Le discours de Bruno Chavanat,
Conseiller Municipal et Président du groupe Union pour Rennes Capitale
à l’occasion des vœux à l’association Projets pour Rennes Capitale le vendredi 27 décembre à la MJC Le Grand Cordel
Chers amis,
Vous avez vu, entre Noël et le jour de l’an, sur les murs de la mairie un spectacle, appelé le Petit Géant. Ce spectacle était une sorte de carte de vœux adressée par le maire et la municipalité aux Rennais.
Il vous délivrait trois messages.
1/ Nous vivons une époque terrible. Le monde dans lequel vous vivez vous agresse. Vous avez raison d’avoir peur.
2/ Il faut des coupables. Le coupable n°1 c’est la finance (depuis le discours de F. Hollande au Bourget on sait que ce message ne doit rien au hasard). Le complice n°1 c’est Sarkozy.
3/ Laissez vous prendre par la magie du spectacle. Ne vous offusquez pas. Applaudissez même si cela vous choque un peu. Laissez les communicants vous prendre en charge et tout ira bien.
Ces messages disent exactement l’inverse de ce que voudrais vous souhaiter pour cette année 2012.
Je ne veux pas vous souhaiter cet engrenage de la peur, de la recherche du bouc émissaire, et de l’image qui hypnotise.
Je veux vous (nous) souhaiter la confiance. Je veux vous (nous) souhaiter l’esprit d’union. Et je veux vous (nous) souhaiter l’authenticité et la vérité.
Confiance dans ce que nous réserve l’année qui vient en dépit de tous les obstacles. Confiance dans les liens d’amitié ou de fidélité qui vous unissent à vos proches, votre famille. Confiance dans les liens qui nous rassemblent ici depuis plusieurs années dans notre association Rennes Capitale.
Confiance aussi pour notre ville. Car il ne faut pas se tromper d’objectif ni d’état d’esprit. Nous ne préparons pas l’alternance à Rennes parce que nous sommes des grincheux. Nous sommes au contraire des amoureux de Rennes. Il faut le dire. Il faut que cela se sente.
Depuis le début du mandat, nous avons joué bon an mal an notre rôle d’opposition. Mais nous ne l’avons pas fait dans l’idée de faire feu sur tout ce que propose la mairie. Nous le faisons, au contraire, parceque nous avons le désir que Rennes avance et que, bien souvent, le maire piétine avec une vision étriquée – ou avec pas de vision du tout.
- Pourquoi sommes nous critiques sur le projet EuroRennes ? C’est parce qu’on pense qu’il s’agit d’un levier majeur pour le rayonnement de Rennes et que c’est un gâchis monstrueux que ne le traiter que comme une simple ZAC, sans idée du contenu, sans même y intégrer la prison des femmes… Souvenons la présentation qui nous a été faite ici même il y a deux ans du projet Bordeaux Euratlantique, qui révélait une autre ambition, un autre souffle… Au nom de ce nouveau souffle, nous proposons de transformer Eurorennes en EuroBreizh, qui permettrait par sa visibilité et son contenu de nous affirmer mieux comme capitale de la Bretagne.
- Pourquoi sommes nous critiques sur la politique de la petite enfance et le manque de places en crèche ? Ce n’est pas pour le plaisir de critiquer l’élu en charge du dossier. C’est parce qu’on ne se résout pas que Rennes n’ait pas gagné un seul habitant en dix ans, alors qu’on y construit des milliers de logements. Une ville où 56% des habitants vivent seuls qui a besoin de familles !
- Pourquoi soutenons nous ceux qui dans les Prairies Saint-Martin ou rue de l’Alma se battent contre les projets de la municipalité ? Ce n’est pas pour mettre de l’huile sur le feu. C’est parce que l’écoute des habitants et la confiance dans leur capacité d’inventer la ville, les aménagements, les pistes cyclables, c’est quand même moins décourageant pour les citoyens que les projets systématiquement déja ficelés.
Nous entrons dans une année décisive. 2012 va être l’année durant laquelle, après les élections, nous allons changer de registre. Nous étions l’opposition. Nous allons devenir la force qui prépare l’alternance. Or on ne préparera pas l’avenir de Rennes sans vision et sans optimisme. C’est pour cela que la confiance est un état d’esprit si nécessaire.
Il faut de la confiance. Mais il faut aussi de l’union.
Dans le petit géant, le maire de Rennes cherche des ennemis. Moi je vous propose de chercher des amis.
Certains d’entre vous l’ont lu dans la presse, à l’approche des élections nationales, je me suis exprimé pour dire que l’union des forces politiques de la droite et du centre me parait une nécessité pour le redressement du pays et une condition de la victoire en 2012.
Ce que j’ai dit à propos de Bayrou et Sarkozy, je le redis, avec plus de force encore pour Rennes dans la perspective des élections municipales de 2014. Je ne demande à personne de renier ses convictions ni son appartenance. Au contraire.
Mais je dis qu’un parti isolé ne gagnera pas seul. Que nous devons créer des passerelles, ne pas nous murer dans des identités partisanes, attirer à nous tous ceux qui n’appartiennent à aucun parti mais qui, tout simplement ont la passion de leur ville.
Cette attitude ouverte, respectueuse des identités, nous devons la cultiver comme un trésor. Soyons y d’autant plus attentifs –et ceci dès les échéances du printemps- qu’il est possible que cette attitude nous distingue d’un camp socialiste où déjà nous voyons sortir les dagues entre deux députés sortants et fleurir les divisions entre courants et partis concurrents.
Je voudrais former un troisième vœu qui est de vous souhaiter l’authenticité et la vérité dans les comportements.
Le maire tente de séduire les Rennais avec les images de synthèse projetées à grand frais sur les murs de la mairie. Coût pour la collectivité : près de 100 000 euros.
Le maire et ses adjoints de quartier tentent de faire croire à la population des quartiers qu’il sont proches de leur préoccupations en organisant ici et là caravanes de quartier et assises de quartier : coût pour la collectivité : 50 000 euros l’unité.
Le maire de Rennes président de Rennes métropole tente de faire croire – à travers la revue Place publique, à travers le Forum Libération- que la ville et la métropole sont le temple du débat pluraliste et respectueux de la diversité des opinions. Coût pour la collectivité 185 000 euros dans le premier cas, 300 000 euros dans le second.
Ces dépenses n’ont qu’un but : soigner les apparences. Elles couvrent une réalité : le système en place depuis 33 ans ne veut pas céder une once de pouvoir ni même tolérer ce qui met en danger son hégémonie.
Si nous n’y prenons pas garde, l’année 2012 risque d’en fournir une nouvelle illustration.
Chacun sait que le Président de Rennes Métropole a une idée fixe qui est d’absorber dans Rennes Métropole les communautés de communes avoisinantes.
Le coup a largement raté en 2011. Seules quelques communes autour de Bécherel et Laillé vont nous rejoindre. Mais la direction est donnée : donner de plus en plus de compétences à un organe de plus en plus gros et de plus en plus lointain.
Vos élus accessibles et surtout responsables devant vous, c’est déjà presque fini à Rennes. Vous voulez parler d’aménagement du quartier de la gare ? Voyez E. Couet, le maire de Saint-Jacques que vous n’avez pas élu. Vous voulez parler des horaires de bus ou de l’aménagement du mail ? Voyez le maire d’Acigné, que vous n’avez pas élu.
Cette évolution est décourageante. Naturellement elle s’accompagne d’une campagne de communication destinée à faire croire que les simples citoyens que nous sommes sont consultés. Mais ne nous laissons pas abuser par ce duo composé d’une machine administrative lointaine et sans visage et de son « directeur du marketing territorial » (sic) qui est censé lui donner bonne image.
Cette évolution de la démocratie est le contraire exact de ce à quoi nous aspirons. Mais c’est précisément parce que nous refusons ce système, parce que nous cultiverons l’authenticité et la vérité que nous serons écoutés.
Les Rennais ressentent cela. Ce sera un enjeu important des prochaines élections que de rendre au citoyen sa place au cœur de la ville. C’est l’une des choses les plus importantes qui nous réunit ce soir.
C’est aussi la raison pour laquelle nous avons restructuré l’association Rennes Capitale avec des moyens d’expression nouveaux, notamment dans les quartiers, et que nous relancerons au printemps l’association Forum pour réunir l’ensemble de ceux qui veulent avancer avec nous à l’échelle de la Métropole. Et c’est pour nous une raison d’agir ensemble avec enthousiasme, dans l’union et avec confiance tout au long de cette année 2012. Tout le contraire du Petit géant !
Bonne année à chacun d’entre vous.






















