Séance bugétaire du conseil municipal du 18 février 2013 : Intervention de Bruno Chavanat

Monsieur le Maire, chers Collègues,

Le rendez vous budgétaire 2013 nous engage pour la dernière année du mandat municipal. Cette année comme les années précédentes, il est le fruit d’un important travail des services, que je tiens à saluer. Mais ce dernier rendez-vous est aussi le résultat de choix politiques qui sont à mettre en perspective. C’est un rendez-vous qui nous permet de juger non seulement des orientations d’une année mais du bilan d’un mandat.

Ce budget est enfin le premier voté sous un Gouvernement que vous soutenez, pour lequel vous avez voté et dont vous allez être conduit à assumer les décisions.

Non seulement les décisions mais aussi les reniements.

Il y a un an, vous n’aviez pas de mots assez durs pour condamner l’Etat ses actions, ses responsables, son désengagement, disiez vous.

Il y a un an, c’était l’heure des promesses électorales. C’était l’heure des slogans « on va faire payer les riches », « la finance voilà l’ennemi ». C’était « Vous allez voir ce que vous allez voir » !

L’ennui avec ce genre de discours, c’est l’effet boomerang, c’est le retour de flamme.

Aujourd’hui, si on y regarde de près, à chacune des critiques antigouvernementales qui ont servi de point d’appui, 5 années durant, à votre discours de présentation du budget, correspond aujourd’hui un reniement, une promesse de campagne non tenue.

-          Fini le dérapage du déficit, disiez vous, retour à l’équilibre en 2017 avec 3% dès 2013. C’est désormais officiel : promesse non tenue.

-          Haro sur le bouclier fiscal ! « Les riches paieront. 90 % de la population ne verra pas ses impôts augmenter » disiez-vous. Résultat : vous avez maintenu un bouclier fiscal à 75%. Vous avez mis en œuvre la hausse de TVA que vous dénonciez. Et surtout vous avez supprimé l’exonération des heures supplémentaires en rognant parfois jusqu’à 10% des petits salaires. Là encore promesse non tenue.

-          Redressement productif, pacte de croissance pour l’Europe, sanctuarisation du budget de la culture, fin de la RGPP. La liste est longue des engagements foulés au pied quand on sait votre impuissance face aux plans sociaux, le vote du traité inchangé et la baisse de 11% du budget européen, la baisse de plus de 3% du budget de la culture, la RGPP pudiquement rebaptisée MAP. Tout ceci montre bien l’état d’esprit dans lequel vous étiez. Promettre des lendemains qui chantent pour gagner les élections. Et de tout le reste se soucier le moins possible.

-          Enfin pour clore la liste des promesses sans lendemain, il faut dire un mot des dotations de l’Etat aux collectivités locales. De ce point de vue le piétinement des engagements est encore plus spectaculaire. Car non seulement vous avez emboité le pas de la stabilisation puis de la diminution des concours aux collectivités locales décidées par le Gouvernement Fillon que vous n’avez pas cessé de dénoncer mais vous avez osé affirmer lors du débat d’orientations budgétaires, il y a seulement un mois : « Aujourd’hui, les mesures prises sont plus cohérentes et mieux préparées ». Plus cohérentes et mieux préparées ? On croit rêver, quand la baisse des dotations annoncée il y a un mois était de 750 millions par an pour 2014 et 2015 et qu’en quelques semaines elle a été multipliée par deux !

Le moins que l’on puisse dire c’est que la somme des promesses non tenues et des réformes mal ficelées ne nous aide pas à boucler notre budget.

Ce budget, nous le savons, intervient par ailleurs dans un contexte économique rennais et breton plus dégradé qu’il n’a jamais été depuis le début de notre mandature.

Car la crise qui a frappé Rennes avec le plan social de PSA annoncé en 2012 n’est pas la difficulté d’une seule entreprise. Ce n’est pas non plus la crise du seul secteur automobile. L’économie bretonne est touchée dans trois de ses piliers jusqu’alors les plus solides. L’automobile mais aussi l’agro-alimentaire et le BTP. Les suppressions d’emploi dans ces secteurs ont engendré cette réalité nouvelle : la Bretagne qui créait plus d’emplois que la moyenne nationale depuis 20 ans en supprime aujourd’hui davantage. Sur la zone d’emploi de Rennes, le chômage a augmenté de 18% en un an soit près du double de la moyenne nationale (+10,3%). Et, contrairement à ce que l’on peut penser, Rennes ne s’en tire pas mieux que la Bretagne mais moins bien (+13,7%). Quant au chômage des jeunes, il est d’ores et déjà un point plus élevé qu’au niveau national (19,1% contre 18,2%) et il augmente lui aussi deux fois plus vite.

Dans ce contexte, que peut-on attendre du budget de la ville ?

Disons le d’emblée, ce n’est pas dans ce budget que l’on trouvera les effets de levier principaux pour peser sur la conjoncture économique. Et ceci pour deux raisons.

-          La première est que l’essentiel des compétences économiques nous échappent. Qu’il s’agisse de l’immobilier d’entreprise, des principaux programmes d’investissement, de l’accompagnement de la recherche et de l’enseignement supérieur, c’est Rennes métropole qui en décide. J’observe que cette année, pas plus que les années précédentes, vous ne nous présentez de budget consolidé des deux niveaux d’administration. Ce sont pourtant bien les mêmes citoyens, les mêmes contribuables qui ont droit à une information globale, claire et compréhensible sur l’utilisation de l’argent public. Mais j’ai le sentiment ça n’est pas votre préoccupation première et que les Rennais vont devoir attendre…

-          La seconde raison est que là où la seule action municipale peut avoir un effet direct sur l’activité économique, votre action est non seulement insuffisante mais contre productive. Je prendrai l’exemple du commerce.

Insuffisante –on devrait dire inexistante- l’action  pourtant nécessaire de revitalisation des petits centres commerciaux de quartier, qui pâtissent de la concurrence des grands centres commerciaux  « tout voiture » dont vous accroissez , contre toute logique de développement durable, les capacités de parking aux abords de Rennes ou dans la ceinture verte à Betton à Pacé ou ailleurs. Beaucoup de ces petits centres sont en souffrance depuis des années. Ils attendent une requalification, qui n’est pas venue en 2012, et que votre budget 2013 ne prévoit pas davantage.

Contre productive, l’attitude que vous adoptez avec constance à l’égard des commerçants de centre ville. Cette année, dans une conjoncture économique que vous saviez difficile pour le commerce, vous avez multiplié comme jamais les travaux et les obstructions à l’accès aux commerces de centre ville. Cette attitude se paie en termes d’activité et d’attractivité mais aussi en termes d’emplois.

Ni votre attitude ni votre budget ne portent la marque de la mobilisation pour l’emploi.

Est-ce à dire que ce serait impossible, que nous n’aurions pas de marges de manœuvre ? Au contraire, des marges de manœuvre, nous en avons. Pour mieux gérer l’argent public. Pour préserver le pouvoir d’achat des Rennais et maitriser la fiscalité. Pour investir.

Ces marges de manœuvre, au moment de voter le dernier budget de la mandature, qu’en avons-nous fait ?

-          1/ Avons-nous fait l’effort de mieux gérer l’argent public ? Ce qui restera de cette mandature c’est le sentiment que, dans un temps ou chacun fait attention à son budget, la ville aura été peu regardante avec l’argent public.

  • Peu regardante, si l’on considère le dérapage des grands projets dont le symbole malheureux  est le Couvent des Jacobins, un projet dont le budget a doublé de volume, comme la Vilaine en période de crue mais qui, contrairement à la Vilaine, ne reviendra jamais à son niveau initial.
  • Peu soucieuse de faire produire à la mutualisation des services de Rennes et Rennes Métropole. C’est le contraire qui se produit. En 2011, juste après la mutualisation, au lieu des économies d’échelle attendues, les effectifs ont augmenté sensiblement à la fois à Rennes (2%) et Rennes Métropole (+6%). Pour quels services nouveaux de la part de Rennes Métropole? La dernière évolution en date que certains ont en mémoire, c’est au contraire la suppression des bibliothèques de proximité.
  • Peu économe enfin en matière de communication. Dans ce domaine, vous avez les repères de ceux qui ont l’argent facile. Il n’y a qu’à voir les nouvelles unités de compte que vous avez instaurées. La plus grosse unité de compte c’est le « VivaCités ». Le VivaCités c’est 1,3 M€. C’est le prix d’un gros coup de pub préélectoral. Pas moins. Mais pour mémoire je rappelle que pour ce prix là on a deux terrains de foot synthétiques et deux ou trois crèches. Une autre unité de compte, c’est le « Rifkin ». Ca c’est l’unité de compte qui permet de payer une conférence de 2h sur le développement durable. Le Rifkin c’est 25 000 euros. A ce tarif là, évidemment, on devrait tous demander à être payés en Rifkin !

-          2/ Le problème c’est que l’argent public, celui-là même qui sert à payer Jérémy Rifkin à 10 000 euros de l’heure, ce sont les Rennais qui le prélèvent sur des budgets que la crise n’épargne pas. Avons-nous fait les efforts nécessaires pour préserver le pouvoir d’achat des Rennais et maîtriser la fiscalité ?

Certes depuis 2010, vous affirmez ne pas avoir augmenté les impôts. La réalité est un peu moins simple.

La réalité, c’est que vous avez augmenté les impôts de la ville en 2008 et en 1009 et encore en 2010, constituant ainsi une cagnotte, un matelas, dont le budget de la ville avait d’autant moins besoin que l’emprunt était globalement peu cher et la ville peu endettée.

La réalité, c’est que le produit par habitant des impôts ménages à augmenté de 21% durant les quatre premières années du mandat. Combien de foyers rennais peuvent ils se prévaloir d’une telle augmentation de leurs ressources, dans ces temps où la crise en a touché beaucoup ?

La réalité c’est enfin que Rennes et Rennes Métropole se situent au-dessus de la moyenne des agglomérations de la même catégorie, aussi bien en taxe d’habitation qu’en taxes foncières, aussi bien en taux qu’en produit. Et que tous impôts locaux confondus, les taux d’impôt locaux toutes collectivités confondues, c’est depuis le début du mandat (2013 non compris) une augmentation de 14% des taux et de 25% de l’impôt payé.

Il fut un temps où, dans cette assemblée, on parlait de l’impôt de manière légère. Peu importe disiez vous, à quel niveau on le fixe, du moment qu’on en fait bon usage. Cette légèreté n’est plus de mise. Les dotations de l’Etat vont diminuer. L’impôt local va donc peser de plus en plus dans nos budgets. Mais aussi dans le budget des Rennais. De tous les habitants y compris les plus démunis, car les foyers totalement exonérés sont de moins en moins nombreux. Par conséquent si l’impôt doit être synonyme de service public et de solidarité, il doit être aussi synonyme de respect du pouvoir d’achat des Rennais. Cela vaut pour l’augmentation de son montant et pour la manière dont il est dépensé.

-          3/ Avons-nous au total consacré un effort important à l’investissement ?

L’argent dépensé, ce sont des dépenses de fonctionnement mais aussi l’investissement.

Vous revendiquez un investissement « volontariste ». Que cache ce mot, que vous servez à toutes les sauces ?

  • « Volontariste » est-ce que cela veut dire « en croissance » ? A l’évidence non !

Le vrai chiffre de l’investissement ce ne sont pas les inscriptions théoriques. Ce sont les montants qui vont être dépensés dans l’année. Le montant 2013, c’est 72 M€. Or 72 M€ c’est un montant inférieur à celui (74 M€) qui était inscrit au budget de la ville en 2000. Et si l’on regarde la courbe des investissements des 12 dernières années, on observe qu’en 2001 on était à 93 M€ (29% de +), en 2005 à 82 M€ (14% de +) en 2006 à 92 M€ (28%de +), en 2009 à 101 M€ (40% de +). Il n’y a que deux années sur la dernière décennie (2003 et 2010) ou le niveau de mandatement prévu aura été aussi bas.

  • Volontariste est-ce que cela veut dire audacieux, utile pour l’avenir et pour les Rennais ?

Vous nous demandez souvent, à l’occasion de la discussion budgétaire, comment gager les investissements que nous proposons par des dépenses auxquelles nous renoncerions. La réponse, cette année, nous pouvons facilement en regardant les 5 années écoulées, durant lesquelles l’argent public a été dépensé sans discernement. Au milieu de ces cinq ans, en 2009, nous avons eu un pic d’investissement, grâce notamment au plan de relance de l’Etat. A quoi avons-nous consacré cet argent supplémentaire ? Pour une grande part, à des terre-plein, à des chicanes, à des aménagements en tout genre, souvent luxueux que les Rennais ont vu fleurir ici et là. Cet argent vite dépensé a été mal dépensé. Aujourd’hui, dans un certain nombre de rue, ce granite, dont on ne sait pas bien l’origine, est déjà de guingois.

Vous voulez des priorités ? Nous vous en donnons. Plutôt que de concentrer tous les travaux de voirie, les utiles et les inutiles, au même moment avec comme conséquences, la pénalisation systématique de la circulation et du stationnement, nous vous conseillons de reporter ces crédits (encore plus de 5 M€ cette année mais près de 50 M€ à l’échelle du mandat) sur trois priorités.

  • L’emploi. Rennes doit être une ville accueillante à l’emploi. Elle ne l’est pas assez. Accueillir l’initiative économique et l’emploi, ce n’est pas seulement se réjouir de l’implantation de B Com. Nous nous en réjouissons tous. C’est aussi redonner du dynamisme aux commerces de proximité. C’est permettre à l’artisan ou au jeune créateur de trouver pas loin de chez lui et dans de bonne conditions de réactivité, des locaux et un appui matériel qui lui permettront de donner corps à son projet.  Ce n’est pas des millions d’euros qui sont nécessaires. Ce sont quelques locaux et surtout un état d’esprit.
  • La petite enfance : l’argent dépensé doit l’être de manière économe et utile pour répondre à la longue liste d’attente des parents qui ne trouvent pas de structures collectives. Une crèche, c’est 0,4 VivaCités. Mais il faut compléter cet effort par des lieux collectifs permettant aux assistantes maternelles dans les quartiers.
  • Les équipements sportifs : Nous débaterons des grands équipements dans les mois à venir, de la piscine qui manque à Rennes et de l’Areva qui est nécessaire. Car le financement de ces équipements que vous n’avez pas fait ne peut s’envisager que sur la durée d’un mandat. Mais les équipements de proximité demeurent nécessaires.

M. le maire, nous avons parlé de ce que contient le budget. Je voudrais terminer en évoquant ce qui n’y figure pas.

Votre budget ne dit rien et ne prévoit rien pour financer la réforme des rythmes scolaires.

Vous avez annoncé une réforme. Vous savez qu’elle va coûter de l’argent dès 2013. Vous ne prévoyez pas cet argent dans le budget. Votre budget est donc insincère.

Du point de vue qui est celui de notre délibération de ce soir, ce serait un motif suffisant pour le rejeter.

Mais la question des rythmes scolaires mérite par ailleurs un autre débat. Et ce débat est urgent.

Vous avez jusqu’à la fin du mois de mars pour demander à ce que la réforme des rythmes scolaires puisse être étalée sur deux ans et ne rentrer en application qu’en septembre 2014. M. le maire, je vous le demande solennellement votons ce report.

Pourquoi faut il ce report ? Pour quatre  raisons.

-          D’abord parce que tout le monde vous le demande. C’est le message des enseignants qui ne comprennent pas la manière dont ils vont être traités. C’est le message des parents délégués des écoles publics. Ils vous l’ont dit massivement samedi dernier. Beaucoup d’entre eux croient à la réforme. Mais ils veulent y être associés. Le paradoxe c’est que votre précipitation risque de faire capoter une réforme non par son rejet de principe mais parce que vous ne voulez pas prendre le temps d’associer les acteurs

-          Deuxième raison : vous n’êtes pas prêt. Si vous étiez prêt vous auriez au minimum présenté une fourchette dans votre budget. Vous auriez au minimum présenté des scénarios aux parents qui vous le demandent. Vous ne l’avez pas fait. Vous n’êtes pas prêts.

-          Troisième raison : prenez le temps d’associer tous les enfants et toutes les familles de la ville à la réforme. Aujourd’hui vous laissez 30% d’enfants de côté, ceux qui fréquentent l’enseignement privé sous contrat, dont les maitres n’ont été ni informés ni rassurés sur les financements. Or il n’y a pas à Rennes 12000 enfants qui vont changer de rythme. Il y en a 17 000. Et pour les rythmes il n’y a pas deux catégories d’enfants. Il n’y en a qu’une.

-          Quatrième et dernière raison. Elle tient à une proposition que nous voudrions vous faire. Prenons le temps de quelques expérimentations réussies. Aujourd’hui l’expérimentation Trégain, avec allongement de la pause méridienne, nous en voyons les limites, les enseignants en sont les premiers témoins. Profitons au contraire de l’année 2013-2014 pour mener 3 ou 4 expérimentations réussies par forcément identiques mais qui permettront de faire la réforme avec les parents et les enseignants et non pas contre eux.

C’est sur cette proposition que je conclurai mon intervention.


Viva Cité : un flop indécent !

Intervention de Bertrand PLOUVIER

Conseiller Municipal de Rennes

Monsieur le Maire,

Chers collègues,

Après « Rennes au futur » « Cité Vision » « Envie de ville ». VIVA CITE s’inscrit dans la droite ligne des grandes opérations de communication pré électorales que vous organisez systématiquement deux ans avant chaque élection municipale aux frais des contribuables rennais. Votre grande opération vient de s ‘achever  et il est temps d’en faire le bilan : quel flop !

Nous sommes à deux ans des prochaines élections municipales et une fois de plus vous avez, sur le dos des rennais et des habitants de Rennes Métropole, organisez votre préparation de campagne électorale et c’est tout proprement honteux et indécent !

Indécent pour le coût scandaleux de cette opération de plus de 1,2 millions d’euros sans compter ce que vous avez réussi à dissimuler dans les lignes budgétaires obscures des différents organismes participant à cette opération.

Indécent pour autant d’argent gaspillé dans une période ou beaucoup de nos concitoyens connaissent des situations sociales et économiques difficiles. Cet argent public que vous utilisez à des fins électoralistes aurait sûrement été plus utile pour aider des familles rennaises en difficultés ou pour investir dans des projets de création, de soutien, d’investissement dans des entreprises avec des créations d’emplois à la clé. Agir pour l’emploi voilà ce qui devrait être une de vos priorités Monsieur le Maire.

Dans son rapport « 50 propositions pour un Etat exemplaire », le député socialiste René DOSIÈRE pointe la hausse des dépenses de communication. Vous qui êtes d’ordinaire si fier de vos palmarès, je pense que la ville de Rennes doit tenir sa place sur le podium des villes qui explose leur budget communication.

Comparons le budget de VIVA CITE  et  celui de Cité Vision.

2012  VIVA CITE 1,2 millions d’euros au bas mot.

1999 Cité Vision 1million 500 000.  1,5 million de francs. Visiblement le passage à l’€ ne vous a pas réussi !

En 2005 pour « Envie de ville » vous aviez prévu un budget de 732 000€. Une fois de plus les dépenses n’ont pas été maîtrisés et la facture pour le contribuable rennais s’est finalement élevé à 916 967€ soit une augmentation de 25 %.

Lors du dernier conseil municipal, votre adjoint à la communication  justifiait ses dépenses somptuaires en arguant que la démocratie avait un coût. Mais avec vous elle a un coût élevé, disproportionné et non maitrisé.

Vous aviez sûrement prévu de nous faire croire que votre opération a connu une grande fréquentation. Malheureusement votre opération de com’ n’a pas attiré grand monde. On peut même dire que VIVA CITÉ est un flop ! Des exemples frappant nous montrent que les rennais ont boudé viva cité : Monsieur Sémeril a animé une table ronde vide sur le sport, Monsieur Potin a reconnu que les habitants n’avaient pas saisi l’occasion de venir discuter. A plusieurs reprises cette semaine je me suis rendu sur place et j’ai constaté la très faible fréquentation.  Monsieur Préault nous dira que le dancefloor a été un vrai succès. En dehors du fait que je pense que bien que nous devrions ouvrir l’Hôtel de Ville aux rennais, je ne pense pas que transformer la mairie en dancefloor soit la meilleure façon que les jeunes s’approprient la mairie. Je serai assez tenté de dire « Panem et circenses » « du Pain et des Jeux ». On imagine aisément l’adjoint à la communication dans une grande toge blanche regardant le bon peuple s’amuser. Je trouve que cette expression est bien à propos. L’organisation de cette soirée est bien dans l’esprit des jeux  que les empereurs romains organisaient ainsi que les distributions de pain dans le but de flatter le peuple afin de s’attirer la bienveillance de l’opinion populaire.

Mais comme les empereurs romains à la fin de leur rayonnement, on sent l’usure du pouvoir que vous exercez depuis plus 30 ans à Rennes. Les Rennais ne se satisfont plus de vos fausses concertations. On vous sent bien souvent tenté d’exploiter ces tendances « à la vie facile et heureuse » par la promotion de discours et de programmes d’action populistes ou court-termistes.

Effectivement le dancefloor a reçu de nombreuses visites, mais reconnaissez que c’est quand même assez simple d’attirer du monde avec des concerts gratuits comme vous l’avez fait également cette semaine au Liberté. Mais combien de personnes ont vraiment participé ? Combien se sont réellement impliqués ?

Si on retire de votre comptage : les scolaires, les agents de la ville dont vous avez battu le rappel, les personnes rencontrées dans les communes, ceux qui sont venus pour les concerts, finalement il y a peu de personnes à s’être réellement déplacées.

A la lecture de votre dossier de presse, en lisant les chiffres-clés de la mobilisation, on apprend que les étapes du bus métropolitain ont permis de rencontrer 90 habitants par communes soit un total de 2200 personnes sur les 400.000 habitants de Rennes Métropole : moins de 1%, 0,6% pour être exact. Avouez que ce n’est pas énorme

9000 visites sur le site internet, 2500 personnes qui ont répondu aux enquêtes en ligne ou au questionnaire papier. C’est bien mais on pouvait espérer mieux avec tout le tapage médiatique que vous avez fait. Finalement vous auriez pu organiser votre manifestation intégralement sur internet : on aurait réalisé une belle économie.

Comme de toute façon vous ne renoncerez pas à organiser aux frais des rennais la préparation de votre programme électoral de 2014, j’ai pensé vous donner quelques idées qui aurait pu vous permettre de tenir une opération de communication équivalente mais qui couteraient moins cher aux contribuables rennais :

Première idée : faire preuve de bon sens.

Prenons un exemple n’importe quel agriculteur aurait pu vous expliquer que votre champ de tournesol ne pouvait pas produire de fleurs à cette période de l ‘année. On aurait ainsi économisé 30 000€

Deuxième idée : Le tissu associatif de notre ville est riche et varié.

Chaque année la ville de Rennes donne plusieurs millions d’euros aux associations. Ce serait pour eux une bonne occasion de se produire sur une scène et de se faire connaître. Compte tenu des subventions allouées il serait étonnant qu’ils n’acceptent pas de se produire gracieusement.

Troisième idée : Les conférences

La Conférence de Jérémy Rifkin a connu un beau succès. Heureusement me direz-vous. Bien que je ne conteste pas l’intérêt de recevoir une telle personnalité mais je suis effaré par le coût d’une telle conférence. Je ne sais pas si on vous a prévenu Monsieur le maire mais le simple fait de faire venir Jérémy Rifkin nous a coûté 25 000€ pour la conférence du dimanche après midi  et il a bien dû nous facturer quelque chose pour son intervention devant les élus de Rennes métropole. En me documentant sur internet au sujet de Jérémy Rifkin, je suis tombé sur le site de l’agence plateforme spécialisée dans la mise en relation de conférenciers. Après avoir pris contact avec eux, leur charmante collaboratrice m’a informé des conditions d’intervention de M Rifkin. En plus des 25 000€, c’est 30 000 € pour les sociétés, mais je pense que nous avons bénéficié du tarif association. Il faut  compter la nuit d’hôtel : exigence entre 4 et 5 étoiles soit au bas mot 500€ qu’on ne trouve pas sur Rennes. On a donc sûrement dû le loger ailleurs que dans notre belle ville ! Et enfin, un aller / retour Washington / Paris ce qui coûte entre 10 et 13 000€. Et encore, j’ai regardé sur un site internet spécialisé et mettant en avant les meilleurs prix. A priori il était déjà en France donc nous n’avons peut être pas eu à payer la totalité du billet d’avion.  Donc encore un billet entre 30 000€  et 50 000€ et encore je n’ai pas compté le coût des autres conférenciers.

Voilà c’est simple, c’est peu coûteux mais peut-être parce que à la différence de vous et de votre majorité je ne suis pas drogué aux dépenses publiques et que je réfléchis en bon père de famille, attentif aux dépenses et soucieux de l’avenir.


Entamons dès aujourd’hui le débat sur la distribution de l’eau potable

Intervention de Marie LOUIS

Conseillère Municipale de Rennes

Monsieur le Maire,

Même si ce n’est pas aujourd’hui que la décision se prend, il est souhaitable que nous entamions, dès maintenant, le débat sur la distribution de l’eau potable à Rennes.  Mais ce débat doit être remis à sa juste place.

L’objectif  que nous devons poursuivre n’est pas de prendre parti de manière idéologique pour tel ou tel mode de gestion. Il est d’offrir aux rennais un service de qualité au meilleur prix pour l’usager sans pénaliser le contribuable.

Contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire, le problème ne se situe pas en une opposition, totalement dépassée, entre gestion directe et gestion déléguée. Seuls quelques idéologues entretiennent encore cette opposition pour des raisons purement polémiques et politiciennes.

Les études le prouvent, y compris celle récemment menée par le SMPBR, aucun mode de gestion ne l’emporte sur les autres. Les différents modes de gestion sont efficaces, mais présentent aussi des défaillances.

On sait que le prix de l’eau dépend beaucoup plus de critères objectifs  comme la qualité de la ressource ou l’ancienneté des ouvrages que de la nature, privé ou public, du mode de gestion.

Ce premier constat doit nous inciter à faire preuve de pragmatisme. Nous avons le devoir de nous affranchir de tout dogme et de tout préjugé en la matière. Le parti pris de certains, en parfait décalage de toute réalité, est sujet à caution. L’idéologie du « c’est mieux par définition » s’appuie sur l’émotion « l’eau, source de bien, bien commun de l’humanité », « l’eau n’est pas un produit comme les autres », etc. Tout cela est exact, mais sans aucun lien avec la question.

La seule question qui doit nous préoccuper est la suivante : Comment proposer une eau de qualité à un prix modéré pour l’usager sans pénaliser le contribuable ?

Si l’on s’en tient à ces critères, alors il n’est pas sûr qu’un changement de notre mode de gestion de l’eau soit particulièrement opportun.

Selon l’étude, l’avantage présumé de baisse des prix n’est pas démontré. Le mode de gestion n’influe, finalement, que très peu sur le prix de l’eau.

La mise en régie se faisant sans appel d’offres, il est impossible de savoir si cette solution est optimale. Par exemple, la baisse de 6% hors taxe d’une partie du prix de l’eau à Paris ne prouve pas grand chose, puisque d’autres villes ont obtenu des réductions plus significatives à la suite d’appels d’offres. Je pense à l’Ile-de-France qui a réussi à négocier moins 14%.

L’avantage « baisse du prix de l’eau » n’étant pas démontré, la régie perd son principal intérêt. Nous reviendrons sur l’aspect financier, mais avant, regardons l’alternative SPL… Ce choix d’une société publique locale est, à bien des égards, peu pertinent. En évitant la mise en concurrence obtiendra-t-on un meilleur résultat ?  Avec la SPL, on évite, en toute légalité les mises en concurrence ; on s’exonère des contrôles de la DGFIP. Est-ce une garantie de qualité ou de moindre prix ?

Et si l’on se place dans une logique d’efficacité, il est difficile de comprendre pourquoi les sociétés publiques locales ne seraient pas, elles aussi, soumises à la mise en concurrence. Après tout, si la supériorité de la gestion privée doit être démontrée, pourquoi n’en serait-il pas de même pour une gestion para-publique relevant de mécanismes de droit privé, et non de droit public comme c’est le cas pour une régie ?

Est-il vraiment nécessaire que les entreprises privées soient concurrencées par des sociétés publiques dans des domaines ou la gestion privée a apporté la preuve de son efficacité ?  La France est-elle suffisamment riche pour se passer de ses entrepreneurs ?

Je  reprends volontiers à mon compte les propos de David Azéma, l’ancien n°2 de la SNCF. Il explique, la véritable équation c’est « mieux et moins cher grâce à la mise en concurrence ». Dans une interview des Echos du 27 juillet 2012, il explique : les atouts des entreprises sont « d’abord des réflexes de gestion et de management qui permettent en général d’être plus productifs que les régies ».

Au fond, les risques engendrés par la SPL sont importants. Les avantages qui auraient pu militer en faveur d’une régie ne sont pas démontrés.

La vérité, c’est que si les hypothèses de régie et de SPL sont étudiées de si près, c’est peut-être pour d’autres raisons que celles qui intéressent directement les Rennais…

C’est peut-être pour des raisons politiques, afin de préserver, sur un sujet sur lequel les désaccords au sein de votre majorité sont notoires, un semblant d’unité.

C’est peut-être aussi pour des questions de pouvoir. Pourtant, en optant pour la délégation de service public, nous continuons d’exercer le seul pouvoir qui compte : celui de discuter la DSP, d’en contrôler l’exécution et d’en mesurer les résultats. Et ce pouvoir là, nous devons l’assumer pleinement. Pour cela, la collectivité doit disposer et, en l’occurrence conserver des compétences pointues permettant de négocier, pied à pied, avec de grands groupes que nous savons aguerris.

Est-ce que le pouvoir doit aller jusqu’à tout faire soi-même, au risque d’alourdir l’administration municipale sans rendre un meilleur service à l’usager ?

Poser la question, c’est déjà y répondre.

Dernier point et non des moindres, quelles sont les conséquences d’un transfert d’un mode vers un autre. Elles sont importantes et ne peuvent être minimisées. Je n’évoquerai pas les risques sanitaires, assez rares, mais plutôt les risques financiers et en particulier le besoin de trésorerie que cela suppose. L’étude évoque un besoin de trésorerie qui, selon les hypothèses, régie ou SPL, varie de 8 à 14 millions d’€. Et des coûts de transition estimé entre 2,2 à 4 millions d’€.

Alors cette charge est-elle opportune eu égard au contexte ? Est-il opportun en ces temps de crise des finances publiques de s’endetter pour investir un pan entier de l’économie où la concurrence est déjà vive ?

Notre réponse est non. Non parce que nous ne voyons pas de raisons sinon celle de satisfaire quelques élus verts, vent debout contre un système qui pourtant apporte un service satisfaisant et reconnu comme tel. Les enquêtes CECOP révèlent un taux de satisfaction de près de 90%.

En conclusion, la gestion déléguée, sous réserve, que les contrôles soient précis et que le donneur d’ordres soit très rigoureux, est un mode de gestion qui se montre efficace. C’est la voie la plus sure et la plus soucieuse des contingences économiques. Cela dit, les excès de la gestion déléguée doivent être corrigés mais ne doivent pas remettre en cause l’intérêt du système.

Si la gestion quotidienne de l’eau, privée et publique, se concurrence, en cas de soubresaut, la maîtrise des entreprises privées fait souvent la différence. À noter aussi que la recherche concernant l’eau est, en France, essentiellement portée par des groupes privés.

Cela dit, nous regrettons que l’hypothèse d’une régie intéressée, une troisième voie plus novatrice, n’ait pas été explorée. Ce mode de gestion offre pourtant à la collectivité une plus grande maîtrise du service tout en bénéficiant de l’expertise d’une entreprise privée qui assume les risques techniques et sanitaires.

Enfin, j’en reviens au contexte économique qui devrait nous inciter à nous consacrer aux problèmes de fond, qui sont de notre ressort, avant de vouloir se substituer aux entrepreneurs privés.


« Rennes n’est pas une ville sportive »

Intervention de William CHAUOU

Conseil Municipal

Monsieur le Maire,

« La place occupée par le Tennis dans ce quartier interroge ».

Cette phrase issue du document de l’office des sports, sur la pratique sportive dans les quartiers rennais, n°11 sur le Blosne, cette phrase interroge, quel sens a-t-elle?

Quand plus loin dans ce document, nous lisons: « Si la place qu’occupe le football n’est pas une surprise, celle du tennis l’est. Cette activité….. est essentiellement pratiquée par des associations sportives d’entreprises étrangères au quartier »…Il semble que doivent être prise en compte en priorité les besoins de la population du quartier avant d’ouvrir les créneaux aux associations d’entreprises »

Si je comprends, ce document de l’office des sports, préconise une baisse des créneaux horaires disponibles pour les entreprises, ce qui mécaniquement réduirait la pratique du tennis dans ce quartier.

Et si l’office des sports, en est à se poser la question de réduire des créneaux horaires pour la pratique du tennis, c’est que le tennis est un sport sous estimé, voir oublié par les élus rennais depuis des décennies

En 2010 la Fédération de tennis publie le livre blanc du tennis en Ille et Vilaine, Elle y écrit :

 » Rennes un cas unique pour une ville de plus de 200000 habitants, Les municipalités successives n’ont jamais encouragé la création de club municipaux….Ce sont donc des clubs privés qui…quadrillent le territoire de Rennes……Le prix (de la pratique du tennis) reste élevé……et tout un public échappe à la pratique du tennis. C’est donc la proche banlieue rennaise qui a vu fleurir des structure municipales….elles souffrent pour la plupart d’un manque d’installation. »

Un rapide coup d’œil sur les chiffres confirme cette situation:

Le Tennis est le deuxième sport en France, cela est également confirmé en Ille et Vilaine avec 16000 pratiquants

Pour Rennes Métropole, hors Rennes, en 2012, 6000 licenciés en progression de plus de 6% en 3 ans.

Rennes c’est 800 licenciés à la fédération de tennis

A titre de comparaison:

Metz 120 000 habitants, 1100 licenciés

Brest 140 000 habitants, 1200 licenciés

Montpellier 255 000 habitants, 2250 licenciés

Nantes 280 000 habitants, 3800 licenciés

Pour une ville de 200 000 habitants, c’est peu, dû au sous équipement sportif de la ville

Montpellier c’est 70 terrains répertorié par la fédération de tennis, Rennes seulement 16 , 4 fois moins, pourtant Montpellier à la même surface urbaine que la ville de Rennes.

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Malgré ces contraintes, les rennais aiment le tennis.

Certes il y a, la pratique libre, la pratique hors structure de club du tennis, cette pratique existe, elle existe dans tous les sports, mais elle ne suffit pas

D’après une estimation de la fédération, c’est plus de 1500 rennais et rennaises qui ne peuvent prendre une licence de club par manque d’infrastructures.

C’est 1500 rennais qui ne pratiquent pas dans les conditions souhaités le tennis, mais c’est aussi une vingtaine d’emplois d’encadrements sportifs perdus. Dommage!

L’exemple c’est  l’ASC Jeanne d’Arc, elle  dispose d’un terrain omnisport  refait avec l’accompagnement financier de la ville, mais c’est plein, tennis, basket, handball, tout les sports manquent de place.

Alors, plutôt que d’envisager la réduction de la pratique de tennis dans Rennes, ne faut il pas envisager autre chose.

Une bonne politique de la ville, ce n’est pas que le béton et le granit.

Alors que cette semaine, une équipe de bénévoles, valorise la ville de Rennes par l’organisation de l’Open de Tennis, je ne sais plus quoi penser.

Rennes n’est pas une ville sportive.

Le football, le vélo, le tennis, l’athlétisme, la natation aucun sport n’est épargné par la pauvre politique sportive de la ville


Au fil du conseil municipal du 9 juillet : préjugés, gabegie et gros bluff du maire

A la salle du conseil 11 juillet 2012

Quelques réflexions sur les débats du conseil municipal.

Convention pluriannuelle de subvention de l’enseignement privé sous contrat : pourquoi tant de préjugés?

Jusqu’à quand devrons nous subir les récriminations des groupes politiques alliés du PS (PC, verts, radicaux…) dès qu’un euro est versé à une activité éducative ou sociale qui n’est pas 100% laïque? Les enfants du privé sont ils des enfants de deuxième zone? Leurs parents des sous-contribuables? Les expériences et les efforts des équipes pédagogiques sans aucun intérêt ni aucun impact pour les ambitions de « Rennes ville éducative »? Il y a des archaismes qu’on a du mal à comprendre…

Viva Cités : une gabegie sans nom.

L’argent public coule à flots. 1,2 millions d’euros pour une opération de communication sur les politiques de l’agglomération. Ce pseudo exercice de « démocratie participative », dans lequel aucune place n’est faite au pluralisme politique, est avant tout une dispendieuse mise en scène pré-électorale organisée l’année qui précède celle des élections municipales. Sommet du gachis : 30 000 euros dépensés pour la plantation éphémère d’un demi hectare de tournesols aux abords de l’esplanade Charles de Gaulle ou aura lieu le point d’orgue de la manifestation. Les jardiniers chassés par la ville des jardins familiaux auraient sans doute atteint le même résultat pour 100 fois moins d’argent !

Concertation sur le plan de circulation : le maire pris à son propre piège.

Preuve du caractère bidon de l’opération Viva Cité, elle se déroule pile au moment où la mairie est prise en flagrant délit de non concertation sur un sujet majeur (le plan de circulation) qui concerne la vie quotidienne des Rennais (Cf article ci-après sur l’urgence à demander leur avis aux habitants). N’arrivant pas à avouer que le plan de circulation dévoilé dans Ouest france n’a fait l’objet d’aucune concertation, le maire tente un gros bluff doublé d’une intimidation. Le bluff : le plan aurait été présenté aux habitants du centre ville à l’occasion de la réunion tenue le 3 juillet à Rennes Métropole sur le PEM Gares. En réalité c’est totalement faux. S’enferrant dans son impasse, Daniel Delaveau tente de me pièger en me demandant si je savais où s’est tenue la réunion. Manque de bol, j’y étais. Ultime tentative du maire pour tenter de dominer le débat : élever la voix. Mais à ce genre d’exercice, celui dont la fonction est en principe de mettre de l’ordre dans la séance sort rarement gagnant !


Quel soutien pour l’excellence sportive à Rennes ?

A la salle du conseil 26 juin 2012

Conseil Municipal du 4 juin 2012

Intervention de Marie LOUIS

Monsieur le Maire,

Chers collègues,

En cette fin de saison, je veux saluer nos équipes sportives de Basket, de Hand Ball, de Volley Ball, d’athlétisme pour leur palmarès… Et redire, une fois encore, l’importance du sport de haut niveau pour la ville de Rennes et son rayonnement.

Que nous soyons attentifs au sport de loisirs, qu’on mette tout en œuvre pour favoriser la pratique du sport : il en va de soi ! Mais, pourquoi négliger le sport de haut niveau ?

Le sport de haut niveau est pourtant un formidable vecteur de diffusion auprès du grand public des pratiques sportives, un formidable facteur d’attractivité, de rayonnement, et un véritable générateur de cohésion sociale, d’émancipation, de rassemblement. Il est absolument nécessaire d’encourager le sport de haut nievau.

D’autres villes, ont su saisir l’opportunité : elles ont fait du sport leur outil de marketing territorial. Pourquoi ne pas y réfléchir à Rennes ? J’en prends pour exemple le fait suivant : 66% des citations du nom Rennes sur internet sont liées au Stade Rennais !

L’exemple de Montepellier pourrait nourrir notre réflexion. La municipalité montpelliéraine consacre à peu près 40 millions d’euros par an pour le sport de haut niveau. Conséquence directe : les résultats de ses clubs de sports paraissent parmi les meilleurs de France ! George Frêche a su, dès 1977, investir massivement dans le sport. Un élu montpelliérain expliquait récemment, je cite : « les succès sont le résultat d’une politique ambitieuse réalisée d’équipements structurants ». Pour mémoire, j’ajouterai que Montpellier compte pas moins de 3 grands équipements sportifs : 35.000 places pour le plus importants, un autre de 12.000, et le plus récent, le Palais des Sports qui accueille de grandes compétitions de niveau européen : 10.000 places.

Nous regrettons que Rennes ne soutienne pas suffisamment l’excellence sportive ! Mais, peut être, avez-vous des projets ?… La nouvelle ministre, Valérie Fourneyron, a promis la réalisation d’un plan national des infrastructures sportives. Nous espérons que la ville de Rennes sera en tirer les meilleurs bénéfices. La ville de Rennes pourra ainsi participer à l’organisation de grandes compétitions nationales, européennes, et pourquoi pas internationales qui contribueront au rayonnement de notre ville.

Je vous remercie.


Mise en oeuvre du microcrédit personnel garanti : pourquoi avoir tant tardé ?

Intervention de Chrystèle Jouffe lors du conseil municipal du 5 décembre 2011 :

Monsieur le Maire,

Mes Cher(e)s collègues

Cette délibération nous propose d’approuver la mise en place du microcrédit personnel garanti proposé par le CCAS.

Ce type de crédit est connu depuis très longtemps mais il vient enfin d’être encadré par loi du 1er juillet 2010.

Je souhaite ici saluer l’initiative de Mme Lagarde, notre ancienne ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, qui par cette loi a enfin dit stop à la spirale infernale des crédits renouvelables et du surendettement.

Cette loi apporte pour la première fois, une définition juridique du microcrédit en nous précisant son financement, la durée, le montant maximal et le public concerné.

Cette définition précise entre autre l’avantage que le fait d’être inscrit au fichier des incidents de remboursements des crédits ne devra plus constituer un motif de refus d’accès au microcrédit. Ainsi les bénéficiaires potentiels ne seront plus systématiquement pénalisés par une situation passée mais pourront au contraire se projeter dans l’avenir grâce à un accompagnement personnalisé.

En sachant que l’on estime à plus de 5 millions le nombre de personnes exclues du système bancaire en France, il est indispensable de voir en le microcrédit un nouvel outil complémentaire pour dépister ou suivre les publics en difficulté. Mais c’est aussi un outil de lutte contre l’exclusion bancaire et social puisqu’il s’adresse uniquement aux personnes ne trouvant pas de solution dans l’offre bancaire classique.

Le microcrédit étant un outil complémentaire pour suivre les publics en difficulté et sachant qu’il doit s’inscrire dans une démarche de prévention des situations d’exclusion et dans une nouvelle dynamique de rapprochement des secteurs social et bancaire, nous ne pouvons que nous réjouir de la mise en place d’une telle offre pour les publics concernés !!!

Seulement la ville de Rennes a-t-elle mis la barre assez haute ?

Bien sur cette mise en place est à l’état d’expérimentation, mais quand on sait que, avant la communication au public, 40 demandes ont déjà été effectuées et que l’on estime un portefeuille global de 150 dossiers par an, l’embauche de seulement 2 accompagnatrices suffira-t-elle ?

Enfin, cette loi a été promulguée il y a quasiment 18 mois et plus de 200 CCAS d’autres communes ont déjà mis en place cette aide aux populations en précarité. Je ne citerais que les villes d’Albi, Amiens, Besançon, Grenoble et bien sur Nantes.

Pourquoi avoir tant tardé, vous qui aimez tant occuper les premières places des palmarès ? Alors bien sur vous allez nous dire que tout ne se fait en un coup de baguette magique et qu’il faut laisser le temps au temps !!!

Mais je pense plutôt qu’une fois de plus Rennes préfère privilégier les actions communicantes que de prendre en charge les populations en précarité qui ne font pas de bruit !!!!

Je vous remercie.


« La création du Pôle métropolitain Loire Bretagne doit nous faire passer d’une logique féodale à une logique de coopération. Demain, il devra en être de même avec nos proches voisins »

L’étape que nous franchissons ce soir en approuvant la création d’un « Pôle métropolitain Loire Bretagne » est importante en elle-même, mais elle peut être encore plus importante suivant la signification qu’on lui donne, suivant l’esprit qui nous guide.

Elle est importante en elle-même car nous sommes sur le point de donner corps à l’outil qui nous manquait sans doute pour faire face à des défis considérables, dont nous sentons bien que nous ne pouvons pas les relever seuls et que nous avons toutes les raisons de les affronter en commun avec les grandes villes de l’ouest avec lesquelles nous partageons beaucoup de choses.

Ces défis considérables quels sont ils ? J’en vois deux principaux

-          D’abord le défi de l’économie de la connaissance et de l’emploi de demain.

Comme une étude de la revue Population et Avenir du mois d’octobre dernier l’a montré de manière très éloquente, nous partageons avec les Pays-de-Loire le privilège d’appartenir à la France de l’Ouest qui créée des emplois plus qu’ailleurs, parce que son passé industriel est moins lourd, le dynamisme entrepreneurial meilleur, la démographie plus favorable. Mais ces atouts sont fragiles.

Demain plus qu’hier, c’est l’économie de la connaissance qui va compter. Ce sont nos universités, centre de recherche et pôles de compétitivité qui seront important. Or ils ont besoin de gagner en visibilité et en taille. Ils ont besoin de mutualisation et de fécondation croisée. Et ce mouvement, il est capital que les collectivités publiques le soutiennent. Si nous n’en avions pas conscience, le formidable mouvement qui se joue depuis 2007 autour de l’université nous le rappelle. Dans un premier temps, pour les premiers appels à projet, l’Ouest a été absent, les projets communs insuffisamment préparés, le soutien des collectivités publiques moindre qu’à Paris, Grenoble, Strasbourg ou Montpellier. Résultat : nous avons été moins reconnus et moins financés que ces grandes métropoles.

Les récents appels à projet montrent que nous redressons la barre. Cela est dû a un facteur décisif. Nous renforçons nos réseaux. Et, qu’on le veuille ou non, les centres nerveux de ces réseaux, ce sont les villes et les métropoles, et en particulier Rennes, Nantes, Brest, Lorient, Angers pour ne parler que d’elles.

-          Ensuite le défi de la périphicité de nos régions et le défi des transports

Le deuxième grand défi que nous avons à relever est celui de notre périphicité partagée dans la grande Europe qui se construit chaque jour davantage.

Cette périphicité nous fait sentir à nous Pays de Loire et plus encore Bretagne, combien le renforcement,  la structuration et l’efficacité des réseaux de transport est cruciale. Encore plus cruciale dans une logique de développement durable. Or les réseaux de transports sont polarisés. Là encore les grandes métropoles ont un rôle à jouer. Ce sont à la fois des destinations et des nœuds, pour la route, pour le rail et pour les transports aériens aussi.

Sans une action déterminée, dans une stratégie volontariste et partagée des grandes métropoles, ce deuxième chantier, comme le premier, n’avancera pas suffisamment.

C’est dire que les compétences qui sont au cœur des pôles métropolitains définis par la loi du 16 décembre 2010 sont importantes et même décisives pour nos régions de l’Ouest. Et les enjeux vitaux que je viens de rappeler exigent que les métropoles prennent conscience du rôle moteur qui leur revient.

Pour autant, nous devons être attentifs à un danger et à une crainte : Les métropoles ne doivent pas tout capter.

Cette crainte vient d’être exprimée avec force par des élus politiques de tout bord dans un « appel pour l’équilibre urbain de la Bretagne », qui doit être pris au sérieux.

Je préfère le dire d’emblée pour ne pas entrainer de confusion : A titre personnel, je n’aurais pas signé cet appel.

Car la crainte me parait s’exprimer dans des termes excessifs : Non, l’encouragement de la dynamique des métropoles n’est pas de la part des auteurs de la loi, un signe de mépris vis-à-vis des petites villes pas plus qu’il n’est un trait tiré sur un élément constitutif du caractère de la Bretagne, de sa géographie et de son histoire.

Pour autant, je pense que l’on doit reconnaître à cet appel une part de lucidité sur les risques des évolutions en cours.

-          Le risque de collectivités à deux vitesses. Les grosses avec des moyens importants –notamment d’étude et d’ingénièrie- qui pèsent sur la conception des politiques publiques et les petites qui doivent suivre la course sans avoir trop leur mot à dire ;

-          Le risque de résurgence de féodalités dans des logiques concentriques : une grosse collectivité cherchant à agglomérer autour de la ville centre tout ce qui est nécessaire à son territoire de vie sans se préoccuper trop des petites communes qui se trouvent soit à la périphérie des agglomérations, soit dans les espaces intersticiels –et qui ont pourtant leur histoire propre, leur dignité propre, leur créativité propre qui ne se résume pas aux standards urbains.

Ces risques, nous devons les reconnaître. Cela a pour nous deux conséquences

Première conséquence : le pôle métropolitain Loire Bretagne doit rester ouvert.

Il n’est pas question de créer un « club fermé des grandes villes », une sorte de condominium qui gouvernerait nos deux régions, une alliance de grands barons qui prétendrait régenter les territoires alentour.

Si c’était cela, le pôle métropolitain verrait bientôt grandir face à lui le nombre des signataires inquiets de l’appel et il aurait raté son but.

Demain au contraire, il devra envisager de s’ouvrir à Lorient, à Saint-Malo et pourquoi pas à d’autres. Il devra aussi nouer des relations de partenariat avec les intercommunalités qui n’y sont pas partie prenante. Il devra respecter les compétences des autres collectivités, régions, départements, sans chercher à s’y substituer.

Deuxième conséquence : la logique du pôle métropolitain qui guidera nos relations avec nos voisins de Bretagne et des Pays de Loire doit aussi guider nos relations avec nos voisins proches.

Nous avons connu, d’une certaine manière au cours des derniers mois, un mouvement de recul des communautés voisines de Rennes Métropole de même nature que celui des signataires de l’appel pour l’équilibre urbain de la Bretagne. Elles ont refusé pour la majorité d’entre elles l’intégration à Rennes Métropole que vous leur proposiez car elles ont perçu une volonté d’intégration dans un ensemble dans lequel l’identité de leurs territoires et de leur population seraient moins reconnues.

Le 29 avril 2010, nous avons eu ici un débat sur le devenir de Rennes Métropole.

A ce moment là nous avons proposé d’appliquer à nos relations avec la communauté voisine la logique du Pôle métropolitain. Nous l’avons fait au nom d’un état d’esprit profondément tourné vers l’avenir et je crois profondément moderne.

Cet état d’esprit consiste à préférer la logique de coopération à la logique d’intégration, la logique de réseau plutôt que la logique des institutions, la logique de participation et de subsidiarité, la logique des projets partagés. Cette logique est celle des pôles métropolitains.

A cette époque, vous nous aviez vertement critiqués en disant que c’était un recul et que les pôles métropolitains n’étaient pas faits pour des relations de proximité.

Aujourd’hui vous avez changé d’avis. Sans doute avez-vous réfléchi à nos arguments. Sans doute avez-vous constaté que nombreux pôles métropolitains d’aire urbaine se créent partout en France.

Si tel est votre état d’esprit, si telle est votre évolution, nous la soutiendrons.

Car nous pensons que le pôle métropolitain que nous approuvons ce soir, n’est pas seulement une réponse de circonstance mais un véritable changement d’état d’esprit, qui est conforme à notre vision de l’action publique et qui nous parait fidèle à l’histoire et au génie de la Bretagne.