Université : 2010, un rendez-vous à ne pas manquer
19 milliards d’euros vont être consacrés à l’Université. C’est plus de la moitié du Grand emprunt. Un appel à projets est lancé. Rennes Métropole saura-t-elle se mobiliser autour des universités rennaises ? De l’importance que nous accordons à cette question dépend une part de notre avenir à tous.
L’université bouge. Depuis deux ans, et l’adoption de la loi Liberté et responsabilité des universités (dite Pécresse), le paysage se transforme considérablement. A la réforme de la gouvernance, qui permet aux universités de devenir autonome sur le plan de la gestion et de créer des fondations, vient s’ajouter l’effort financier de l’Etat sans lequel – compte tenu du retard français en la matière – le changement de gouvernance risquait de faire long feu. Or cet effort, dont certains craignaient qu’il soit homéopathique, le gouvernement propose, au contraire, qu’il soit massif. Le 20 janvier dernier, un projet de loi de finances a fixé 19 milliards, soit plus de la moitié du montant total du Grand emprunt – la somme des crédits qui seront consacrés à l’université française.
Quelles conséquences pour Rennes ?
La première conséquence est que les universités rennaises sont déjà au travail pour préparer leurs réponses aux appels à projets qui interviendront dans les prochaines semaines. L’enjeu est de taille quand on sait que 5 à 10 campus d’excellence doivent émerger dans le paysage universitaire français des 25 prochaines années. Cinq à 10 campus, cela veut dire un pour le Grand Ouest. Or Rennes, qui a de toutes les villes du Grand Ouest le plus grand nombre d’étudiants et de chercheurs, a tous les atouts pour être le cÅ“ur de ce campus.
Pour autant, la bataille s’annonce rude. S’il n’en fallait qu’un seul signe, il a été donné dès le mois de février par les universités parisiennes. Elles sont déjà sur le pied de guerre. Alors qu’un rapport commandé à Bernard Larrouturou, l’ancien directeur du CNRS, préconise un regroupement massif des sites parisiens, trois grands pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) dessinent les contours de ce que pourraient être des campus d’excellence.
Dans ce contexte, les universités et grands organismes de recherche implantés à Rennes ne partent pas de rien, loin s’en faut. Leur qualité scientifique vaut à plusieurs laboratoires de figurer dans le classement de tête des universités françaises. Rennes 1 et Rennes 2 ont déjà franchi des étapes de l’autonomie. Rennes 1 a créé une fondation qui lui permettra de développer des partenariats féconds.
Mais la concurrence est trop rude et les risques d’un certain centralisme parisien trop présents pour que les collectivités locales s’abstiennent d’apporter leur concours. Elles doivent le faire hardiment.
L’enjeu est double. Il s’agit, à court terme, de renforcer les chances des dossiers qui seront présentés dans le cadre des appels à projets du Grand emprunt. Il y a deux ans, dans le cadre de la première Opération campus, les opérations retenues, à Montpellier, Grenoble ou Strasbourg, métropoles comparables à la nôtre avaient bénéficié d’un soutien local plus net et en avaient retiré un avantage financier sensiblement plus important que le projet breton, pour qualifié de « prometteur ». Mais il s’agit d’autre part et surtout de parier sur l’intelligence et préparer « l’économie de la connaissance », dans laquelle nous devons nous inscrire si nous voulons continuer de progresser le niveau de qualification de nos emplois et la richesse que nous produisons collectivement.
Il en va de l’avenir de l’université. Mais, à long terme, il en va de l’attractivité de notre territoire et donc de notre avenir à tous.
Partager/Sauvegarder »
Donnez votre avis...
A lire aussi...
- L’ENS à Ker Lann : une bonne nouvelle si les crédits suivent. Gare aux effets d’annonce !
- Viva Cité : il est temps de dire stop à tant de dérives !
- Fermeture de la bibliothèque de la Maison Bleue : une nouvelle illustration du manque de débat et de concertation à Rennes
- La question des universités abordée














