Festivité et sécurité : retour sur le concert géant du 30 juin

Sur le vif, Tribune Libre 12 juillet 2010

En écho à la grande braderie du mercredi 30 juin, un habitant nous a fait parvenir sa réaction au concert du soir, nous la publions en tribune libre. S’il faut bien évidemment saluer le succès réel de cette journée, nous nous associons à cet appel à la prudence afin de prévenir tout drame.

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Pôles commerciaux rennais : en finir avec la politique de Gribouille !

Nouvelle imageGribouille se jetait à l’eau pour éviter de se mouiller. La municipalité rennaise et Rennes métropole signent une charte d’urbanisme commercial pour éviter de la mettre en oeuvre. Résultat deux ans après : un pôle commercial de centre-ville fragilisé, un développement déséquilibré des pôles périphériques, une politique contraire à tous les principes du développement durable.

Le dynamisme commercial ne se décrète pas. La charte d’urbanisme commercial signée fin 2007 n’a pas l’ambition de garantir, à elle seule, l’attractivité et le développement équilibré du commerce à Rennes. Mais ses partenaires – au premier rang desquels le maire de Rennes, président de Rennes Métropole- ont pris trois engagements : renforcer l’attractivité du pôle de centre ville, équilibrer les pôles périphériques, respecter une logique de développement durable. Or, de coups de canifs en tergiversations, le Maire de Rennes ne tient son cap sur aucune de ces priorités.

Première priorité, le coeur de Rennes. 1er pôle commercial de Bretagne avec 1600 commerces représentant 430 millions d’euros de chiffre d’affaire, c’est un moteur de l’attractivité de la  ville. Mais un moteur fragile. Sans accessibilité, il étouffe. Or la mairie n’avance ni sur l’extension du plateau pietonnier ni sur la désaturation des parkings relais. Sans le maintien d’un réseau d’enseignes de qualité, il s’étiole. Or le nombre de fonds de commerce à vendre dans le centre augmente sans que l’accompagnement annoncé soit au rendez-vous.

En réalité, le maire de Rennes, président de Rennes Métropole, met en oeuvre, au contraire, une très curieuse stratégie de concurrence exacerbée des centres commerciaux du nord de Rennes, dont l’effet  mécanique est d’affaiblir le commerce rennais. Face au développement de Cap Malo, sur la Mézière, Rennes Métropole a voulu répondre, à quelques kilomètres à peine, par l’implantation du même type de commerces à Betton. Quel intérêt pour la collectivité de prendre parti dans une guerre commerciale que se livrent des enseignes concurrentes? Et que cherche-t-on en autorisant encore l’extension de plusieurs milliers de mètres carrès des grandes surfaces de Betton, sinon un déséquilibre accru, commercial et territorial, en contradiction flagrante avec les engagements de la charte?

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Prairies des Matélouères : la ville s’enferme dans une position autiste

Poirier Prairie Poterie 002Voilà des mois que la municipalité rennaise cherche à isoler et à dénigrer les défenseurs du site naturel des prairies des Matélouères. Cet écrin naturel abrite, en plein cœur de Rennes, un biotope exceptionnel et plusieurs espèces protégées. Il participe d’un corridor écologique. Son urbanisation est un non sens. Des associations, un collectif, des habitants se sont époumonés à le répéter. Mais, ici comme ailleurs, la mairie se considère comme la seule expression de l’intérêt général, comme si habitants et associations ne défendaient, par construction, que des intérêts corporatistes. 

Ce complexe de supériorité de la mairie vis-à-vis des habitants, peut il aller jusqu’à refuser de prendre en compte l’avis des scientifiques ? Malheureusement oui. Il y a quelques semaines le Conseil scientifique régional patrimoine naturel, dont l’indépendance, l’autorité et la compétence sont difficilement contestables valide le point de vue des habitants et dénonce le projet d’urbanisation des prairies. L’adjoint à l’urbanisme dégage en touche : « ce n’est qu’un avis ».

Mais nous apprenons aujourd’hui que cet avis n’est pas sans poser de question à la direction régionale de l’environnement et au Préfet lui-même. La ville peut elle sans renier tous les discours prétendument écolo-compatibles dont elle abreuve les Rennais, continuer à préconiser l’urbanisation d’un site naturel majeur et de ses abords ? Nous affirmons pour notre part que ce serait un entêtement absurde de ne rien voir et de ne rien écouter.

Il est vrai que le vert très pâle des élus de Rennes métropole Ecologie qui ont obtenu des responsabilités dans la municipalité PS moyennant leur discipline sur certains sujets écologiquement sensibles, ne facilite pas les efforts de ceux qui veulent préserver la nature dans la ville.


Apéro Géant : le rôle des pouvoirs publics

festivals

L’apéro géant qui a rassemblé près de 5.000 personnes le 25 mars à Rennes a suscité un débat légitime. Les participants évoquent un « moment festif et convivial ». En revanche, certains élus mettent en cause une « démarche irresponsable » et une « alcoolisation massive ».

Quel bilan peut-on tirer de cet événement ? A l’actif un rassemblement bon enfant, du moins en début de soirée. Au passif des nuisances, (tapage, bris de verre et déchets divers…), un préjudice financier pour les restaurants et cinémas du centre-ville, la mobilisation des services de secours et de la force publique, une ambiance qui s’est dégradée au fil de la soirée et de l’alcoolisation, des conséquences sanitaires significatives (malaises, blessures, comas éthyliques), une agression. Des débordements graves, mais limités au regard de l’affluence. Qui peut garantir qu’il en sera de même lors des prochains rassemblements ?

Le phénomène des « apéros géants » est probablement appelé à se développer. La spontanéité, l’anonymat, la déresponsabilisation, la facilité de la communication sur internet, le record à battre, l’idée de faire plus fort que la ville voisine sont autant de facteurs incitatifs. Les pouvoirs publics peuvent-ils se désintéresser de ce genre de manifestation ? Certainement pas.

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Prairie des Matelouères : Pourquoi il faut suspendre le projet

Poirier Prairie Poterie 002Le site des Matélouères  est un trésor écologique en plein Rennes. La mairie veut y construire 60 logements. Il est devenu le symbole d’un combat inégal entre des défenseurs de l’environnement et  l’équipe municipale qui ne renonce à aucun moyen pour les discréditer. La qualité du site et son intérêt appellent pourtant d’autres méthodes. Il faut suspendre le projet.

 

D’abord un conseil : allez-y. Allez voir. Allez vous promener, seul ou en famille, un matin à la fraîche ou un dimanche de printemps dans cet écrin de nature exceptionnel enclavé entre la rue de la Poterie et la rue de Vern dans le quartier de la Poterie. Vous êtes au cœur de la ville mais, le temps de votre visite, vous l’oublierez. Vous êtes en pleine nature et pourtant vous êtes à Rennes.

Depuis de long mois, la prairie des Matélouères est l’objet d’un conflit entre la Mairie, qui veut lotir la prairie, et les partisans de la protection et de la valorisation de ce site naturel exceptionnel. Car la « prairie » n’est pas une simple étendue d’herbe. Elle jouxte un ensemble d’arbres et de haies, des milieux humides et une clairière, dans lesquelles nombre d’espèces protégées, salamandres tachetées, pipistrelles, grands capricornes, lucarnes, piques prunes et écureuils roux trouvent refuge.

D’un côté donc, 60 logements sont annoncés, un processus  lancé, concours d’architecte à la clé. En projet, une barre d’immeuble sur la rue et trois « bâtiments-prairies », qui sont des logements groupés avec jardins privatifs, répartis sur le site. De l’autre côté, des habitants et un collectif fortement mobilisés. 

« Simple querelle de voisinage dans laquelle les résidents cherchent à protéger leur tranquillité en refusant de nouvelles constructions  » ? En tentant d’accréditer cette thèse, la mairie cherche surtout à utiliser tous le moyens  pour discréditer ses interlocuteurs. Et comme toujours en pareil cas, elle utilise l’artillerie lourde.

Les défenseurs du site ont pourtant de solides raisons de ne pas se laisser intimider.

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La communication est elle une fin en soi ?

Sur le vif, Tribune Libre 8 février 2010

logoeuropecouleurofficiel20copieLe « rayonnement » de Rennes Métropole est au menu du Conseil d’agglomération… Sous couvert de stratégie, on y parle beaucoup de communication. Mais définir une stratégie, n’est-ce pas d’abord faire des choix qui engagent notre avenir ?

Bien sûr, tout le monde aimerait que Rennes Métropole rayonne à l’échelle européenne. Etre reconnu comme un modèle dans chacun des domaines où l’on agit, qui ne le souhaite pas ? Mais affirmer cette ambition, cela suffit il à définir une stratégie ?

C’est la question qui était en débat au Conseil d’agglomération du mois de janvier. Un premier débat, nous dit-on… une mise en bouche.

Mais de quoi parle-t-on au juste ? De faire connaître le « modèle Rennes Métropole », de « créer une marque de territoire » en écho à la « direction marketing » qui a été créée (dans ces termes) dans l’organigramme de Rennes Métropole, de « participer au processus législatif européen ». A entendre ce qui se dit, on en vient à se demander si on ne prend pas le problème à l’envers.

Le « rayonnement » est-ce vraiment d’abord une question d’image, une question de « com » ? Pour une personne, le rayonnement, procède d’abord de l’énergie ou du caractère dont elle fait preuve. La perception qu’en ont les autres en découle… Pour une collectivité, n’est-ce pas un peu pareil ? Ne vaut il pas mieux commencer par consacrer l’essentiel de nos efforts à résoudre les trois ou quatre questions majeures qui sont devant nous.

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Et si… On admettait que les habitants aussi peuvent avoir des projets pour leur ville ?

Sur le vif, Tribune Libre 7 janvier 2010

delaveauEt si… on admettait  que les habitants aussi peuvent avoir des idées pour leur ville ?

Et si plutôt que de présenter des projets ficelés on recueillait leur avis quand un choix est encore possible ?

Et si… pour décider du tracé du métro ou de l’emplacement du Centre des congrès, on soumettait plusieurs solutions aux Rennais ?

Et si… avant d’augmenter de 100% en deux ans la taxe d’habitation perçue par Rennes Métropole on pouvait débattre de l’usage qu’on en fait ?

Et si… avant de lancer des travaux, de refaire un trottoir, de déplacer un arrêt de bus, de créer un itinéraire vélo, on interrogeait d’abord les utilisateurs au quotidien ?

Et si… la démocratie locale, ça n’était pas une fois tous les six ans mais un peu tous les jours ?

Les conseillers municipaux du groupe Rennes Capitale vous présentent leurs meilleurs vœux pour l’année 2010

Nous souhaitons à chacun d’entre vous d’être heureux dans sa vie et dans sa ville, d’y être reconnu, de pouvoir y faire entendre sa voix, d’y être écouté, de participer – à la mesure où chacun le souhaite- à dessiner et à construire l’avenir de RENNES.


Réforme des collectivités : les trois contradictions du Maire

Sur le vif, Tribune Libre 10 décembre 2009

CGCTDans son dernier éditorial du « Rennais », Daniel DELAVEAU mène une charge violente contre la réforme des collectivités et de la fiscalité locale. « La réforme gommera 30 ans d’avancées » peut on lire sous la plume du maire. 30 ans d’avancées ? On est un peu surpris quand on sait à quel point les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont parlé de cette réforme sans jamais la faire.

Aujourd’hui, personne ne doute plus de la volonté politique qui anime le Gouvernement et le Président de la République pour s’attaquer au chantier. Naturellement, parce que cette réforme est importante et qu’elle a beaucoup attendu, elle est aujourd’hui difficile. Mais est-ce vraiment une raison pour ne pas la faire ? Beaucoup d’élus, dont nous sommes, sont d’avis contraire.

Alors, bien sûr, la réforme suscite des débats. C’est une bonne chose. C’est le signe que nous sommes sur une question de fond. Mais sur un débat de fond, on ne peut pas se contenter de défendre une logique partisane, sans s’exposer à des contradictions. Comme le montrent les prises de position de Daniel Delaveau.

PREMIERE CONTRADICTION : Etre en théorie favorable à une réforme mais s’opposer à toute réforme concrète.

La réduction du mille-feuille administratif français, la convergence de l’action du département et de la région dont les élus se font aujourd’hui concurrence et qui demain siégeront côte à côte, l’émergence de métropoles capables de s’affirmer au plan européen… Voilà le cœur de la réforme. Tout le monde en parle depuis 30 ans. Nous avons enfin un projet –perfectible sûrement mais qui a le mérite d’être concret -. « Je dis oui à la réforme pas à la contre-réforme» assure le Maire de Rennes. Ah bon ? Mais au-delà de cette pirouette, en quoi consiste la réforme que préconise Daniel Delaveau ?

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