Les transports dans l’agglomération rennaise : la nécessité d’une réflexion globale
La dernière publication de l’AUDIAR sur la géographie des déplacements dans l’aire urbaine rennaise est riche d’enseignements. Elle démontre que la question des transports collectifs ne peut se résumer au choix réducteur d’un mode de t.c.s.p. limité à la ville-centre.
L’agglomération rennaise connaît une croissance significative de sa population depuis plusieurs décennies. Depuis 1990, elle a gagné 70.000 habitants supplémentaires. L’aire urbaine de Rennes est passée de 463.000 à 572.000 habitants, Elle est aujourd’hui la troisième de France par sa croissance démographique.
Ce sont les communes périurbaines qui bénéficient le plus de cette attractivité. La ville de Rennes représentait les deux tiers de la population de l’agglomération en 1982. Elle n’en représente plus que la moitié aujourd’hui. Sur la période récente, ce sont les communes de l’aire urbaine extérieures à l’agglomération qui ont connu la croissance démographique la plus dynamique. 20% des déplacements effectués au sein de Rennes-Métropole concernent aujourd’hui des personnes domiciliées hors de l’agglomération.
Cette croissance centrifuge est étroitement liée à l’utilisation de la voiture particulière. La part de la voiture et des deux-roues motorisés dans les déplacements est de 41% à Rennes, de 69% dans les autres communes de Rennes-Métropole et atteint 75% pour les habitants hors Rennes Métropole. Chacun s’accorde à reconnaître la nécessité d’en limiter l’usage dans les déplacements quotidiens. A la nécessité économique s’est ajoutée l’urgence écologique.
Rennes-District a fait le choix en 1989 d’un TCSP lourd, s’arrêtant aux portes de la ville. Vingt ans plus tard, le VAL connaît un incontestable succès populaire. Cependant le réseau STAR n’a gagné depuis 1999 que trois points de part de marché pour les déplacements dans l’agglomération, au détriment de la voiture particulière. Au niveau de l’aire urbaine, l’évolution est encore moins sensible.
Les habitants des communes périphériques ne peuvent profiter du VAL qu’au prix d’une rupture de charge via le réseau ferré, les bus ou les parkings relais. La population de ces communes va continuer à croître significativement dans les prochaines années. Si l’on veut éviter l’engorgement de l’agglomération, il convient de proposer à ces communes un système de transport collectif performant et fiable.
Les transports collectifs rennais doivent être dorénavant intégrés dans une réflexion globale concernant les déplacements dans l’ensemble de l’aire urbaine. Rennes-Métropole ne peut faire l’économie de l’étude d’une desserte plus rationnelle de l’ensemble des communes périurbaines, en partenariat avec l’ensemble des collectivités environnantes. Le choix d’un tcsp coûteux et limité à la ville-centre ne permettra pas, à lui seul, de réduire de manière significative et durable la part de la voiture particulière.
Pour la commission « transports »
Pierre GUSDORF et Antoine CRESSARD














