CGCTDans son dernier éditorial du « Rennais », Daniel DELAVEAU mène une charge violente contre la réforme des collectivités et de la fiscalité locale. « La réforme gommera 30 ans d’avancées » peut on lire sous la plume du maire. 30 ans d’avancées ? On est un peu surpris quand on sait à quel point les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont parlé de cette réforme sans jamais la faire.

Aujourd’hui, personne ne doute plus de la volonté politique qui anime le Gouvernement et le Président de la République pour s’attaquer au chantier. Naturellement, parce que cette réforme est importante et qu’elle a beaucoup attendu, elle est aujourd’hui difficile. Mais est-ce vraiment une raison pour ne pas la faire ? Beaucoup d’élus, dont nous sommes, sont d’avis contraire.

Alors, bien sûr, la réforme suscite des débats. C’est une bonne chose. C’est le signe que nous sommes sur une question de fond. Mais sur un débat de fond, on ne peut pas se contenter de défendre une logique partisane, sans s’exposer à des contradictions. Comme le montrent les prises de position de Daniel Delaveau.

PREMIERE CONTRADICTION : Etre en théorie favorable à une réforme mais s’opposer à toute réforme concrète.

La réduction du mille-feuille administratif français, la convergence de l’action du département et de la région dont les élus se font aujourd’hui concurrence et qui demain siégeront côte à côte, l’émergence de métropoles capables de s’affirmer au plan européen… Voilà le cœur de la réforme. Tout le monde en parle depuis 30 ans. Nous avons enfin un projet –perfectible sûrement mais qui a le mérite d’être concret -. « Je dis oui à la réforme pas à la contre-réforme» assure le Maire de Rennes. Ah bon ? Mais au-delà de cette pirouette, en quoi consiste la réforme que préconise Daniel Delaveau ?

DEUXIEME CONTRADICTION : A tout propos, chercher à opposer Etat et collectivités locales alors que nous sommes tous citoyens et contribuables de l’un et de l’autre

« Désengagement de l’Etat ! ». Cette formule rituelle et expiatoire, nous l’entendons dès qu’un problème se pose. Pas assez d’argent pour le logement, les associations, les écoles, les bus, le métro, l’Euro 2016 ? Le maire nous donne le sésame censé nous permettre de tout comprendre… Sauf que… le plan de relance a doublé cette année les investissements de l’Etat réalisés sur Rennes. Sauf que…le financement de l’Etat aux collectivités locales augmente année après année de près de 4%. Sauf que… on ne peut pas en même temps déplorer un déficit de 140 milliards et, pour tout remède, proposer la suppression du bouclier fiscal qui représente à peine 0,5% du problème.

TROISIEME CONTRADICTION : Approuver l’impôt quand c’est Rennes qui l’augmente et refuser l’impôt écologique au seul motif que c’est le Gouvernement qui le propose.

Signe supplémentaire d’une relation immature avec l’Etat, un double langage concernant l’impôt. Lorsqu’il s’agit d’augmenter de 53% l’impôt métropole pour financer le métro, l’impôt est paré de toutes les vertus. Mais lorsque l’Etat propose d’instituer la taxe carbone, qui est l’une des leviers essentiels des changements de comportement qui s’imposent pour l’avenir de la planète, rien ne va plus !

Comprenne qui pourra les contradictions du Maire de Rennes…