Un projet, une exposition… mais encore beaucoup de questions. Le projet baptisé EuroRennes, né d’un accord entre 8 autorités, établissements et collectivités publiques en charge des transports, est essentiellement centré sur la modernisation de la gare de Rennes. Mais les enjeux sont en réalité beaucoup plus vastes. Pour y voir plus clair sur ce qui avance et ce qui patine, posons nous les questions qui demeurent sans réponse. Lire la suite »
Après de longs mois de travaux, la réouverture du Liberté met en lumière une évidence : les Rennais attendent avec impatience une salle de spectacle de qualité.
La rénovation du Liberté répond elle à cette attente ?
Au regard des 24 millions d’euros investis, qui représentent 70 % du coût d’un Zénith neuf de 8500 places comme celui de Nantes, il est bien légitime de le souhaiter. Qualité architecturale, qualité acoustique, facilité d’adaptation pour une diversité d’usage, les mois qui viennent permettront à chacun de mieux apprécier par lui-même le fonctionnement du Liberté rénové.
Mais au-delà de la salle de spectacle, c’est à l’intégration de l’équipement dans son environnement et à ses conséquences qu’il va falloir porter attention.
Le quartier, et plus particulièrement l’esplanade Charles de Gaulle accueillent désormais de nombreux établissements culturels avec Les Champs Libres, Le Gaumont et maintenant le nouveau Liberté. Cette concentration a été souhaitée. Dont acte. Mais elle pose aussi des problèmes nouveaux. Quid de l’accessibilité, y compris pour les cars et les voitures plus nombreuses? Quid de la gestion de certaines fins de soirée?
Par ailleurs, le moment n’est il pas venu de renoncer au parti pris du tout minéral qui a déjà prévalu place de Bretagne et place Hoche? Ne peut-on pas imaginer cette nouvelle place plus arborée, moins uniforme et plus conviviale ?
Ces questions restent posées. L’enthousiasme compréhensible pour l’inauguration d’un équipement nouveau ne doit pas les occulter.
Q : On vous a beaucoup entendu critiquer les hausses d’impôt. Pourquoi cette année particulièrement ?
Parce qu’elles sont injustes et injustifiées. Le plus choquant de notre point de vue est que Rennes Métropole augmente de 53% sa part de taxe foncière et de taxe d’habitation alors que ses autres ressources augmentent par ailleurs sensiblement et que la collectivité ne s’impose pas à elle-même les efforts qu’elle demande aux Rennais. Cette année, les frais de fonctionnement auront augmenté de 16%. En période de crise, quelle famille peut en dire autant ? Mais sur ce sujet, le maire est imperméable à toute discussion. Le discours est toujours le même : « vous êtes contre l’impôt, vous êtes des citoyens suspects ».
Q : Dans un autre domaine, la sécurité, on assiste à un changement de discours de la municipalité …
Un changement de discours, vous avez raison. Et même parfois un changement à 180 ° comme sur la vidéoprotection, que nous avons recommandé depuis longtemps dans quelques points sensibles où on sait bien que se concentrent les agressions et les trafics. Même chose pour l’alcool : hier c’était « on ne touche pas à la liberté des jeunes ! ». Aujourd’hui, le discours change un peu. On commence à s’apercevoir que la liberté de s’autodétruire, c’est quand même pas terrible. Mais on ne passe toujours pas du discours aux actes. Il y a un vrai problème de cohérence. Le maire prend des arrêtés contre l’alcool sur la voie publique mais ne veut pas les faire appliquer. Il reconnaît qu’on ne peut pas vivre tranquillement dans certains quartiers mais il laisse les habitants seuls avec leurs difficultés.
Q : Au-delà de ces points de désaccords, y a-t-il des points d’accord entre la majorité municipale et l’opposition ?
Bien sûr. Car nous ne sommes pas là pour critiquer tout ce qui se fait. Notre rôle est d’être vigilants mais constructifs. C’est le cas en matière de développement durable, dans l’esprit du « Grenelle de l’environnement ». Dans ce domaine, où les enjeux sont très clairs et dominent les clivages politiques, nous sommes en accord avec les objectifs de la municipalité. Mais nous voudrions plus d’action concrète. Par exemple pour les économies d’énergie : avec 66% de logements insuffisamment isolés à Rennes (notamment dans le parc HLM), il y a un chantier urgent pour réduire à la fois les factures de chauffage et l’émission de gaz à effet de serre. Ou encore pour un usage plus facile du vélo en ville : un sujet sur lequel notre pratique quotidienne nous donne des idées !
Q : Après 20 mois de présence au conseil municipal, l’opposition a-t-elle trouvé son rythme de croisière ?
Notre engagement ressemble à tout sauf à une croisière ! D’abord parce que nous sommes sollicités en permanence par des Rennais qui souhaitent entendre une autre voix sur les questions qui les concernent. Pour y répondre, nous avons mis en place un réseau d’écoute et de débat : les « relais de quartier ». Il y en a cinq aujourd’hui et un nouveau se crée chaque mois. Ensuite, nous avons à porter le débat au conseil municipal et sur la place publique. C’est un combat permanent. Parce que l’équipe en place n’accepte pas la contradiction et a une faible culture du débat. Cà ne la grandit pas et c’est dommage pour Rennes, car il est toujours utile de se remettre en cause.
A signaler, la diffusion dimanche dernier sur France 5 d’un reportage sur les antennes relais de téléphone mobile (possibilité de le visionner gratuitement sur le site de la chaîne jusqu’au 02 février). Des scènes de mobilisations qui rappelleront celles qui ont accompagné la décision de la Mairie de Rennes , d’autoriser le mois dernier l’implantation d’antennes sur le toit de l’Eglise St Melaine.
Un reportage en tous points éclairant: en l’état actuel des connaissances scientifiques, si rien ne prouve la nocivité des ondes électromagnétiques, rien ne garantit non plus leur innocuité, ce qui est précisément le type de contexte susceptible d’être tranché par le principe de précaution. Face aux riverains qui se plaignent d’insomnies et de mots de tête, aux parents qui s’inquiètent pour la santé de leurs enfants, les opérateurs excipent du cahier des charges imposé par la loi (obligation de couvrir 99% de la population) en échange de l’attribution des fréquences.
De fait, si nous sommes tous (ou presque) utilisateurs (entre autres perspectives ouvertes par la technologie) du téléphone portable, peu d’entre nous sommes prêts à considérer la densité du réseau d’antennes sans inquiétude (Cf les réactions recueillies sur le forum lancé par Ouest-France sur le sujet).
Compte tenu du loyer versé par les opérateurs (on parle de plusieurs millions d’euros ainsi versés à l’OPAC de Paris chaque année), une copropriété peut considérer avoir intérêt à accueillir une antenne qui sera de toutes façons implantée à proximité.
Du bocage normand aux immeubles de Courbevoie, en passant par les écoles de Lyon, des troubles relevés ou a contrario évacués, des actions en justice aux précautions aujourd’hui prises par les assureurs, ce reportage dresse un état des lieux et des équilibres tout à fait intéressant. Des équilibres qui relèvent et révèlent en l’état (d’)un certain nombre d’inconnues.
Au plan du droit, une juridiction civile a condamné pour la première fois en septembre dernier un opérateur à démonter une antenne au nom du « principe de précaution » aux termes d’un jugement audacieux. Une plainte pénale ayant été déposée par ailleurs, elle devrait permettre au juge de diligenter enquêtes et expertises indépendantes qui font actuellement défaut pour lever ou confirmer les craintes et les incertitudes.
L’une des clefs semble résider à brève échéance dans l’évolution de la loi (abaissement des seuils de rayonnements autorisés, durcissement des contraintes d’implantation…) afin de redéfinir enjeux et équilibres à même de garantir que l’accès aux technologies n’impacte pas la santé de ceux auxquelles elles se destinent.
Au-delà ou d’ici là, elle ne doit pas dissimuler aux élus locaux leur responsabilité dans la réponse apportée aux inquiétudes ou aux troubles qui s’expriment…
Au cours de la Galette des Rois de l’association « Projets pour Rennes Capitale », Bruno Chavanat expose les motivations de la rédaction de la plaquette « Rennes questions d’avenir » et les met en perspective avec la conception et la pratique du débat par la majorité municipale.
« Rennes, Questions d’avenir » : l’audace de poser les bonnes questions
Ces questions que nous avons voulu rassembler autour de grands thèmes : rassembler, accueillir, grandir, participer… ont pour ambition de donner du relief au débat. La tendance de l’équipe en place est en effet d’user et d’abuser une forme d’intimidation destinée à le court-circuiter. Ils ont prétendu s’arroger monopole des valeurs et de la défense de l’intérêt général : le pire est qu’à force de le marteler à l’unisson, les messages que nous émettons perdent une partie de leur écho et de leur résonnance. La brochure que nous avons écrite est une réponse apportée à ces arguments d’autorité. Une volonté aussi de mettre en perspective l’enfermement de la majorité dans ses certitudes : la créativité vient certes de l’équipe municipale, des services, mais elle vient aussi et surtout de l’idée du dialogue, de la qualité de l’attention et de l’écoute portée à ce qui diffère de soi.
La tendance de la majorité à cantonner le débat à l’entre-soi
Pourtant, la bouche des élus municipaux est pleine des mots « débats », « démocratie ». Comme souvent, l’usage zélé du mot traduit les limites de sa portée concrète. Le débat est souvent « mis en scène » et orchestré de manière convenue. Quand on ouvre le Journal « Le Rennais », par exemple, il faut reconnaître que la méthode ne manque pas d’apprêts : quand un problème se pose, il est aussitôt abordé de front dans le journal. Seulement qui tient la parole, pour exprimer les nuances, dire ce qui ne va pas ? Les élus de la majorité! Et c’est ainsi qu’on lit Nathalie Appéré reprendre à son compte les limites de la précédente génération de conseils de quartier ou Guy Jouhier (maire socialiste d’Acigné) apporter la « contradiction » à la majorité sur la question du transport des personnes handicapées dans l’Info Métropole. Cette mise en scène du débat et son cantonnement à l’entre-soi lui fait perdre de son piquant, et pour tout dire, « de sa vérité ».
La déportation du débat en dehors de ses enceintes naturelles.
On parle en ce moment de la future Cité des Idées, destinée à être « le lieu du débat », du métissage, etc. Quand on lit ça et qu’on le met par exemple en parallèle avec l’immaturité des échanges qui interviennent au sein de Conseil municipal, on se dit que faute d’avoir le courage d’admettre l’initiative et le dialogue avec l’autre, la tentation de la majorité est de se reconstituer des mondes, des univers, des journaux pour (re)créer le débat entre soi. Or nous voulons justement percer ce mur. Le débat, c’est ce qui a lieu entre des gens qui pensent différemment. Nombreux sont aujourd’hui ceux à Rennes qui pensent que le débat ne peut et ne doit pas se limiter à une expression unique. Il faut une vraie confrontation : l’ambition et l’objet de cette plaquette est de la rendre possible sur des bases de fond qui témoignent à la fois de notre souci de l’essentiel et des ambitions que nous avons pour Rennes et les Rennais.
Bruno Chavanat, dans une courte séquence, campe le rôle de l’opposition dans la vie municipale. Un rôle d’aiguillon d’une part, chargé notamment de « porter une parole libre » et « poser les bonnes questions, qui évitent que l’on s’enferme dans la pensée unique ». Elle porte d’autre part une double légitimité : celle issue des urnes du printemps dernier, qui la voit s’exprimer au nom d’un certain nombre de Rennais et celle enfin de l’alternance qu’elle a vocation à préparer et incarner.
L’édito politique de la semaine: le meurtre du jeune étudiant survenu jeudi soir rue St Michel, le « plan de relance » rennais face à la crise et l’accueil réservé au livret « Rennes, questions d’avenir ».
Le meurtre du jeune Mathieu rue St Michel
Beaucoup d’émotion devant un acte comme celui-là, d’une sauvagerie sans égale. Nous nous associons à la peine de sa famille. Les circonstances nous invitent et nous incitent à une certaine retenue. En même temps, tant qu’il y aura à Rennes des drames de cette nature qui émaillent l’actualité trop souvent, on ne pourra jamais se satisfaire de ce qui est fait pour la qualité de vie au centre ville, pour la propreté, l’accueil, la salubrité, l’alcool surtout, qui reste une plaie qui doit être combattue avec constance et détermination.
Le plan de relance de la ville face à la crise
Sur le diagnostic, les effets de tribune, les vœux et autres pétitions adoptées à l’unanimité des assemblées concernées, il n’y a rien à (re) dire. Sur le fond et le contenu de la réaction, il est permis à ce stade cependant de douter : en quoi consiste au juste le « plan de relance rennais » ? Bien malin qui peut le dire aujourd’hui. On nous annonce certes une augmentation de 10 à 15 millions de l’investissement du budget de la Ville ce qui est loin d’être négligeable… Mais pour quoi faire ? Là, il nous est répondu qu’on nous le dira plus tard. Bref, à ce stade, il y a beaucoup d’effets de manche et pas encore beaucoup de concret.
L’accueil réservé au livret « Rennes questions d’avenir »
Les réactions ont été très positives. Sur la forme tout d’abord, mais également (et surtout) sur la façon dont nous posions les questions d’avenir, importantes pour Rennes. Les débats que ce livret suscite aujourd’hui sont quelquefois très nourris. Dans l’ensemble, cette plaquette nous vaut des encouragements sur une meilleure indentification de l’action de l’opposition.
Un accueil qui nous voit déterminé à aller mener ces débats avec les Rennais, à nous rendre dans les quartiers pour enrichir nos propositions, nos questions, etc. En attendant notre prochain rendez-vous d’expression aux vœux de l’année prochaine, nous aurons ainsi emmagasiné beaucoup de réactions, beaucoup d’expressions, etc.















