Pôles commerciaux rennais : en finir avec la politique de Gribouille !
Gribouille se jetait à l’eau pour éviter de se mouiller. La municipalité rennaise et Rennes métropole signent une charte d’urbanisme commercial pour éviter de la mettre en oeuvre. Résultat deux ans après : un pôle commercial de centre-ville fragilisé, un développement déséquilibré des pôles périphériques, une politique contraire à tous les principes du développement durable.
Le dynamisme commercial ne se décrète pas. La charte d’urbanisme commercial signée fin 2007 n’a pas l’ambition de garantir, à elle seule, l’attractivité et le développement équilibré du commerce à Rennes. Mais ses partenaires – au premier rang desquels le maire de Rennes, président de Rennes Métropole- ont pris trois engagements : renforcer l’attractivité du pôle de centre ville, équilibrer les pôles périphériques, respecter une logique de développement durable. Or, de coups de canifs en tergiversations, le Maire de Rennes ne tient son cap sur aucune de ces priorités.
Première priorité, le coeur de Rennes. 1er pôle commercial de Bretagne avec 1600 commerces représentant 430 millions d’euros de chiffre d’affaire, c’est un moteur de l’attractivité de la ville. Mais un moteur fragile. Sans accessibilité, il étouffe. Or la mairie n’avance ni sur l’extension du plateau pietonnier ni sur la désaturation des parkings relais. Sans le maintien d’un réseau d’enseignes de qualité, il s’étiole. Or le nombre de fonds de commerce à vendre dans le centre augmente sans que l’accompagnement annoncé soit au rendez-vous.
En réalité, le maire de Rennes, président de Rennes Métropole, met en oeuvre, au contraire, une très curieuse stratégie de concurrence exacerbée des centres commerciaux du nord de Rennes, dont l’effet mécanique est d’affaiblir le commerce rennais. Face au développement de Cap Malo, sur la Mézière, Rennes Métropole a voulu répondre, à quelques kilomètres à peine, par l’implantation du même type de commerces à Betton. Quel intérêt pour la collectivité de prendre parti dans une guerre commerciale que se livrent des enseignes concurrentes? Et que cherche-t-on en autorisant encore l’extension de plusieurs milliers de mètres carrès des grandes surfaces de Betton, sinon un déséquilibre accru, commercial et territorial, en contradiction flagrante avec les engagements de la charte?
Mais plus préoccupant encore, c’est un modèle de centres commerciaux totalement contradictoire avec les principes du développement durable, que les élus rennais contribuent à développer. Sous couvert d’aménagements paysagers, c’est en réalité un modèle “tout voiture”, loin des centres de vie, loin des réseaux de transports en commun. Ici et là une voix timide -celle de l’adjoint rennais au commerce- a osé dire que tout cela n’a aucun sens. Mais Gribouille a crié plus fort que lui : “Silence dans les rangs!”















5 mai 2010 à 14:39
Deux remarques :
- d’une part, vous entendre réclamer l’extension du plateau piétonnier, aujourd’hui, laisse songeur, quand on se rappelle il y a encore peu l’opposition cinglante que vous meniez contre la politique menée par les prédécesseurs de l’équipe Delaveau.
- d’autre part, pourfendre le « tout-voiture » quand, il y a encore peu de temps, vous préfériez construire le centre des congrès ou une grande salle de spectacle (je ne sais plus j’avoue) en dehors de Rennes, donc donnant la priorité à la voture, c’est là encore un non-sens.
Enfin, en tant que Rennais habitant le centre-ville, je crois que les centres commerciaux du centre-ville justement (la Visitation entre autre) sont précisement des réponses à l’appel et à l’attraction des centres commerciaux situés aux portes de Rennes. Pour ma part, j’ai fais le choix depuis quelques années maintenant de faire mes courses en ville, ce qui est tout à fait possible, sans user de la voiture. Mais je conçois aussi que les habitants de la 1ere ou 2e couronne préfèrent faire leurs courses dans un hypermarché plutôt que dans le centre de Rennes. Je ne suis pas certain qu’il y est vraiment concurrence.