
Le discours de Bruno Chavanat à l’occasion de la cérémonie de présentation de vœux du groupe Union pour Rennes Capitale
Chers amis,
Au seuil de 2013, je voudrais vous souhaiter le meilleur. Ces cérémonies de vœux sont un rendez-vous rituel pour se dire des mots d’espoir, des mots bienveillants, des mots chaleureux. C’est un moment où on porte un regard attentif sur l’autre en tant que personne indépendamment de sa situation sociale, de son âge ou de ses affinités. Tout ceci peut paraître conventionnel. Moi je crois au contraire que nous avons profondément besoin de ce temps là et de ces mots là. Pour reprendre souffle. Pour renouveler notre regard. Pour reprendre confiance ensemble dans notre capacité à inventer l’avenir.
L’avenir justement, nous sommes là pour en parler. Et on va même en parler en trichant un peu. Car ce soir je voudrais vous parler bien sûr de 2013 mais d’une année 2013 qui va durer un peu plus de 12 mois, qui va même durer 14 mois, les 14 mois qui nous séparent de mars 2014.
Chers amis j’ai décidé de lancer ce soir devant vous et avec vous la campagne qui va nous conduire vers les élections municipales de mars 2014.
J’ai décidé de lancer ce soir devant vous et avec vous le mouvement qui doit nous conduire et qui va nous conduire à remplacer l’équipe qui gouverne cette ville depuis bientôt 40 ans.
Car nous avons un rendez-vous en 2014. Pour la première fois depuis longtemps, plusieurs signaux nous annoncent en même temps que la victoire est enfin possible.
Le premier signal est celui du renouvellement des personnes. Quand le maire de Rennes décide d’arrêter au bout d’un mandat, quelque soit les motifs personnels de son choix –que je respecte- cela veut dire qu’il n’y a plus de vision à long terme, que nous sommes dans une phase de transition. Le bateau a certes navigué en mode « pilote automatique » sur la lancée de l’ère Hervé. Mais aujourd’hui, j’ai acquis la conviction que l’équipe municipale en place n’a plus d’élan, plus de cap.
Un autre signal nous vient de l’effondrement du discours antigouvernemental que la municipalité a cultivé pendant 10 ans à tout propos avec un cynisme à toute épreuve. Le PS est aujourd’hui au pied du mur. Il a dénoncé hier le désengagement de l’Etat. Aujourd’hui il fait pire. Il a annoncé le redressement productif. Mais c’est l’impuissance quand PSA plonge. Il a fait croire qu’il n’en voulait qu’aux riches. Mais il s’attaque aux heures sup des petits salaires et aux retraites de tout le monde. J’ai acquis la conviction que 2014 sera l’année de l’effet boomerang !
Enfin il y a les multiples signaux de la lassitude des Rennais, quelque soient leurs opinions politiques, vis-à-vis de l’arrogance d’élus enfermés dans leurs certitudes, qui croient tout savoir et qui n’écoutent plus.
Chers amis, savons nous écouter ces signaux ? Voulons-nous les prendre au sérieux et nous mettre vraiment en marche ? C’est la question que les Rennais se posent. C’est la question qui m’est souvent posée. C’est la question qu’ils nous posent collectivement. Et bien, je vous invite à y répondre avec moi à partir de ce soir.
Pour cela il y a deux préalables.
Le premier préalable, c’est l’unité. Vous le savez d’expérience, quand nous nous divisons, nous le payons cher. Quand nous nous unissons nous sommes plus forts. Nous l’avons vécu par le passé et encore récemment au niveau national. Nous l’avons vécu aussi à Rennes dans le passé. Sans unité, nous n’avons aucune chance que les Rennais nous entendent et nous fassent confiance.
Aujourd’hui, nous avons la chance d’être unis. Cette unité, nous la devons notamment à la volonté, à l’intelligence et à l’esprit de coopération de ceux d’entre vous qui ont un engagement dans nos différentes formations politiques. Je veux saluer tout particulièrement mes amis Loïck Le Brun et Bertrand Plouvier, qui ont tous deux œuvré depuis de longs mois pour que nous partions dans l’unité. Et je voudrais aussi saluer Dominique de Legge, président de l’UMP 35 et Thierry Benoit, président de l’UDI 35 qui nous font l’amitié d’être là ce soir.
Cette unité sera un socle. Chacun sait que dans une élection municipale, il n’y a pas des dizaines de choix possibles. Il n’y en a que deux. En 2014, il y aura le choix entre le système PS en place et le choix du renouveau. Notre unité sera le socle du renouveau. Ce socle doit être solide. Mais il doit être ouvert. Ouvert éventuellement à d’autres organisations politiques dont les sensibilités sont, sur bien des sujets rennais, très proches des nôtres, je pense notamment au Modem ou au Parti Breton. Ouvert surtout à tous les Rennais qui aiment leur ville qui aspirent au renouveau et qui souhaitent que leur parole soit à nouveau écoutée.
Car le deuxième préalable, celui qui doit être une préoccupation incessante au cours des prochains mois, c’est de redonner la parole aux Rennais.
Je voudrais vous le dire à vous qui êtes là, parce que vous êtes des amis et parce que vous allez faire route avec nous dans l’aventure des municipales, le mot d’ordre que vous voyez affiché dans cette salle n’est pas un slogan publicitaire. Ce n’est pas un mot d’ordre de circonstance.
C’est d’abord une question d’honnêteté. Les Rennais en ont ras-le-bol de cette communication qui dégouline d’argent public gaspillé à faire semblant. 50 000 euros pour chaque caravane des quartiers, 1,5 million pour VivaCité, sans compter toutes les pseudo-concertations sur des décisions déjà prises. Toute cette communication de façade ne sert en réalité qu’à augmenter le sentiment de frustration des Rennais par rapport à leurs élus. Le mécontentement sur la concertation a bondi de 50% entre 2010 et 2012, c’est-à-dire au même rythme que les dépenses de communication.
C’est ensuite une question d’efficacité. Croyez-vous que nous serons entendus par les Rennais si nous ne commençons pas par nous mettre à leur écoute ? Personnellement, je ne le crois pas. Si nous voulons faire remonter la participation aux élections, qui est très basse à Rennes –notamment dans l’électorat qui nous est favorable- alors il faut que nous prenions la peine de connaître vraiment les attentes des habitants. Il faut donc leur redonner la parole.
C’est finalement une affaire de conviction. On le voit bien, il y a deux philosophies très différentes. Les élus et le système PS ont la conviction que la vitalité de Rennes tient avant tout aux décisions qu’ils prennent. Dans leur esprit, tout procède du politique. Les emplois créés, la façon dont les gens se déplacent, se logent, éduquent leurs enfants, font leurs courses… et sans doute devra-t-on bientôt remercier l’adjoint aux sports des résultats sportifs de Rennes en coupe de France. Dans cet esprit, il leur suffit d’informer les habitants de ce qui est bon pour eux. Mais leur donner vraiment la parole à quoi bon ?
Ma conviction est que Rennes souffre de cet aveuglement d’une équipe qui est là depuis tellement longtemps qu’elle a le sentiment d’être au centre de tout, qu’elle veut contrôler tout, qu’elle a peur pour son pouvoir, qu’elle finit par se méfier des initiatives qui lui échappent.. En redonnant la parole aux Rennais, nous prendrons le parti inverse. Celui d’accompagner et de libérer les énergies rennaises.
Alors oui redonnons la parole aux Rennais. Pas en général, pas de façon anonyme. Mais en particulier, en écoutant leurs préoccupations, en allant rencontrer ceux qui nous entourent là où ils vivent, là où ils travaillent, où ils font du sport, où ils éduquent leurs enfants, dans les transports, dans les commerces, dans les maisons de retraite.
Redonnons la parole aux jardiniers de la plaine de Baud, aux habitants des prairies Saint-Martin et à tous ceux qui pensent que la nature en ville, ce n’est pas seulement l’affaire d’urbanistes parisiens mais que cela peut être aussi le fruit de l’initiative et de l’engagement quotidien des habitants eux-mêmes.
Redonnons la parole aux habitants du Blosne et de Villejean pour qui la cohabitation avec certaines familles étrangères n’est pas toujours facile mais qui ne trouvent jamais personne avec qui en parler. Et donnons aussi la parole à des associations qui font, sans attendre d’aide, un travail remarquable pour la rencontre des cultures et des religions.
Redonnons la parole aux habitants de Bourg l’Evêque, de la Bellangerais, du Gast et de bien d’autres lieux encore pour qui le délaissement des centres commerciaux de quartier c’est du lien social qui se perd.
Redonnons la parole aux clubs sportifs pour définir avec eux les conditions d’une vraie ambition sportive pour Rennes.
Redonnons la parole aux communautés éducatives du public et du privé, aux familles, aux associations sportives et culturelles pour que la réforme des rythmes scolaires cesse d’être un projet venu d’en haut et soit au contraire l’occasion d’innover au plus près des attentes des familles.
Redonnons la parole à ceux qui portent une ambition pour l’université et pour l’économie rennaise.
Redonnons la parole à tous ces habitants et ces professionnels pour qui la politique anti voiture s’impose sans concertation, sans solution de rechange pour se déplacer, pour stationner
Redonnons la parole à tous ceux qui subissent les hausses d’impôts locaux et qui ont du mal à comprendre le dérapage sans fin du coût du couvent des Jacobins.
Redonnons la parole à ceux qui ont pour leur quartier des ambitions et des projets, à tous les acteurs du lien social et du lien entre les générations.
Redonnons la parole à tous ceux que la municipalité ne veut pas entendre et à tous ceux dont l’initiative et l’énergie fait vivre Rennes.
Redonner la parole aux Rennais, c’est bien par là que nous devons commencer. Ce n’est pas forcément une tâche facile. Mais ça peut être une aventure passionnante. Elle demande de l’engagement. Chacun d’entre nous peut y apporter sa contribution à sa mesure. Elle demande du temps et c’est pourquoi nous allons prendre au moins 6 mois pour nous y consacrer pleinement. C’est enfin une aventure que nous ne mènerons à bien que parce que nous avons une équipe d’animation et une méthode de travail.
L’équipe, elle a commencé de se mettre au travail. Autour de Bertrand PLOUVIER, qui, avec l’aide de Philippe TREUVEUR coordonnera l’action dans les quartiers, d’Aude BOUVET, qui va piloter le projet, de Marie LOUIS qui aura en charge la communication, de Loick et Bertrand qui assurent la coordination politique en tant que porte paroles.
Ce noyau a déjà commencé de s’élargir grâce à un certain nombre d’entre vous qui ont souhaité apporter leur compétence dans un domaine particulier ou leur disponibilité pour agir dans leur quartier.
Aude et Bertrand vous diront tout à l’heure très pratiquement comment chacun d’entre vous pourra s’inscrire dans cette démarche et dès ce soir nous faire part de son intérêt et de sa disponibilité. Soit pour contribuer au projet et préparer le programme du mandat municipal. Soit pour réfléchir et agir à l’échelle de son quartier.
La méthode elle va reposer, dans les huit mois qui viennent, sur deux outils très simples que nous allons mettre à la disposition des Rennais.
Un premier outil est disponible dès aujourd’hui. C’est un blog destiné à recueillir les remarques, les critiques et les propositions pour la ville. Son nom « laparoleauxrennais.org » dit, très simplement, ce pour quoi il est fait.
Un second outil a vocation à être communiqué aux Rennais dans le courant du mois de mai. C’est un questionnaire. Nous le préparerons avec les équipes thématiques et les équipes de quartier. Et nous le distribuerons tous ensemble dans toutes les boites aux lettres de Rennes au mois de mai.
Entre temps, les groupes de travail par thèmes et par quartier s’organiseront chacun à leur rythme.
A la fin juin, un temps fort nous permettra de faire le retour de tout ce que nous aurons recueilli et entendu. Et fin août début septembre, nous publierons un petit livre pour dire aux Rennais : voilà ce que nous avons entendu. Voilà les attentes auxquelles nous souhaitons répondre dans le programme qui sera développé début 2014 au moment où la phase la plus active de la campagne démarrera.
Chers amis, nous le savons tous le contexte est difficile.
Le contexte international, nous le voyons en Algérie et au Mali, le contexte national, avec un Gouvernement empêtré dans ses contradictions, mais aussi le contexte breton et rennais. Le chômage est reparti à la hausse. Et notre tissu économique, jusqu’alors plutôt épargné, risque de devoir affronter la tempête.
Dans ce contexte, nous allons nous mobiliser. Je vous propose d’avancer avec la détermination et l’envie de ceux qui aiment leur ville, qui ont confiance dans ses atouts et qui ont envie qu’on leur redonne la parole. Je vous propose de vous engager chacun à votre mesure. L’enjeu en vaut la peine.
Je vous souhaite une bonne année 2013, je nous souhaite une très bonne année.
Je vous souhaite une bonne santé, je nous souhaite une très bonne santé, nous en aurons besoin.