Caravane des quartiers : un gros budget pour un bilan bien maigrelet

Coup de gueule, Sur le vif 17 novembre 2009

communiqueUn gros budget, beaucoup de publicité et… au final, un bilan plus que maigrelet. La « caravane de quartier » qui s’est posée trois jours en fin de semaine dernière sur l’esplanade du Champ de mars n’a pas été à la hauteur des annonces et des promesses.  Pour tirer lucidement les leçons de cette troisième édition d’une formule qui n’en finit pas de chercher ses marques, il faut accepter de répondre à trois questions.

-          Le public était il au rendez-vous ? 150 personnes (dont un gros tiers d’institutionnels) pour la soirée de lancement (cf OF du 13/11) le résultat est modeste au regard de la publicité déployée (panneaux publicitaires, invitations, articles de presse…). Samedi matin, il y avait si peu de monde au rendez vous des élus que ces derniers n’ont eu d’autre solution que de parler entre eux. Etait-ce bien le but recherché ?

-          L’opération a-t-elle favorisé la rencontre entre les élus et les habitants ? La réponse est non. Le maire a choisi de faire une « marche exploratoire » dans le quartier. Curieux jargon. Pour explorer quoi ? On ne sait pas. Tout ce que l’on a pu constater c’est que ce fut au pas de charge et que le dialogue n’a pas eu lieu.

-          A-t-on avancé dans la solution des problèmes du quartier ?  C’est la question essentielle. Or la réponse est décevante. Certes, les habitants présents ont pu dire à nouveau ce qu’ils ressentent. Mais face à leurs problèmes,  aucune solution nouvelle, aucun engagement ferme. Le maire est venu informer la population de ce qu’il fait déjà. Les 25 000 habitants du quartier centre attendent sans doute autre chose. Il aurait par exemple été intéressant de laisser décider les associations de la meilleure utilisation pour le quartier d’une enveloppe de 50 000 euros.  50 000 euros c’est précisément ce qu’a coûté cette opération de communication sans lendemain.


Impôts locaux à Rennes métropole : +53%

Coup de gueule, Sur le vif 28 septembre 2009

communiqueLes avis d’imposition arrivent et chacun peut désormais juger sur pièces la politique menée par la municipalité rennaise à Rennes et à Rennes Métropole.

Disons le clairement les décisions qui font peser sur les Rennais l’augmentation cumulée des taxes prélevées par les trois principaux niveaux d’administration locale – ville, métropole et département- sont cette année à la fois injustes et injustifiées.

Ces augmentations sont injustes et même choquantes s’agissant de Rennes métropole, où les taux de taxe foncière et de taxe d’habitation connaissent une hausse de 53%, car elles font peser sur les citoyens une économie que la collectivité ne s’impose pas à elle-même. Alors que Rennes Métropole demande aux habitants de se serrer la ceinture sur leurs dépenses courantes, la collectivité donne l’exemple inverse. Qu’on en juge : entre 2008 et 2009, les dépenses de communication augmentent de 5 ,5%, le budget des moyens généraux augmente de 16% !

Ces augmentations sont injustes parce qu’elles concernent un poste de dépense –le logement- sur lequel, par définition, les familles n’ont aucun choix : elles sont obligées de subir le prélèvement qu’on leur impose.

Naturellement, le maire de Rennes prendra lui-même prétexte de la crise pour dire que toutes ces hausses sont indispensables pour que la collectivité puisse y faire face. Cet argument est trompeur. N’en soyons pas dupes.

Il faut savoir que les ressources 2009 de Rennes et de Rennes Métropole ont continué d’augmenter malgré la crise. Les recettes de Taxe professionnelle sont perçues en 2009 sur la base de l’activité économique de 2007. Elles sont donc encore en hausse sensible cette année par rapport à l’an dernier. Et en plus la ville a bénéficié d’une aide substantielle de l’Etat au titre du Plan de relance.

Les comptes de la ville et de l’agglomération en témoignent : les recettes de la taxe professionnelle ont augmenté de 50% au cours des dernières années, au point de conduire à des remboursements d’emprunt par anticipation. Il n’y avait aucune nécessité de faire peser –au cours de cette année de crise- une ponction supplémentaire sur les dépenses de logement des Rennais.


Journée de rentrée de Rennes 2 : une agression inacceptable

Coup de gueule, Sur le vif 2 septembre 2009

communiqueL’agression dont a été victime le Président de Rennes 2, à l’occasion de la rentrée étudiante, est particulièrement choquante et condamnable. Les agressions physiques sont révélatrices de l’état d’esprit de leurs auteurs, toujours enclins à préférer l’intimidation plutôt que le respect des personnes, la violence plutôt que le débat, les méthodes guerrières plutôt que le combat des idées.

Au-delà de cet incident, nous exprimons notre soutien à tous ceux, étudiants, enseignants-chercheurs, présidents d’université, qui oeuvrent avec détermination pour que la rentrée universitaire soit l’occasion de démontrer la solidité de l’Université rennaise et l’excellence de ses filières. Nous appelons tous ceux qui considèrent que l’université est une des premières richesses de Rennes à le dire en cette occasion. Pour que le monde universitaire sache que les Rennais refusent les provocations de ceux qui, sous couvert de luttes politiques, n’ont pour objectif que de déstabiliser l’Université.

Bruno CHAVANAT


Un nouveau nom pour le stade de la route de Lorient…

Coup de gueule, Sur le vif 12 mai 2009

Au sujet de l’information parue dans Ouest France de ce jour concernant un nouveau nom pour le Stade de la Route de Lorient, Bruno Chavanat tient à faire part de la réaction des conseillers municipaux du groupe UNION POUR RENNES CAPITALE

« Au moment où nous venons de vivre une page importante de l’histoire du football à Rennes et où le Stade Rennais a manqué de peu d’inscrire la coupe à son palmarès, l’information suivant laquelle le Stade de la route de Lorient devrait s’appeler désormais « Fortunéo Stadium » mérite pour le moins des explications.

Disons le clairement, le stade de la Route de Lorient et son appellation appartiennent à Rennes et aux Rennais qui se les sont appropriés depuis longtemps. Un lieu aussi important dans l’histoire de la ville ne se débaptise pas sans y réfléchir à deux fois.  Le choix d’un maintien sur le site de la route de Lorient a été fait lors de la rénovation du stade, au nom de l’identité du lieu, très liée à l’identité de l’équipe et à son histoire. Il faut être cohérent.

Pour autant, tous les Rennais -et ils sont nombreux- qui sont attachés à leur équipe, à son avenir et à son rayonnement savent que le club a besoin d’être consolidé, y compris financièrement. Dans la période de crise que nous connaissons, l’arrivée d’un nouveau sponsor – qui plus est un sponsor breton- ne peut être qu’une bonne nouvelle. Et l’effort des managers du club en ce sens doit être saluée. Que cette arrivée se traduise par l’adoption d’une dénomination commerciale comme il en existe pour les tribunes, pourquoi pas -c’est aux managers du club qui ont en charge sa gestion et son avenir d’en décider.

Mais il est de la responsabilité de la ville que l’identité commerciale et l’identité historique -et de cœur- du stade de la route de Lorient ne se contredisent pas ni ne s’annulent. Elles doivent au contraire être associées. Dans cet esprit, le nom de la route de Lorient ne peut pas disparaître de l’appellation du Stade. Et les Rennais qui sont aussi attachés à leur stade qu’aux succès de leur équipe doivent être associés à cette évolution. »


Communiqué de presse : Concert d’ORELSAN à la MJC Antipode

Coup de gueule, Sur le vif 6 avril 2009

Le groupe Union pour Rennes Capitale par la voix de Bruno CHAVANAT souhaite que la Municipalité prenne ses responsabilités concernant l’accueil du rappeur Orelsan à la MJC Antipode. Est-il acceptable de cautionner une expression à ce point haineuse et violente ? Peut-on tolérer une atteinte à l’image de la femme à ce point dégradante ? Quelle signification peut avoir la célébration de la journée de la femme -prolongée cette année à juste titre un mois durant- si, dans le même temps, ce mois se termine avec une expression aussi attentatoire aux valeurs que ce mois entend promouvoir. C’est au passage une contradiction apportée de manière regrettable à la cause que défendent de nombreuses associations qui se battent contre les violences faites aux femmes.

Ce n’est pas la liberté d’expression qui est ici en cause. Car il est évidemment trop facile de se protéger derrière les grands principes pour véhiculer des messages qui les contredisent  de façon ouvertement provocante. Il serait particulièrement avisé de s’opposer à la production de tels concerts dans des lieux publics, à l’image de la décision du Maire de Vannes (UMP) et du Maire de Caen (PS) qui ont interdit le spectacle de Dieudonné dans des locaux municipaux.


Nouvelle ponction sur le revenu des ménages !

Coup de gueule, Sur le vif 10 mars 2009

En janvier 2009, l’évolution sur un an de l’indice des prix à la consommation fut de +0,7 %. L’évolution du PIB au 4e trimestre 2008 par rapport au précédent fut de -1,2 %. Celle du PIB du 3e Trimestre par rapport au second fut de +0,1 %.

Les perspectives pour 2009 et 2010 sont très mauvaises. On nomme cela récession économique majeure.

Mais à Rennes, on ne s’intéresse pas à ces drames. La Taxe d’Habitation sera augmentée de +3 % et celle sur le Foncier Bâti de +5,1 %. Les recettes fiscales de la Ville augmenteraient ainsi de +7,2 % en 2009. On nomme cela très forte ponction sur le revenu des ménages.

Comme s’il ne se produisait rien dans le monde et sans rien changer aux mauvaises habitudes, la Ville augmente sévèrement les impôts les plus impopulaires en début de mandat. Les prochaines élections municipales sont en 2014. La marge politicienne est importante.

Et puis, on se souvient que Rennes-Métropole a doublé l’impôt « ménages », que ce symbole est mauvais et que ce sont les partis qui se réclament des idées de « la gauche » qui gouvernent ! La vraie question est de savoir si les meilleurs investissements seront réalisés pour cette date qui est aussi celle de l’arrivée de la LGV à Rennes. D’ici là, Rennes sera-t-elle la ville moderne que l’on est en droit d’atteindre à 80 minutes de Paris ? Disons, par euphémisme, que c’est pour le moins très incertain.

Alain VALLEE


Couverture du Rennais :
un dérapage contrôlé ?

Coup de gueule, Sur le vif 26 novembre 2008

Le dernier numéro du Rennais, arrivé ces jours derniers dans les boites aux lettres, titre : « soutien aux sans-papiers, les élus ont parrainé 25 enfants ». La couverture (de l’événement comme de l’organe qui en rend compte…) interpelle, et appelle de notre part deux séries de remarques, de forme et de fond.

Sur la forme, le choix des mots semble témoigner d’une volonté implicite de la part de la majorité de s’arroger le monopole de la représentation élective. Car enfin, « Les élus »? c’est-à-dire? « Tous les élus »? « Non, pas tous, justement ».

Seulement certains d’entre eux, parmi ceux qui appartiennent à la majorité municipale. L’amalgame ainsi fait semble pourtant suggérer qu’une unanimité s’est portée autour de la démarche de « parrainage civil » d’enfants sans papiers.

Difficile de comprendre le message qu’on a voulu ainsi délivrer par le « poids des mots » (et le choc des photos…). Plus facile en revanche de comprendre les interprétations qui s’en dégagent. Soit la majorité estime que son initiative représente et engage le conseil Municipal dans son intégralité. Soit elle considère que « majorité » rime avec « exclusivité » et que par conséquent les opinions différentes, portées par des candidats certes «différents », mais pourtant eux aussi élus, n’ont pas vocation à exister et encore moins donc à se voir relayées.

Dans tous les cas, elle a tort. Nous sommes de ceux qui pensent que la conception d’une démocratie « élastique », telle qu’elle se pratique ces jours ci au PS, n’a pas vocation à être importée en notre enceinte…

Ainsi, le Conseil Municipal est aussi composé « d’élus », qui représentent une partie des Rennais (37%) qui ne se sont pas reconnus dans le projet porté par la Majorité au printemps dernier. Et tous les élus ne se retrouvent pas dans la démarche ainsi mise en avant aujourd’hui.  Le Groupe URC n’a pas été sollicité et n’a donc pas participé à cette « cérémonie ». Pour dissiper la confusion, nous avons entrepris d’obtenir du directeur de la Publication un rectificatif dans le prochain numéro du Rennais. La logique et la pratique voudraient qu’il eût la même visibilité que l’information qu’il est destiné à corriger… On peut toujours rêver…

Quant au fond (qui n’est ainsi, pas sans lien avec la forme), la majorité a-t-elle voulu « embarquer » certains d’entre nous à leur corps défendant, pour ainsi donner plus de poids à une démarche qui -c’est le moins qu’on puisse dire- pose questions ? A-t-elle cru, compte tenu de la sensibilité du sujet, que nous n’oserions pas réagir et réaffirmer notre attachement aux valeurs auxquelles nous croyons ?

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L’esprit des «Villages dans la ville» face au «bourrage urbain»

 

Si l’accueil de nouveaux habitants nécessite de reconstruire la ville sur elle-même, la question de la densification des quartiers, compte tenu des risques de « bourrage urbain » qu’elle contient, ne peut être envisagée sans discernement ni concertation.

Tels ne sont pourtant pas les choix de la majorité. A Maurepas, par exemple, lors du dernier conseil de quartier, l’élu qui présidait la réunion a confirmé la suppression de deux voies de circulation, sur quatre sur l’avenue de Rochester, sans que le sujet donne lieu à débat avec l’assistance présente. Or, le projet de création de logements sur l’avenue Rochester n’est pas sans poser de nombreuses questions:

- Congestion de la circulation sur l’avenue Rochester, déjà très encombrée,

- Augmentation de la pollution et des nuisances sonores,

- Impact sur le « vivre ensemble » : la densification urbaine invite à intégrer les conséquences attendues sur physionomie et la vie du quartier.

 Les habitants du quartier se mobilisent aujourd’hui pour que soit préservées l’identité et la qualité de vie du quartier. Certains ont fait circuler une pétition en ce sens, d’autres se sont constitués en association.

 Nous pensons que la croissance démographique de la ville et les enjeux de développement durable qui interdisent qu’elle s’étende à l’infini, sont moins une contrainte qu’une formidable opportunité pour repenser l’organisation de la ville et des quartiers qui la composent. Cette réflexion ne pourra se faire contre ni sans les habitants concernés et intéressés.

 Nous avons toujours défendu l’idée qu’en matière de logement, les enjeux quantitatifs devaient s’accompagner d’une réflexion « qualitative ». Au-delà de la qualité des logements (esthétique, pratiques, économie d’énergie…), c’est en effet l’ensemble du quartier qui doit être envisagé et aménagé à « échelle » et « visage » humains.

En somme, l’esprit de quartier et le « village dans la ville » contre la densification au forceps, sans âme qui dans le fond et la forme (méthode) impose une réponse inadaptée aux enjeux d’aujourd’hui et a fortiori de demain.