bonne à entendre qu’elle nous livre dans le « Rennais » de ce mois ci: « je parle deux langues qui ne « pensent » pas les idées de la même façon. Du coup, je ne focalise pas sur une seule manière de comprendre les choses. Sur un même sujet, on peut avoir plusieurs angles de vues. Cela ouvre d’autres horizons. »

Pour l’instant, l’horizon dont nous parle Mme Kruger, c’est le festival « Convergences culturelles«  qui se tient dans les quartiers de Rennes du 12 au 17 novembre prochain. Au programme, des concerts, films, théatres, débats, centrés sur le Maghreb, thème qui a été retenu cette année.

L’initiative est intéressante, elle correspond à une réalité : celle de l’origine géographique méditerranéenne de la majorité des étrangers à Rennes. Mais l’horizon doit s’élargir. Il est de l’intérêt des Rennais comme des étrangers originaires du Maghreb que ces derniers soient considérés comme les autres étrangers, qu’ils viennent des autres pays européens ou d’ailleurs.

C’est une question d’état d’esprit. Il n’y a pas d’un côté les « étrangers Erasmus » et de l’autre les « étrangers RMI ». Il serait intéressant qu’une prochaine édition de « Convergences culturelles » associe les étudiants étrangers, quelle que soit leur nationalité, à ce festival. Il y a d’ailleurs un bon nombre d’étudiants et d’enseignants-chercheurs de grand talent, originaires du Maghreb, qui aimeraient voir reconnue leur participation à la diversité culturelle rennaise dans sa dimension universitaire. 

Ce d’autant plus qu’il reste des efforts à faire pour accroître et rendre plus visible l’ouverture internationale étudiante de Rennes.

Une récente étude de l’AUDIAR rappelait que « l’ouverture internationale de l’enseignement supérieur breton (dont la majorité est à Rennes) demeure encore trop faible comparée aux autres régions françaises. Elle affiche la plus faible part d’étudiants étrangers en France ».

Associer les étudiants étrangers à un festival culturel ne suffirait pas à soi seul, à inverser la tendance constatée. Mais l’initiative constituerait un indice du prix que la Ville attache effectivement  à l’ouverture internationale. En cette matière comme en d’autres, il y a assurément à Rennes encore beaucoup de nouveaux horizons à explorer.