CGCTLa majorité métropolitaine ne cesse de fustiger la réforme territoriale : « décentralisation à l’envers », « regression », privation des libertés locales »â€¦ sont les arguments répétés à qui veut bien les entendre pour dénoncer ce projet de réforme, dont le sont d’ailleurs en cours de discussion et méritent donc une certaine prudence non seulement dans les propos mais aussi dans les décisions. 

Curieusement, lorsqu’il s’agit de concentrer plus fortement les pouvoirs à Rennes Métropole et d’étendre le périmètre géographique à la 2ème, voire 3ème couronne de Rennes par la création d’une Métropole, super communauté urbaine qui se substitue à la quasi-totalité des communes, la réforme territoriale devient une « opportunité à saisir », un « nouvel essor de la solidarité territoriale », un « rendez-vous avec l’Histoire »â€¦

Curieuse attitude qui consiste à dénoncer à Paris ce que l’on veut faire localement !!!

La Métropole, de quoi parlons-nous ?

En l’état actuel du projet de loi, la création d’une Métropole suppose de fonder une structure de plus de 450 000 habitants et entraîne donc une large extension géographique de Rennes Métropole. La Métropole gère des compétences très structurantes non seulement du Département (voirie départementale, développement économique, éventuellement action sociale et collèges) mais aussi des communes (notamment toutes les prérogatives en matière d’aménagement et de gestion de l’espace public).

La création d’une Métropole pose 5 questions :

1)       Souhaitons-nous que l’ensemble des politiques d’aménagement soient décidées pour toutes les communes par Rennes Métropole ? La Métropole a-t-elle vocation à définir le type d’habitat, les zones à urbaniser, à gérer l’ensemble des zones d’aménagement de toutes les communes ?

2)       Les compétences de proximité (par exemple la gestion de la voirie) seront-elles mieux assurées et à meilleur coût par la technostructure métropolitaine que par les communes ?

3)       Une métropole a-t-elle un sens en Ille-et-Vilaine ? Est-ce renforcer la solidarité territoriale que de dépecer le Département de plus de la moitié de son périmètre d’intervention ?

4)       Une large extension géographique de Rennes Métropole a-t-elle du sens ? Les attentes de la population des communes de la 3ème couronne sont en effet très différentes de celle de Rennes Métropole. Des communes distantes de 30 à 40 km peuvent-elles être intégrées dans la Métropole au même titre que les communes les plus proches ?

5)       Plutôt que de gérer des services de proximité en général correctement assurés par les communes, la Métropole ne devrait-elle pas au contraire chercher à créer une forte dynamique autour de grandes actions métropolitaines (enseignement supérieur, recherche, pôles de compétitivité, grandes infrastructures économiques ou de services) avec comme priorité le développement de l’économie et de l’emploi ?

Si le renforcement de Rennes Métropole est envisageable, notamment afin de favoriser son rayonnement et son rôle de locomotive régionale, le choix de la structure juridique de « Métropole » n’est pas la seule solution pour favoriser le rayonnement métropolitain.

Le projet de loi en cours de discussion permet en effet la création de « pôles métropolitains » qui permettent d’apporter des réponses concrètes et pragmatiques pour une plus grande solidarité financière, l’extension de certains services structurants tels que les transports urbains ou encore en faveur du renforcement des grandes fonctions métropolitaines (enseignement et recherche, développement économique…)… Cette voie mérite un vrai débat contradictoire, transparent, ouvert… plutôt que les conciliabules actuellement en cours entre Rennes Métropole et les « cibles » de l’OPA amicale en cours de préparation !