Lettre ouverte à M. Le Pillouer, Directeur du Théâtre National de Bretagne
Cher Monsieur Le Pillouer,
Vous avez réagi aux propos que j’ai tenus lors du dernier conseil municipal concernant le TNB, sa mission de service public et les entorses répétées au principe de neutralité dont les Rennais ont pu être témoins.
Contrairement à ce que vous pensez, je me suis réjoui du contenu du rapport d’activité du TNB pour ce qui concerne tant sa programmation, sa fréquentation, sa mission de formation et son projet de coopération Prospéro. Il ne faut pas chercher à me faire dire ce que je n’ai pas dit. J’ai dit, au contraire, ce que je pense à ce sujet : le TNB est une institution de qualité, créative et reconnue comme telle et qui a eu le mérite d’élargir la palette de sa programmation pour s’adresser à un public plus large au cours des dernières années, ce qui explique sans doute les bons chiffres de sa fréquentation.
Mais je crois tout aussi fermement que la place du TNB à Rennes, la qualité de sa programmation et le niveau de sa fréquentation donnent à l’institution comme à son directeur des responsabilités.
La première d’entre elles est d’être au service de tous les Rennais. Ce qui devrait vous conduire à respecter une valeur fondamentale de la démocratie : le principe de neutralité du service public.
Vous nous dites que la majorité des personnels du TNB se sont mobilisés contre la réforme des retraites. C’est évidemment leur droit. Mais la mission du TNB n’est pas d’abord d’exprimer l’opinion politique de ceux qui y travaillent. Le mur électronique de l’avenue Janvier du TNB est en principe destiné à promouvoir des évènements culturels. Vous cautionnez son emploi pour des messages purement politique. Mais accepteriez-vous que demain, les halls d’accueil de la mairie, de la préfecture ou de la sécurité sociale vous accueillent avec des slogans politiques (a fortiori s’ils étaient contraires à vos propres opinions) ?
Il est vrai qu’en s’abstenant de toute réaction face à ce mélange des genres, la mairie vous encourage.
Il est vrai aussi qu’en vous demandant de le soutenir publiquement pour sa campagne municipale en votre qualité de directeur d’un établissement culturel largement financé par la ville, M. Delaveau vous avait lui-même démontré le peu de cas qu’il fait de la neutralité du service public.
Vous comprendrez donc qu’il m’apparaissait de ma responsabilité de m’exprimer comme je l’ai fait.
Il m’a semblé plus normal, pour qu’il n’y ait pas d’incompréhension entre nous de vous l’écrire directement. Mais comme le débat est déjà public et que cette question intéresse tous les Rennais, je me permets de rendre publique ma réponse.
Bien cordialement à vous.
Bruno Chavanat














