Entre autres sujets, à l’ordre du jour du Conseil Municipal de ce mercredi, un vÅ“u déposé par la Majorité sur la réforme des Unités de Soins Longue Durée (USLD). Un vÅ“u qui relaie la position sans nuances exprimée ces jours derniers par le président du Conseil général.

Si la question de la dépendance touche directement ou indirectement nombre de familles rennaises, il n’est pas certain que le grand public connaisse dans le détail les tenants et les aboutissants d’une réforme assez technique dans son contenu. 

Anciens « hospices », puis « centres de long séjour », les USLD dépendent du secteur hospitalier. A ce titre, la Sécurité Sociale prend en charge les soins, mais non l’hébergement ou les repas. Elles sont réservées aux personnes âgées qui n’ont plus toute leur autonomie de vie et dont l’état de santé nécessite une surveillance médicale permanente et des soins. La réforme entreprise  prévoit de convertir un certain nombre de places USLD en « Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes » (EHPAD).

 Les EHPAD sont des maisons de retraite conventionnées (CG et Assurance Maladie) spécialement habilitées et équipées pour accueillir des personnes âgées dépendantes. Au-delà de la différence de statuts : la vocation, les prestations, le public et les modalités de financements de ces établissements diffèrent.Pour l’Ille  et Vilaine, cette réorganisation concernera 1000 places (sur 1500 actuellement).

L’opération, qui consiste en une adaptation de l’offre face aux besoins, doit être regardée avec pragmatisme et donc au-delà des « chiffons rouges » brandis par la majorité.

Elle est motivée par le souci d’apporter des réponses mieux adaptées aux enjeux médicaux et démographiques de la dépendance.

1)      Une mise à jour de l’offre aux besoins : Contrairement à ce qui est écrit, la réforme est issue d’une enquête  qui démontre que les USLD attirent à eux des résidants (de l’ordre de 70%) qui n’ont pas tous réellement besoin de soins « dépendance » (prise en charge médicale et surveillance 24 heures sur 24).

Ils sont souvent envoyés en USLD sur prescription médicale… Parce qu’il s’y trouve davantage de places disponibles. La réaffectation des places d’USLD en EHPAD a été répartie en tenant compte de l’évolution démographique en Bretagne d’ici 2020 et l’évolution de la population âgée dépendante. Elle évite l’éparpillement des structures d’hospitalisation qui n’offre pas forcément les meilleures garanties de soin.

2)      Impact sur la qualité des soins : Les EHPAD, modernes, équipés, situés à proximité d’un hôpital et de son plateau technique, supportent largement la comparaison avec des USLD qui tournent souvent avec des équipes incomplètes et pauvrement dotées en matériels.

3)      Impact financier : les opposants à la réforme allèguent une augmentation du coût pour les familles et le CG. Le raccourci est un peu spécieux. Il faut distinguer en effet 3 postes dans un EHPAD et dans une USLD :

- L’hébergement : à la charge des familles ou de l’aide sociale le cas échéant

- Dépendance : à la charge du CG via l’APA

- «Forfait soins» : à la charge de la Sécurité sociale.

Les surcoûts avancés par le CG ne sont pas une conséquence directe de la réforme des USLD mais issus des engagements pris par les EHPAD de développer leurs ratios d’encadrement. Le « forfait soin », qu’il soit assuré en USLD ou en EHPAD continuera d’être le même : même si le CG est de fait renvoyé à ses responsabilités, l’optimisation du service rendu ne se fait pas au prix d’un « désengagement de l’Etat ».  

La question, si elle est technique, intéresse directement ou indirectement chacun d’entre nous. La dépendance accompagne le vieillissement de la population. Plus largement, rappelons que nos besoins de santé, auxquels nous consacrons 200 milliards d’euros aujourd’hui vont s’accroître de plusieurs milliards d’euros d’ici 2025, allongement de l’espérance de vie oblige. Or le déficit de l’assurance maladie s’élève à 4,1 milliards d’euros en 2008.

Si nous voulons préserver un financement universel et solidaire de nos dépenses de santé, il faut que chaque acte accompli le soit de la façon la plus efficace possible. N’ayons pas peur du changement, non seulement il s’inscrit dans toute logique de progrès et d’évolution, mais il est le garant de la pérennité de notre système de soins.