Prairie des Matelouères : Pourquoi il faut suspendre le projet
Le site des Matélouères est un trésor écologique en plein Rennes. La mairie veut y construire 60 logements. Il est devenu le symbole d’un combat inégal entre des défenseurs de l’environnement et l’équipe municipale qui ne renonce à aucun moyen pour les discréditer. La qualité du site et son intérêt appellent pourtant d’autres méthodes. Il faut suspendre le projet.
D’abord un conseil : allez-y. Allez voir. Allez vous promener, seul ou en famille, un matin à la fraîche ou un dimanche de printemps dans cet écrin de nature exceptionnel enclavé entre la rue de la Poterie et la rue de Vern dans le quartier de la Poterie. Vous êtes au cœur de la ville mais, le temps de votre visite, vous l’oublierez. Vous êtes en pleine nature et pourtant vous êtes à Rennes.
Depuis de long mois, la prairie des Matélouères est l’objet d’un conflit entre la Mairie, qui veut lotir la prairie, et les partisans de la protection et de la valorisation de ce site naturel exceptionnel. Car la « prairie » n’est pas une simple étendue d’herbe. Elle jouxte un ensemble d’arbres et de haies, des milieux humides et une clairière, dans lesquelles nombre d’espèces protégées, salamandres tachetées, pipistrelles, grands capricornes, lucarnes, piques prunes et écureuils roux trouvent refuge.
D’un côté donc, 60 logements sont annoncés, un processus lancé, concours d’architecte à la clé. En projet, une barre d’immeuble sur la rue et trois « bâtiments-prairies », qui sont des logements groupés avec jardins privatifs, répartis sur le site. De l’autre côté, des habitants et un collectif fortement mobilisés.
« Simple querelle de voisinage dans laquelle les résidents cherchent à protéger leur tranquillité en refusant de nouvelles constructions » ? En tentant d’accréditer cette thèse, la mairie cherche surtout à utiliser tous le moyens pour discréditer ses interlocuteurs. Et comme toujours en pareil cas, elle utilise l’artillerie lourde.
Les défenseurs du site ont pourtant de solides raisons de ne pas se laisser intimider.
1/ Ils mènent un combat juste et utile du point de vue de l’environnement. A tous ceux qui en doutaient et qui considéraient qu’il s’agit au mieux de quelques « irréductibles gaulois » qui défendent leur prairie, le très officiel Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Bretagne vient apporter un démenti : « Ce dossier est un cas d’école, un espace de naturalité très intéressant pour la ville ».
2/ Précisément, ce qui est en cause, ce n’est pas une querelle de quartier mais un intérêt général à l’échelle de la ville. Non seulement la prairie participe au corridor écologique qui relie le bois de Soeuvres au cimetière de l’Est mais c’est aussi un « lieu témoin », comme la ville en a besoin, impossible à reconstituer s’il est amputé de 40% de sa surface.
3/ Les élus ne peuvent pas utiliser n’importe quelle méthode et n’importe quels arguments pour couper court aux oppositions qui se présentent. En taxant d’égoïsme les opposants, la Municipalité prend sciemment pour alibi les quelques logements sociaux inclus dans le projet. En dénigrant publiquement les opposants, en les accusant de « paranoïa » (Conseil municipal du 17 décembre 2007), elle cherche surtout à les affaiblir.
Elle révèle ainsi sa conception du dialogue. C’est aussi cela le « cas d’école » des Matélouères.















20 mars 2010 à 11:08
Il est drôle si on peut dire de voir , encore une fois, un partie politique qui ne tient pas ses engagement. A l’heure où les différents parties de gauche comme de droite se présentent aux régionales comme de grands défenseurs écologiques, la ville de rennes dresse une politique opposée à cet engagement!
La population commence à prendre conscience de l’importance du patrimoine écologique; On dit à rennes être en démocratie participative; Les élus de la mairie sont alliés aux verts et préserver l’environnement rennais est inscrit au programme du ps.
Pourquoi ne pas nous faire appel afin de connaitre notre avis? Les politiques auraient ils peur de voir leur projet désapprouvé par une majorité écrasante?
Je demande un référendum sinon une votation!
6 juin 2011 à 14:05
je suis entièrement d’accord pour préserver ce site naturel . je suis pour un référendum démocratique !
21 juin 2011 à 18:49
Cela n’a rien à voir avec la nouvelle gare et nouvelles tours peut-être construites?