Au cours de la Galette des Rois de l’association « Projets pour Rennes Capitale », Bruno Chavanat expose les motivations de la rédaction de la plaquette « Rennes questions d’avenir » et les met en perspective avec la conception et la pratique du débat par la majorité municipale.

« Rennes, Questions d’avenir » : l’audace de poser les bonnes questions 

Ces questions que nous avons voulu rassembler autour de grands thèmes : rassembler, accueillir, grandir, participer… ont pour ambition de donner du relief au débat. La tendance de l’équipe en place est en effet d’user et d’abuser une forme d’intimidation destinée à le court-circuiter. Ils ont prétendu s’arroger monopole des valeurs et de la défense de l’intérêt général : le pire est qu’à force de le marteler à l’unisson, les messages que nous émettons perdent une partie de leur écho et de leur résonnance. La brochure que nous avons écrite est une réponse apportée à ces arguments d’autorité. Une volonté aussi de mettre en perspective l’enfermement de la majorité dans ses certitudes :   la créativité vient certes de l’équipe municipale, des services, mais elle vient aussi et surtout de l’idée du dialogue, de la qualité de l’attention et de l’écoute portée à ce qui diffère de soi.

 

La tendance de la majorité à cantonner le débat à l’entre-soi

Pourtant, la bouche des élus municipaux est pleine des mots « débats », « démocratie ». Comme souvent, l’usage zélé du mot traduit les limites de sa portée concrète. Le débat est souvent « mis en scène » et orchestré de manière convenue. Quand on ouvre le Journal « Le Rennais », par exemple, il faut reconnaître que la méthode ne manque pas d’apprêts : quand un problème se pose, il est aussitôt abordé de front dans le journal. Seulement qui tient la parole, pour exprimer les nuances, dire ce qui ne va pas ? Les élus de la majorité! Et c’est ainsi qu’on lit Nathalie Appéré reprendre à son compte les limites de la précédente génération de conseils de quartier ou Guy Jouhier (maire socialiste d’Acigné) apporter la « contradiction » à la majorité sur la question du transport des personnes handicapées dans l’Info Métropole. Cette mise en scène du débat et son cantonnement à l’entre-soi lui fait perdre de son piquant, et pour tout dire, « de sa vérité ».

La déportation du débat en dehors de ses enceintes naturelles.

On parle en ce moment de la future Cité des Idées, destinée à être « le lieu du débat », du métissage, etc. Quand on lit ça et qu’on le met par exemple en parallèle avec l’immaturité des échanges qui interviennent au sein de Conseil municipal, on se dit que faute d’avoir le courage d’admettre l’initiative et le dialogue avec l’autre, la tentation de la majorité est de se reconstituer des mondes, des univers, des journaux pour (re)créer le débat entre soi. Or nous voulons justement percer ce mur. Le débat, c’est ce qui a lieu entre des gens qui pensent différemment.  Nombreux sont aujourd’hui ceux à Rennes qui pensent que le débat ne peut et ne doit pas se limiter à une expression unique. Il faut une vraie confrontation : l’ambition et l’objet de cette plaquette est de la rendre possible sur des bases de fond qui témoignent à la fois de notre souci de l’essentiel et des ambitions que nous avons pour Rennes et les Rennais.