l’occasion des voeux du Maire au monde de l’enseignement supérieur et de la recherche mercredi 7 janvier, il est intéressant de revenir sur le positionnement de la capitale bretonne vis-à-vis de l’innovation et ses marges de progression possibles.

La Bretagne malgré son éloignement géographique, bénéficie d’un fort potentiel en matière de recherche et d’innovation qui repose aussi bien sur la sphère publique que privée.

Ainsi, chaque année les entreprises bretonnes investissent plus de 500 millions d’euros dans la recherche et la mise au point de nouveaux produits. La recherche bretonne, c’est également 6500 chercheurs et ingénieurs dans les entreprises et organismes scientifiques privés. Notre région accueille par ailleurs 4,5 % des effectifs de la recherche publique, soit 4500 chercheurs. L’innovation bretonne représente 12 millions d’euros par an et enfin notre région occupe la 4ème place des régions françaises pour le dépôt de brevets.

Rennes, avec Brest, concentre l’essentiel de ce potentiel de recherche. La présence des universités, d’écoles d’ingénieurs et autres grands instituts de recherche constitue en effet un atout important.

 

C’est ainsi, notamment, que notre ville a su se positionner dans deux des quatre domaines d’excellence bretons : les sciences et technologies de la communication et de l’information et les sciences et technologies de la santé. Nous ne sommes pas en reste également dans le domaine de l’agroalimentaire avec la présence du pôle de compétitivité « Valorial » ou dans la chimie avec l’institut de chimie.

Malgré tout, la recherche rennaise mérite un nouveau souffle s’appuyant sur cette forte potentialité.

Deux voies méritent d’être explorées :

  • La politique européenne de la recherche

Il s’agit de la 3ème politique de l’Union européenne. Son objectif est clairement de stimuler la recherche, particulièrement de puis le Conseil européen de 2000 qui a fixé « la stratégie de Lisbonne » qui vise à faire de l’Union européenne « la société de la connaissance la plus compétitive du monde ».

L’objectif est de consacrer 3% du PIB à la recherche d’ici 2010.

On assiste également à une évolution de cette politique qui tente de devenir un véritable projet de portée politique avec la création d’un Espace Européen de la Recherche. Concrètement, il s’agit de contrer la fragmentation des structures de recherche, encourager la coopération et la coordination et faciliter la mobilité des chercheurs.

Rennes a une véritable carte à jouer dans le cadre de cette politique. La présence de nombreux établissements d’enseignement et de recherche publics et privés et la tradition d’ouverture à l’international qui les caractérise, doit conduire à de véritable partenariats interrégionaux et internationaux. C’est en effet la condition première pour bénéficier des nombreux crédits européens. La Commission européenne, dans le cadre du 7ème Programme Cadre pour la Recherche, propose un budget de 50 521 millions d’euros pour la période 2007-2013, soit en moyenne 7 217 millions d’euros par an. C’est une fois et demi plus important que le budget du précédent programme.

S’il faut nécessairement dans ce cadre, encourager les coopérations et partenariat interrégionaux et internationaux, il est possible d’adopter en parallèle des solutions plus loco-locales.

  • La mise en place de clusters

Il s’agit de regroupement d’entreprises et de centres de recherche, universités et laboratoires, proches géographiquement et qui partagent un même domaine de compétence et qui travaillent en complémentarité.

L’objectif est ainsi de mettre en réseau des acteurs d’une filière, améliorer la productivité des entreprises participantes tout en accroissant leur capacité de d’innovation. L’une des autres conséquences importantes est le développement de l’emploi dans ces mêmes entreprises.

Un cluster « nautisme et construction navale » a déjà été créé en 2006 dans le Morbihan et les résultats sont d’ores et déjà au rendez-vous.

Rennes et sa Métropole bénéficie d’un tissu d’acteurs publics et privés dense qui peut être favorable à la mise en place d’une ou plusieurs initiative de ce genre. Pour cela, au-delà de la volonté des entreprises de coopérer entre elles, il faut également une réelle impulsion politique.