Lettre ouverte à M. Le Pillouer, Directeur du Théâtre National de Bretagne

Sur le vif, Tribune Libre 9 décembre 2010

Cher Monsieur Le Pillouer,

Vous avez réagi aux propos que j’ai tenus lors du dernier conseil municipal concernant le TNB, sa mission de service public et les entorses répétées au principe de neutralité dont les Rennais ont pu être témoins.

Contrairement à ce que vous pensez, je me suis réjoui du contenu du rapport d’activité du TNB pour ce qui concerne tant sa programmation, sa fréquentation, sa mission de formation et son projet de coopération Prospéro. Il ne faut pas chercher à me faire dire ce que je n’ai pas dit. J’ai dit, au contraire, ce que je pense à ce sujet : le TNB est une institution de qualité, créative et reconnue comme telle et qui a eu le mérite d’élargir la palette de sa programmation pour s’adresser à un public plus large au cours des dernières années, ce qui explique sans doute les bons chiffres de sa fréquentation.

Mais je crois tout aussi fermement que la place du TNB à Rennes, la qualité de sa programmation et le niveau de sa fréquentation donnent à l’institution comme à son directeur des responsabilités.

La première d’entre elles est d’être au service de tous les Rennais. Ce qui devrait vous conduire à respecter une valeur fondamentale de la démocratie : le principe de neutralité du service public.

Vous nous dites que la majorité des personnels du TNB se sont mobilisés contre la réforme des retraites. C’est évidemment leur droit. Mais la mission du TNB n’est pas d’abord d’exprimer l’opinion politique de ceux qui y travaillent. Le mur électronique de l’avenue Janvier du TNB est en principe destiné à promouvoir des évènements culturels. Vous cautionnez son emploi pour des messages purement politique. Mais accepteriez-vous que demain, les halls d’accueil de la mairie, de la préfecture ou de la sécurité sociale vous accueillent avec des slogans politiques (a fortiori s’ils étaient contraires à vos propres opinions) ?

Il est vrai qu’en s’abstenant de toute réaction face à ce mélange des genres, la mairie vous encourage.

Il est vrai aussi qu’en vous demandant de le soutenir publiquement pour sa campagne municipale en votre qualité de directeur d’un établissement culturel largement financé par la ville, M. Delaveau vous avait lui-même démontré le peu de cas qu’il fait de la neutralité du service public.

Vous comprendrez donc qu’il m’apparaissait de ma responsabilité de m’exprimer comme je l’ai fait.

Il m’a semblé plus normal, pour qu’il n’y ait pas d’incompréhension entre nous de vous l’écrire directement. Mais comme le débat est déjà public et que cette question intéresse tous les Rennais, je me permets de rendre publique ma réponse.

Bien cordialement à vous.

Bruno Chavanat


Augmentation d’impôts : Rennes au 4ème rang des plus fortes hausses

Sur le vif, Tribune Libre 8 novembre 2010

+ 30,19% entre 2004 et 2009. Avec ce niveau d’augmentation de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties, acquittée sur le territoire rennais, Rennes se retrouve au 4ème rang des plus fortes hausses parmi les 50 plus grandes communes françaises.

 

Une augmentation qui ne passe inaperçue ni pour les propriétaires, qui la supportent directement, ni pour les locataires, y compris dans les logements HLM, puisqu’elle s’impute sur les charges qu’ils ont à payer en plus de l’augmentation des frais de chauffage, qui ne sont pas négligeables.

Interrogés par la presse, après la publication de l’étude de l’UNPI qui révélait cette « envolée » (voir Ouest France du 7 octobre 2010), les élus de la ville et du département, qui en portent la responsabilité, s’appuient sur deux types d’arguments. L’un est faux, l’autre particulièrement inquiétant.

L’adjoint aux finances de la ville de Rennes –par ailleurs conseiller de Rennes métropole- soutient que la responsabilité principale de l’augmentation n’est pas de son fait. C’est faux. Rennes et Rennes métropole bénéficient d’environ des deux tiers de l’augmentation globale.

L’élu en charge des finances au Conseil général annonce pour sa part que c’est loin d’être fini : « A partir de l’an prochain, nous serons obligés de pratiquer des augmentations bien plus importantes ». A-t-il seulement conscience que, pendant que les impôts augmentaient de 30%, le pouvoir d’achat des Rennais, augmentait lui de 5% seulement. Soit 6 fois moins !


Développons les liaisons intercommunales

Sur le vif, Tribune Libre 5 novembre 2010

Rennes Métropole a engagé ces dernières années de lourds projets de développement des transports : la ligne b du métro entre Saint-Jacques-de-la-Lande et Cesson-Sévigné, l’axe est-ouest entre la place de la République à Rennes et Cesson-Sévigné, le bus à haut niveau de service (BHNS) entre la station VAL de la Poterie et Chantepie…

 

Ces projets sont certes majeurs mais ne comblent pas tous les besoins de déplacements des habitants de l’agglomération.

En premier lieu, le concept même de ville archipel induit  un développement de pôles devant assurer aux personnes qui y habitent des services et équipements de proximité et des emplois. Pour être plus efficace encore dans la gestion de nos communes, particulièrement les plus petites, la question se pose de la mutualisation des équipements en périphérie de la ville centre. C’est une réflexion en cours, et des études engagées par l’agence d’urbanisme, l’Audiar, nous y incitent d’ailleurs. Mais pour qu’une telle mutualisation fonctionne, pour que les habitants des communes périphériques puissent utiliser ces services sans contraintes de déplacements, notamment les familles, nous avons besoin de moyens de transports collectifs plus performants pour relier entre elles les communes de la ville archipel.

En second lieu, ces projets ne répondent que partiellement à une importante nécessité : limiter les flux entrants et sortant de la ville de Rennes. Seul le bus à haut niveau de service Poterie/Chantepie le favorisera, au profit des communes sud-est de l’agglomération. En parallèle, trop d’incertitudes pèsent sur le financement de la ligne b du VAL pour affirmer qu’elle permettra, à son ouverture, de soortir de Rennes vers Saint-Jacques à l’ouest et vers Cesson-Sévigné à l’est.

C’est pourquoi, tenant compte des besoins effectifs des habitants des communes périphériques, tenant compte des projets de mutualisation d’équipements publics dans les communes, et tenant compte des aléas qui pèsent sur la trajet final du métro, nous souhaitons que Rennes Métropole engage une politique volontariste en faveur des déplacements de proximité, en cohérence avec la ville archipel et la volonté politique commune de notre agglomération de favoriser les transports en commune pour tous.


L’avenir du Palais Saint Georges en question : Le patrimoine historique de la ville mérite mieux qu’une politique au coup par coup

Non classé, Sur le vif, Tribune Libre 27 septembre 2010

Une politique au coup par coup. Chacun a en mémoire l’annonce retentissante, à l’été 2007, de la création au palais Saint-Georges d’un futur palais des congrès. « Le site envisagé répond point par point aux exigences d’un tel équipement » affirmait alors l’équipe municipale en se prévalant d’une étude approfondie. On sait ce qu’il en a été…6 mois après le projet était abandonné.

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Festivité et sécurité : retour sur le concert géant du 30 juin

Sur le vif, Tribune Libre 12 juillet 2010

En écho à la grande braderie du mercredi 30 juin, un habitant nous a fait parvenir sa réaction au concert du soir, nous la publions en tribune libre. S’il faut bien évidemment saluer le succès réel de cette journée, nous nous associons à cet appel à la prudence afin de prévenir tout drame.

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Pôles commerciaux rennais : en finir avec la politique de Gribouille !

Nouvelle imageGribouille se jetait à l’eau pour éviter de se mouiller. La municipalité rennaise et Rennes métropole signent une charte d’urbanisme commercial pour éviter de la mettre en oeuvre. Résultat deux ans après : un pôle commercial de centre-ville fragilisé, un développement déséquilibré des pôles périphériques, une politique contraire à tous les principes du développement durable.

Le dynamisme commercial ne se décrète pas. La charte d’urbanisme commercial signée fin 2007 n’a pas l’ambition de garantir, à elle seule, l’attractivité et le développement équilibré du commerce à Rennes. Mais ses partenaires – au premier rang desquels le maire de Rennes, président de Rennes Métropole- ont pris trois engagements : renforcer l’attractivité du pôle de centre ville, équilibrer les pôles périphériques, respecter une logique de développement durable. Or, de coups de canifs en tergiversations, le Maire de Rennes ne tient son cap sur aucune de ces priorités.

Première priorité, le coeur de Rennes. 1er pôle commercial de Bretagne avec 1600 commerces représentant 430 millions d’euros de chiffre d’affaire, c’est un moteur de l’attractivité de la  ville. Mais un moteur fragile. Sans accessibilité, il étouffe. Or la mairie n’avance ni sur l’extension du plateau pietonnier ni sur la désaturation des parkings relais. Sans le maintien d’un réseau d’enseignes de qualité, il s’étiole. Or le nombre de fonds de commerce à vendre dans le centre augmente sans que l’accompagnement annoncé soit au rendez-vous.

En réalité, le maire de Rennes, président de Rennes Métropole, met en oeuvre, au contraire, une très curieuse stratégie de concurrence exacerbée des centres commerciaux du nord de Rennes, dont l’effet  mécanique est d’affaiblir le commerce rennais. Face au développement de Cap Malo, sur la Mézière, Rennes Métropole a voulu répondre, à quelques kilomètres à peine, par l’implantation du même type de commerces à Betton. Quel intérêt pour la collectivité de prendre parti dans une guerre commerciale que se livrent des enseignes concurrentes? Et que cherche-t-on en autorisant encore l’extension de plusieurs milliers de mètres carrès des grandes surfaces de Betton, sinon un déséquilibre accru, commercial et territorial, en contradiction flagrante avec les engagements de la charte?

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Prairies des Matélouères : la ville s’enferme dans une position autiste

Poirier Prairie Poterie 002Voilà des mois que la municipalité rennaise cherche à isoler et à dénigrer les défenseurs du site naturel des prairies des Matélouères. Cet écrin naturel abrite, en plein cœur de Rennes, un biotope exceptionnel et plusieurs espèces protégées. Il participe d’un corridor écologique. Son urbanisation est un non sens. Des associations, un collectif, des habitants se sont époumonés à le répéter. Mais, ici comme ailleurs, la mairie se considère comme la seule expression de l’intérêt général, comme si habitants et associations ne défendaient, par construction, que des intérêts corporatistes. 

Ce complexe de supériorité de la mairie vis-à-vis des habitants, peut il aller jusqu’à refuser de prendre en compte l’avis des scientifiques ? Malheureusement oui. Il y a quelques semaines le Conseil scientifique régional patrimoine naturel, dont l’indépendance, l’autorité et la compétence sont difficilement contestables valide le point de vue des habitants et dénonce le projet d’urbanisation des prairies. L’adjoint à l’urbanisme dégage en touche : « ce n’est qu’un avis ».

Mais nous apprenons aujourd’hui que cet avis n’est pas sans poser de question à la direction régionale de l’environnement et au Préfet lui-même. La ville peut elle sans renier tous les discours prétendument écolo-compatibles dont elle abreuve les Rennais, continuer à préconiser l’urbanisation d’un site naturel majeur et de ses abords ? Nous affirmons pour notre part que ce serait un entêtement absurde de ne rien voir et de ne rien écouter.

Il est vrai que le vert très pâle des élus de Rennes métropole Ecologie qui ont obtenu des responsabilités dans la municipalité PS moyennant leur discipline sur certains sujets écologiquement sensibles, ne facilite pas les efforts de ceux qui veulent préserver la nature dans la ville.


Apéro Géant : le rôle des pouvoirs publics

festivals

L’apéro géant qui a rassemblé près de 5.000 personnes le 25 mars à Rennes a suscité un débat légitime. Les participants évoquent un « moment festif et convivial ». En revanche, certains élus mettent en cause une « démarche irresponsable » et une « alcoolisation massive ».

Quel bilan peut-on tirer de cet événement ? A l’actif un rassemblement bon enfant, du moins en début de soirée. Au passif des nuisances, (tapage, bris de verre et déchets divers…), un préjudice financier pour les restaurants et cinémas du centre-ville, la mobilisation des services de secours et de la force publique, une ambiance qui s’est dégradée au fil de la soirée et de l’alcoolisation, des conséquences sanitaires significatives (malaises, blessures, comas éthyliques), une agression. Des débordements graves, mais limités au regard de l’affluence. Qui peut garantir qu’il en sera de même lors des prochains rassemblements ?

Le phénomène des « apéros géants » est probablement appelé à se développer. La spontanéité, l’anonymat, la déresponsabilisation, la facilité de la communication sur internet, le record à battre, l’idée de faire plus fort que la ville voisine sont autant de facteurs incitatifs. Les pouvoirs publics peuvent-ils se désintéresser de ce genre de manifestation ? Certainement pas.

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