La question des transports dans l’agglomération rennaise : vers une organisation globale des réseaux

communique

La deuxième ligne de VAL et le projet de RER rennais sont deux voies envisagées pour développer les transports collectifs dans l’agglomération rennaise. Ces projets ont en commun leur coût élevé et leur échéance lointaine. Seront-ils suffisants pour améliorer la part des transports collectifs dans les déplacements ? On peut en douter, notamment pour les quartiers et des communes qui se trouvent à l’écart des lignes de VAL et de l’étoile ferroviaire.

 Les transports collectifs rennais sont confrontés à des difficultés croissantes de circulation sur l’ensemble des voiries pénétrantes, notamment dans les secteurs situés entre la deuxième ceinture et la rocade. Si aucune solution n’est trouvée, ces difficultés comportent à terme le risque de désaffection par les usagers.

Cette problématique rend d’autant plus surprenant le désintérêt manifesté par Rennes-Métropole à l’égard du concept de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS). Inspiré par le bus rapid transit américain, le BHNS se caractérise par un véhicule routier de type bus circulant en site propre. Il peut être guidé ou non guidé, à motorisation thermique, électrique ou hybride. Par une approche globale incluant le matériel, les infrastructures et l’exploitation, le BHNS assure un niveau de service supérieur aux lignes de bus conventionnelles (fréquence, vitesse, régularité, confort, accessibilité) et comparable à celui du tramway. Ce mode de transport collectif est plus souple et moins coûteux : de 2 à 10 millions d’euros par kilomètre de site propre, contre 13 à 22 millions pour le tramway.

Des BHNS ont été mis en service notamment à Caen, Nancy, Rouen, Maubeuge, Lorient, Nantes et en Ile-de-France. Des projets sont à l’étude dans d’autres villes. Rennes-Métropole aurait dans ses cartons deux projets de quatre kilomètres au total vers Chantepie et Saint-Jacques. Ce manque d’ambition est inexplicable : le BHNS permettrait de mettre en œuvre rapidement, à un coût raisonnable une desserte performante des communes de l’agglomération rennaise non desservies par l’étoile ferroviaire.

Sans attendre la fin de la décennie, il convient de se tourner vers des solutions de ce type, permettant de développer l’offre à l’intention des habitants de toute l’agglomération. Un TCSP coûteux et limité à la ville-centre ne permettra pas, à lui seul, de réduire l’usage de la voiture particulière. Les transports collectifs rennais doivent être dorénavant intégrés dans une réflexion globale concernant les déplacements sur l’ensemble de l’aire urbaine. Il convient de définir une organisation globale et à long terme des réseaux, en concertation avec toutes les collectivités concernées (département et région) et dans des conditions de coût supportables. Les choix de transport collectif doivent évidemment s’accompagner de réflexions visant à développer également les modes de transport « doux » : marche à pied et bicyclette. 

Pour l’association « Projets pour Rennes Capitale »

Pierre GUSDORF et Antoine CRESSARD


Vous avez dit démocratie ?

Réflexion, Sur le vif 21 janvier 2010

La nouvelle publication du groupe Union pour Rennes Capitale  » Vous avez dit démocratie » est arrivée. 

delaveau« Le démocratie est un état instable, non spontané, non naturel, en équilibre sur le tranchant d’une lame de couteau. La démocratie est un effort et un vigilance »

François Cavanna

Et si…

Et si on admettait que les habitants aussi peuvent avoir des idées pour leur ville ?

Et si… plutôt que de présenter des projets ficelés on recueillait leur vais quand un choix est encore possible ?

Et si… pour décider du tracé du métro ou de l’emplacement du Centre des Congrès, on soumettait plusieurs solutions aux Rennais ?

Et si… avant d’augmentaer de 100 % en deux ans la taxe d’habitation perçue par Rennes Métropole on débattait de l’usage que l’on en fait ?

Et si avant de lancer des travaux, de refaire un trottoir, de déplacer un arrêt de bus, de créer un itinéraire vélo, on interrogeait d’abord les utilisateurs au quotidien ?

Et si la démocratie locale, ça n’était pas une fois tous les six ans mais un peu tous les jours ?

Retrouvez le livret ci-après :

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Pour éviter la paralysie de la vie quotidienne par la météo, les Rennais attendent de la municipalité une coordination plus efficace des services publics

Réflexion, Sur le vif 14 janvier 2010

communiqueLa ville s’est retrouvée en partie paralysée après plusieurs épisodes successifs liés soit à la neige soit au verglas. Ces blocages sont particulièrement préjudiciables pour la vie quotidienne des  Rennais (familles confrontées à la garde des enfants, personnes âgées ou dépendantes pour des besoins élémentaires de la vie quotidienne). La vie économique et le commerce ont été également été ralentis plus qu’ils n’auraient dû.

La Municipalité a aujourd’hui les moyens, du fait des prévisions précises de Météo France à 48 h, d’anticiper et de prendre des mesures plus en amont. Les agents des services techniques de la ville ont effectué un travail important de salage qu’il faut saluer. Mais il est de la responsabilité de la ville ne pas faire peser sur eux seuls, sollicités souvent bien tard, la solution de l’ensemble des problèmes. Un effort de coordination des collectivités qui assurent les différents services publics (école, transport en commun, ramassage des ordures, salage des voies publiques) et une meilleure information des Rennais est nécessaire. C’est la fonction normale de la Mairie d’assurer cette coordination et cette information. Les Rennais attendent plus de réactivité de leurs élus municipaux.

Un coup de froid peut prendre la ville par surprise. Mais la situation s’est répétée depuis le 18 décembre sans que les élus ne prennent d’initiative. Un « plan neige et verglas » plus efficace est nécessaire. Pour que quelques centimètres de neige ne conduisent pas à une paralysie « météorologique ».


EuroRennes : les questions qui restent posées

Réflexion, Sur le vif 5 janvier 2010

gareUn projet, une exposition … mais encore beaucoup de questions. Le projet baptisé EuroRennes, né d’un accord entre 8 autorités, établissements et collectivités publiques en charge des transports, est essentiellement centré sur la modernisation de la gare de Rennes. Mais les enjeux sont en réalité beaucoup plus vastes. Pour y voir plus clair sur ce qui avance et ce qui patine, posons nous les questions qui demeurent sans réponse.

L’OBJECTIF ET LA STRATEGIE : RENOVER LA GARE OU PRENDRE UN NOUVEAU DEPART POUR LE RAYONNEMENT DE RENNES ?

A entendre les discours, le projet EuroRennes semble ambitieux. Mais l’objectif et la stratégie ne sont pas clairs. C’est une faiblesse.

D’un côté, les 8 partenaires opérationnels (État, Rennes Métropole, Rennes, la Région, le Département, le Syndicat mixte de la Gare routière, la SNCF et RFF (Réseaux ferrés de France)) planchent sur les transports. C’est technique et précis. Comment doubler la capacité de la gare ? Comment développer l’intermodalité ? Comment permettre le passage en gare, à moyenne vitesse, des TGV vers Brest et Quimper ?

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La réouverture du Liberté : certaines questions restent posées

Réflexion 20 novembre 2009

communiqueAprès de longs mois de travaux, la réouverture du Liberté met en lumière une évidence : les Rennais attendent avec impatience une salle de spectacle de qualité.

La rénovation du Liberté répond elle à cette attente ?

Au regard des 24 millions d’euros investis, qui représentent 70 % du coût d’un Zénith neuf de 8500 places comme celui de Nantes, il est bien légitime de le souhaiter. Qualité architecturale, qualité acoustique, facilité d’adaptation pour une diversité d’usage, les mois qui viennent permettront à chacun de mieux apprécier par lui-même le fonctionnement du Liberté rénové.

Mais au-delà de la salle de spectacle, c’est à l’intégration de l’équipement dans son environnement et à ses conséquences qu’il va falloir porter attention.

Le quartier, et plus particulièrement l’esplanade Charles de Gaulle accueillent désormais de nombreux établissements culturels avec Les Champs Libres, Le Gaumont et maintenant le nouveau Liberté. Cette concentration a été souhaitée. Dont acte. Mais elle pose aussi des problèmes nouveaux. Quid de l’accessibilité, y compris pour les cars et les voitures plus nombreuses? Quid de la gestion de certaines fins de soirée?

Par ailleurs, le moment n’est il pas venu de renoncer au parti pris du tout minéral qui a déjà prévalu place de Bretagne et place Hoche? Ne peut-on pas imaginer cette nouvelle place plus arborée, moins uniforme et plus conviviale ?

Ces questions restent posées. L’enthousiasme compréhensible pour l’inauguration d’un équipement nouveau ne doit pas les occulter.


Bruno CHAVANAT : « La municipalité n’accepte pas la contradiction et a une faible culture du débat. C’est dommage pour Rennes »

Réflexion, Sur le vif 26 octobre 2009

photo-aditoQ : On vous a beaucoup entendu critiquer les hausses d’impôt. Pourquoi cette année particulièrement ?

Parce qu’elles sont injustes et injustifiées. Le plus choquant de notre point de vue est que Rennes Métropole augmente de 53% sa part de taxe foncière et de taxe d’habitation alors que ses autres ressources augmentent par ailleurs sensiblement et que la collectivité ne s’impose pas à elle-même les efforts qu’elle demande aux Rennais. Cette année, les frais de fonctionnement auront augmenté de 16%. En période de crise, quelle famille peut en dire autant ? Mais sur ce sujet, le maire est imperméable à toute discussion. Le discours est toujours le même : « vous êtes contre l’impôt, vous êtes des citoyens suspects ».

Q : Dans un autre domaine, la sécurité, on assiste à un changement de discours de la municipalité …

Un changement de discours, vous avez raison. Et même parfois un changement à 180 ° comme sur la vidéoprotection, que nous avons recommandé depuis longtemps dans quelques points sensibles où on sait bien que se concentrent les agressions et les trafics. Même chose pour l’alcool : hier c’était « on ne touche pas à la liberté des jeunes ! ». Aujourd’hui, le discours change un peu. On commence à s’apercevoir que la liberté de s’autodétruire, c’est quand même pas terrible. Mais on ne passe toujours pas du discours aux actes. Il y a un vrai problème de cohérence. Le maire prend des arrêtés contre l’alcool sur la voie publique mais ne veut pas les faire appliquer. Il reconnaît qu’on ne peut pas vivre tranquillement dans certains quartiers mais il laisse les habitants seuls avec leurs difficultés.

Q : Au-delà de ces points de désaccords, y a-t-il des points d’accord entre la majorité municipale et l’opposition ?

Bien sûr. Car nous ne sommes pas là pour critiquer tout ce qui se fait. Notre rôle est d’être vigilants mais constructifs. C’est le cas en matière de développement durable, dans l’esprit du « Grenelle de l’environnement ». Dans ce domaine, où les enjeux sont très clairs et dominent les clivages politiques, nous sommes en accord avec les objectifs de la municipalité. Mais nous voudrions plus d’action concrète. Par exemple pour les économies d’énergie : avec 66% de logements insuffisamment isolés à Rennes (notamment dans le parc HLM), il y a un chantier urgent pour réduire à la fois les factures de chauffage et l’émission de gaz à effet de serre. Ou encore pour un usage plus facile du vélo en ville : un sujet sur lequel notre pratique quotidienne nous donne des idées !

Q : Après 20 mois de présence au conseil municipal, l’opposition a-t-elle trouvé son rythme de croisière ?

Notre engagement ressemble à tout sauf à une croisière ! D’abord parce que nous sommes sollicités en permanence par des Rennais qui souhaitent entendre une autre voix sur les questions qui les concernent. Pour y répondre, nous avons mis en place un réseau d’écoute et de débat : les « relais de quartier ». Il y en a cinq aujourd’hui et un nouveau se crée chaque mois. Ensuite, nous avons à porter le débat au conseil municipal et sur la place publique. C’est un combat permanent. Parce que l’équipe en place n’accepte pas la contradiction et a une faible culture du débat. Cà ne la grandit pas et c’est dommage pour Rennes, car il est toujours utile de se remettre en cause.


Edito du 22 octobre 2009 : EuroRennes et Vélostars

Réflexion, Sur le vif 19 octobre 2009

« Les réseaux de la colère »: principe de précaution et principe de réalité

Réflexion, Sur le vif 27 janvier 2009

A signaler, la diffusion dimanche dernier sur France 5 d’un reportage sur les antennes relais de téléphone mobile (possibilité de le visionner gratuitement sur le site de la chaîne jusqu’au 02 février).  Des scènes de mobilisations qui rappelleront celles qui ont accompagné la décision de la Mairie de Rennes , d’autoriser le mois dernier l’implantation d’antennes  sur le toit de l’Eglise St Melaine.

Un reportage en tous points éclairant: en l’état actuel des connaissances scientifiques, si rien ne prouve la nocivité des ondes électromagnétiques, rien ne garantit non plus leur innocuité, ce qui est précisément le type de contexte susceptible d’être tranché par le principe de précaution. Face aux riverains qui se plaignent d’insomnies et de mots de tête, aux parents qui s’inquiètent pour la santé de leurs enfants, les opérateurs excipent du cahier des charges imposé par la loi (obligation de couvrir 99% de la population) en échange de l’attribution des fréquences.

De fait, si nous sommes tous (ou presque) utilisateurs (entre autres perspectives ouvertes par la technologie) du téléphone portable, peu d’entre nous sommes prêts à considérer la densité du réseau d’antennes sans inquiétude (Cf les réactions recueillies sur le forum lancé par Ouest-France sur le sujet).

Compte tenu du loyer versé par les opérateurs (on parle de plusieurs millions d’euros ainsi versés à l’OPAC de Paris chaque année), une copropriété peut considérer avoir intérêt à accueillir une antenne qui sera de toutes façons implantée à proximité.

Du bocage normand aux immeubles de Courbevoie, en passant par les écoles de Lyon, des troubles relevés ou a contrario évacués, des actions en justice aux précautions aujourd’hui prises par les assureurs, ce reportage dresse un état des lieux et des équilibres tout à fait intéressant.  Des équilibres qui relèvent et révèlent en l’état (d’)un certain nombre d’inconnues.

Au plan du droit, une juridiction civile a condamné pour la première fois en septembre dernier un opérateur à démonter une antenne  au nom du « principe de précaution » aux termes d’un jugement audacieux. Une plainte pénale ayant été déposée par ailleurs, elle devrait permettre au juge de diligenter enquêtes et expertises indépendantes qui font actuellement défaut pour lever ou confirmer les craintes et les incertitudes.

L’une des clefs semble résider à brève échéance dans l’évolution de la loi (abaissement des seuils de rayonnements autorisés, durcissement des contraintes d’implantation…) afin de redéfinir enjeux et équilibres à même de garantir que l’accès aux technologies n’impacte pas la santé de ceux auxquelles elles se destinent.

Au-delà ou d’ici là, elle ne doit pas dissimuler aux élus locaux leur responsabilité dans la réponse apportée aux inquiétudes ou aux troubles qui s’expriment…