Prairie des Matelouères : Pourquoi il faut suspendre le projet

Poirier Prairie Poterie 002Le site des Matélouères  est un trésor écologique en plein Rennes. La mairie veut y construire 60 logements. Il est devenu le symbole d’un combat inégal entre des défenseurs de l’environnement et  l’équipe municipale qui ne renonce à aucun moyen pour les discréditer. La qualité du site et son intérêt appellent pourtant d’autres méthodes. Il faut suspendre le projet.

 

D’abord un conseil : allez-y. Allez voir. Allez vous promener, seul ou en famille, un matin à la fraîche ou un dimanche de printemps dans cet écrin de nature exceptionnel enclavé entre la rue de la Poterie et la rue de Vern dans le quartier de la Poterie. Vous êtes au cœur de la ville mais, le temps de votre visite, vous l’oublierez. Vous êtes en pleine nature et pourtant vous êtes à Rennes.

Depuis de long mois, la prairie des Matélouères est l’objet d’un conflit entre la Mairie, qui veut lotir la prairie, et les partisans de la protection et de la valorisation de ce site naturel exceptionnel. Car la « prairie » n’est pas une simple étendue d’herbe. Elle jouxte un ensemble d’arbres et de haies, des milieux humides et une clairière, dans lesquelles nombre d’espèces protégées, salamandres tachetées, pipistrelles, grands capricornes, lucarnes, piques prunes et écureuils roux trouvent refuge.

D’un côté donc, 60 logements sont annoncés, un processus  lancé, concours d’architecte à la clé. En projet, une barre d’immeuble sur la rue et trois « bâtiments-prairies », qui sont des logements groupés avec jardins privatifs, répartis sur le site. De l’autre côté, des habitants et un collectif fortement mobilisés. 

« Simple querelle de voisinage dans laquelle les résidents cherchent à protéger leur tranquillité en refusant de nouvelles constructions  » ? En tentant d’accréditer cette thèse, la mairie cherche surtout à utiliser tous le moyens  pour discréditer ses interlocuteurs. Et comme toujours en pareil cas, elle utilise l’artillerie lourde.

Les défenseurs du site ont pourtant de solides raisons de ne pas se laisser intimider.

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La communication est elle une fin en soi ?

Sur le vif, Tribune Libre 8 février 2010

logoeuropecouleurofficiel20copieLe « rayonnement » de Rennes Métropole est au menu du Conseil d’agglomération… Sous couvert de stratégie, on y parle beaucoup de communication. Mais définir une stratégie, n’est-ce pas d’abord faire des choix qui engagent notre avenir ?

Bien sûr, tout le monde aimerait que Rennes Métropole rayonne à l’échelle européenne. Etre reconnu comme un modèle dans chacun des domaines où l’on agit, qui ne le souhaite pas ? Mais affirmer cette ambition, cela suffit il à définir une stratégie ?

C’est la question qui était en débat au Conseil d’agglomération du mois de janvier. Un premier débat, nous dit-on… une mise en bouche.

Mais de quoi parle-t-on au juste ? De faire connaître le « modèle Rennes Métropole », de « créer une marque de territoire » en écho à la « direction marketing » qui a été créée (dans ces termes) dans l’organigramme de Rennes Métropole, de « participer au processus législatif européen ». A entendre ce qui se dit, on en vient à se demander si on ne prend pas le problème à l’envers.

Le « rayonnement » est-ce vraiment d’abord une question d’image, une question de « com » ? Pour une personne, le rayonnement, procède d’abord de l’énergie ou du caractère dont elle fait preuve. La perception qu’en ont les autres en découle… Pour une collectivité, n’est-ce pas un peu pareil ? Ne vaut il pas mieux commencer par consacrer l’essentiel de nos efforts à résoudre les trois ou quatre questions majeures qui sont devant nous.

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Et si… On admettait que les habitants aussi peuvent avoir des projets pour leur ville ?

Sur le vif, Tribune Libre 7 janvier 2010

delaveauEt si… on admettait  que les habitants aussi peuvent avoir des idées pour leur ville ?

Et si plutôt que de présenter des projets ficelés on recueillait leur avis quand un choix est encore possible ?

Et si… pour décider du tracé du métro ou de l’emplacement du Centre des congrès, on soumettait plusieurs solutions aux Rennais ?

Et si… avant d’augmenter de 100% en deux ans la taxe d’habitation perçue par Rennes Métropole on pouvait débattre de l’usage qu’on en fait ?

Et si… avant de lancer des travaux, de refaire un trottoir, de déplacer un arrêt de bus, de créer un itinéraire vélo, on interrogeait d’abord les utilisateurs au quotidien ?

Et si… la démocratie locale, ça n’était pas une fois tous les six ans mais un peu tous les jours ?

Les conseillers municipaux du groupe Rennes Capitale vous présentent leurs meilleurs vœux pour l’année 2010

Nous souhaitons à chacun d’entre vous d’être heureux dans sa vie et dans sa ville, d’y être reconnu, de pouvoir y faire entendre sa voix, d’y être écouté, de participer – à la mesure où chacun le souhaite- à dessiner et à construire l’avenir de RENNES.


Réforme des collectivités : les trois contradictions du Maire

Sur le vif, Tribune Libre 10 décembre 2009

CGCTDans son dernier éditorial du « Rennais », Daniel DELAVEAU mène une charge violente contre la réforme des collectivités et de la fiscalité locale. « La réforme gommera 30 ans d’avancées » peut on lire sous la plume du maire. 30 ans d’avancées ? On est un peu surpris quand on sait à quel point les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont parlé de cette réforme sans jamais la faire.

Aujourd’hui, personne ne doute plus de la volonté politique qui anime le Gouvernement et le Président de la République pour s’attaquer au chantier. Naturellement, parce que cette réforme est importante et qu’elle a beaucoup attendu, elle est aujourd’hui difficile. Mais est-ce vraiment une raison pour ne pas la faire ? Beaucoup d’élus, dont nous sommes, sont d’avis contraire.

Alors, bien sûr, la réforme suscite des débats. C’est une bonne chose. C’est le signe que nous sommes sur une question de fond. Mais sur un débat de fond, on ne peut pas se contenter de défendre une logique partisane, sans s’exposer à des contradictions. Comme le montrent les prises de position de Daniel Delaveau.

PREMIERE CONTRADICTION : Etre en théorie favorable à une réforme mais s’opposer à toute réforme concrète.

La réduction du mille-feuille administratif français, la convergence de l’action du département et de la région dont les élus se font aujourd’hui concurrence et qui demain siégeront côte à côte, l’émergence de métropoles capables de s’affirmer au plan européen… Voilà le cœur de la réforme. Tout le monde en parle depuis 30 ans. Nous avons enfin un projet –perfectible sûrement mais qui a le mérite d’être concret -. « Je dis oui à la réforme pas à la contre-réforme» assure le Maire de Rennes. Ah bon ? Mais au-delà de cette pirouette, en quoi consiste la réforme que préconise Daniel Delaveau ?

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20 ans de la chute du mur de Berlin : une étape importante de la construction européenne

Sur le vif, Tribune Libre 9 novembre 2009

communique« Si l’Europe est devenue l’Europe des 27, c’est grâce à ce qui s’est passé le 9 novembre 1989, il est de notre devoir, ici à Rennes, de ne pas l’oublier. »

Il y a 20 ans jour pour jour, le mur de Berlin tombait. Avec lui prenait fin le symbole le plus visible de la division de l’Europe. A partir de ce soir du 9 novembre 1989, les peuples qui, quarante années durant, ont subi les dictatures communistes au pouvoir en Europe orientale, ont su que leur destin allait changer. Ils ont pressenti qu’ils allaient pouvoir à nouveau faire maison commune avec les peuples qui vivaient à l’ouest, non seulement avec les allemands de l’ouest mais avec les peuples des 12 pays qui formaient alors la Communauté économique européenne.  

Tous ceux qui se sont pressés dans la soirée du 9 novembre pour abattre ce symbole honni qu’était le mur de Berlin et tous ceux qui ont vu à la télévision les scènes de liesse et d’émotion incroyables qui ont suivi –souvenons nous du violoncelliste Rostropovitch, déchu de sa nationalité pour avoir choisi la liberté, donnant un récital assis sur les décombres du mur- tous ont eu le sentiment de vivre un moment historique. Sans doute pressentaient-ils qu’une nouvelle page de l’histoire de l’Europe commençait de s’écrire, dont nul ne savait exactement ce qu’elle serait.

Cette histoire de l’Europe, devenue l’Europe des 27 grâce à ce qui s’est passé le 9 novembre 1989, à l’heure de l’entrée en vigueur prochaine du traité de Lisbonne, il est de notre devoir de ne pas l’oublier.

Nous avons choisi ici à Rennes de placer notre projet communautaire sous le signe de l’Europe en ambitionnant de devenir une « Métropole Européenne du XXIème siècle ».

Il faut aussi rappeler que c’est ici à Rennes, grâce au journal Ouest France, qu’a germé l’idée à partir de laquelle l’Europe s’est dotée de sa devise « Unie dans la diversité ». Une devise qui n’a de sens que parce qu’un certain 9 novembre 1989 le mur de Berlin est tombé.

Pour toutes ces raisons, le groupe UNION POUR RENNES CAPITALE demande au maire de Rennes de prendre une initiative pour conserver à Rennes la mémoire de ce jour historique. Nous proposons qu’une rue de la ville porte le nom du « 9 novembre 1989 » ou, en mémoire de cette date, le nom de « l’unité de l’Europe ».


Vélostar : pour lutter contre le vandalisme, encourageons le civisme !

Sur le vif, Tribune Libre 28 octobre 2009

Au 1er novembre, sur 900 vélostars en principe disponibles, 300 avait été volés, 250 étaient en réparation. 350 seulement étaient en circulation !

Durant la même période – les six premiers mois d’exploitation- le taux de vol ou dégradation des Velov à Lyon ou des Vélib à Paris était compris entre 10% et 15%. La situation est donc beaucoup plus préoccupante à Rennes. Les causes du phénomène ? Une forme d’incivisme totalement irresponsable mais aussi des défauts qui ont été largement sous-estimés. Les points d’attache sont notoirement moins robustes qu’à Paris ou à Lyon.

Alors que faire ?

-          Première urgence : Remédier à la fragilité des points d’attache sur les nouveaux vélos.

-          Deuxièmement : il faut être ferme avec les voleurs ou les casseurs. Il n’y a aucune raison que la collectivité non seulement paie le coût des vélos volés mais voit anéantir une politique du vélo pour lequel 17 millions d’euros sont investis.

-          Troisièmement : il a été question (Ouest-France 13 octobre) de mettre de la vidéosurveillance ou des cages autour de chaque station ? Nous n’y sommes pas favorables. La vidéosurveillance -et le coût que cela représente- doit être concentrée sur la sécurité physique des personnes ou pour lutter contre le trafic de drogue. Même chose pour les cages. Le vélo libre service doit être simple d’accès.

-          Enfin et surtout il faut accélérer la mise en place d’un véritable politique en faveur du vélo. Plus il y aura d’utilisateurs du vélo dans la ville, plus le comportement des casseurs de vélo apparaîtra intolérable. Contre l’incivisme, il faut utiliser les armes du civisme. Mais pour cela, il faut être incitatif plus qu’on ne l’est aujourd’hui : voies sécurisées, garages à vélo, compatibilité avec le train et les transports en commun. Il reste encore pas mal de progrès à faire !


RENNES NANTES : la liaison ferroviaire est une priorité absolue. N’attendons pas !

Sur le vif, Tribune Libre 7 octobre 2009

communiqueUn colloque Rennes-Nantes se tient ces 8 et 9 octobre sur le thème de la recherche et d’innovation. Ceux qui appellent de leurs vœux une coopération renforcée des deux métropoles bretonnes se réjouiront. Nous en sommes. Et nous ne nous arrêterons pas sur le détail pourtant révélateur de l’invitation, qui mentionne « Premier colloque Nantes-Rennes ». « Premier »? C’est vrai qu’il en a fallu du temps pour que le maire de Rennes accepte de sortir de sa citadelle, alors que les universités, les entreprises, les hôpitaux n’ont pas attendu pour amorcer des relations fructueuses.

Il n’est jamais trop tard pour avancer. La rencontre favorise les échanges. Souhaitons qu’il sorte de ce colloque de nouvelles perspectives.

Mais nous disons aux maires de Nantes et de Rennes : Faire un colloque, c’est bien. Passer à l’action c’est mieux ! Or il y a un chantier qui attend depuis longtemps. Un chantier qui dépend largement des acteurs publics. C’est la liaison ferroviaire.  

Il faut aujourd’hui 1 h et quart au mieux pour relier les deux villes et seulement 6 fois par jour. C’est un obstacle évident pour que les Nantais profitent au quotidien de Rennes et vice-versa. C’est aussi un obstacle sur le plan économique : Rennes a une position centrale dans l’Ouest. Le port de Nantes Saint-Nazaire a besoin d’une base arrière logistique, un « port sec ». Une liaison entre les deux indispensable. Enfin, il y a une contradiction flagrante entre nos objectifs de réduction de gaz à effet de serre et la liaison entre nos deux villes. Aujourd’hui la voiture l’emporte sans aucune discussion sur le train.

Il y a donc là une priorité absolue. Ne la repoussons pas à 2030 ! A quoi servirait-il de rénover la gare de Rennes s’il n’y a pas de train pour aller chez nos plus proches voisins ? L’avenir de chacune de nos deux villes, l’avenir de la Bretagne se joue aujourd’hui et maintenant.


Ligne ferroviaire RENNES NANTES : Urgence!

Sur le vif, Tribune Libre 23 septembre 2009

Nantes et Rennes se reparlent. C’est heureux. Il est temps de sortir d’une vision réductrice suivant laquelle « collaborer avec Nantes, c’est se faire damer le pion par plus gros que nous ».

Cet état d’esprit a pourtant longtemps inspiré les élus rennais, dont le seul souhait était de faire grossir Rennes pour égaler Nantes. Une pure logique de compétition dont il fallait absolument sortir. Car elle menait, en réalité, à une impasse. Vu à l’échelle de l’Europe, nous avons un intérêt vital à unir nos forces plutôt qu’à les neutraliser. Espérons que le colloque qui vient de se tenir les 8 et 9 octobre sur la coopération Rennes-Nantes aura contribué à tourner une page.

Et maintenant, il faut regarder vers l’avenir.

La liaison ferroviaire ; un chantier qui a trop tardé et qui pourtant conditionne le reste

Des collaborations existent. Les universités, les entreprises, les hôpitaux n’ont pas attendu les maires des deux villes pour amorcer des relations fructueuses. Ca ne veut pas dire que l’action des collectivités est superflue. Elle est, au contraire, très attendue sur un chantier où elles seules peuvent donner l’impulsion nécessaire. Un chantier qui conditionne tout le reste. Un chantier, disons-le, qui a beaucoup trop tardé. Il s’agit de la liaison ferroviaire.

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