Welcome Mr President !
Depuis le 4 novembre dernier, Barack Obama, Sénateur de l’Illinois, est entré dans l’histoire. Il devient à 47 ans le premier président métis des Etats-Unis d’Amérique.
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Mais Barack Obama peut-il devenir la denrée rare qui fait un grand président? Peut-il vraiment créer ce changement tant attendu? Au vu des nombreux chantiers qui l’attendent d’ici son investiture prochaine, le 20 janvier 2008, il va pouvoir le prouver.
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Au terme d’une longue campagne de près de deux ans et pour laquelle le monde entier s’est passionné, les Etats-Unis ont fait le choix du changement et nous prouvent malgré tout ce que l’on peut penser d’eux qu’ils sont également un peuple porteur d’espoir. Un peuple qui semble avoir atteint la maturité nécessaire pour élire un président non-blanc pour faire face aux défis qui l’attende et montrer qu’il a la volonté d’y survivre.
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Barack Obama a démontré sa capacité à convaincre et à inspirer l’importance d’avoir un président capable de mobiliser les foules, en particulier les jeunes dans ce pays qui a donné à la fois Walt Whitman et Abraham Lincoln.
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Cependant
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il ne représente plus une minorité depuis le 4 novembre 2008 ; il représente tous les Américains.
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C’est d’ailleurs ce qu’il a toujours défendu tout au long de sa campagne.
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Une fois l’euphorie de l’élection passée, il faut se concentrer sur les défis américains qui attendent le nouvel occupant de la Maison Blanche. Crise économique, guerre en Irak et en Afghanistan, saisies immobilières, surpopulation carcérale, immigration clandestine, pauvreté…la tâche s’annonce rude.
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Obama va également devoir constituer son gouvernement, peut-être optera-t-il pour la formule Sarkozy? C’est à dire l’ouverture, ainsi dans les favoris on retrouve Chuck Hagel pour la Défense, sénateur républicain sortant du Nebraska, ou se murmure aussi le nom de Colin Powell. Affaire à suivre.
Une collaboration avec les Républicains semble inévitable et nécessaire pour sortir le pays de la crise et limiter les dégâts de la récession.
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Ce qui est certain, c’est que l’Administration Obama va devoir envoyer des messages forts aux citoyens américains pour partir du bon pied et remporter rapidement les succès nécessaires à sa survie.
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L’élection de Barack Obama à la tête de la première puissance du monde révèle différentes choses.
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Tout d’abord la nation américaine a changé, elle est plus bigarrée. La génération Y -enfants nés entre 1982 et 2003- (qui remplace la génération X) exit les baby-boomers. Plus progressiste, plus métissée, c’est la jeunesse américaine qui a permis la victoire à Obama. L’histoire américaine montre que tous les quatre-vingt ans environ émerge une génération pour remettre sur pied le pays après une période de bouleversements provoqués par la ferveur d’une génération idéaliste. Il a eu une génération GI, aujourd’hui il y a la génération enfants du millénaire.
Ainsi en 1968, la victoire de Nixon inaugurait une ère marquée par sept victoires républicaines consécutives aux élections présidentielles (sauf Carter en 1976).
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L’autre bonne nouvelle, le taux de participation. Grand pays à tendance abstentionniste, l’élection présidentielle à cette fois beaucoup mobilisée (+65%°) dont de nombreux nouveaux votants dans les différentes minorités surtout chez les Afro-américains. Beaucoup ont appris à voter et ont fait preuve de patience pour pouvoir exprimer leur suffrage (parfois 5h d’attente). Il faut dire que les campagnes sur l’importance du vote étaient importantes et ce depuis 2004.
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La victoire de Barack Obama est bien sûr un grand espoir pour cette communauté qui voit dans le nouveau président la revanche d’un combat mené depuis les années 60 pour les Droits civiques. Bien qu’il ne soit pas fils d’esclave,
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Obama est avant tout un symbole de réussite,
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 il incarne l’American dream que certains pensaient disparu. Mais il faut nuancer, il ne s’est pas réellement exprimé sur les droits civiques durant sa campagne, il a préféré être le candidat de tous les Américains plutôt que celui d’une minorité.
Peu importe, pour beaucoup de militants de ce mouvement, il était déjà inespéré d’avoir un Afro-américain dans la dernière ligne droite de cette élection. Nombreux sont ceux qui ne pensaient pas vivre ce jour.
Obama est aussi un espoir pour les métis américains, longtemps sommés de n’appartenir qu’à un seul groupe. Ils commencent à revendiquer leurs origines multiraciales. Ils sont près de 7,3 millions d’Américains issus de deux races, soit 3% de la population et 6% des mariages célébrés sont mixtes. Pourtant nombreux sont ceux qui se revendiquent encore d’une seule origine, souvent pour des motifs personnels et non politiques. Cette problématique typiquement américaine peut être difficile à concevoir pour nous Français. Mais Barack Obama a montré qu’il est possible d’être Blanc et d’aimer sa famille Noire et d’être Noir et d’aimer sa famille Blanche.
Il réconcilie qu’on le veuille ou non l’Amérique avec son passé.
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Finalement il n’est ni plus ni moins que le parfait produit d’une Amérique qui s’est transformée surtout depuis ces huit dernières années.
Mais une Amérique qui reste conservatrice, c’est son inclinaison naturelle : tolérance bien plus grande à l’égard des inégalités, un conservatisme culturel prononcé et un taux d’incarcération important, port d’armes légalisé et la méfiance envers l’Etat est grande. Les Républicains ont dominé la vie politique depuis quarante ans…
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Obama devra alors gouverner au centre droit, il s’est d’ailleurs positionné contre le mariage homosexuel, parle de baisse des impôts, de Dieu et des pensions des anciens combattants et n’a surtout pas prononcé le mot « gauche » de sa campagne.
Le système politique restant ancré au centre-droit, en raison du veto présidentiel, des manœuvres d’obstruction parlementaire et du poids d’intérêts puissants, la moindre réforme nécessite une super-majorité. La Constitution a été rédigée pour que tout changement soit un processus long et réfléchi. Il est donc peu probable que Barack Obama s’y attaque pour modifier le jour des élections par exemple.
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Tout est vraiment possible en Amérique! Désormais, chaque enfant, chaque citoyen, chaque nouvel immigrant le sait : tout devient possible en Amérique. Que la reconstruction américaine commence!
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Bonne mandature à vous Monsieur le nouveau Président.
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