Hausse des impôts locaux et choix politiques
Lu sur le site des Echos ce matin, Bertrand Delanoë annonce une augmentation de 9% du taux des impôts locaux ainsi que la création d’une taxe départementale. Alors que tous les Rennais ont désormais reçu leur avis d’imposition, il paraît évident qu’un grand mouvement de hausse de la fiscalité locale se dessine. Préparons nous alors à une querelle de chiffres et d’argumentaires plus ou moins convenus : on invoquera d’un côté les transferts de charge, l’évolution à la baisse des dotations d’Etat, les incertitudes relatives à la réforme de la taxe professionnelle… De l’autre, chiffres à l’appui, on s’emploiera à démontrer que les transferts de compétences sont compensés, que les augmentations d’impôts correspondent à des choix de gestion et que le maquis de la fiscalité locale sert parfois d’argument commode à certains élus pour éviter d’avoir à rendre des comptes sur ce qui relève effectivement de choix politiques.
Ce « marronnier » ne doit pas justement être l’arbre qui cache la forêt des réalités. La vérité se situe comme souvent à mi-chemin : personne ne peut contester que les collectivités locales se voient demander aujourd’hui d’accompagner l’effort de l’Etat qui connaît une situation budgétaire contrainte. Mais le contexte commande d’intégrer la donne, d’utiliser les marges de manœuvres existantes et rationnaliser les choix plutôt que de recourir à une fuite en avant vers l’impôt. C’est aussi sous cet angle que par exemple, l’aménagement du couvent des Jacobins en Centre des Congrès (dont il est évident que le chiffre envisagé de 65 millions d’euros serait très largement dépassé) ou la préférence au Métro pour la seconde ligne de transport en site propre (qui implique au bas mot une augmentation de 40% de la fiscalité) doivent être débattus et revus en comparaison de solutions plus performantes et plus économes de l’argent public.















