OPAH Centre ancien : Serons-nous victime du retard à l’allumage de la Municipalité ?

Coup de gueule, Sur le vif 4 février 2011

A peine votée, la nouvelle Opération Programmée d’Aménagement de l’Habitat du centre ancien semble déjà menacée. Pour Benoît CARON, Conseiller Municipal de Rennes, cette situation est regrettable.

L’ANAH ne pourra vraisemblablement pas répondre favorablement aux besoins financiers de cette nouvelle opération. Ceux-ci sont en effet très importants, mais ils sont surtout à la hauteur de l’inaction de la Municipalité en direction du centre ancien ces dernières années.

La Mairie semble en effet découvrir la situation désastreuse de l’habitat ancien alors que des études et rapports n’ont cessé de la dénoncer depuis près de 30 ans. Certes, des opérations d’aménagement se sont succédées, mais leur faible taux de réalisation laisse douter de la réelle volonté d’agir pour sauver notre patrimoine.

Il aura fallu attendre un énième rapport (Tattier) en 2008 et une série d’incidents au cours des 2 dernières années pour aboutir à une OPAH répondant à l’urgence de la situation.

La Ville de Rennes aurait pu traiter la rénovation de son centre ancien sur la durée et répartir les besoins de financement plutôt que d’organiser un sauvetage sans être assuré des moyens pour le réaliser. Mme APPERE a avoué que la Ville de Rennes avait peu fait appel aux ressources financières jusqu’à aujourd’hui (6 % par an) et cela pourra s’avérer regrettable.

Je souhaite sincèrement dans l’intérêt des habitants et de notre patrimoine historique que nous ne paierons pas trop durement encore ce retard à l’allumage et que l’ANAH répondra favorablement à la demande de la Ville.

 

Benoît CARON


Relations Etat-Collectivité : il faut en finir avec l’Hypocrisie

Coup de gueule, Sur le vif 6 décembre 2010

Pour opposer Etat et collectivités territoriales, le maire véhicule à l’envie tous les clichés du moment. En oubliant que derrière l’Etat et les collectivités, il n’y a qu’un seul et même citoyen et contribuable.

De conseil municipal en conseil municipal, le même air revient à tout propos et sur tous les sujets : « l’Etat se désengage ! ». Education, logement, culture, sport, aide aux collectivités…Pas un débat n’échappe à ce refrain, entonné par le maire et repris en cœur par des adjoints zélés. Tout récemment encore, comme s’il fallait réveiller l’attention des électeurs lassés par la musique de fond qu’on leur passe en boucle sur le sujet, M. Delaveau n’hésite pas à parler d’un « hold-up » dont l’Etat serait coupable.

Un « hold-up » ? On se demande en l’écoutant quel crime a pu commettre le Gouvernement. Et puis on en arrive malheureusement à la conclusion que les accents démagogiques du dérapage verbal du maire doivent plus à une certaine hypocrisie qu’à une analyse un tant soit peu objective des réalités.

Sans doute, l’accusation systématique de l’Etat à tout propos est elle commode pour essayer de valoriser les actions de la ville. A toi (l’Etat) le rôle du méchant, celui qui coupe dans les budgets, s’attaque aux démunis, sape les moyens des collectivités proches de la population. A moi (la ville et la métropole), le rôle du gentil, qui fait tout ce qu’il peut pour réparer les dégâts. Le message est simple. Il est aussi vieux que le monde : c’est la technique du bouc émissaire. Mais la ficelle est grosse.

Pour ne pas s’y laisser prendre, passons au crible trois idées reçues.

« L’Etat baisse ses concours financiers aux collectivités » FAUX. Depuis 10 ans les concours de l’Etat aux collectivités (dotations financières et compensations d’exonérations d’impôt)  ont continué de progresser plus que l’inflation. Alors que l’Etat s’impose de ne pas augmenter ses propres dépenses, il fait un effort particulier pour les collectivités locales. En 2009 et 2010, l’effort a été accru avec le plan de relance. Sur l’agglomération rennaise, les investissements 2009 (13,7 Millions d’Euros) ont ainsi été doublés.

« Les collectivités locales ne sont pas responsables du déficit public » FAUX. La dette publique, qui représente plus de 1500 milliards d’euros, est partagée entre l’Etat, les collectivités et la sécurité sociale. Et si l’Etat en assume plus des deux tiers, c’est aussi parce qu’il assume seul un certain nombre de charges… dont les 80 milliards qu’il reversera cette année aux collectivités locales.

« L’Etat n’a qu’à s’en prendre qu’à lui-même et au bouclier fiscal » FAUX. De toutes les idées reçues, celle-là est la plus démagogique. Le bouclier fiscal (dont la pérennité va d’ailleurs être discutée dans le cadre du grand débat fiscal en 2011) représente 500 millions d’euros. Le remboursement des seuls intérêts de la dette (hors capital) c’est 50 milliards : 100 fois plus. La vérité, c’est que la dette a été reportée et augmentée d’année en année par tous les gouvernements depuis 30 ans. Et que le meilleur moyen de ne pas sortir de cette spirale, c’est de se voiler la face en continuant, à tout propos, de se défausser sur les autres de la responsabilité des problèmes à résoudre. 


Un métro à tout prix ! Mais à quel prix ?

Les travaux de la 2ème ligne sont encore loin de débuter mais ils suscitent déjà de nombreuses réactions. Après les habitants des Longschamps – qui verront passer le métro en aérien devant leur fenêtre – ce sont les riverains de la place Saint-Germain qui réagissent… et à juste titre.

En effet, une station est prévue sur la place nécessitant des travaux d’envergure avec la démolition d’un bar emblématique du quartier et la restructuration d‘une place aujourd’hui agréable et verdoyante.

Le choix d’implantation d’une station à Saint-Germain est une nouvelle illustration du non-sens de la politique de la ville dans ce dossier. Pourquoi transformer cette une place dont le caractère historique et patrimonial est reconnu pour y implanter une station alors que noyau principal de République est à deux minutes à pied ?

Il s’agit là d’un luxe que nous ne pouvons pas nous octroyer en ces temps de crise et alors que nous ne savons toujours pas comment nous allons financer cette nouvelle ligne.

Si la Municipalité souhaite s’obstiner dans le choix du métro, qu’elle fasse au moins preuve de réalisme économique et de rationalisme dans sa réalisation. Il s’agit de l’argent des contribuables rennais. Il ne faudrait pas l’oublier.

(L’argent économisé pourrait d’ailleurs financer des travaux de valorisation du patrimoine architectural et archéologique de la place.)

Benoît CARON


La nouvelle collecte des déchets : une réorganisation regrettable

devptdurableBenoît CARON au nom du groupe pour Rennes Capitale trouve profondément regrettable cette nouvelle organisation du ramassage des déchets dans le centre ville.

Elle ne correspond pas aux besoins des habitants et des commerçants et rend par ailleurs la situation très compliquée. En effet, au-delà, de la baisse du nombre de passages, les horaires retenus occasionnent des perturbations de la circulation et de la vie commerciale du centre ville.

Cette nouvelle organisation, est également regrettable pour le contribuable Rennais car elle n’a pas vocation à réduire la Taxe d’Ordures Ménagères.

Nous avions pourtant alerté la Majorité de Rennes Métropole en assemblée des désagréments et des déséquilibres qui résulteraient de cette nouvelle organisation. Celle-ci avait malheureusement une nouvelle fois été ignorée notre intervention et l’avait même tournée en dérision.

Cet épisode est une nouvelle illustration du manque de concertation et d’un exercice du pouvoir autoritaire.


Refus du dialogue. Villejean : un nouveau cas d’école.

enfants tribune« On ferme d’abord, on discute après ! »

A deux pas de l’université, au cœur d’un quartier en ZEP (zone d’éducation prioritaire), l’école primaire JF Kennedy est une école à taille humaine. Les effectifs y ont certes baissé. Mais la violence scolaire aussi. Motivés et soudés par l’enjeu éducatif, parents et enseignants se mobilisent ensemble pour faire vivre à Villejean une école dont ils sont fiers.

Mais patatras ! Plutôt que d’encourager une dynamique, la mairie brandit le rouleau compresseur du « tous pareils ». Elle ferme l’école sous prétexte qu’elle est plus petite que les autres écoles du quartier. Les difficultés pratiques pour redispatcher les enfants s’accumulent, le devenir du site Kennedy est enveloppé de brouillard, l’avantage financier de l’opération est nul. Tout cela devrait peser dans la décision ! A tout le moins les parents et les habitants voudraient en discuter.

Il n’en est pas question. Le verdict est tombé. De haut. Comme à la maison de quartier de Maurepas. Comme à la bibliothèque de la Maison bleue. Comme à celle de Carrefour 18. Les habitants croyaient pouvoir être considérés comme des citoyens adultes. La mairie ne l’entend pas de cette oreille. « On ferme d’abord, on discute après ! ».


Equipements de quartier : une politique de repli qui ne veut pas dire son nom

Coup de gueule, Sur le vif 5 février 2010

citoyensMaison de quartier de Maurepas, Maison bleue, Carrefour 18 : fermeture des équipements de quartier, remise en cause des associations : en filigrane, une prise de responsabilité par les habitants que la mairie fait tout pour décourager.

Partout le même discours, un brin technocratique : les statistiques, dit-on, ne permettent pas de continuer ainsi… Ici (pour les bibliothèques) ce seraient les statistiques de fréquentation ; là (pour la maison de quartier), ce serait le montant de subvention rapporté au nombre d’adhérents.

A chaque fois, la méthode est la même. Face aux habitants, collectifs ou associations qui discutent les constats abrupts, veulent comprendre, présentent d’autres chiffres et d’autres réalités moins chiffrables (comment chiffrer l’investissement des bénévoles d’une association de quartier ?), la réponse tombe, toujours la même, imperturbable : « La décision de fermeture est prise, nous l’assumons… par contre, pour l’avenir la discussion n’est pas fermée ».

Pas fermée la discussion ? Voilà une bien singulière conception de la participation des habitants auxquels on vient de dire que l’essentiel, sans jamais avoir été discuté, ne peut plus être remis en cause.

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Maison de quartier de Maurepas : la ville traite les associations avec brutalité mais ne propose pas d’alternative concrète pour l’animation des quartiers

communiqueNe nous méprenons pas, ce qui est en cause dans le renvoi sans ménagement d’une association de quartier et l’annonce brutale de la Maison de quartier de Maurepas, ce n’est pas principalement les prétextes budgétaires avancés.

Bien sûr, le bâtiment de la maison de quartier a vieilli et devra être modernisé. Il est par ailleurs souhaitable de veiller à ce que l’argent public versé aux associations soit utilisé de la meilleure manière possible. Mais cette leçon que la ville assène aux habitants de Maurepas, à travers leur maison de quartier, a des limites. Dans un quartier qui connaît des difficultés sociales particulières, un effort particulier restera nécessaire. C’est une question de solidarité que l’on ne peut pas balayer d’un revers de main, comme le fait M. Préault, en utilisant un ratio trompeur rapportant l’argent versé par la ville au seul nombre d’adhérents.

En réalité, sous prétexte budgétaire, nous assistons à une double remise en cause.

Remise en cause de la gestion associative d’un équipement de quartier. Au fond, le principal défaut de cette association n’est-il pas d’avoir su résister sur certains points au tout puissant M. PREAULT, l’adjoint à la communication de M. DELAVEAU ?

Remise en cause d’un équipement de proximité situé au cœur d’un quartier dont il incarne une partie de l’histoire. Après Carrefour 18 et la Maison bleue, c’est en moins d’un mois le troisième équipement de quartier menacé de disparaître. Mais quelle cohérence avec les promesses que l’on nous faisait il y a moins de deux ans pendant la campagne électorale où l’on nous promettait de maintenir des « locaux à vocation associative et socio-culturelle en développant notamment les équipements de proximité qui favorisent les liens entre les associations et soutiennent les initiatives des habitants » ? 

Tout ceci au nom d’une étude qui a convaincu M. PREAULT « qu’il va falloir réorganiser complètement l’offre de service à la population »… Pour l’avenir, c’est donc le brouillard. Pour le présent, c’est un équipement de quartier qui disparaît à court terme et 14 salariés avec !


Fermeture des bibliothèques du Carrefour 18 et de la Maison bleue : Une incohérence majeure de la politique de lecture publique de la ville de Rennes

Coup de gueule, Sur le vif 2 décembre 2009

communiqueQuel est l’objectif poursuivi par  la Mairie avec la fermeture envisagée des bibliothèques du  Carrefour 18 et de la Maison bleue en 2010 ?

Quelle cohérence avec le plaidoyer pour la lecture publique de proximité à Rennes, pour laquelle Martial GABILLARD, ancien adjoint à la culture et premier adjoint de 1977 à 2008, consacre un chapitre entier dans son ouvrage « La politique culturelle à Rennes, 1977/2008, Mémoires et réflexions » ?

« La Municipalité fait le choix de couvrir en priorité le territoire rennais « d’un maillage de bibliothèques de proximité » au lieu de la construction d’une grande bibliothèque centrale. « La lecture publique est (…) un moyen d’information et de documentation, de culture accessible à tous et facile à populariser » peut on y lire…

L’ouverture des Champs Libres et la fréquentation de sa bibliothèque, pour importantes qu’elles soient, doivent elles conduire à limiter la possibilité, pour les enfants notamment, de se familiariser avec le livre et la lecture à proximité de chez eux ? Cette possibilité ne serait elle offerte à l’avenir que dans un  nombre réduit de bibliothèques – certes remarquables comme celle du Thabor – et donc un nombre réduit d’enfants mais aussi d’adultes. N’y a-t-il pas là un recul dommageable dans l’accès au livre et à la culture dont la ville se vante tant par ailleurs ?

On tente bien entendu de nous vendre leur remplacement par la création d’un « espace de médiation », mais le flou de cette proposition nous laisse dubitatifs alors que la fermeture concrète et bien réelle des bibliothèques est imminente.