La campagne en ville : un atout essentiel dans notre agglomération rennaise

Sur le vif, Tribune Libre 3 février 2011

« Les agriculteurs font beaucoup d’erreurs, mais beaucoup moins que les urbanistes… Le paysage français est formidable… La campagne est le laboratoire de la ville… » Ces phrases-choc du paysagiste Michel Corajoud, grand prix de l’urbanisme 2003, peuvent surprendre. Elles ont pourtant révélatrices des débats qui ont animé ma rencontre nationale de l’Association « Terres en villes », organisée par Rennes Métropole et la Chambre d’Agriculture d’Ille-et-Vilaine, sur le thème « Formes agricoles et urbaines dans la ville territoire ».

Ce colloque, qui a rassemblé des élus, des agriculteurs, des architectes et urbanistes de plusieurs agglomérations françaises et même de l’étranger, a en effet bien montré l’intérêt et la nécessité d’intégrer l’activité et le paysage agricoles périurbains dans la conception même de l’aménagement urbain : la campagne fait partie de la ville et inversement.

C’est particulièrement vrai dans notre agglomération rennaise, qui développé un concept assez original de « ville-archipel », fondé sur un développement urbain multipolaire, qui n’organise pas une extension en continu de la ville-centre vers les communes rurbaines périphériques (comme c’est le cas dans beaucoup d’agglomérations françaises), mais qui préserve au contraire des espaces agricoles et naturels en forme de coupures vertes, en appuyant le développement urbain sur plusieurs « pôles secondaires ».

Cette option fondamentale, inscrite dans le SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale) conduit à favoriser le maintien de l’agriculture dans le Pays de Rennes, qui compte 1300 exploitations mettant en valeur 62 000 ha où la production laitière est dominante, mais où les productions de porcs, volailles, viande bovine et le maraîchage sont également développés. Ce principe d’organisation du développement urbain entraîne des choix, comme la nécessité de concentrer davantage les opérations d’urbanisme (pour l’habitat comme pour l’activité économique), et donc de mettre en œuvre une plus forte densification que par le passé, de façon à limiter l’étalement urbain et la disparition d’espaces naturels et agricoles (80 000 ha par an en Bretagne), afin de ne pas compromettre l’avenir de l’agriculture aux portes de Rennes.

Cette symbiose –ville(s)-agriculture est un atout important pour les agriculteurs, bien sûr, mais aussi pour les citadins, en leur offrant un cadre de vie agréable et attractif.

Un atout que nous devons préserver et même cultiver pour les générations à venir, dans le cadre du Programme local de l’agriculture mis en œuvre par le Pays de Rennes et la Chambre d’agriculture.


Lettre ouverte à M. Le Pillouer, Directeur du Théâtre National de Bretagne

Sur le vif, Tribune Libre 9 décembre 2010

Cher Monsieur Le Pillouer,

Vous avez réagi aux propos que j’ai tenus lors du dernier conseil municipal concernant le TNB, sa mission de service public et les entorses répétées au principe de neutralité dont les Rennais ont pu être témoins.

Contrairement à ce que vous pensez, je me suis réjoui du contenu du rapport d’activité du TNB pour ce qui concerne tant sa programmation, sa fréquentation, sa mission de formation et son projet de coopération Prospéro. Il ne faut pas chercher à me faire dire ce que je n’ai pas dit. J’ai dit, au contraire, ce que je pense à ce sujet : le TNB est une institution de qualité, créative et reconnue comme telle et qui a eu le mérite d’élargir la palette de sa programmation pour s’adresser à un public plus large au cours des dernières années, ce qui explique sans doute les bons chiffres de sa fréquentation.

Mais je crois tout aussi fermement que la place du TNB à Rennes, la qualité de sa programmation et le niveau de sa fréquentation donnent à l’institution comme à son directeur des responsabilités.

La première d’entre elles est d’être au service de tous les Rennais. Ce qui devrait vous conduire à respecter une valeur fondamentale de la démocratie : le principe de neutralité du service public.

Vous nous dites que la majorité des personnels du TNB se sont mobilisés contre la réforme des retraites. C’est évidemment leur droit. Mais la mission du TNB n’est pas d’abord d’exprimer l’opinion politique de ceux qui y travaillent. Le mur électronique de l’avenue Janvier du TNB est en principe destiné à promouvoir des évènements culturels. Vous cautionnez son emploi pour des messages purement politique. Mais accepteriez-vous que demain, les halls d’accueil de la mairie, de la préfecture ou de la sécurité sociale vous accueillent avec des slogans politiques (a fortiori s’ils étaient contraires à vos propres opinions) ?

Il est vrai qu’en s’abstenant de toute réaction face à ce mélange des genres, la mairie vous encourage.

Il est vrai aussi qu’en vous demandant de le soutenir publiquement pour sa campagne municipale en votre qualité de directeur d’un établissement culturel largement financé par la ville, M. Delaveau vous avait lui-même démontré le peu de cas qu’il fait de la neutralité du service public.

Vous comprendrez donc qu’il m’apparaissait de ma responsabilité de m’exprimer comme je l’ai fait.

Il m’a semblé plus normal, pour qu’il n’y ait pas d’incompréhension entre nous de vous l’écrire directement. Mais comme le débat est déjà public et que cette question intéresse tous les Rennais, je me permets de rendre publique ma réponse.

Bien cordialement à vous.

Bruno Chavanat


EuroRennes : un projet qui manque d’ambition

Réflexion, Sur le vif 6 décembre 2010

La ZAC EuroRennes vient d’être créée. Tout le monde est d’accord : la liaison TGV Paris-Rennes en 1 H 30 à horizon 2014 est une opportunité à saisir. Mais la réponse de l’actuel projet EuroRennes est en panne d’ambition. Trois ingrédients majeurs manquent à l’appel : un « projet phare », un périmètre large, et un espace public attractif. On est encore loin des projets de Lille ou de Bordeaux.

Aujourd’hui à Rennes, que cherche-t-on ? Quel est le projet ? Pour l’instant, il n’y a pas de réponse claire.

Ce n’est pas parce qu’on espère 120 000 passagers à l’horizon 2020 en gare de Rennes que l’on réussira à faire d’EuroRennes un lieu attractif. A Paris, la gare Saint-Lazare accueille bien plus de passagers  et reste un pur lieu de transit. Ce n’est pas parce que l’on construit 150 000 m² de bureau qu’on aura un centre d’affaire de premier plan. Qui viendra occuper ces locaux ? Au nom de quelle cohérence économique ?

UN PROJET PHARE

Quand Lille a bâti Euralille toute la réflexion amont a été conçue autour du projet économique et de plusieurs équipements phares. Bordeaux Euratlantique part de la même dynamique. Au départ il y a un projet. Un pôle culturel, environnemental et universitaire de premier plan sur les rives du fleuve. Et c’est autour du projet que s’organise le schéma urbain de l’opération. Et que dire de Bilbao ou d’autres, qui ont su coordonner un projet majeur avec un système de transport adapté et une vision anticipatrice de l’urbanisme ?

Nous faisons l’inverse. Nous avons une enveloppe.  Une belle coquille certes, joliment dessinée par des urbanistes mais sans contenu. A tel point que l’on se demande si la municipalité ne manque pas d’envie ou d’ambition pour notre ville.

Pourtant les idées et les opportunités ne manquent pas.

A défaut d’y placer le  Centre  des congrès, ce que la municipalité  n’a pas voulu par peur qu’un projet ambitieux bouleverse sa vision de Rennes, d’autres projets, culturels, économiques, scientifiques sont possibles. D’abord donner un signe fort de l’entrée en Bretagne. Avoir comme seul projet 150 000 m² de bureaux, est-ce incarner la Bretagne ? Ce pourrait être la porte d’entrée du campus universitaire de Bretagne, symbole de la vocation de Rennes en Bretagne, qui rassemble l’essentiel des capacités de recherche de la région.

UN ESPACE PUBLIC ATTRACTIF

Une gare c’est bien. Mais ça reste un endroit de passage. EuroRennes doit être un lieu ou l’on se rend pour lui-même. Et le meilleur symbole du lieu où l’on se rend pour s’y retrouver c’est un espace public. Tous les centres villes conjuguent la densité des constructions et l’existence de grandes places ou de grandes avenues ou l’on se retrouve.

Regardons là encore ce que font Lille et Bordeaux : à Lille le parc Matisse 7 ha au cœur du projet, à Bordeaux, une ambition encore plus forte avec l’intégration des berges de la Garonne comme véritable espace urbain dont on connaît la réussite. A Rennes, à l’exception de la gare elle-même le projet est organisé le long des voies, que l’on rebaptise « fleuve ferroviaire » (quelle poésie !). Il lui manque un espace central public qui ne se résume pas au simple pourtour de la gare. La solution existe. Elle consiste d’une part à couvrir les voies entre la gare actuelle et le pont de l’Alma (car c’est là qu’est l’espace au centre géographique du projet) et d’autre part à envisager un avenir intégré à la ville pour la prison des femmes car il y a là non seulement un espace public vaste mais un ensemble architectural remarquable, qui pourrait être l’un des points d’attraction du projet.

UN PERIMETRE LARGE

Si l’on veut bâtir non seulement un centre ville mais un centre d’agglomération alors on ne peut pas se contenter d’un périmètre étriqué. Or le périmètre est étriqué. Il n’inclut ni les espaces commerciaux et culturels immédiatement au nord (Colombier, Champ de Mars), ni le quartier sud gare, dont le caractère propre doit être respecté et qui fait le lien avec le sud de la ville. Or qui peut croire que ces quartiers ne seront pas impactés par le projet, surtout si des tours de 90 mètres de haut y voient le jour ? Ne pas les inclure, c’est s’exposer à l’incohérence voire à la spéculation. Bordeaux l’a bien compris, qui a inclus dans son projet une grande partie de son centre ancien, qui sera intégré de manière cohérente à la dynamique nouvelle.

Le projet EuroRennes est nécessaire mais il faut lui donner du souffle, du contenu et un périmètre qui permette de voir large. De ce choix, dépendra l’avenir du projet : une véritable ambition pour Rennes et la Bretagne ou alors la 38 ème ZAC de notre ville.


Relations Etat-Collectivité : il faut en finir avec l’Hypocrisie

Coup de gueule, Sur le vif 6 décembre 2010

Pour opposer Etat et collectivités territoriales, le maire véhicule à l’envie tous les clichés du moment. En oubliant que derrière l’Etat et les collectivités, il n’y a qu’un seul et même citoyen et contribuable.

De conseil municipal en conseil municipal, le même air revient à tout propos et sur tous les sujets : « l’Etat se désengage ! ». Education, logement, culture, sport, aide aux collectivités…Pas un débat n’échappe à ce refrain, entonné par le maire et repris en cœur par des adjoints zélés. Tout récemment encore, comme s’il fallait réveiller l’attention des électeurs lassés par la musique de fond qu’on leur passe en boucle sur le sujet, M. Delaveau n’hésite pas à parler d’un « hold-up » dont l’Etat serait coupable.

Un « hold-up » ? On se demande en l’écoutant quel crime a pu commettre le Gouvernement. Et puis on en arrive malheureusement à la conclusion que les accents démagogiques du dérapage verbal du maire doivent plus à une certaine hypocrisie qu’à une analyse un tant soit peu objective des réalités.

Sans doute, l’accusation systématique de l’Etat à tout propos est elle commode pour essayer de valoriser les actions de la ville. A toi (l’Etat) le rôle du méchant, celui qui coupe dans les budgets, s’attaque aux démunis, sape les moyens des collectivités proches de la population. A moi (la ville et la métropole), le rôle du gentil, qui fait tout ce qu’il peut pour réparer les dégâts. Le message est simple. Il est aussi vieux que le monde : c’est la technique du bouc émissaire. Mais la ficelle est grosse.

Pour ne pas s’y laisser prendre, passons au crible trois idées reçues.

« L’Etat baisse ses concours financiers aux collectivités » FAUX. Depuis 10 ans les concours de l’Etat aux collectivités (dotations financières et compensations d’exonérations d’impôt)  ont continué de progresser plus que l’inflation. Alors que l’Etat s’impose de ne pas augmenter ses propres dépenses, il fait un effort particulier pour les collectivités locales. En 2009 et 2010, l’effort a été accru avec le plan de relance. Sur l’agglomération rennaise, les investissements 2009 (13,7 Millions d’Euros) ont ainsi été doublés.

« Les collectivités locales ne sont pas responsables du déficit public » FAUX. La dette publique, qui représente plus de 1500 milliards d’euros, est partagée entre l’Etat, les collectivités et la sécurité sociale. Et si l’Etat en assume plus des deux tiers, c’est aussi parce qu’il assume seul un certain nombre de charges… dont les 80 milliards qu’il reversera cette année aux collectivités locales.

« L’Etat n’a qu’à s’en prendre qu’à lui-même et au bouclier fiscal » FAUX. De toutes les idées reçues, celle-là est la plus démagogique. Le bouclier fiscal (dont la pérennité va d’ailleurs être discutée dans le cadre du grand débat fiscal en 2011) représente 500 millions d’euros. Le remboursement des seuls intérêts de la dette (hors capital) c’est 50 milliards : 100 fois plus. La vérité, c’est que la dette a été reportée et augmentée d’année en année par tous les gouvernements depuis 30 ans. Et que le meilleur moyen de ne pas sortir de cette spirale, c’est de se voiler la face en continuant, à tout propos, de se défausser sur les autres de la responsabilité des problèmes à résoudre. 


40 ans d’intercommunalité, pour un juste équilibre communes-communauté d’agglomération

Réflexion, Sur le vif 6 décembre 2010

Rennes Métropole fête cette année les 40 ans de l’intercommunalité de notre agglomération rennaise. C’est en effet en juillet 1970 qu’a été créé le District de Rennes, entre les 27 communes fondatrices, sous l’impulsion, notamment d’Henri Fréville, maire de Rennes à ce moment-là.

Les communes concernées et leurs maires avaient donc compris très tôt que chaque commune ne pouvait continuer à travailler chacune dans son coin et qu’il fallait se regrouper, volontairement et librement, pour gérer en commun certaines compétences, afin d’offrir un meilleur service aux habitants et de conduire ensemble, avec dynamisme, le développement de notre région rennaise.

Les maires de l’époque, en engageant cette démarche collective et anticipatrice, étaient aussi soucieux de préserver et de respecter l’identité des communes, car on sait combien les habitants sont attachés à leur propre commune.

Bien sûr, il y a 40 ans, le District de Rennes était loin d’avoir les mêmes compétences, et donc la même influence, sur nos vies quotidiennes que Rennes Métropole aujourd’hui.

Il n’empêche que ces élus de 1970 étaient des pionniers qui avaient su voir loin devant. Quand on voit qu’aujourd’hui, l’intercommunalité n’est encore pas mise en œuvre partout (par exemple en région parisienne), on mesure l’importance et l’ampleur du travail accompli ici en 40 ans.

Car le District a évolué. Il a accueilli de nouvelles communes, à partir des années 1990 (nous sommes aujourd’hui 37). Il a acquis de nouvelles compétences. Il a mis en place, en étant pionnier une nouvelle fois, la taxe professionnelle unique à partir de 1993. Il s’est transformé en Communauté d’agglomération en 2000.

L’intercommunalité ne se décrète pas. Elle se construit pas à pas, avec l’ensemble des communes concernées. Aujourd’hui, les services assurés par Rennes Métropole paraissent naturels : les transports en commun, la collecte et la valorisation des déchets, le développement économique, la politique du logement…Et de fait, sur un certain nombre d’objectifs fondamentaux, il y a consensus entre les communes.

Mais cet acquis ne doit pas faire oublier que sur le chemin qui permet d’avancer ensemble pour une meilleure qualité de vie des habitants et un plus grand rayonnement de la métropole, à chaque étape des choix sont nécessaires. Ces choix supposent au préalable un débat nourri, argumenté, contradictoire auquel nous nous efforçons de contribuer avec toujours à l’esprit le souci du bien commun.

Chacun sait qu’aujourd’hui des sujets importants ne font pas l’unanimité. La politique des transports (qui doivent mieux irriguer l’ensemble des communes et des liaisons inter-communales); la politique fiscale (parce qu’un impôt additionnel sur les ménages a été créé dès 2006 alors que ce prélèvement n’était ni urgent, ni nécessaire); l’ambition à donner au projet EuroRennes (parce que nous ne souhaitons pas que Rennes prenne du retard sur Lille, Bordeaux ou Nantes); enfin la manière d’associer les habitants aux décisions qui les concernent.

Car nous devons continuer à faire vivre le couple communes-communauté d’agglomération, en cherchant à maintenir en permanence un juste équilibre dans les compétences, entre celles exercées par la communauté d’agglomération et les services de proximité (urbanisme, voirie, équipements culturels et sportifs…) assurés par les communes, plus proche du citoyen.

Nous sommes convaincus que seul cet équilibre permettra à Rennes Métropole de renforcer encore ses fonctions métropolitaines, au service du développement de notre agglomération et de son attractivité.


Augmentation d’impôts : Rennes au 4ème rang des plus fortes hausses

Sur le vif, Tribune Libre 8 novembre 2010

+ 30,19% entre 2004 et 2009. Avec ce niveau d’augmentation de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties, acquittée sur le territoire rennais, Rennes se retrouve au 4ème rang des plus fortes hausses parmi les 50 plus grandes communes françaises.

 

Une augmentation qui ne passe inaperçue ni pour les propriétaires, qui la supportent directement, ni pour les locataires, y compris dans les logements HLM, puisqu’elle s’impute sur les charges qu’ils ont à payer en plus de l’augmentation des frais de chauffage, qui ne sont pas négligeables.

Interrogés par la presse, après la publication de l’étude de l’UNPI qui révélait cette « envolée » (voir Ouest France du 7 octobre 2010), les élus de la ville et du département, qui en portent la responsabilité, s’appuient sur deux types d’arguments. L’un est faux, l’autre particulièrement inquiétant.

L’adjoint aux finances de la ville de Rennes –par ailleurs conseiller de Rennes métropole- soutient que la responsabilité principale de l’augmentation n’est pas de son fait. C’est faux. Rennes et Rennes métropole bénéficient d’environ des deux tiers de l’augmentation globale.

L’élu en charge des finances au Conseil général annonce pour sa part que c’est loin d’être fini : « A partir de l’an prochain, nous serons obligés de pratiquer des augmentations bien plus importantes ». A-t-il seulement conscience que, pendant que les impôts augmentaient de 30%, le pouvoir d’achat des Rennais, augmentait lui de 5% seulement. Soit 6 fois moins !


Plan Climat Energie : Deux questions à Bruno Chavanat.

3 questions à..., Sur le vif 8 novembre 2010

Pourquoi le groupe Union pour Rennes Capitale a-t-il voté le Plan climat énergie proposé par la majorité ?

Notre vote est dicté par une conviction qui anime l’ensemble des élus du groupe. Face à l’enjeu du réchauffement climatique, la mobilisation de chacun est essentielle. Or elle dépend en grande partie du sentiment que nous avons d’être tous solidaires dans l’effort. Nous devons nous placer, à l’échelon local dans la même dynamique que celle impulsée par le Gouvernement pour le « Grenelle de l’environnement ». Seule une prise de conscience partagée permettra de faire face aux défis de la planète.

N’aviez vous pas des réserves sur le contenu des mesures concrètes ?  

Si et nous les avons exprimées. Il y a des déclarations d’intention concernant l’isolation des logements qui n’apportent pas beaucoup de solutions concrètes. Il y a aussi le mauvais exemple énergétique donné par certains bâtiments publics récents comme les Champs Libres ou encore l’absence de vraie solution de transport en commun pour desservir efficacement les communes de la périphérie rennaise. Ce sont des domaines où il faudra corriger la trajectoire si on veut être à la hauteur des ambitions affichées.


Développons les liaisons intercommunales

Sur le vif, Tribune Libre 5 novembre 2010

Rennes Métropole a engagé ces dernières années de lourds projets de développement des transports : la ligne b du métro entre Saint-Jacques-de-la-Lande et Cesson-Sévigné, l’axe est-ouest entre la place de la République à Rennes et Cesson-Sévigné, le bus à haut niveau de service (BHNS) entre la station VAL de la Poterie et Chantepie…

 

Ces projets sont certes majeurs mais ne comblent pas tous les besoins de déplacements des habitants de l’agglomération.

En premier lieu, le concept même de ville archipel induit  un développement de pôles devant assurer aux personnes qui y habitent des services et équipements de proximité et des emplois. Pour être plus efficace encore dans la gestion de nos communes, particulièrement les plus petites, la question se pose de la mutualisation des équipements en périphérie de la ville centre. C’est une réflexion en cours, et des études engagées par l’agence d’urbanisme, l’Audiar, nous y incitent d’ailleurs. Mais pour qu’une telle mutualisation fonctionne, pour que les habitants des communes périphériques puissent utiliser ces services sans contraintes de déplacements, notamment les familles, nous avons besoin de moyens de transports collectifs plus performants pour relier entre elles les communes de la ville archipel.

En second lieu, ces projets ne répondent que partiellement à une importante nécessité : limiter les flux entrants et sortant de la ville de Rennes. Seul le bus à haut niveau de service Poterie/Chantepie le favorisera, au profit des communes sud-est de l’agglomération. En parallèle, trop d’incertitudes pèsent sur le financement de la ligne b du VAL pour affirmer qu’elle permettra, à son ouverture, de soortir de Rennes vers Saint-Jacques à l’ouest et vers Cesson-Sévigné à l’est.

C’est pourquoi, tenant compte des besoins effectifs des habitants des communes périphériques, tenant compte des projets de mutualisation d’équipements publics dans les communes, et tenant compte des aléas qui pèsent sur la trajet final du métro, nous souhaitons que Rennes Métropole engage une politique volontariste en faveur des déplacements de proximité, en cohérence avec la ville archipel et la volonté politique commune de notre agglomération de favoriser les transports en commune pour tous.