Quelques uns d’entre nous avons assisté lundi soir à la rencontre organisée notamment par l’Association « si on se parlait » autour du choix annoncé par la majorité municipale d’installer le centre des Congrès au Couvent des Jacobins. Contestable par sa méthode même (Daniel Delaveau l’a annoncé au cours de la campagne du printemps dernier sans débat ni concertation préalable), les arguments contre le choix des Jacobins sont désormais connus et reconnus (Cf notre dossier): une jauge limitée sans capacité d’extension possible, difficultés d’accès au site, coûts affichés et délais irréalistes… Un certain nombre de propositions alternatives ont même été largement développées ici et ailleurs : à proximité de la Gare sur une dalle ad hoc, à la place de la Prison des femmes, sur le site d’ST Micro dans le Blosne. Quant aux Jacobins, l’idéal serait de lui reconnaître sa vocation culturelle et d’un faire surtout un lieu destiné à tous les Rennais.

A entendre la manière dont le projet est défendu, on sent qu’il y a comme là « quelque chose qui cloche ». Sylvie Robert (elle-même peut-être peu convaincue ?), Vice Présidente de Rennes Métropole déléguée à la culture, lundi soir sur France 3 peine d’ailleurs à convaincre de la pertinence du choix. Elle se retranche derrière l’étude qui l’a accompagné (dont on ne sait pas bien si elle l’a déterminé ou si elle est venue en SAV du projet auquel on avait de toute façon décidé d’aboutir) et défend «l’opportunité de pouvoir donner une vocation au Couvent» (ouf !). Le raisonnement est un peu court et confirme en tous les cas la portée de notre diagnostic :

compte tenu de ses enjeux, on ne choisit pas l’emplacement d’un Centre des Congrès parce qu’on manque d’imagination, parce qu’on joue la montre, ou parce que l’on escompte des économies

(faire d’une pierre deux coups en dotant la ville d’un équipement dont l’absence est dénoncée depuis longtemps, tout en rénovant un site lui aussi en souffrance depuis de nombreuses années via le recours à quelques subventions publiques -Etat, Région, Europe-). Compte tenu des contraintes de la rénovation, on peut d’ores et déjà parier que les coûts affichés (65 millions d’euros) seront très largement dépassés.

Si l’on peut comprendre, en lisant entre les lignes, les raisonnements qui motivent le choix de la majorité, on a du mal à admettre qu’elle reste plus longtemps insensible aux arguments qui lui sont présentés et qu’elle continue de rester sourde à l’invitation à débattre avec les Rennais des enjeux d’un projet qui les concerne et les intéresse directement.