L’esprit des «Villages dans la ville» face au «bourrage urbain»

 

Si l’accueil de nouveaux habitants nécessite de reconstruire la ville sur elle-même, la question de la densification des quartiers, compte tenu des risques de « bourrage urbain » qu’elle contient, ne peut être envisagée sans discernement ni concertation.

Tels ne sont pourtant pas les choix de la majorité. A Maurepas, par exemple, lors du dernier conseil de quartier, l’élu qui présidait la réunion a confirmé la suppression de deux voies de circulation, sur quatre sur l’avenue de Rochester, sans que le sujet donne lieu à débat avec l’assistance présente. Or, le projet de création de logements sur l’avenue Rochester n’est pas sans poser de nombreuses questions:

- Congestion de la circulation sur l’avenue Rochester, déjà très encombrée,

- Augmentation de la pollution et des nuisances sonores,

- Impact sur le « vivre ensemble » : la densification urbaine invite à intégrer les conséquences attendues sur physionomie et la vie du quartier.

 Les habitants du quartier se mobilisent aujourd’hui pour que soit préservées l’identité et la qualité de vie du quartier. Certains ont fait circuler une pétition en ce sens, d’autres se sont constitués en association.

 Nous pensons que la croissance démographique de la ville et les enjeux de développement durable qui interdisent qu’elle s’étende à l’infini, sont moins une contrainte qu’une formidable opportunité pour repenser l’organisation de la ville et des quartiers qui la composent. Cette réflexion ne pourra se faire contre ni sans les habitants concernés et intéressés.

 Nous avons toujours défendu l’idée qu’en matière de logement, les enjeux quantitatifs devaient s’accompagner d’une réflexion « qualitative ». Au-delà de la qualité des logements (esthétique, pratiques, économie d’énergie…), c’est en effet l’ensemble du quartier qui doit être envisagé et aménagé à « échelle » et « visage » humains.

En somme, l’esprit de quartier et le « village dans la ville » contre la densification au forceps, sans âme qui dans le fond et la forme (méthode) impose une réponse inadaptée aux enjeux d’aujourd’hui et a fortiori de demain.  


Ouvrir le débat…

Coup de gueule, Sur le vif 5 novembre 2008

Mardi soir, le conseil municipal de Chevaigné rendait un avis défavorable sur l’implantation du Centre des Congrès au Couvent des Jacobins.

A Rennes, nous avons souvent eu l’occasion de nous élever contre une tendance de la majorité à confondre, pour certaines matières, les débats qui étaient intervenus à Rennes Métropole, avec ceux qu’elle aurait du, en toute rigueur, porter devant le Conseil Municipal et même pour quelques unes d’entre elles directement devant les Rennais.

Les arguments qui nous ont été alors opposés (« Hors sujet, ça relève des compétences de l’agglo ») (se) jouent en fait d’une certaine ambiguïté.

Les transferts de compétences en direction des structures intercommunales ont été plus rapides à intervenir dans les faits qu’ils n’étaient identifiés par le grand public.

Alors que les compétences exercées en propre par la Ville tendent à se réduire, les Rennais considèrent encore sans doute spontanément que l’essentiel des décisions qui les concernent et les engagent sont prises au sein du Conseil Municipal.

« L’onction » du suffrage direct y est certainement pour quelque chose. Compte tenu de la publicité et de la « solennité » qui entoure l’élection municipale, il est difficile en effet de concevoir que les leviers de l’action publique soient détenus alternativement soit par le Maire, soit par le Président de l’agglo.

A Rennes, la confusion des deux fonctions dans la personne de M. Delaveau entretient cette ambiguïté et conforte la majorité à renvoyer aux débats intervenus au sein de Rennes Métropole.

Raisonnement a priori imparable, sauf que si ce sont bien les mêmes personnes qui siègent, elles n’y sont plus seules, n’y représentent plus les mêmes intérêts et ne procèdent, quant à leur légitimité pas du même mode de désignation.

Même si les débats y sont publics et relayés par les médias locaux et que les délégués communautaires sont « issus » du suffrage universel, le caractère indirect de ce dernier tend à y diluer la légitimité qu’il est censé consacrer.

Le « fait majoritaire » et les logiques partisanes achèvent de court-circuiter le débat en le réduisant souvent à celui qui intervient entre les communes solidaires de la majorité et celles qui ne le sont pas… (encore qu’il puisse venir se nicher, dans cette mécanique un peu convenue -et c’est réjouissant pour la démocratie- un grain de sable qui en révèle les limites).

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Conseil d’agglomération du jeudi 16 octobre

Coup de gueule, Sur le vif 17 octobre 2008

Débat sur le « plan ferroviaire breton » élaboré par le conseil régional et sur lequel l’avis de Rennes Métropole est sollicité. Ce qui semble avancer : la ligne à grande vitesse Paris-Rennes, qui doit venir le plus vite possible et dont le financement a été voté à l’unanimité. Mais il reste des sujets lourds qui continuent de trainer en longueur: la liaison Rennes Nantes en est un bon exemple. Jusqu’en 2002, les socialistes rennais ont refusé de se mobiliser parce que la modernisation de la ligne était liée à l’aéroport de Notre Dame des Landes, un projet qui leur échappe.

Résultat : l’aéroport sera en service en 2013 mais la ligne nouvelle qui est indissociable et qui doit mettre Nantes à une demi-heure de Rennes attendra entre 10 et 15 ans avant de voir le jour.


« Pour une véritable ligne d’Agglo, c’est le moment d’agir »

Coup de gueule, Sur le vif 19 septembre 2008

Lettre ouverte à M. Delaveau à l’occasion de la semaine européenne de la mobilité.

M. Le Maire,

A Rennes, la semaine européenne de la mobilité va s’achever sans initiative majeure. Une question importante fait pourtant débat : la population augmente à l’extérieur des rocades mais pas les transports en commun. Rennes en subit les conséquences. C’est le moment d’agir!

La deuxième ligne doit être pensée à l’échelle de l’Agglo

Parce que c’est la solution du développement durable

Dans cinq ans, au moment où doivent commencer les travaux de la deuxième ligne, un cap sera franchi : plus de 50% des habitants de Rennes métropole habiteront à l’extérieur des rocades.
Mais faute d’une offre adaptée de transport en commun, 70% des habitants des communes périphériques resteront contraints d’utiliser leur voiture.

La deuxième ligne peut elle ignorer cette réalité ? Une deuxième ligne du développement durable c’est une solution en site propre qui irrigue l’agglomération du Sud ouest (Bruz) au Nord est (Cesson Thorigné Fouillard), là où la population augmente le plus.

Parce que les choix d’hier ne répondent pas aux enjeux de demain

D’autres voies sont possibles. Tout invite à ne pas s’enfermer et à ouvrir les champs des possibles. Le monde a changé. Le contexte n’est plus le même. L’offre technique est devenue abondante, diversifiée et conciliable avec le métro. Le tramway, mais aussi le « tram-train » et d’autres solutions plus légères permettent de combiner l’utilisation de sites propres et celle de la voirie.

Des exemples en France et à l’étranger éclairent les choix d’avenir. Toutes les grandes villes, y compris celles qui ont un métro (Lille, Toulouse, Lyon, Paris, Marseille…) font aujourd’hui le choix de la complémentarité. Elles peuvent ainsi à la fois desservir un réseau dense (en métro) et plus lointain (type tram ou mode mixte).

Parce que les Rennais vous le demandent

Les Rennais veulent une deuxième ligne complémentaire de la première ligne de VAL. Car ils sont attachés au transport en commun et à la qualité de l’environnement.
Mais ils ne veulent pas d’une ligne qui attire dans Rennes toujours plus de voitures venant de la périphérie rennaise. Aujourd’hui les parkings relais sont saturés. Et des « parkings relais sauvages » encombrent de plus en plus les rues à proximité des stations. Il faut en sortir !

C’est le moment d’agir !

C’est aujourd’hui qu’il faut prendre l’initiative

Votre mandat commence. C’est maintenant que vous avez l’opportunité de redéfinir les priorités stratégiques. Des changements importants (croissance des communes périphériques, essence chère, grenelle de l’environnement…) appellent de votre part une Vision à l’échelle de l’Agglo et non seulement rennaise. C’est maintenant qu’il faut en débattre et en décider. C’est aussi maintenant que les Rennais sont le plus réceptifs aux initiatives nouvelles !

C’est aujourd’hui qu’il faut trouver une solution financièrement durable

Le financement du projet nécessite lui aussi que vous agissiez sans tarder.Le projet de métro dans sa version 2007 reposait sur des hypothèses qui, en un an, ont toutes été fragilisées. Une progression de la taxe professionnelle versée par PSA aussi importante que dans le passé ? Une participation de l’État en hausse ? Des crédits bancaires plus faciles ?

Sur toutes ces questions, malheureusement l’actualité nous invite à réviser ces projections. Et il n’est pas pensable de tout reporter, alors que vous en prévoyez déjà une augmentation importante, sur l’impôt payé par les ménages de Rennes métropole.

Or on le sait, d’autres solutions existent : les systèmes les plus récents de tramway ou tram-train sont deux à trois fois moins chers que le VAL. C’est maintenant, au moment où les études opérationnelles commencent, et pas en 2011, quand le projet sera bouclé, qu’il faut étudier un projet alternatif.

Parce que la deuxième ligne du développement durable doit se faire à l’échelle de l’agglo, il faut un plan B pour la ligne B.Vous pouvez agir. Il ne faut pas tarder !

M. DELAVEAU, vous cherchez des idées pour démarrer votre mandat ? Nous en avons !

Apportez votre soutien à cette lettre :

 

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