« Approprions-nous l’université ! »

Réflexion, Sur le vif 19 septembre 2011

Souvenons nous, c’était il y a tout juste quatre ans : la loi « LRU » sur l’autonomie des universités faisait couler beaucoup d’encre, suscitait de nombreux débats. Quatre ans ont passé, beaucoup de choses ont changé –y compris dans les esprits. La réforme est devenue un point de repère pour un nouvel élan dans un contexte qui bouge et évolue de plus en plus vite.

Plus que jamais l’Université s’ouvre au monde. Mobilité des chercheurs, échanges étudiants, années de césure à l’étranger sont devenus des standards. Rennes 1 dans le top 400 du classement de Shangaï est un beau symbole de ce mouvement.

Conséquence logique, plus que jamais les universités que l’on croyait figées dans leurs structures, fusionnent se regroupent créent des fondations et des passerelles entre elles et avec le monde économique. C’est une respiration salutaire que la loi sur l’autonomie a vivement stimulé.

Enfin l’Université que l’on disait pauvre et déclassée par rapport aux grandes écoles peut espérer de nouveaux moyens. Le « grand emprunt » décidé par le Gouvernement apportera près de 20 milliards d’euros aux initiatives, projets et équipements d’excellence. Effort nécessaire de rattrapage et formidable pari sur l’avenir.

Ce mouvement considérable qui saisit l’université française ne se fait pas sans à coups et n’est naturellement pas uniforme. Certaines universités, certaines villes montreront plus de dynamisme que d’autres. Compte tenu du nombre d’étudiants à Rennes, de la place de l’Université dans l’histoire, dans l’économie et dans l’image de notre ville, il est capital que nous en soyons.

Pour cela, que faire ?

« L’université rennaise devrait avoir dans notre cœur la même place que le Stade Rennais. On devrait être fier de porter son maillot ».

D’abord poursuivre et amplifier une politique de recherche qui fait l’objet, au Conseil de Rennes Métropole, d’un consensus politique depuis de longues années – notamment en faveur de l’installation et de la mobilité des chercheurs. Désormais l’enjeu est de permettre à l’Université de se qualifier (en liaison avec les autres pôles bretons) parmi les 5 à 10 pôles d’excellence qui seront demain la figure de proue de l’université française. 17 projets sont sur les rangs.

Mais l’Université n’est pas que la recherche. C’est aussi la formation de 43 000 étudiants (55 000 avec les écoles) qui veulent demain exercer un emploi qualifié, valorisant et pourquoi pas en Bretagne. C’est aujourd’hui encore un axe de progrès de l’Université que de réussir le passage du diplôme qualifiant à l’emploi qualifié.

L’Université n’y parviendra pas seule. Elle a besoin de partenaires (les entreprises, les organismes de recherche, les autres universités) et de soutiens (les collectivités, les anciens étudiants, la population dans son ensemble. C’est une spirale positive faite d’exigence et de reconnaissance. Exigence de l’Université envers elle-même pour le niveau de ses laboratoires, la qualité de ses formations et le travail de ses étudiants. Mais aussi reconnaissance du territoire qui en est le berceau. L’université devrait avoir dans notre cœur la même place que le Stade Rennais. On devrait être fier de porter son maillot. Et puisqu’il manque à Rennes un « projet phare » pour son futur quartier « EuroRennes » autour de la gare, pourquoi ne pas y associer l’Université ?


Elections cantonales : près de 64% d’abstention à Rennes.

Réflexion, Sur le vif 16 avril 2011

63, 73% : c’est le chiffre exact de l’abstention au 1er tour des élections cantonales du mois de mars. Traduction : près de deux Rennais sur trois ont estimé qu’ils n’étaient pas concernés ou que le déplacement au bureau de vote ne valait pas la peine.

La désaffection est telle qu’elle résulte nécessairement de plusieurs causes. Mais elle a en tout cas un effet certain. Les conseillers généraux nouvellement désignés à Rennes totalisent 10 000 voix de moins que leurs prédécesseurs élus en 2004. Aucun d’entre eux ne bénéficie de  la confiance de plus d’un électeur sur quatre. Comment leur représentativité, leur capacité d’agir et même la légitimité de l’institution qu’ils incarnent n’en souffriraient elles pas ?

Dans ce contexte, les lamentations d’usage des soirs d’élection ne sont pas d’un grand secours.

Ce qui compte désormais, ce sont les moyens concrets que l’on peut mettre en œuvre pour redonner du souffle à une démocratie qui en manque.

« Trois types de réponses sont à portée de main. Il ne faut en négliger aucune. »

La réponse la plus élémentaire est la mise à jour des listes électorales. Pour que les habitants soient également électeurs et que les électeurs soient –sauf exception- inscrits là où ils résident. On pourrait imaginer que cela va de soi. Eh bien non ! Une simple comparaison entre les listes électorales et les adresses postales conduit à constater qu’une fois sur cinq, ça n’est pas le cas. C’est une responsabilité du maire que de mener ce travail à bien. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a, à Rennes, du pain sur la planche.  

Vient ensuite la question institutionnelle. Les responsabilités du Conseil général sont elles clairement identifiées ? Le mode de scrutin actuel est-il adapté ? Ceux qui ont mené campagne et ceux qui observent les résultats peuvent répondre d’une même voix : c’est non ! Comment savoir si le Département intervient pour la culture ou le sport quand cinq autres niveaux d’administration (commune, métropole, région, Etat, Europe) ont le même champ d’intervention ? Comment me rappeler que je vote, si mon voisin d’en face, le même jour, n’est pas concerné par l’élection ? Face à cet embrouillamini, la réforme des collectivités territoriales votée à l’automne à l’initiative du Gouvernement apporte une réponse : en 2014, les conseillers territoriaux seront élus en même temps sur tout le territoire et il sera mis fin au chevauchement de compétences entre Département et Région.

Cependant, à quoi bon l’actualisation des listes électorales et le chantier institutionnel si l’élection demeure un moment purement formel qui n’engage les élus que le temps d’une campagne ? Si, passé le temps de l’élection, l’électeur-citoyen est à nouveau considéré comme un administré anonyme dont l’avis compte si peu, comme on a pu le voir l’an passé à propos de la vie en Centre ville, de la prairie des Matélouères, de l’école Kennedy, de l’usine de Villejean, de la bibliothèque Saint-Martin et de bien d’autres sujets encore… A Rennes, le taux d’abstention a été de 6 points supérieur à la moyenne départementale : n’est-ce pas l’indice qu’il faut changer les pratiques et s’interroger sur le « modèle rennais » ?

Un « modèle rennais » qui se paie à grands frais des « Caravanes de quartier » (150 000 euros l’an dernier), qui contrôle les médias (TV Rennes, Rennais, Info Métropole), multiplie les campagnes promotionnelles, s’achète une revue pour illustrer ses politiques (« Place publique » 180 000 l’an dernier), invite le forum Libération (NNN 000 euros), s’invente une « Cité des idées » dont personne n’a bien saisi ce en quoi elle consiste… et finalement s’accommode de la plus basse participation des villes de l’ouest aux élections… N’y aurait il pas, au royaume du PS local, quelque chose de bancal ?

Bruno CHAVANAT


EuroRennes : un projet qui manque d’ambition

Réflexion, Sur le vif 6 décembre 2010

La ZAC EuroRennes vient d’être créée. Tout le monde est d’accord : la liaison TGV Paris-Rennes en 1 H 30 à horizon 2014 est une opportunité à saisir. Mais la réponse de l’actuel projet EuroRennes est en panne d’ambition. Trois ingrédients majeurs manquent à l’appel : un « projet phare », un périmètre large, et un espace public attractif. On est encore loin des projets de Lille ou de Bordeaux.

Aujourd’hui à Rennes, que cherche-t-on ? Quel est le projet ? Pour l’instant, il n’y a pas de réponse claire.

Ce n’est pas parce qu’on espère 120 000 passagers à l’horizon 2020 en gare de Rennes que l’on réussira à faire d’EuroRennes un lieu attractif. A Paris, la gare Saint-Lazare accueille bien plus de passagers  et reste un pur lieu de transit. Ce n’est pas parce que l’on construit 150 000 m² de bureau qu’on aura un centre d’affaire de premier plan. Qui viendra occuper ces locaux ? Au nom de quelle cohérence économique ?

UN PROJET PHARE

Quand Lille a bâti Euralille toute la réflexion amont a été conçue autour du projet économique et de plusieurs équipements phares. Bordeaux Euratlantique part de la même dynamique. Au départ il y a un projet. Un pôle culturel, environnemental et universitaire de premier plan sur les rives du fleuve. Et c’est autour du projet que s’organise le schéma urbain de l’opération. Et que dire de Bilbao ou d’autres, qui ont su coordonner un projet majeur avec un système de transport adapté et une vision anticipatrice de l’urbanisme ?

Nous faisons l’inverse. Nous avons une enveloppe.  Une belle coquille certes, joliment dessinée par des urbanistes mais sans contenu. A tel point que l’on se demande si la municipalité ne manque pas d’envie ou d’ambition pour notre ville.

Pourtant les idées et les opportunités ne manquent pas.

A défaut d’y placer le  Centre  des congrès, ce que la municipalité  n’a pas voulu par peur qu’un projet ambitieux bouleverse sa vision de Rennes, d’autres projets, culturels, économiques, scientifiques sont possibles. D’abord donner un signe fort de l’entrée en Bretagne. Avoir comme seul projet 150 000 m² de bureaux, est-ce incarner la Bretagne ? Ce pourrait être la porte d’entrée du campus universitaire de Bretagne, symbole de la vocation de Rennes en Bretagne, qui rassemble l’essentiel des capacités de recherche de la région.

UN ESPACE PUBLIC ATTRACTIF

Une gare c’est bien. Mais ça reste un endroit de passage. EuroRennes doit être un lieu ou l’on se rend pour lui-même. Et le meilleur symbole du lieu où l’on se rend pour s’y retrouver c’est un espace public. Tous les centres villes conjuguent la densité des constructions et l’existence de grandes places ou de grandes avenues ou l’on se retrouve.

Regardons là encore ce que font Lille et Bordeaux : à Lille le parc Matisse 7 ha au cœur du projet, à Bordeaux, une ambition encore plus forte avec l’intégration des berges de la Garonne comme véritable espace urbain dont on connaît la réussite. A Rennes, à l’exception de la gare elle-même le projet est organisé le long des voies, que l’on rebaptise « fleuve ferroviaire » (quelle poésie !). Il lui manque un espace central public qui ne se résume pas au simple pourtour de la gare. La solution existe. Elle consiste d’une part à couvrir les voies entre la gare actuelle et le pont de l’Alma (car c’est là qu’est l’espace au centre géographique du projet) et d’autre part à envisager un avenir intégré à la ville pour la prison des femmes car il y a là non seulement un espace public vaste mais un ensemble architectural remarquable, qui pourrait être l’un des points d’attraction du projet.

UN PERIMETRE LARGE

Si l’on veut bâtir non seulement un centre ville mais un centre d’agglomération alors on ne peut pas se contenter d’un périmètre étriqué. Or le périmètre est étriqué. Il n’inclut ni les espaces commerciaux et culturels immédiatement au nord (Colombier, Champ de Mars), ni le quartier sud gare, dont le caractère propre doit être respecté et qui fait le lien avec le sud de la ville. Or qui peut croire que ces quartiers ne seront pas impactés par le projet, surtout si des tours de 90 mètres de haut y voient le jour ? Ne pas les inclure, c’est s’exposer à l’incohérence voire à la spéculation. Bordeaux l’a bien compris, qui a inclus dans son projet une grande partie de son centre ancien, qui sera intégré de manière cohérente à la dynamique nouvelle.

Le projet EuroRennes est nécessaire mais il faut lui donner du souffle, du contenu et un périmètre qui permette de voir large. De ce choix, dépendra l’avenir du projet : une véritable ambition pour Rennes et la Bretagne ou alors la 38 ème ZAC de notre ville.


40 ans d’intercommunalité, pour un juste équilibre communes-communauté d’agglomération

Réflexion, Sur le vif 6 décembre 2010

Rennes Métropole fête cette année les 40 ans de l’intercommunalité de notre agglomération rennaise. C’est en effet en juillet 1970 qu’a été créé le District de Rennes, entre les 27 communes fondatrices, sous l’impulsion, notamment d’Henri Fréville, maire de Rennes à ce moment-là.

Les communes concernées et leurs maires avaient donc compris très tôt que chaque commune ne pouvait continuer à travailler chacune dans son coin et qu’il fallait se regrouper, volontairement et librement, pour gérer en commun certaines compétences, afin d’offrir un meilleur service aux habitants et de conduire ensemble, avec dynamisme, le développement de notre région rennaise.

Les maires de l’époque, en engageant cette démarche collective et anticipatrice, étaient aussi soucieux de préserver et de respecter l’identité des communes, car on sait combien les habitants sont attachés à leur propre commune.

Bien sûr, il y a 40 ans, le District de Rennes était loin d’avoir les mêmes compétences, et donc la même influence, sur nos vies quotidiennes que Rennes Métropole aujourd’hui.

Il n’empêche que ces élus de 1970 étaient des pionniers qui avaient su voir loin devant. Quand on voit qu’aujourd’hui, l’intercommunalité n’est encore pas mise en œuvre partout (par exemple en région parisienne), on mesure l’importance et l’ampleur du travail accompli ici en 40 ans.

Car le District a évolué. Il a accueilli de nouvelles communes, à partir des années 1990 (nous sommes aujourd’hui 37). Il a acquis de nouvelles compétences. Il a mis en place, en étant pionnier une nouvelle fois, la taxe professionnelle unique à partir de 1993. Il s’est transformé en Communauté d’agglomération en 2000.

L’intercommunalité ne se décrète pas. Elle se construit pas à pas, avec l’ensemble des communes concernées. Aujourd’hui, les services assurés par Rennes Métropole paraissent naturels : les transports en commun, la collecte et la valorisation des déchets, le développement économique, la politique du logement…Et de fait, sur un certain nombre d’objectifs fondamentaux, il y a consensus entre les communes.

Mais cet acquis ne doit pas faire oublier que sur le chemin qui permet d’avancer ensemble pour une meilleure qualité de vie des habitants et un plus grand rayonnement de la métropole, à chaque étape des choix sont nécessaires. Ces choix supposent au préalable un débat nourri, argumenté, contradictoire auquel nous nous efforçons de contribuer avec toujours à l’esprit le souci du bien commun.

Chacun sait qu’aujourd’hui des sujets importants ne font pas l’unanimité. La politique des transports (qui doivent mieux irriguer l’ensemble des communes et des liaisons inter-communales); la politique fiscale (parce qu’un impôt additionnel sur les ménages a été créé dès 2006 alors que ce prélèvement n’était ni urgent, ni nécessaire); l’ambition à donner au projet EuroRennes (parce que nous ne souhaitons pas que Rennes prenne du retard sur Lille, Bordeaux ou Nantes); enfin la manière d’associer les habitants aux décisions qui les concernent.

Car nous devons continuer à faire vivre le couple communes-communauté d’agglomération, en cherchant à maintenir en permanence un juste équilibre dans les compétences, entre celles exercées par la communauté d’agglomération et les services de proximité (urbanisme, voirie, équipements culturels et sportifs…) assurés par les communes, plus proche du citoyen.

Nous sommes convaincus que seul cet équilibre permettra à Rennes Métropole de renforcer encore ses fonctions métropolitaines, au service du développement de notre agglomération et de son attractivité.


Rennes en 2030 : les quatre révolutions d’une ville qui s’ouvre

Nous sommes en 2030. Les 15 dernières années ont changé le visage de la ville, ses habitudes et ses projets. Qui aurait pu le prévoir en 2010 ? Cette révolution douce n’a pas été un long fleuve tranquille. Elle a supposé bien des  débats et des remises en cause. Mais dans la ville qui s’est ouverte, qui le regrette aujourd’hui ?

Reprenons le fil de l’histoire. Lire la suite »


« La restructuration du Mail François Mitterand ne pourra pas se faire sans y intégrer la question du stationnement »

La grogne des commerçants sur le problème du stationnement actuel et à venir sur la Mail François. Mitterrand révèle les premières lacunes du projet de réaménagement.

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Réforme territoriale : le paradoxe rennais !!!

Réflexion, Sur le vif 5 mai 2010

CGCTLa majorité métropolitaine ne cesse de fustiger la réforme territoriale : « décentralisation à l’envers », « regression », privation des libertés locales »… sont les arguments répétés à qui veut bien les entendre pour dénoncer ce projet de réforme, dont le sont d’ailleurs en cours de discussion et méritent donc une certaine prudence non seulement dans les propos mais aussi dans les décisions. 

Curieusement, lorsqu’il s’agit de concentrer plus fortement les pouvoirs à Rennes Métropole et d’étendre le périmètre géographique à la 2ème, voire 3ème couronne de Rennes par la création d’une Métropole, super communauté urbaine qui se substitue à la quasi-totalité des communes, la réforme territoriale devient une « opportunité à saisir », un « nouvel essor de la solidarité territoriale », un « rendez-vous avec l’Histoire »…

Curieuse attitude qui consiste à dénoncer à Paris ce que l’on veut faire localement !!!

La Métropole, de quoi parlons-nous ?

En l’état actuel du projet de loi, la création d’une Métropole suppose de fonder une structure de plus de 450 000 habitants et entraîne donc une large extension géographique de Rennes Métropole. La Métropole gère des compétences très structurantes non seulement du Département (voirie départementale, développement économique, éventuellement action sociale et collèges) mais aussi des communes (notamment toutes les prérogatives en matière d’aménagement et de gestion de l’espace public).

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Retour sur un apéro géant

Réflexion 3 mai 2010

festivals5000 jeunes sur l’esplanade Charles de Gaulle pour un « apéro géant ». A-t-on vraiment cherché à tirer les enseignements du rassemblement du 25 mars dernier?  

Ca a commencé comme un jeu de piste. Pareil à ceux que l’on connaissait il y a 10 ans pour les raves parties. La mairie est au courant de l’initiative mais personne ne sait qui est en à l’origine. Alors chacun, préfecture et mairie, cherche à savoir. D’autant que l’information circule vite. Non plus par téléphone portable mais par Facebook. Dans les jours qui précèdent, tout laisse croire que Rennes va dépasser Nantes, où le même apéro a réuni 3000 personnes en novembre. Or le bilan de l’opération nantaise est connu : 37 comas éthyliques. 

Dans ce contexte, le premier réflexe de la mairie a été de souligner avec insistance que la responsabilité principale en matière d’ordre public appartient à l’Etat. Etait-ce utile? Sans doute pas. L’urgence était que chacun assume ses responsabilités. La préfecture avait parfaitement conscience des siennes, la suite  l’a montré. L’inspection académique et les établissements scolaires aussi. Chacun s’efforçant d’agir de manière préventive en direction des lycéens (et mêmes des collégiens!) et de leurs parents.  Et donc le maire, plutôt que de rechercher les responsabilités des autres, avait à se préoccuper d’assumer les siennes. En l’occurrence, c’est à lui qu’il revient de faire respecter ses propres arrêtés sur la tranquillité publique et la consommation d’alcool. 

La soirée a débuté dans un climat serein et même bon enfant. Mais, à partir de minuit, des débordements n’ont pu être évités.  Comas éthyliques là encore. Et plusieurs agressions. Moins qu’à Nantes, certes. Et c’est sans doute forte de cette comparaison, que la mairie  a cru pouvoir tirer un bilan positif de l’opération avec un leitmotiv : « l’encadrement a bien fonctionné ».  

A vrai dire, ce satisfecit que la mairie se décerne à elle-même, laisse perplexe. 

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