Communiqué de presse de Bruno CHAVANAT
Conseiller Municipal de Rennes
Président du groupe URC
Après huit jours d’animation en tous genres, conférences, « pique nique métropolitain », expositions, « café gourmand », ateliers divers (« Utopographie » mais aussi « les gestes qui sauvent », « relooking de meubles »…) sans compter le fameux « dancefloor » de l’hôtel de ville, les Rennais sont en droit de se demander : « Mais au fait, quel était le but ? »
La réponse est simple. Viva Cités a été conçu comme une opération de communication. L’évènement a été préparé par une direction du marketing : c’est le nom officiel de la direction de la communication de Rennes Métropole. La ville a cherché des partenaires commerciaux : c’est ainsi que Total et Suez ont collaboré à l’événement moyennant une participation de 170 000 euros en plus des 1,2 millions d’argent public. La municipalité a cherché à créer de l’affluence : jusqu’à inviter les fonctionnaires de la ville à prendre deux heures sur leur travail pour « aller y faire un tour ». Les organisateurs n’ont pas lésiné sur le budget publicité : plus de 90 000 euros d’encarts publicitaires et de publireportages. Tout comme un salon donc. Mais peut on faire un salon de la démocratie comme il y a un salon de l’habitat ou du jardinage ?
Car on nous avait promis un exercice de démocratie à l’échelle de Rennes Métropole. C’est à dire un moment pour faire la clarté sur les compétences de l’agglomération, pour entendre le débat et la contradiction, pour prendre en compte l’avis des citoyens. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on est loin du compte.
Clarté sur les compétences ? Dans l’amalgame d’innombrables évènements, animations ou stands qui aura pu s’y retrouver sur les compétences de Rennes Métropole ? Ainsi, parmi les « thèmes phare » au menu : les personnes âgées, les prairies Saint-Martin ou le sport : aucun de ces domaines ne relève de Rennes Métropole.
Un lieu de débat et de contradiction? Personne ne se plaindra de la qualité d’un certain nombre de conférences et d’intervenants. Mais où est passé l’exercice de démocratie locale annoncé ? Parle-t-on bien de démocratie, quand, sur plusieurs centaines d’heures de débat et de tables rondes, les élus de l’opposition n’ont pas eu la parole une seule minute et quand seul l’exécutif de Rennes Métropole vante ses propres réalisations ? Et la télévision publique locale TV Rennes est-elle bien dans son rôle en se faisant payer 35 000 euros pour qu’au final on atteigne le niveau zéro du pluralisme politique?
L’avis des citoyens pris en compte ? Comment peut on sérieusement prétendre que les citoyens ont été consultés sur le projet communautaire à l’occasion de Viva Cités? Aucune méthode sérieuse de recueil des opinions, aucune garantie de représentativité. Au mieux, quelques élus sont ils venus prendre le pouls, en se baladant dans les allées du salon. Mais pour ce qui est des citoyens rennais et de l’ensemble des visiteurs de Viva Cités, ils ne s’y sont pas trompés : aux multiples petits déjeuners et « déjeuners avec les élus » qui étaient au programme, il n’y a eu personne. Quoi d’étonnant à cela : les Rennais pour leur part savent bien qu’il n’y a pas grand chose à en attendre. Car au moment même où se déroule Viva Cités, sur le terrain, la ville et Rennes Métropole bouleversent – et pour longtemps- le plan de circulation et de stationnement : mais sur ce sujet, qui concerne la vie quotidienne des habitants, personne ne leur a demandé leur avis !
On ajoutera à ce bilan un champ de tournesol à 30 000 euros dont on n’a jamais vu les fleurs, pas mal d’opacité et de dérives sur la manière de passer les marchés. Ca fait cher payé pour un exercice de démocratie en trompe l’œil !


















