Etats d’ivresse en centre-ville : il faut revoir la prévention et faire appliquer les arrêtés municipaux

Coup de gueule, Sur le vif 4 mars 2011

Suite à l’article du 1er mars 2011 dans Ouest France, Benoît CARON, Conseiller Municipal URC, tient à réagir :

« Je ne peux que partager la lassitude et la colère des policiers et pompiers devant une situation qui n’a cessé de se développer. L’ivresse des fins de semaine est depuis trop longtemps devenue une triste tradition pour notre ville. De nombreuses conséquences dommageables en découlent sur la santé publique, sur la sécurité avec les débordements liés à l’alcool, sur l’hygiène et salubrité avec les débris de verre et autres désagréments que l’on retrouve sur les trottoirs le matin. »

« La Ville de Rennes se défend de mener une politique de prévention volontariste. Celle-ci se résume essentiellement à l’initiative des Nozambules trop peu nombreux pour être réellement visibles et efficaces et à l’opération Dazibao dans le cadre de la Nuit des 4 Jeudis au 4 Bis, c’est-à-dire à l’opposé des lieux de concentration de la fête. »

« L’idée de travaux d’intérêt général serait effectivement une idée intéressante et une manière de revoir la prévention. »

« Enfin, la Municipalité devrait déjà commencer par faire appliquer les arrêtés qu’elle a pris sur l’interdiction de la consommation d’alcool sur la voie publique et l’utilisation de bouteilles de verre afin que ceux-ci ne se résument pas à de pures opérations de communication sans effet. »

 

Benoît CARON

Conseiller Municipal de Rennes


Revue « Place Publique » : pourquoi tant d’opacité ?

Coup de gueule, Sur le vif 17 février 2011

Rennes Métropole refuse obstinément de communiquer les chiffres de diffusion de la revue. En moins de trois ans, « Place publique » a pourtant reçu près de 400 000 euros d’argent public !

16 décembre dernier : le conseil de Rennes Métropole alloue une généreuse subvention de 150 000 euros à l’association « Place des débats » qui édite la revue « Place publique ». C’est la troisième fois en moins de trois ans que cette association présidée par l’ancien directeur de la communication de la ville de Rennes bénéficie des largesses de Rennes Métropole. Au total 375 000 euros, auxquels s’ajoutent une subvention de la Région Bretagne et la mise à disposition gratuite de locaux aux Champs Libres.

Pour connaître l’usage qui est fait de tout cet argent (dont au passage le reste de la presse, qui connaît de graves difficultés économiques aimerait bien bénéficier), nous avons demandé à connaître les chiffres de diffusion de la revue. La revue « Place publique », une revue dont l’objet est en principe de susciter le débat sur les « questions urbaines » est vendue en kiosque et par abonnement. A combien d’exemplaires ? Rennes métropole estime apparemment que ça ne regarde pas les contribuables rennais. Sollicité par nos soins, M. Delaveau répond que ces « chiffres n’ont pas à être communiqués ».

Pour une revue qui cherche à créer le débat, on aurait aimé davantage de transparence.  Il est vrai cependant que le débat reste limité. La revue se garde bien, en particulier, de solliciter les différents groupes d’opposition représentés au conseil municipal, dont les questions sont sans doute embarrassantes…


90 M € pour la 2ème ligne de métro : l’Etat tient parole sur les engagements du Grenelle. M. Delaveau saura-t-il en faire autant ?

Sur le vif, Tribune Libre 11 février 2011

L’annonce d’un soutien financier important de l’Etat au projet de ligne B du métro témoigne  d’une chose. L’Etat, qui s’était engagé à soutenir les projets de TCSP dans le cadre du Grenelle de l’environnement,  tient parole.

Ce faisant, contrairement à ce que l’on entend dire, le Gouvernement n’érige pas le choix rennais du métro en modèle. Pour preuve, sur les 78 projets de transports en site propre financés, on trouve 29 projets de tramway pour seulement deux projets de métro. La vérité, c’est que le Gouvernement n’a pas voulu prendre parti dans les débats internes. Il a simplement respecté la liberté des collectivités locales.

Dans le contexte de critiques tous azimuts contre l’Etat, cela mérite d’être relevé.

La balle est désormais dans le camp de la métropole rennaise.

-          Concernant le financement. La part de l’Etat étant désormais connue, il est du devoir de M. Delaveau de faire connaitre précisément comment il entend boucler celle qui lui revient. 1 Milliard reste à financer : quel plan de financement ? Comment éviter la dérive des impôts ?  Quels efforts de gestion pour y arriver ?

-          Concernant la desserte  de la métropole, le métro apporte une solution intra-rocade. Mais quid de l’irrigation d’une agglomération dont la population augmente chaque jour davantage à l’extérieur des rocades ? Et pourra-t-on financer en même temps le métro et des lignes performantes entre Rennes et sa périphérie ?

Le défi n’est pas mince. Dans les années à venir, les contribuables rennais et métropolitains auxquels l’addition n’a pas encore été présentée, ne sont pas à l’abri d’une mauvaise surprise.

 

Pour le groupe Union pour Rennes Capitale

Bruno CHAVANAT

Conseiller municipal de Rennes

Conseiller communautaire de Rennes Métropole


OPAH Centre ancien : Serons-nous victime du retard à l’allumage de la Municipalité ?

Coup de gueule, Sur le vif 4 février 2011

A peine votée, la nouvelle Opération Programmée d’Aménagement de l’Habitat du centre ancien semble déjà menacée. Pour Benoît CARON, Conseiller Municipal de Rennes, cette situation est regrettable.

L’ANAH ne pourra vraisemblablement pas répondre favorablement aux besoins financiers de cette nouvelle opération. Ceux-ci sont en effet très importants, mais ils sont surtout à la hauteur de l’inaction de la Municipalité en direction du centre ancien ces dernières années.

La Mairie semble en effet découvrir la situation désastreuse de l’habitat ancien alors que des études et rapports n’ont cessé de la dénoncer depuis près de 30 ans. Certes, des opérations d’aménagement se sont succédées, mais leur faible taux de réalisation laisse douter de la réelle volonté d’agir pour sauver notre patrimoine.

Il aura fallu attendre un énième rapport (Tattier) en 2008 et une série d’incidents au cours des 2 dernières années pour aboutir à une OPAH répondant à l’urgence de la situation.

La Ville de Rennes aurait pu traiter la rénovation de son centre ancien sur la durée et répartir les besoins de financement plutôt que d’organiser un sauvetage sans être assuré des moyens pour le réaliser. Mme APPERE a avoué que la Ville de Rennes avait peu fait appel aux ressources financières jusqu’à aujourd’hui (6 % par an) et cela pourra s’avérer regrettable.

Je souhaite sincèrement dans l’intérêt des habitants et de notre patrimoine historique que nous ne paierons pas trop durement encore ce retard à l’allumage et que l’ANAH répondra favorablement à la demande de la Ville.

 

Benoît CARON


La campagne en ville : un atout essentiel dans notre agglomération rennaise

Sur le vif, Tribune Libre 3 février 2011

« Les agriculteurs font beaucoup d’erreurs, mais beaucoup moins que les urbanistes… Le paysage français est formidable… La campagne est le laboratoire de la ville… » Ces phrases-choc du paysagiste Michel Corajoud, grand prix de l’urbanisme 2003, peuvent surprendre. Elles ont pourtant révélatrices des débats qui ont animé ma rencontre nationale de l’Association « Terres en villes », organisée par Rennes Métropole et la Chambre d’Agriculture d’Ille-et-Vilaine, sur le thème « Formes agricoles et urbaines dans la ville territoire ».

Ce colloque, qui a rassemblé des élus, des agriculteurs, des architectes et urbanistes de plusieurs agglomérations françaises et même de l’étranger, a en effet bien montré l’intérêt et la nécessité d’intégrer l’activité et le paysage agricoles périurbains dans la conception même de l’aménagement urbain : la campagne fait partie de la ville et inversement.

C’est particulièrement vrai dans notre agglomération rennaise, qui développé un concept assez original de « ville-archipel », fondé sur un développement urbain multipolaire, qui n’organise pas une extension en continu de la ville-centre vers les communes rurbaines périphériques (comme c’est le cas dans beaucoup d’agglomérations françaises), mais qui préserve au contraire des espaces agricoles et naturels en forme de coupures vertes, en appuyant le développement urbain sur plusieurs « pôles secondaires ».

Cette option fondamentale, inscrite dans le SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale) conduit à favoriser le maintien de l’agriculture dans le Pays de Rennes, qui compte 1300 exploitations mettant en valeur 62 000 ha où la production laitière est dominante, mais où les productions de porcs, volailles, viande bovine et le maraîchage sont également développés. Ce principe d’organisation du développement urbain entraîne des choix, comme la nécessité de concentrer davantage les opérations d’urbanisme (pour l’habitat comme pour l’activité économique), et donc de mettre en œuvre une plus forte densification que par le passé, de façon à limiter l’étalement urbain et la disparition d’espaces naturels et agricoles (80 000 ha par an en Bretagne), afin de ne pas compromettre l’avenir de l’agriculture aux portes de Rennes.

Cette symbiose –ville(s)-agriculture est un atout important pour les agriculteurs, bien sûr, mais aussi pour les citadins, en leur offrant un cadre de vie agréable et attractif.

Un atout que nous devons préserver et même cultiver pour les générations à venir, dans le cadre du Programme local de l’agriculture mis en œuvre par le Pays de Rennes et la Chambre d’agriculture.


Lettre ouverte à M. Le Pillouer, Directeur du Théâtre National de Bretagne

Sur le vif, Tribune Libre 9 décembre 2010

Cher Monsieur Le Pillouer,

Vous avez réagi aux propos que j’ai tenus lors du dernier conseil municipal concernant le TNB, sa mission de service public et les entorses répétées au principe de neutralité dont les Rennais ont pu être témoins.

Contrairement à ce que vous pensez, je me suis réjoui du contenu du rapport d’activité du TNB pour ce qui concerne tant sa programmation, sa fréquentation, sa mission de formation et son projet de coopération Prospéro. Il ne faut pas chercher à me faire dire ce que je n’ai pas dit. J’ai dit, au contraire, ce que je pense à ce sujet : le TNB est une institution de qualité, créative et reconnue comme telle et qui a eu le mérite d’élargir la palette de sa programmation pour s’adresser à un public plus large au cours des dernières années, ce qui explique sans doute les bons chiffres de sa fréquentation.

Mais je crois tout aussi fermement que la place du TNB à Rennes, la qualité de sa programmation et le niveau de sa fréquentation donnent à l’institution comme à son directeur des responsabilités.

La première d’entre elles est d’être au service de tous les Rennais. Ce qui devrait vous conduire à respecter une valeur fondamentale de la démocratie : le principe de neutralité du service public.

Vous nous dites que la majorité des personnels du TNB se sont mobilisés contre la réforme des retraites. C’est évidemment leur droit. Mais la mission du TNB n’est pas d’abord d’exprimer l’opinion politique de ceux qui y travaillent. Le mur électronique de l’avenue Janvier du TNB est en principe destiné à promouvoir des évènements culturels. Vous cautionnez son emploi pour des messages purement politique. Mais accepteriez-vous que demain, les halls d’accueil de la mairie, de la préfecture ou de la sécurité sociale vous accueillent avec des slogans politiques (a fortiori s’ils étaient contraires à vos propres opinions) ?

Il est vrai qu’en s’abstenant de toute réaction face à ce mélange des genres, la mairie vous encourage.

Il est vrai aussi qu’en vous demandant de le soutenir publiquement pour sa campagne municipale en votre qualité de directeur d’un établissement culturel largement financé par la ville, M. Delaveau vous avait lui-même démontré le peu de cas qu’il fait de la neutralité du service public.

Vous comprendrez donc qu’il m’apparaissait de ma responsabilité de m’exprimer comme je l’ai fait.

Il m’a semblé plus normal, pour qu’il n’y ait pas d’incompréhension entre nous de vous l’écrire directement. Mais comme le débat est déjà public et que cette question intéresse tous les Rennais, je me permets de rendre publique ma réponse.

Bien cordialement à vous.

Bruno Chavanat


EuroRennes : un projet qui manque d’ambition

Réflexion, Sur le vif 6 décembre 2010

La ZAC EuroRennes vient d’être créée. Tout le monde est d’accord : la liaison TGV Paris-Rennes en 1 H 30 à horizon 2014 est une opportunité à saisir. Mais la réponse de l’actuel projet EuroRennes est en panne d’ambition. Trois ingrédients majeurs manquent à l’appel : un « projet phare », un périmètre large, et un espace public attractif. On est encore loin des projets de Lille ou de Bordeaux.

Aujourd’hui à Rennes, que cherche-t-on ? Quel est le projet ? Pour l’instant, il n’y a pas de réponse claire.

Ce n’est pas parce qu’on espère 120 000 passagers à l’horizon 2020 en gare de Rennes que l’on réussira à faire d’EuroRennes un lieu attractif. A Paris, la gare Saint-Lazare accueille bien plus de passagers  et reste un pur lieu de transit. Ce n’est pas parce que l’on construit 150 000 m² de bureau qu’on aura un centre d’affaire de premier plan. Qui viendra occuper ces locaux ? Au nom de quelle cohérence économique ?

UN PROJET PHARE

Quand Lille a bâti Euralille toute la réflexion amont a été conçue autour du projet économique et de plusieurs équipements phares. Bordeaux Euratlantique part de la même dynamique. Au départ il y a un projet. Un pôle culturel, environnemental et universitaire de premier plan sur les rives du fleuve. Et c’est autour du projet que s’organise le schéma urbain de l’opération. Et que dire de Bilbao ou d’autres, qui ont su coordonner un projet majeur avec un système de transport adapté et une vision anticipatrice de l’urbanisme ?

Nous faisons l’inverse. Nous avons une enveloppe.  Une belle coquille certes, joliment dessinée par des urbanistes mais sans contenu. A tel point que l’on se demande si la municipalité ne manque pas d’envie ou d’ambition pour notre ville.

Pourtant les idées et les opportunités ne manquent pas.

A défaut d’y placer le  Centre  des congrès, ce que la municipalité  n’a pas voulu par peur qu’un projet ambitieux bouleverse sa vision de Rennes, d’autres projets, culturels, économiques, scientifiques sont possibles. D’abord donner un signe fort de l’entrée en Bretagne. Avoir comme seul projet 150 000 m² de bureaux, est-ce incarner la Bretagne ? Ce pourrait être la porte d’entrée du campus universitaire de Bretagne, symbole de la vocation de Rennes en Bretagne, qui rassemble l’essentiel des capacités de recherche de la région.

UN ESPACE PUBLIC ATTRACTIF

Une gare c’est bien. Mais ça reste un endroit de passage. EuroRennes doit être un lieu ou l’on se rend pour lui-même. Et le meilleur symbole du lieu où l’on se rend pour s’y retrouver c’est un espace public. Tous les centres villes conjuguent la densité des constructions et l’existence de grandes places ou de grandes avenues ou l’on se retrouve.

Regardons là encore ce que font Lille et Bordeaux : à Lille le parc Matisse 7 ha au cœur du projet, à Bordeaux, une ambition encore plus forte avec l’intégration des berges de la Garonne comme véritable espace urbain dont on connaît la réussite. A Rennes, à l’exception de la gare elle-même le projet est organisé le long des voies, que l’on rebaptise « fleuve ferroviaire » (quelle poésie !). Il lui manque un espace central public qui ne se résume pas au simple pourtour de la gare. La solution existe. Elle consiste d’une part à couvrir les voies entre la gare actuelle et le pont de l’Alma (car c’est là qu’est l’espace au centre géographique du projet) et d’autre part à envisager un avenir intégré à la ville pour la prison des femmes car il y a là non seulement un espace public vaste mais un ensemble architectural remarquable, qui pourrait être l’un des points d’attraction du projet.

UN PERIMETRE LARGE

Si l’on veut bâtir non seulement un centre ville mais un centre d’agglomération alors on ne peut pas se contenter d’un périmètre étriqué. Or le périmètre est étriqué. Il n’inclut ni les espaces commerciaux et culturels immédiatement au nord (Colombier, Champ de Mars), ni le quartier sud gare, dont le caractère propre doit être respecté et qui fait le lien avec le sud de la ville. Or qui peut croire que ces quartiers ne seront pas impactés par le projet, surtout si des tours de 90 mètres de haut y voient le jour ? Ne pas les inclure, c’est s’exposer à l’incohérence voire à la spéculation. Bordeaux l’a bien compris, qui a inclus dans son projet une grande partie de son centre ancien, qui sera intégré de manière cohérente à la dynamique nouvelle.

Le projet EuroRennes est nécessaire mais il faut lui donner du souffle, du contenu et un périmètre qui permette de voir large. De ce choix, dépendra l’avenir du projet : une véritable ambition pour Rennes et la Bretagne ou alors la 38 ème ZAC de notre ville.


Relations Etat-Collectivité : il faut en finir avec l’Hypocrisie

Coup de gueule, Sur le vif 6 décembre 2010

Pour opposer Etat et collectivités territoriales, le maire véhicule à l’envie tous les clichés du moment. En oubliant que derrière l’Etat et les collectivités, il n’y a qu’un seul et même citoyen et contribuable.

De conseil municipal en conseil municipal, le même air revient à tout propos et sur tous les sujets : « l’Etat se désengage ! ». Education, logement, culture, sport, aide aux collectivités…Pas un débat n’échappe à ce refrain, entonné par le maire et repris en cœur par des adjoints zélés. Tout récemment encore, comme s’il fallait réveiller l’attention des électeurs lassés par la musique de fond qu’on leur passe en boucle sur le sujet, M. Delaveau n’hésite pas à parler d’un « hold-up » dont l’Etat serait coupable.

Un « hold-up » ? On se demande en l’écoutant quel crime a pu commettre le Gouvernement. Et puis on en arrive malheureusement à la conclusion que les accents démagogiques du dérapage verbal du maire doivent plus à une certaine hypocrisie qu’à une analyse un tant soit peu objective des réalités.

Sans doute, l’accusation systématique de l’Etat à tout propos est elle commode pour essayer de valoriser les actions de la ville. A toi (l’Etat) le rôle du méchant, celui qui coupe dans les budgets, s’attaque aux démunis, sape les moyens des collectivités proches de la population. A moi (la ville et la métropole), le rôle du gentil, qui fait tout ce qu’il peut pour réparer les dégâts. Le message est simple. Il est aussi vieux que le monde : c’est la technique du bouc émissaire. Mais la ficelle est grosse.

Pour ne pas s’y laisser prendre, passons au crible trois idées reçues.

« L’Etat baisse ses concours financiers aux collectivités » FAUX. Depuis 10 ans les concours de l’Etat aux collectivités (dotations financières et compensations d’exonérations d’impôt)  ont continué de progresser plus que l’inflation. Alors que l’Etat s’impose de ne pas augmenter ses propres dépenses, il fait un effort particulier pour les collectivités locales. En 2009 et 2010, l’effort a été accru avec le plan de relance. Sur l’agglomération rennaise, les investissements 2009 (13,7 Millions d’Euros) ont ainsi été doublés.

« Les collectivités locales ne sont pas responsables du déficit public » FAUX. La dette publique, qui représente plus de 1500 milliards d’euros, est partagée entre l’Etat, les collectivités et la sécurité sociale. Et si l’Etat en assume plus des deux tiers, c’est aussi parce qu’il assume seul un certain nombre de charges… dont les 80 milliards qu’il reversera cette année aux collectivités locales.

« L’Etat n’a qu’à s’en prendre qu’à lui-même et au bouclier fiscal » FAUX. De toutes les idées reçues, celle-là est la plus démagogique. Le bouclier fiscal (dont la pérennité va d’ailleurs être discutée dans le cadre du grand débat fiscal en 2011) représente 500 millions d’euros. Le remboursement des seuls intérêts de la dette (hors capital) c’est 50 milliards : 100 fois plus. La vérité, c’est que la dette a été reportée et augmentée d’année en année par tous les gouvernements depuis 30 ans. Et que le meilleur moyen de ne pas sortir de cette spirale, c’est de se voiler la face en continuant, à tout propos, de se défausser sur les autres de la responsabilité des problèmes à résoudre.