Equipements de quartier : une politique de repli qui ne veut pas dire son nom

Coup de gueule, Sur le vif 5 février 2010

citoyensMaison de quartier de Maurepas, Maison bleue, Carrefour 18 : fermeture des équipements de quartier, remise en cause des associations : en filigrane, une prise de responsabilité par les habitants que la mairie fait tout pour décourager.

Partout le même discours, un brin technocratique : les statistiques, dit-on, ne permettent pas de continuer ainsi… Ici (pour les bibliothèques) ce seraient les statistiques de fréquentation ; là (pour la maison de quartier), ce serait le montant de subvention rapporté au nombre d’adhérents.

A chaque fois, la méthode est la même. Face aux habitants, collectifs ou associations qui discutent les constats abrupts, veulent comprendre, présentent d’autres chiffres et d’autres réalités moins chiffrables (comment chiffrer l’investissement des bénévoles d’une association de quartier ?), la réponse tombe, toujours la même, imperturbable : « La décision de fermeture est prise, nous l’assumons… par contre, pour l’avenir la discussion n’est pas fermée ».

Pas fermée la discussion ? Voilà une bien singulière conception de la participation des habitants auxquels on vient de dire que l’essentiel, sans jamais avoir été discuté, ne peut plus être remis en cause.

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Maison de quartier de Maurepas : la ville traite les associations avec brutalité mais ne propose pas d’alternative concrète pour l’animation des quartiers

communiqueNe nous méprenons pas, ce qui est en cause dans le renvoi sans ménagement d’une association de quartier et l’annonce brutale de la Maison de quartier de Maurepas, ce n’est pas principalement les prétextes budgétaires avancés.

Bien sûr, le bâtiment de la maison de quartier a vieilli et devra être modernisé. Il est par ailleurs souhaitable de veiller à ce que l’argent public versé aux associations soit utilisé de la meilleure manière possible. Mais cette leçon que la ville assène aux habitants de Maurepas, à travers leur maison de quartier, a des limites. Dans un quartier qui connaît des difficultés sociales particulières, un effort particulier restera nécessaire. C’est une question de solidarité que l’on ne peut pas balayer d’un revers de main, comme le fait M. Préault, en utilisant un ratio trompeur rapportant l’argent versé par la ville au seul nombre d’adhérents.

En réalité, sous prétexte budgétaire, nous assistons à une double remise en cause.

Remise en cause de la gestion associative d’un équipement de quartier. Au fond, le principal défaut de cette association n’est-il pas d’avoir su résister sur certains points au tout puissant M. PREAULT, l’adjoint à la communication de M. DELAVEAU ?

Remise en cause d’un équipement de proximité situé au cœur d’un quartier dont il incarne une partie de l’histoire. Après Carrefour 18 et la Maison bleue, c’est en moins d’un mois le troisième équipement de quartier menacé de disparaître. Mais quelle cohérence avec les promesses que l’on nous faisait il y a moins de deux ans pendant la campagne électorale où l’on nous promettait de maintenir des « locaux à vocation associative et socio-culturelle en développant notamment les équipements de proximité qui favorisent les liens entre les associations et soutiennent les initiatives des habitants » ? 

Tout ceci au nom d’une étude qui a convaincu M. PREAULT « qu’il va falloir réorganiser complètement l’offre de service à la population »… Pour l’avenir, c’est donc le brouillard. Pour le présent, c’est un équipement de quartier qui disparaît à court terme et 14 salariés avec !


Fermeture des bibliothèques du Carrefour 18 et de la Maison bleue : Une incohérence majeure de la politique de lecture publique de la ville de Rennes

Coup de gueule, Sur le vif 2 décembre 2009

communiqueQuel est l’objectif poursuivi par  la Mairie avec la fermeture envisagée des bibliothèques du  Carrefour 18 et de la Maison bleue en 2010 ?

Quelle cohérence avec le plaidoyer pour la lecture publique de proximité à Rennes, pour laquelle Martial GABILLARD, ancien adjoint à la culture et premier adjoint de 1977 à 2008, consacre un chapitre entier dans son ouvrage « La politique culturelle à Rennes, 1977/2008, Mémoires et réflexions » ?

« La Municipalité fait le choix de couvrir en priorité le territoire rennais « d’un maillage de bibliothèques de proximité » au lieu de la construction d’une grande bibliothèque centrale. « La lecture publique est (…) un moyen d’information et de documentation, de culture accessible à tous et facile à populariser » peut on y lire…

L’ouverture des Champs Libres et la fréquentation de sa bibliothèque, pour importantes qu’elles soient, doivent elles conduire à limiter la possibilité, pour les enfants notamment, de se familiariser avec le livre et la lecture à proximité de chez eux ? Cette possibilité ne serait elle offerte à l’avenir que dans un  nombre réduit de bibliothèques – certes remarquables comme celle du Thabor – et donc un nombre réduit d’enfants mais aussi d’adultes. N’y a-t-il pas là un recul dommageable dans l’accès au livre et à la culture dont la ville se vante tant par ailleurs ?

On tente bien entendu de nous vendre leur remplacement par la création d’un « espace de médiation », mais le flou de cette proposition nous laisse dubitatifs alors que la fermeture concrète et bien réelle des bibliothèques est imminente.


Caravane des quartiers : un gros budget pour un bilan bien maigrelet

Coup de gueule, Sur le vif 17 novembre 2009

communiqueUn gros budget, beaucoup de publicité et… au final, un bilan plus que maigrelet. La « caravane de quartier » qui s’est posée trois jours en fin de semaine dernière sur l’esplanade du Champ de mars n’a pas été à la hauteur des annonces et des promesses.  Pour tirer lucidement les leçons de cette troisième édition d’une formule qui n’en finit pas de chercher ses marques, il faut accepter de répondre à trois questions.

-          Le public était il au rendez-vous ? 150 personnes (dont un gros tiers d’institutionnels) pour la soirée de lancement (cf OF du 13/11) le résultat est modeste au regard de la publicité déployée (panneaux publicitaires, invitations, articles de presse…). Samedi matin, il y avait si peu de monde au rendez vous des élus que ces derniers n’ont eu d’autre solution que de parler entre eux. Etait-ce bien le but recherché ?

-          L’opération a-t-elle favorisé la rencontre entre les élus et les habitants ? La réponse est non. Le maire a choisi de faire une « marche exploratoire » dans le quartier. Curieux jargon. Pour explorer quoi ? On ne sait pas. Tout ce que l’on a pu constater c’est que ce fut au pas de charge et que le dialogue n’a pas eu lieu.

-          A-t-on avancé dans la solution des problèmes du quartier ?  C’est la question essentielle. Or la réponse est décevante. Certes, les habitants présents ont pu dire à nouveau ce qu’ils ressentent. Mais face à leurs problèmes,  aucune solution nouvelle, aucun engagement ferme. Le maire est venu informer la population de ce qu’il fait déjà. Les 25 000 habitants du quartier centre attendent sans doute autre chose. Il aurait par exemple été intéressant de laisser décider les associations de la meilleure utilisation pour le quartier d’une enveloppe de 50 000 euros.  50 000 euros c’est précisément ce qu’a coûté cette opération de communication sans lendemain.


Impôts locaux à Rennes métropole : +53%

Coup de gueule, Sur le vif 28 septembre 2009

communiqueLes avis d’imposition arrivent et chacun peut désormais juger sur pièces la politique menée par la municipalité rennaise à Rennes et à Rennes Métropole.

Disons le clairement les décisions qui font peser sur les Rennais l’augmentation cumulée des taxes prélevées par les trois principaux niveaux d’administration locale – ville, métropole et département- sont cette année à la fois injustes et injustifiées.

Ces augmentations sont injustes et même choquantes s’agissant de Rennes métropole, où les taux de taxe foncière et de taxe d’habitation connaissent une hausse de 53%, car elles font peser sur les citoyens une économie que la collectivité ne s’impose pas à elle-même. Alors que Rennes Métropole demande aux habitants de se serrer la ceinture sur leurs dépenses courantes, la collectivité donne l’exemple inverse. Qu’on en juge : entre 2008 et 2009, les dépenses de communication augmentent de 5 ,5%, le budget des moyens généraux augmente de 16% !

Ces augmentations sont injustes parce qu’elles concernent un poste de dépense –le logement- sur lequel, par définition, les familles n’ont aucun choix : elles sont obligées de subir le prélèvement qu’on leur impose.

Naturellement, le maire de Rennes prendra lui-même prétexte de la crise pour dire que toutes ces hausses sont indispensables pour que la collectivité puisse y faire face. Cet argument est trompeur. N’en soyons pas dupes.

Il faut savoir que les ressources 2009 de Rennes et de Rennes Métropole ont continué d’augmenter malgré la crise. Les recettes de Taxe professionnelle sont perçues en 2009 sur la base de l’activité économique de 2007. Elles sont donc encore en hausse sensible cette année par rapport à l’an dernier. Et en plus la ville a bénéficié d’une aide substantielle de l’Etat au titre du Plan de relance.

Les comptes de la ville et de l’agglomération en témoignent : les recettes de la taxe professionnelle ont augmenté de 50% au cours des dernières années, au point de conduire à des remboursements d’emprunt par anticipation. Il n’y avait aucune nécessité de faire peser –au cours de cette année de crise- une ponction supplémentaire sur les dépenses de logement des Rennais.


Journée de rentrée de Rennes 2 : une agression inacceptable

Coup de gueule, Sur le vif 2 septembre 2009

communiqueL’agression dont a été victime le Président de Rennes 2, à l’occasion de la rentrée étudiante, est particulièrement choquante et condamnable. Les agressions physiques sont révélatrices de l’état d’esprit de leurs auteurs, toujours enclins à préférer l’intimidation plutôt que le respect des personnes, la violence plutôt que le débat, les méthodes guerrières plutôt que le combat des idées.

Au-delà de cet incident, nous exprimons notre soutien à tous ceux, étudiants, enseignants-chercheurs, présidents d’université, qui oeuvrent avec détermination pour que la rentrée universitaire soit l’occasion de démontrer la solidité de l’Université rennaise et l’excellence de ses filières. Nous appelons tous ceux qui considèrent que l’université est une des premières richesses de Rennes à le dire en cette occasion. Pour que le monde universitaire sache que les Rennais refusent les provocations de ceux qui, sous couvert de luttes politiques, n’ont pour objectif que de déstabiliser l’Université.

Bruno CHAVANAT


Un nouveau nom pour le stade de la route de Lorient…

Coup de gueule, Sur le vif 12 mai 2009

Au sujet de l’information parue dans Ouest France de ce jour concernant un nouveau nom pour le Stade de la Route de Lorient, Bruno Chavanat tient à faire part de la réaction des conseillers municipaux du groupe UNION POUR RENNES CAPITALE

« Au moment où nous venons de vivre une page importante de l’histoire du football à Rennes et où le Stade Rennais a manqué de peu d’inscrire la coupe à son palmarès, l’information suivant laquelle le Stade de la route de Lorient devrait s’appeler désormais « Fortunéo Stadium » mérite pour le moins des explications.

Disons le clairement, le stade de la Route de Lorient et son appellation appartiennent à Rennes et aux Rennais qui se les sont appropriés depuis longtemps. Un lieu aussi important dans l’histoire de la ville ne se débaptise pas sans y réfléchir à deux fois.  Le choix d’un maintien sur le site de la route de Lorient a été fait lors de la rénovation du stade, au nom de l’identité du lieu, très liée à l’identité de l’équipe et à son histoire. Il faut être cohérent.

Pour autant, tous les Rennais -et ils sont nombreux- qui sont attachés à leur équipe, à son avenir et à son rayonnement savent que le club a besoin d’être consolidé, y compris financièrement. Dans la période de crise que nous connaissons, l’arrivée d’un nouveau sponsor – qui plus est un sponsor breton- ne peut être qu’une bonne nouvelle. Et l’effort des managers du club en ce sens doit être saluée. Que cette arrivée se traduise par l’adoption d’une dénomination commerciale comme il en existe pour les tribunes, pourquoi pas -c’est aux managers du club qui ont en charge sa gestion et son avenir d’en décider.

Mais il est de la responsabilité de la ville que l’identité commerciale et l’identité historique -et de cœur- du stade de la route de Lorient ne se contredisent pas ni ne s’annulent. Elles doivent au contraire être associées. Dans cet esprit, le nom de la route de Lorient ne peut pas disparaître de l’appellation du Stade. Et les Rennais qui sont aussi attachés à leur stade qu’aux succès de leur équipe doivent être associés à cette évolution. »


Communiqué de presse : Concert d’ORELSAN à la MJC Antipode

Coup de gueule, Sur le vif 6 avril 2009

Le groupe Union pour Rennes Capitale par la voix de Bruno CHAVANAT souhaite que la Municipalité prenne ses responsabilités concernant l’accueil du rappeur Orelsan à la MJC Antipode. Est-il acceptable de cautionner une expression à ce point haineuse et violente ? Peut-on tolérer une atteinte à l’image de la femme à ce point dégradante ? Quelle signification peut avoir la célébration de la journée de la femme -prolongée cette année à juste titre un mois durant- si, dans le même temps, ce mois se termine avec une expression aussi attentatoire aux valeurs que ce mois entend promouvoir. C’est au passage une contradiction apportée de manière regrettable à la cause que défendent de nombreuses associations qui se battent contre les violences faites aux femmes.

Ce n’est pas la liberté d’expression qui est ici en cause. Car il est évidemment trop facile de se protéger derrière les grands principes pour véhiculer des messages qui les contredisent  de façon ouvertement provocante. Il serait particulièrement avisé de s’opposer à la production de tels concerts dans des lieux publics, à l’image de la décision du Maire de Vannes (UMP) et du Maire de Caen (PS) qui ont interdit le spectacle de Dieudonné dans des locaux municipaux.