Le scandaleux conte de Noël offert aux Rennais par la municipalité

Intervention de Bertrand Plouvier

lors du Conseil Municipal du 16 janvier 2012

Monsieur le Maire,

Mes chers collègues,

Je profite de cette délibération pour revenir sur le scandaleux conte de Noël que la municipalité a offert aux rennaises et aux rennais à l’occasion des dernières fêtes de fin d’année. Noël, le jour de l’an, sont traditionnellement l’occasion de se retrouver en famille, entre amis. Il semble que la municipalité de Rennes attache peu d’importance à l’esprit de Noël. Vous avez profité de cet instant opportun à la convivialité et au partage, pour au contraire diviser et désunir. Vous avez tout simplement politisé l’esprit des fêtes de Noël avec ce spectacle projeté sur les façades de notre Hôtel de Ville.

Revivons ce spectacle quelques instants. C’est Noël. La façade de l’hôtel de ville est enchantée par des tableaux de lumière époustouflants. Sur la place de la mairie, la foule est assez nombreuse même sous la pluie. Et chacun aspire à se laisser emporter par un conte qui s’annonce comme une féérie filtrée par un regard d’enfant. Mais attention : les contes ne protègent pas de la violence. Ici c’est la violence de la crise, de l’argent roi, du capitalisme oppresseur. Et bien entendu, Il faut un méchant, une figure diabolique, un coupable. Dans le spectacle de cette fin d’année 2011, le moins que l’on puisse dire c’est que votre municipalité n’y va pas par quatre chemins. A la mi-temps du spectacle, le coupable est désigné : il s’appelle Nicolas Sarkozy. Certes ce n’est pas lui qui passe au tribunal, ce sont ses deux fils : Jean, chevelure blonde, plus vrai que nature et Louis le cadet rebaptisé « Louis d’or ». L’intention du spectacle n’est d’ailleurs jamais dissimulée. Tous les clichés de l’antisarkozysme sont convoqués à l’appui d’une idée simple : Sarkozy c’est l’argent et l’argent c’est la crise, le « cauchemar » et la destruction. On assiste d’ailleurs en direct à la destruction de notre superbe mairie par des guerriers aux couleurs de Bouygues armés d’un « bouclier fiscal » et dont le cri de guerre est « gagner plus pour gagner plus » ! Les images sont superbes, la musique envoutante mais le scénario ne fait pas dans la finesse. Plus la ficelle est grosse….

En définitive, on ne saisit bien le sens de ce canardage en règle que par les effets de contraste que suggère la scénographie. Car après la description de l’apocalypse sarkozienne vient la douceur socialiste. Après le déluge et la terreur, c’est une pluie de roses –à l’image de l’emblème du PS- qui vient rétablir le bonheur. Tandis que le héros perturbé (tout comme le spectateur) vient se faire consoler à l’endroit même du bureau du maire (on croit  rêver !).

De tout temps, le pouvoir a cherché à utiliser l’art au service de son image. Louis XIV l’avait montré de brillante manière. Et plus récemment les pays de l’est dans un art officiel moins inspiré. On croyait ces méthodes révolues. A l’heure où le regretté Vaclav Havel est parti vers d’autres cieux, on aurait aimé qu’il nous redise ce qu’il pensait du pouvoir qui utilise l’art pour sa propre promotion. Face à des méthodes aussi clairement manipulatrices, sans doute aurait il dit : « citoyens rennais indignez vous ! ».

Suite aux premières diffusions, face aux nombreuses réactions de désapprobation, votre majorité a tenté de se disculper en arguant que l’artiste avait carte blanche. Effectivement, à la lecture du contrat de marché, il ressort que l’artiste avait carte blanche. Mais il est également stipulé que la ville de Rennes participe aux réunions. Donc vous avez validé et soutenu ce spectacle. Vous l’aurez compris, nous ne contestons pas la forme, l’esthétisme, la mise en valeur de notre Hôtel de Ville. Mais nous vous reprochons, par vos actes militants, de ne pas avoir respecté la traditionnelle trêve des confiseurs et d’avoir ainsi bafoué l’esprit de Noël.

En conséquence, mes chers collègues, je vous informe que nous avons décidé de demander à la commission de contrôle des comptes de campagne d’inscrire cette dépense aux comptes de votre candidat François Hollande, ainsi qu’aux comptes des candidats rennais investis par le Parti Socialiste.

Je vous remercie.


Mise en oeuvre du microcrédit personnel garanti : pourquoi avoir tant tardé ?

Intervention de Chrystèle Jouffe lors du conseil municipal du 5 décembre 2011 :

Monsieur le Maire,

Mes Cher(e)s collègues

Cette délibération nous propose d’approuver la mise en place du microcrédit personnel garanti proposé par le CCAS.

Ce type de crédit est connu depuis très longtemps mais il vient enfin d’être encadré par loi du 1er juillet 2010.

Je souhaite ici saluer l’initiative de Mme Lagarde, notre ancienne ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, qui par cette loi a enfin dit stop à la spirale infernale des crédits renouvelables et du surendettement.

Cette loi apporte pour la première fois, une définition juridique du microcrédit en nous précisant son financement, la durée, le montant maximal et le public concerné.

Cette définition précise entre autre l’avantage que le fait d’être inscrit au fichier des incidents de remboursements des crédits ne devra plus constituer un motif de refus d’accès au microcrédit. Ainsi les bénéficiaires potentiels ne seront plus systématiquement pénalisés par une situation passée mais pourront au contraire se projeter dans l’avenir grâce à un accompagnement personnalisé.

En sachant que l’on estime à plus de 5 millions le nombre de personnes exclues du système bancaire en France, il est indispensable de voir en le microcrédit un nouvel outil complémentaire pour dépister ou suivre les publics en difficulté. Mais c’est aussi un outil de lutte contre l’exclusion bancaire et social puisqu’il s’adresse uniquement aux personnes ne trouvant pas de solution dans l’offre bancaire classique.

Le microcrédit étant un outil complémentaire pour suivre les publics en difficulté et sachant qu’il doit s’inscrire dans une démarche de prévention des situations d’exclusion et dans une nouvelle dynamique de rapprochement des secteurs social et bancaire, nous ne pouvons que nous réjouir de la mise en place d’une telle offre pour les publics concernés !!!

Seulement la ville de Rennes a-t-elle mis la barre assez haute ?

Bien sur cette mise en place est à l’état d’expérimentation, mais quand on sait que, avant la communication au public, 40 demandes ont déjà été effectuées et que l’on estime un portefeuille global de 150 dossiers par an, l’embauche de seulement 2 accompagnatrices suffira-t-elle ?

Enfin, cette loi a été promulguée il y a quasiment 18 mois et plus de 200 CCAS d’autres communes ont déjà mis en place cette aide aux populations en précarité. Je ne citerais que les villes d’Albi, Amiens, Besançon, Grenoble et bien sur Nantes.

Pourquoi avoir tant tardé, vous qui aimez tant occuper les premières places des palmarès ? Alors bien sur vous allez nous dire que tout ne se fait en un coup de baguette magique et qu’il faut laisser le temps au temps !!!

Mais je pense plutôt qu’une fois de plus Rennes préfère privilégier les actions communicantes que de prendre en charge les populations en précarité qui ne font pas de bruit !!!!

Je vous remercie.


Mail François Mitterrand : des questions en suspens

Monsieur le Maire,

Mes chers collègues,

Une rénovation de qualité pour le Mail est un choix important pour la ville dans son ensemble

Le mail a une position unique dans la ville.

-  C’est à la fois un espace d’habitation dense mais en même temps une perspective urbaine remarquable, large, ouverte, et donc particulièrement adaptée à un lieu de promenade agréable et fréquenté. C’est d’ailleurs sa vocation d’origine.

- Il est proche de l’hypercentre, il peut donc en constituer la prolongation à la fois sur le plan de la fréquentation et de la qualité urbaine.

En faisant le choix de la qualité pour le mail, on ne se trompera pas. Ce sera un plus pour le quartier de Bourg l’Evêque. C’est un choix qui n’exclut nullement et ne doit pas exclure la mixité sociale et générationnelle qui caractérise déjà ce quartier. C’est un choix important pour la ville dans son ensemble, dont l’attractivité notamment touristique ne doit pas reposer uniquement sur le centre ancien.

La qualité doit être un maître mot pour la rénovation du Mail. Donc nous approuverons tout ce qui va dans ce sens. Tant sur le plan architectural (Immeuble Jean Nouvel) que sur le plan de l’urbanisme.

La qualité ce n’est pas seulement l’architecture et la perspective urbaine mais aussi l’animation et donc le commerce. Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’étude prospective sérieuse ?

Du point de vue de la qualité, l’avant-projet qui nous est proposé comporte des aspects intéressants.

-  Le fait de libérer la partie centrale est intéressante si elle permet de rétablir la perspective et la fréquentation piétonnière ;

- Le fait d’aménager en partie nord une large promenade donnera au mail un attrait nouveau ;

- Le souhait de traiter l’ensemble avec des matériaux ou des plantations de qualités est également bienvenu.

Ces partis pris de qualité devront cependant être confirmés dans le projet définitif. Car il reste une ambigüité sur les aménagements qui doivent occuper l’espace central. Rétablir une perspective de qualité s’accommode mal d’une juxtaposition d’espaces sans cohérence. Il faudra donc veiller à cette cohérence.

Sous cette réserve, nous serions tentés d’approuver sans autre interrogation la délibération qui nous est soumise.

Mais nous ne sommes pas là seulement dans un concours d’architecture ou d’urbanisme paysager. Les enjeux doivent être envisagés de manière plus large.

L’enjeu de la rénovation, c’est un cadre de qualité pour une animation de qualité.  Ce qui implique d’avoir une attention toute particulière à l’activité commerciale que l’on y souhaite. Or cela ne s’improvise pas.

Quel type d’animation commerciale souhaite-t-on voir se développer ? Quel type de fréquentation ? Venant de l’extérieur ou seulement du centre ville ? Pour y passer ou pour s’y arrêter ? Pour consommer sur place ou pour emporter ses courses ? Pour un commerce résidentiel ?  Tertiaire ? De haut de gamme ? Sur quels exemples intéressants et qui fonctionnent dans d’autres villes peut on s’appuyer ? Veut-on prendre comme référence tel exemple de ces avenues ou de ces quais qui fonctionnent comme des places à Bordeaux, à Aix en Provence (Cours Mirabeau) –sans parler des Champs-Elysées- ?

La réponse à toutes ces questions ne viendra pas comme cela. Or il est frappant qu’aucune étude prospective concernant la dynamique d’animation et commerciale ne soit produite ni en amont ni au stade de l’avant projet.

Dans ces conditions, il est à craindre que le projet –séduisant sur le plan architectural- ne soit décevant sur le plan de l’animation. Et la réponse qui nous a été faite par M. Berroche (« On verra bien ») n’est pas là pour nous rassurer.

L’adaptation de la circulation et du stationnement doit tenir compte de l’ensemble des populations concernées mieux que le projet ne le prévoie.

Ce d’autant qu’une question centrale liée à l’animation, à la fréquentation future du lieu et aux activités professionnelles et commerciales qui y sont et qui s’y développeront est particulièrement sensible. C’est la question de la circulation et du stationnement.

Cette question a été posée légitimement par les différents partenaires, qui représentent la diversité des situations  et des activités du quartier, en particulier l’association du Bourg l’évêque et l’association Mail avenir.

Du point de vue du stationnement, votre réponse à la diminution programmée du nombre de places de parking sur le mail  consiste à rendre payant l’ensemble des places dans les rues adjacentes. Cette réponse est elle adaptée ? Est-elle suffisante ? Nous verrons ce que le bilan des premières semaines et des premiers mois donnera.

Mais ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’il faudra tenir compte de la réalité et de la diversité des  besoins, avoir une approche prospective et ne pas s’en tenir à une réponse figée. Pour l’instant l’avant projet ne comporte pas de réponse globale, satisfaisante et de long terme. Il faudra y venir en tenant compte d’au moins quatre catégories de besoins.

Les résidants du quartier. Ils sont eux-mêmes divers. Certains ont des besoins particuliers : habitants ne disposant pas de garage, personnes âgées dépendantes d’une aide extérieure ;

Les commerçants et actifs déjà implantés sur le mail. Leur inquiétude doit être entendue. Car il serait paradoxal de donner un nouvel élan à l’animation du mail sans tenir compte de ceux qui y sont déjà (en particulier les professions libérales et commerçants).

Les commerçants et actifs qui ont vocation à s’implanter dans la future configuration. De ce point de vue l’absence d’étude sur l’animation et la qualité commerciale du mail rénovée laisse à désirer. Car on ne sait pas dans quelle mesure les besoins de stationnement qui conditionnent l’animation commerciale de qualité souhaitable peut ou non être satisfaite par l’avant projet actuel, suivant, en particulier le type de flux extérieurs à la ville que le lieu pourra attirer.

Les « pendulaires ». La catégorie de ceux qui rentrent dans Rennes par l’ouest en voiture et qui –il faut le souhaiter- ne viennent pas en voiture dans l’hyper centre, doivent trouver un lieu où stationner. Or il n’existe pas de « parc relais » dans le cadran ouest. Apporter une réponse à ce besoin est doublement important. D’une part pour ceux qui viendront fréquenter le nouveau mail. D’autre part dans une perspective de raccordement à l’axe de transports en commun est ouest qui a vocation à se développer.

Naturellement, il faut intégrer la réponse à l’ensemble de ces besoins. Naturellement il faut le mettre en perspective avec une transition souhaitable entre la voiture d’un côté et les modes doux et transports en commun de l’autre. Mais il faut aussi tenir compte de l’objectif de développement du mail et des pratiques actuelles. Il faudra placer quelque part le curseur. Car si on ne prévoit à l’ouest du mail aucun système d’accueil des véhicules extérieur, alors il restera un flux de circulation incompatible à terme avec le projet.

Les flux de circulation sont en effet le deuxième problème qu’il convient d’appréhender. On nous indique que 10 000 véhicules jour transitent par le mail. Compte tenu des perspectives de rabattement de la circulation au sud, il faut envisager une diminution de ce flux.

Comment ?

Plusieurs hypothèses de délestage doivent être envisagées mais on en voit pas trace dans le dossier. C’est la raison pour laquelle encore une fois une étude globale et à long terme des perspectives de stationnement et de circulation est nécessaire.

Un projet qui doit rester ouvert

De manière, on le voit bien le projet doit rester ouvert et ne pas être figé. Trop de réponses actuelles ne sont pas assez solides. Trop de questions manquent de réponses satisfaisantes. On nous parle de concertation. Elle a eu lieu mais souvent à la mode rennaise. Ce n’est pas tant de concertation que d’information qu’il s’agit. Dans quelque mois va avoir lieu l’enquête publique. Espérons qu’il ne s’agira pas d’un exercice purement formel. Car ce serait une frustration importante pour tous ceux qui espèrent que leur point de vue sera pris en compte.

Ce serait aussi au total dommage pour la qualité et la dynamique du projet.


Les prairies : beaucoup de temps perdu sans concertation, beaucoup de questions sans réponse

Monsieur le Maire,

Mes chers collègues,

Au point de départ, tout le monde est d’accord : une chance rare pour la nature en pleine ville

Plus de 20 ha de nature à un jet de pierre du centre-ville. Un milieu naturel exceptionnel entre le canal et les bras de l’Ille. Un site bocager maintenu, sans équivalent dans la ville. Un espace de loisirs qui accueille à la fois la promenade et le sport. Un milieu humain qui n’est pas désert puisque continuent d’y habiter un certains nombre d’habitants qui sont les témoins de l’histoire du lieu et une partie de son identité. Voilà ce que sont les Prairies Saint-Martin. C’est ce caractère exceptionnel qui exclut que l’on puisse y faire de l’ « aménagement bulldozer ». Tout le monde en est d’accord et depuis longtemps.

1994-2011 : Pourquoi tant de temps pour avancer si peu ?

Alors pourquoi tant de temps ? Pourquoi avance-t-on si peu ?

Le point de départ du projet remonte à 17 ans, au moment où fut abandonnée la perspective de pénétrante routière.

Depuis lors : 2005, la demande de DUP, sur la base d’un projet pour l’essentiel identique à celui qu’on nous propose aujourd’hui (« Réaliser un nouvel espace naturel ouvert au public en mettant en valeur les qualités paysagères, en préservant la diversité écologique du site et en améliorant son accessibilité » Cf Délibération de demande de DUP). 24 octobre 2006, le préfet signe l’arrêté de DUP. Et puis… plus rien.

Pourtant les questions à résoudre pour passer du constat de départ au projet souhaité par tous sont nombreuses et importantes à tel point que 5 ans n’auraient pas été de trop pour y apporter des réponses et le faire en concertation avec les habitants, avec les usagers, avec les jardiniers, avec l’ensemble des habitants du quartier et de la ville, qui sont tous, à des degrés divers, concernés par l’avenir des Prairies.

Or, au lieu de faire avancer le projet de manière concertée, la ville s’est contentée d’acquérir le plus souvent qu’elle pouvait, de détruire parfois mais par contre de reloger, d’entretenir et de sécuriser, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle y a mis beaucoup moins de zèle, comme s’il s’agissait de montrer aux propriétaires et habitants du lieu que l’endroit où ils habitent étaient par avance condamné.

A ce constat, il faut cependant apporter une nuance importante. Elle concerne les jardins familiaux. Ils ont été rénovés. Mais les centaines de milliers d’euros consacrés par les Rennais à leur rénovation ont été dépensés en pure perte. Il y a quelques mois en effet, on apprenait leur fermeture alors que pourtant la pollution dont on estime, au vu des relevés disponibles qu’elle rend impossible la poursuite de leur exploitation remonte à des années, pour ne pas dire à des dizaines d’années. La encore, que de temps perdu !

La concertation grande perdante

Du temps perdu pour améliorer la qualité du projet et du temps perdu pour la concertation. L’un rejoignant l’autre. Car au fond, la ville n’a jamais montré dans ce projet qu’elle comptait sur la concertation, sur l’expérience et le vécu des habitants, des usagers, des jardiniers pour bâtir un projet d’avenir.

Pour l’essentiel, depuis 2006, la ville a discuté du projet avec les techniciens, avec les promoteurs de la ZAC Armorique, c’est-à-dire à l’abri du regard des habitants. La seule véritable  procédure d’information a donc eu lieu il y a 6 ans, c’est la procédure obligatoire de la DUP de 2005. Et tout le monde sait que, malgré les changements significatifs de circonstances –liés notamment aux études sur la pollution des jardins- vous avez refusé il y a quelques mois de relancer une DUP, c’est-à-dire de relancer la concertation avec les habitants et usagers des prairies.

Le document sur lequel nous avons à nous prononcer n’échappe pas à la règle. Il n’a été soumis à aucune concertation. Pourtant vous n’êtes pas sans savoir, que depuis l’adoption de la charte de l’environnement, qui a désormais valeur constitutionnelle, un droit nouveau « d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement » a été reconnu. En l’occurrence ce droit a été passé en pertes et profits.

Le résultat, c’est non seulement le sentiment d’un certains nombre d’habitants, d’usagers et de jardiniers d’être condamnés par un projet qui les dépasse et dans lequel ils n’ont pas voix au chapitre.

Mais c’est surtout une formidable occasion perdue de profiter de l’intelligence collective et de permettre à tous ceux qui sont amoureux de ce lieu ou tous simplement intéressés par son devenir de contribuer à résoudre les questions qui conditionnent sa transformation et son ouverture.

Un projet qui reste vague : trois séries de questions sans réponse.

Or des questions sans réponse, voire des questions qui ne sont même pas posées, il en reste de nombreuses aujourd’hui dans le document qui nous est soumis pour approbation.

-          Comment accueillir 60 000 m3 d’eau ?

C’est la question qui révèle le problème le plus difficile sur le plan environnemental. Son importance –et les responsabilités de la ville aménageur- sont sous estimées dans le dossier, qui comporte deux contradictions.

1/ il y a d’abord un lapsus révélateur : vous indiquez qu’il faut 60 000 m2 pour le stockage. 60 000 m² c’est 6 ha à décaisser. Imagine-t-on le désastre écologique qui peut en résulter.

Alors naturellement ce ne sont pas 60 000 m² comme la délibération l’indique mais 60 000 m3. C’est sans doute moins de m² mais c’est encore beaucoup. Et surtout, l’importance de ce chiffre résulte des décisions prises par votre municipalité. En empiétant pour la ZAC Armorique sur la zone classée inondable, vous avez contribué détourner l’eau vers les prairies, c’est-à-dire à l’aggravation du problème à résoudre.

2/ Or il y a une contradiction évidente entre d’une part, l’objectif souhaitable de « valorisation écologique et paysagère de la rivière, des prairies humides et de la « ripisylve » » ainsi qu’avec la volonté de voir évoluer le site vers un statut d’espace naturel sensible et, d’autre part, les travaux nécessaires à l’accueil des 60 000 m3. On avait dit : pas de réaménagement bulldozer. Vous avez pris la responsabilité d’accroitre les besoins de stockage sur le site. Résultat : on n’est pas loin du réaménagement bulldozer !

-          Comment gérer la pollution du site ?

C’est la deuxième contradiction. Vous vous apprêtez à faire des travaux importants. Vous avez décidé la fermeture des jardins. Mais vous ne dites rien parmi les thématiques à aborder sur la question de l’impact de la pollution. Serait elle moins dangereuse pour les animaux qui paitront là que pour les jardiniers qui produisent depuis 40 ans pour eux-mêmes et leurs familles ? N’y a-t-il rien à mesurer ou à réaliser à l’occasion des travaux à venir pour améliorer la qualité des sols, voire maintenir ou réimplanter des jardins familiaux ? On en saura rien. Rien n’est dit. Si vous aviez un minimum d’écoute, vous auriez pourtant perçu l’importance de cette question.

-          Comment assurer la « couture avec le tissu urbain » ?

Là encore, on est frappé de ce que contient le programme et de ce qu’il ne contient pas.

Il contient une intention louable quoique bizarrement formulée. « Pour constituer une couture avec le tissu urbain, il faudra procéder à une « réinterrogation du bâti existant le long du canal ».

Mais que veut donc dire « réinterroger » le bâti, dont on a maintes fois dit qu’il méritait d’être conservé – et à tout le moins, en attendant, d’être entretenu pour que l’on puisse faire des propositions décentes aux habitants de la zone inondable.

Et pourquoi n’y a-t-il rien dans le programme dans la manière de gérer –le temps qu’il faudra- de manière humaine la situation des habitations et surtout des habitants qui demeurent dans la zone inondable ? Pourquoi n’envisage-t-on pas, fut-ce de façon transitoire, de permettre au projet de respecter leur environnement et leur histoire qui est aussi celle du lieu ?

On voit bien la patte des techniciens qui vous inspirent dans cette formule de « réinterrogation du bâti ». Mais on voit bien aussi ce qu’elle révèle des carences de vos pratiques de concertation.

A vous qui avez refusé il y a seulement quelques mois la « reinterrogation » des habitants en reconduisant une DUP malgré le temps passé depuis 2005 et malgré tout ce qui a changé, on est tenté de vous dire, à défaut de remettre en question l’objectif de réhabilitation des prairies qui est largement partagé, réinterrogez vous vous-même sur vos méthodes de travail et de concertation.


Code de la Rue à Rennes : ça patine !

Monsieur le Maire, chers collègues,

La première question qui me vient à l’esprit est la suivante. Nous sommes le 3 octobre 2011. Le décret relatif au Code de la rue date du 30 juillet 2008. 3 ans se sont écoulés, et je serais tentée de dire que le Code de la rue patine à Rennes. Sur combien de voies à sens unique en zones 30 a-t-on autorisé la circulation à double sens pour les cyclistes ? A-t-on signalé le « tourne à droite » testé à Bordeaux en 2009 et depuis intégré officiellement au code de la route ? A-t-on expérimenté le trottoir partagé ?

Vous allez me répondre que la municipalité fait des efforts. Vous allez m’illustrer cela par la seule zone de rencontre aménagée au niveau de la place de la République. Vous allez m’expliquer que la municipalité à aménager 15 kilomètres d’itinéraires cyclables depuis 2008. En revanche, vous omettrez de parler du dernier kilomètre d’itinéraire cyclable en site propre aménagé à Rennes qui date de 2007 (chiffre Mairie de Rennes).

La municipalité de Rennes a pris un retard inexplicable au regard des intentions affichées dans son programme municipal. Durant ces trois années, la municipalité a tenté de redresser le bilan négatif du précédent mandat au cours duquel, la part modale du vélo est tombée à un niveau historiquement bas (3% en 2005 au lieu de 11 en 1979).

Le Code de la Rue à Rennes n’est pas une franche réussite et les indicateurs sont mauvais ! Vous vous basez sur des indicateurs purement quantitatifs : 3460 mètres linéaires de zone de rencontre, 195 kilomètres d’itinéraires cyclables ailleurs, etc, etc… Cette vision, très quantitative, révèle une politique dont les décideurs ne sont pas des adeptes du vélo ! Sinon, les indicateurs seraient tout autre, plus qualitatif.

Les indicateurs de notre progrès collectif devraient être :

-          combien de personnes changent elles de mode pour aller à leur travail ;

-          combien de parents font ils confiance au vélo ou à la marche pour que leur enfants aillent au collège ou au lycée ;

-          combien d’étudiants supplémentaires les modes doux séduiront ils à l’occasion de cette rentrée ;

-          et j’ajouterai –car il y va aussi de la valeur de l’exemple- combien de conseillers municipaux cesseront de parquer leur voiture sur la place de la mairie les jours de conseil

D’autres villes de France, comparables à Rennes, je pense à Bordeaux, Lyon, ou Nantes, ont su mettre les moyens pour inciter leurs habitants à franchir le cap. Il ne suffit pas de fêter le millionième usager du vélo’star pour cela. Pour transformer les pratiques modales des rennais, il faut certainement inciter davantage à utiliser le vélo pour se déplacer tous les jours  aller au travail et pas seulement pratiquer le vélo pour se balader. A cet égard, il faut saluer le travail des associations, notamment Rayons d’action et Espace Piétons.

Les autres villes, dont je parlais à l’instant, organisent des manifestations ponctuelles ou répétées. Lyon organise le Park’ing Day, le centre de Lyon se transforme en un vaste plateau piétonnier et le stationnement est offert à qui le souhaite. Le centre-ville de Bordeaux est également piéton les premiers dimanches du mois. Il existe tout un panel de manifestations dans les grandes agglomérations françaises incitant les gens à découvrir les modes doux de déplacement.

A Rennes, quelles manifestations ? Quelles opérations auprès des jeunes ?

Alors, la mise en place du code de la rue implique une démarche de proximité certes mais nous sommes très surpris par la forme que prend l’appel à projet. Et puis, à l’heure où vous nous proposez de voter cet appel à projet, celui-ci figure déjà sur le site internet de la ville et dans les colonnes de Ouest-France ?  Cette manière de faire, dont vous avez l’habitude, reste choquante.

Quant au cahier des charges, pardon de le dire tout de go, mais il est mince. Il n’y a rien de précis, on indique vaguement 4 thèmes, c’est tout ! Et puis ce ne doit pas être un alibi pour reporter, sine die, ce qui devrait déjà être fait. Cependant, nous souhaitons qu’au moins un élu de notre groupe Union pour Rennes Capitale soit membre du jury.

En conclusion, nous pensons que le Code de la Rue à Rennes mérite bien mieux qu’une petite opération de communication. Pour nous, il s’agit de se contenter d’une seule politique d’équipements, il faut transformer les habitudes des Rennaises et des Rennais en matière de mode doux de déplacements.

Je vous remercie,


Expérimentation « VIGIK » à Bréquigny : une mise en place tardive…

Intervention de Chrystèle JOUFFE

Conseil Municipal du 12 septembre 2011

Un rapport nommé « Comment améliorer encore les délais d’intervention des Services Incendie dans les immeubles ? » avait été remis à la commission de Sécurité du Conseil de Quartier de Bréquigny le 26 septembre 2007.

A l’origine de la rédaction de ce rapport, l’intervention du Capitaine Bonnier, Commandant Adjoint de la caserne du Blosne, qui énumérait les différentes difficultés que rencontrent ses hommes du feu lors d’interventions.

Deux problèmes majeurs sont mis en évidence :

  • La difficulté d’accès, pour les véhicules d’intervention, aux abords des immeubles,
  • La difficulté d’accès aux secouristes aux immeubles.

Ces difficultés allongent, naturellement, considérablement le temps d’intervention des services de secours.

Ce rapport part d’un constat très simple, le quartier de Bréquigny est composé à 91% de logements de type collectifs. La majorité de ces collectifs sont équipés de dispositifs de type VIGIK, dispositifs anti-intrusion. De tels dispositifs permettent, certes, l’accès à La Poste, aux porteurs de journaux et publicité, aux compagnies des eaux, et autres… mais le comble ils n’autorisent pas l’accès aux services de secours !

Partant de ce constat, la solution est évidente : équiper la caserne du Blosne de badge type VIGIK et d’un périphérique PC pour l’encodage de ces badges. Egalement, il convient de prendre contact avec les différents syndics pour programmer l’accès dans les immeubles du quartier dont ils assurent la gestion.

Un tel équipement à un coût dérisoire, la présente délibération que nous allons voter le confirme : 3 000 €. La vie de rennaises et de rennais est bien entendue en jeu. La mise en place est aussi très rapide. Pour le quartier de Bréquigny, le rapport estime à 4 mois de délais entre la dotation de la caserne du dispositif et le lancement des premières interventions de secours avec badges.

Monsieur le Maire, pourquoi avoir attendu 4 années pour lancer cette expérimentation ?

Pourquoi avoir tant attendu pour passer de l’idée, déjà réfléchie, à l’expérimentation grandeur réelle ?

Ceux ne sont ni le coût, ni la complexité du dispositif qui peuvent expliquer ce délai de 4 années entre la remise de ce rapport au Conseil de Quartier de Bréquigny et le vote de cette délibération aujourd’hui.

Les conclusions de cette expérimentation nous diront si la mise en place de ce dispositif est jugé positive ou négative par les services de secours. Tout laisse penser que les conclusions de cette expérimentation seront positives. Mais cette mise en place tardive retarde la logique extension de ce dispositif à d’autres quartiers de Rennes. Or compte tenu de la diffusion rapide des systèmes électroniques, plus on avance vite, mieux cela vaut.


TNB : une nouvelle subvention de 152.000 € attribuée par la ville de Rennes !

Intervention de Françoise L’HOTELLIER

Conseil Municipal du 12 septembre 2011

Nous tenons d’abord à dire que, tout comme Monsieur le Maire, nous sommes fiers d’avoir a Rennes un équipement comme le Théâtre National de Bretagne qui, de par la qualité de sa programmation contribue au rayonnement culturel national, voire européen, de notre ville.

Toutefois ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas être vigilent sur sa gestion, particulièrement en temps de crise économique, où il convient de faire des choix et des arbitrages.

Comme nous l’avions déjà dit : les travaux de rénovation, certes nécessaires, ont déjà coûté chers aux Rennais : près de 23 millions d’euros auxquels se sont ajoutés 1,6 millions d’euros pour la réfection de la toiture. Aujourd’hui nous devons voter la confirmation d’une subvention d’équipement de 152.000 euros : une subvention d’équipement qui comprend divers matériels scéniques (96.800 €), l’achat d’un véhicule (20.038€) et de la bureautique (36.776€). Le montant de celle-ci est un peu moins important que celle de l’année 2010. Très bien !

D’autre part, Monsieur Joucant, lors du Conseil Municipal du lundi 6 juin 2011 nous a expliqué que compte tenu du dépassement du coût des travaux lors de la rénovation du TNB, les travaux de réfection de la toiture, qui avaient été évoqués lors de la mise aux normes, ont été dans un premier temps repoussé, puis devenus urgents.

Nous n’y voyons pas clair sur l’effort financier global de la ville en faveur du TNB. Tout cela n’est pas le signe d’une bonne gestion. Nous savons ce qui c’est passé pour l’Orchestre de Bretagne. Le TNB est un outil de qualité. Il contribue et doit continuer de contribuer au rayonnement culturel de Rennes. Pour cela, il nous paraît souhaitable d’avoir une visibilité à plus long terme sur les projets d’investissements de cet équipement municipal. A savoir combien, la ville de Rennes souhaite investir dans une perspective pluriannuelle.


Petite enfance à Rennes : seulement un quart des familles sont satisfaites

Intervention de Marie LOUIS

Conseil Municipal du 12 septembre 2011

Profitons de cette délibération pour dresser un bilan en matière de garde d’enfants à Rennes. Le quotidien Ouest-France a consacré les 2 tiers de la page rennaise de son édition du mercredi 24 août. Le titre n’y allait pas par quatre chemins, je cite : « Trouver un mode de garde : un vrai casse tête« .

Effectivement, les années passent et les crèches sont toujours autant saturées. Certes des places sont timidement créées chaque année, mais toujours insuffisamment face à une demande qui croît. En 2010, le centre unique d’information de la petite enfance rennaise avait reçu 2 933 demandes d’inscription, 2634 en crèche collective et 299 en crèche familiale. Il n’a pu répondre favorablement qu’à 722 de ces demandes. Seulement un quart des demandes sont ainsi satisfaites à Rennes, contre 36% en 2008, et 58% en 1998. Cette réalité pèse sur la disponibilité et même sur le droit au travail d’un grand nombre de jeunes parents rennais, essentiellement des mères de famille.

Ce n’est évidemment pas un sujet sur lequel il convient de faire la leçon, pas encore si j’ose dire, il ne s’agit pas davantage d’atteindre un classement mais bien de prendre des mesures volontaristes pour accompagner le développement de nouveaux dispositifs d’accueil, d’élargir l’offre. Très prosaïquement, nous pensons que Rennes devrait expérimenter en soutenant activement des solutions alternatives, des structures d’accueil privées, des micro-crèches, des crèches d’entreprises voire des entreprises de crèches.

Nous sommes convaincus que là comme ailleurs la diversité est source de richesse et de performance !