Un métro à tout prix ! Mais à quel prix ?

Les travaux de la 2ème ligne sont encore loin de débuter mais ils suscitent déjà de nombreuses réactions. Après les habitants des Longschamps – qui verront passer le métro en aérien devant leur fenêtre – ce sont les riverains de la place Saint-Germain qui réagissent… et à juste titre.

En effet, une station est prévue sur la place nécessitant des travaux d’envergure avec la démolition d’un bar emblématique du quartier et la restructuration d‘une place aujourd’hui agréable et verdoyante.

Le choix d’implantation d’une station à Saint-Germain est une nouvelle illustration du non-sens de la politique de la ville dans ce dossier. Pourquoi transformer cette une place dont le caractère historique et patrimonial est reconnu pour y implanter une station alors que noyau principal de République est à deux minutes à pied ?

Il s’agit là d’un luxe que nous ne pouvons pas nous octroyer en ces temps de crise et alors que nous ne savons toujours pas comment nous allons financer cette nouvelle ligne.

Si la Municipalité souhaite s’obstiner dans le choix du métro, qu’elle fasse au moins preuve de réalisme économique et de rationalisme dans sa réalisation. Il s’agit de l’argent des contribuables rennais. Il ne faudrait pas l’oublier.

(L’argent économisé pourrait d’ailleurs financer des travaux de valorisation du patrimoine architectural et archéologique de la place.)

Benoît CARON


La nouvelle collecte des déchets : une réorganisation regrettable

devptdurableBenoît CARON au nom du groupe pour Rennes Capitale trouve profondément regrettable cette nouvelle organisation du ramassage des déchets dans le centre ville.

Elle ne correspond pas aux besoins des habitants et des commerçants et rend par ailleurs la situation très compliquée. En effet, au-delà, de la baisse du nombre de passages, les horaires retenus occasionnent des perturbations de la circulation et de la vie commerciale du centre ville.

Cette nouvelle organisation, est également regrettable pour le contribuable Rennais car elle n’a pas vocation à réduire la Taxe d’Ordures Ménagères.

Nous avions pourtant alerté la Majorité de Rennes Métropole en assemblée des désagréments et des déséquilibres qui résulteraient de cette nouvelle organisation. Celle-ci avait malheureusement une nouvelle fois été ignorée notre intervention et l’avait même tournée en dérision.

Cet épisode est une nouvelle illustration du manque de concertation et d’un exercice du pouvoir autoritaire.


Refus du dialogue. Villejean : un nouveau cas d’école.

enfants tribune« On ferme d’abord, on discute après ! »

A deux pas de l’université, au cœur d’un quartier en ZEP (zone d’éducation prioritaire), l’école primaire JF Kennedy est une école à taille humaine. Les effectifs y ont certes baissé. Mais la violence scolaire aussi. Motivés et soudés par l’enjeu éducatif, parents et enseignants se mobilisent ensemble pour faire vivre à Villejean une école dont ils sont fiers.

Mais patatras ! Plutôt que d’encourager une dynamique, la mairie brandit le rouleau compresseur du « tous pareils ». Elle ferme l’école sous prétexte qu’elle est plus petite que les autres écoles du quartier. Les difficultés pratiques pour redispatcher les enfants s’accumulent, le devenir du site Kennedy est enveloppé de brouillard, l’avantage financier de l’opération est nul. Tout cela devrait peser dans la décision ! A tout le moins les parents et les habitants voudraient en discuter.

Il n’en est pas question. Le verdict est tombé. De haut. Comme à la maison de quartier de Maurepas. Comme à la bibliothèque de la Maison bleue. Comme à celle de Carrefour 18. Les habitants croyaient pouvoir être considérés comme des citoyens adultes. La mairie ne l’entend pas de cette oreille. « On ferme d’abord, on discute après ! ».


Equipements de quartier : une politique de repli qui ne veut pas dire son nom

Coup de gueule, Sur le vif 5 février 2010

citoyensMaison de quartier de Maurepas, Maison bleue, Carrefour 18 : fermeture des équipements de quartier, remise en cause des associations : en filigrane, une prise de responsabilité par les habitants que la mairie fait tout pour décourager.

Partout le même discours, un brin technocratique : les statistiques, dit-on, ne permettent pas de continuer ainsi… Ici (pour les bibliothèques) ce seraient les statistiques de fréquentation ; là (pour la maison de quartier), ce serait le montant de subvention rapporté au nombre d’adhérents.

A chaque fois, la méthode est la même. Face aux habitants, collectifs ou associations qui discutent les constats abrupts, veulent comprendre, présentent d’autres chiffres et d’autres réalités moins chiffrables (comment chiffrer l’investissement des bénévoles d’une association de quartier ?), la réponse tombe, toujours la même, imperturbable : « La décision de fermeture est prise, nous l’assumons… par contre, pour l’avenir la discussion n’est pas fermée ».

Pas fermée la discussion ? Voilà une bien singulière conception de la participation des habitants auxquels on vient de dire que l’essentiel, sans jamais avoir été discuté, ne peut plus être remis en cause.

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Maison de quartier de Maurepas : la ville traite les associations avec brutalité mais ne propose pas d’alternative concrète pour l’animation des quartiers

communiqueNe nous méprenons pas, ce qui est en cause dans le renvoi sans ménagement d’une association de quartier et l’annonce brutale de la Maison de quartier de Maurepas, ce n’est pas principalement les prétextes budgétaires avancés.

Bien sûr, le bâtiment de la maison de quartier a vieilli et devra être modernisé. Il est par ailleurs souhaitable de veiller à ce que l’argent public versé aux associations soit utilisé de la meilleure manière possible. Mais cette leçon que la ville assène aux habitants de Maurepas, à travers leur maison de quartier, a des limites. Dans un quartier qui connaît des difficultés sociales particulières, un effort particulier restera nécessaire. C’est une question de solidarité que l’on ne peut pas balayer d’un revers de main, comme le fait M. Préault, en utilisant un ratio trompeur rapportant l’argent versé par la ville au seul nombre d’adhérents.

En réalité, sous prétexte budgétaire, nous assistons à une double remise en cause.

Remise en cause de la gestion associative d’un équipement de quartier. Au fond, le principal défaut de cette association n’est-il pas d’avoir su résister sur certains points au tout puissant M. PREAULT, l’adjoint à la communication de M. DELAVEAU ?

Remise en cause d’un équipement de proximité situé au cœur d’un quartier dont il incarne une partie de l’histoire. Après Carrefour 18 et la Maison bleue, c’est en moins d’un mois le troisième équipement de quartier menacé de disparaître. Mais quelle cohérence avec les promesses que l’on nous faisait il y a moins de deux ans pendant la campagne électorale où l’on nous promettait de maintenir des « locaux à vocation associative et socio-culturelle en développant notamment les équipements de proximité qui favorisent les liens entre les associations et soutiennent les initiatives des habitants » ? 

Tout ceci au nom d’une étude qui a convaincu M. PREAULT « qu’il va falloir réorganiser complètement l’offre de service à la population »… Pour l’avenir, c’est donc le brouillard. Pour le présent, c’est un équipement de quartier qui disparaît à court terme et 14 salariés avec !


Fermeture des bibliothèques du Carrefour 18 et de la Maison bleue : Une incohérence majeure de la politique de lecture publique de la ville de Rennes

Coup de gueule, Sur le vif 2 décembre 2009

communiqueQuel est l’objectif poursuivi par  la Mairie avec la fermeture envisagée des bibliothèques du  Carrefour 18 et de la Maison bleue en 2010 ?

Quelle cohérence avec le plaidoyer pour la lecture publique de proximité à Rennes, pour laquelle Martial GABILLARD, ancien adjoint à la culture et premier adjoint de 1977 à 2008, consacre un chapitre entier dans son ouvrage « La politique culturelle à Rennes, 1977/2008, Mémoires et réflexions » ?

« La Municipalité fait le choix de couvrir en priorité le territoire rennais « d’un maillage de bibliothèques de proximité » au lieu de la construction d’une grande bibliothèque centrale. « La lecture publique est (…) un moyen d’information et de documentation, de culture accessible à tous et facile à populariser » peut on y lire…

L’ouverture des Champs Libres et la fréquentation de sa bibliothèque, pour importantes qu’elles soient, doivent elles conduire à limiter la possibilité, pour les enfants notamment, de se familiariser avec le livre et la lecture à proximité de chez eux ? Cette possibilité ne serait elle offerte à l’avenir que dans un  nombre réduit de bibliothèques – certes remarquables comme celle du Thabor – et donc un nombre réduit d’enfants mais aussi d’adultes. N’y a-t-il pas là un recul dommageable dans l’accès au livre et à la culture dont la ville se vante tant par ailleurs ?

On tente bien entendu de nous vendre leur remplacement par la création d’un « espace de médiation », mais le flou de cette proposition nous laisse dubitatifs alors que la fermeture concrète et bien réelle des bibliothèques est imminente.


Caravane des quartiers : un gros budget pour un bilan bien maigrelet

Coup de gueule, Sur le vif 17 novembre 2009

communiqueUn gros budget, beaucoup de publicité et… au final, un bilan plus que maigrelet. La « caravane de quartier » qui s’est posée trois jours en fin de semaine dernière sur l’esplanade du Champ de mars n’a pas été à la hauteur des annonces et des promesses.  Pour tirer lucidement les leçons de cette troisième édition d’une formule qui n’en finit pas de chercher ses marques, il faut accepter de répondre à trois questions.

-          Le public était il au rendez-vous ? 150 personnes (dont un gros tiers d’institutionnels) pour la soirée de lancement (cf OF du 13/11) le résultat est modeste au regard de la publicité déployée (panneaux publicitaires, invitations, articles de presse…). Samedi matin, il y avait si peu de monde au rendez vous des élus que ces derniers n’ont eu d’autre solution que de parler entre eux. Etait-ce bien le but recherché ?

-          L’opération a-t-elle favorisé la rencontre entre les élus et les habitants ? La réponse est non. Le maire a choisi de faire une « marche exploratoire » dans le quartier. Curieux jargon. Pour explorer quoi ? On ne sait pas. Tout ce que l’on a pu constater c’est que ce fut au pas de charge et que le dialogue n’a pas eu lieu.

-          A-t-on avancé dans la solution des problèmes du quartier ?  C’est la question essentielle. Or la réponse est décevante. Certes, les habitants présents ont pu dire à nouveau ce qu’ils ressentent. Mais face à leurs problèmes,  aucune solution nouvelle, aucun engagement ferme. Le maire est venu informer la population de ce qu’il fait déjà. Les 25 000 habitants du quartier centre attendent sans doute autre chose. Il aurait par exemple été intéressant de laisser décider les associations de la meilleure utilisation pour le quartier d’une enveloppe de 50 000 euros.  50 000 euros c’est précisément ce qu’a coûté cette opération de communication sans lendemain.


Impôts locaux à Rennes métropole : +53%

Coup de gueule, Sur le vif 28 septembre 2009

communiqueLes avis d’imposition arrivent et chacun peut désormais juger sur pièces la politique menée par la municipalité rennaise à Rennes et à Rennes Métropole.

Disons le clairement les décisions qui font peser sur les Rennais l’augmentation cumulée des taxes prélevées par les trois principaux niveaux d’administration locale – ville, métropole et département- sont cette année à la fois injustes et injustifiées.

Ces augmentations sont injustes et même choquantes s’agissant de Rennes métropole, où les taux de taxe foncière et de taxe d’habitation connaissent une hausse de 53%, car elles font peser sur les citoyens une économie que la collectivité ne s’impose pas à elle-même. Alors que Rennes Métropole demande aux habitants de se serrer la ceinture sur leurs dépenses courantes, la collectivité donne l’exemple inverse. Qu’on en juge : entre 2008 et 2009, les dépenses de communication augmentent de 5 ,5%, le budget des moyens généraux augmente de 16% !

Ces augmentations sont injustes parce qu’elles concernent un poste de dépense –le logement- sur lequel, par définition, les familles n’ont aucun choix : elles sont obligées de subir le prélèvement qu’on leur impose.

Naturellement, le maire de Rennes prendra lui-même prétexte de la crise pour dire que toutes ces hausses sont indispensables pour que la collectivité puisse y faire face. Cet argument est trompeur. N’en soyons pas dupes.

Il faut savoir que les ressources 2009 de Rennes et de Rennes Métropole ont continué d’augmenter malgré la crise. Les recettes de Taxe professionnelle sont perçues en 2009 sur la base de l’activité économique de 2007. Elles sont donc encore en hausse sensible cette année par rapport à l’an dernier. Et en plus la ville a bénéficié d’une aide substantielle de l’Etat au titre du Plan de relance.

Les comptes de la ville et de l’agglomération en témoignent : les recettes de la taxe professionnelle ont augmenté de 50% au cours des dernières années, au point de conduire à des remboursements d’emprunt par anticipation. Il n’y avait aucune nécessité de faire peser –au cours de cette année de crise- une ponction supplémentaire sur les dépenses de logement des Rennais.