08_1117-policeLe 31 juillet, un jeune homme de 26 ans est mort après avoir été agressé, en pleine rue, par plusieurs personnes réunies contre lui dans le secteur de la place Sainte-Anne. Ce drame réveille le souvenir d’autres drames. On voudrait pouvoir se dire : « plus jamais ça !». Comment ne pas comprendre et partager les nombreuses réactions d’émotion et de révolte face à cette violence gratuite et meurtrière ? Mais au-delà de l’émotion, une question : « que faire ? ». « Est-ce devenu banal ? » (Ouest-France 10 août), «Agressions à Rennes pourquoi est-ce si difficile d’y remédier ?» (OF 21 août).

Contrairement à ce que l’on veut parfois nous faire croire, ce ne sont pas des Rennais particulièrement grincheux, ni des partisans du « tout-sécuritaire », ni même forcément des habitants du centre ville qui s’interrogent. Ce sont des habitants qui aiment bien leur ville, qui ont le goût de la fête, qui n’ont aucune hostilité de principe à l’égard de l’équipe municipale en place, dont ils peuvent par ailleurs apprécier le travail.

Ils sont simplement désarçonnés par l’absence de réaction des responsables municipaux face à un climat qui peut glisser aussi facilement de l’incivilité à la violence. Un climat que l’on ne rencontre pas dans d’autres villes comparables pourtant moins réputées pour leur qualité de vie. Un climat qui affecte notamment (mais pas seulement) le cœur de ville à certaines heures du soir et de la nuit, contrastant singulièrement avec le charme et la vie des mêmes rues et des mêmes places pendant la journée.

Face aux revendeurs de drogue, la question est simple : voulons nous agir ? Si la réponse est « oui », alors nous le pouvons.

Venons en à l’un des cœurs du problème : le trafic de drogue. Il ne résume pas tout mais ses symptômes les plus visibles permettent d’agir. Car tout le monde a pu observer, à l’œil nu, que des endroits très circonscrits (Place de la République, Place Sainte Anne) en sont le théâtre privilégié. Par ailleurs, chacun sait qu’il y a au cœur de ces trafics de puissants intérêts financiers, un recours systématique à l’intimidation et finalement à la violence la plus sordide. Il faut avoir le courage d’agir.   

La question est simple. Voulons nous agir ? Si la réponse est oui, alors nous le pouvons.

Nous le pouvons d’abord en changeant de discours sur l’action de la police. En cette rentrée, l’Etat a décidé de mettre en place une « unité territoriale de quartier » dédiée au quartier centre. Cette initiative prend en compte la dégradation des indicateurs de sécurité dans le quartier. 20 policiers supplémentaires vont prendre leurs fonctions. Selon que la municipalité soutient ou dénigre l’action de la police (comme ce fut le cas par le passé), les choses peuvent changer.

Nous le pouvons aussi en changeant notre approche de la vidéoprotection. Voilà des années que le groupe d’opposition plaide pour la mise en place d’une vidéoprotection de certains points très clairement identifiés pour les dangers qu’ils recèlent. Une mise en place maîtrisée, à laquelle non seulement la population concernée mais les associations de défense des libertés individuelles doivent être associées. Régulièrement, la mairie nous répond que ce qui vaut dans le métro ne vaut pas dans l’espace public ouvert, que la délinquance se recrée ailleurs. Un récent rapport de l’inspection générale du ministère de l’intérieur démontre que ces préjugés ne tiennent pas. Depuis 2000, dans les zones vidéoprotégées, la délinquance progresse deux fois moins vite qu’ailleurs, sans que se créent en parallèle des zones refuges de non droit. Sachons aborder la question avec pragmatisme et sans œillère. C’est aussi cela vivre en intelligence.