Pour en finir avec un pessimisme bien français

Idées neuves, Place du marché 7 février 2012

par Pierre GUSDORF (pierre.gusdorf@gmail.com)

Sondage après sondage, la presse se fait complaisamment l’écho de cette notable exception française : le pessimisme. Ce manque de confiance en l’avenir qui affecterait nos compatriotes donne lieu régulièrement à des analyses variées. Leur point commun est de mettre immanquablement en avant la défiance à l’égard de la politique, des politiques. Est-ce aussi simple ?

Curieusement, deux points ne sont jamais évoqués par les commentateurs :

- L’inculture du compromis politique : depuis 1958, notre pays n’a plus connu de gouvernement de coalition entre grands partis. Schématiquement, c’est toujours « droite contre gauche » et réciproquement. De ce fait, toute politique gouvernementale est systématiquement jugée nocive par l’opposition. Tendance aggravée par la prégnance d’une idéologie manichéenne d’héritage marxiste. Les points de convergence sont exceptionnellement rares et vécus honteusement. L’actualité fournit un bon exemple avec la « règle d’or » de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux : celle-ci embarrasse au plus haut point le parti socialiste, qui désapprouve vigoureusement cette mesure jugée sarkozyste tout en expliquant laborieusement qu’il la mettra en place s’il parvient au pouvoir. Comment l’électeur pourrait-il avoir une vision claire de l’avenir quand toutes les propositions ou décisions d’un camp sont systématiquement démolies par l’autre camp ?

- Le rôle de la presse : ce n’est pas nouveau, les médias s’attachent à ne parler que des trains qui n’arrivent pas à l’heure. Les « faut que ça rate » : ainsi De Gaulle surnommait-il déjà certains journalistes. Cette tendance s’est considérablement aggravée ces dernières années : défaitisme, catastrophisme, misérabilisme sont aujourd’hui le credo d’une presse dont les acteurs paraissent torturés par la mauvaise conscience des privilégiés. Au point que l’homme de la rue évoque fréquemment sa réticence à allumer radio ou télévision de peur de n’entendre que de mauvaises nouvelles. Par surcroît, le milieu des journalistes d’actualité est largement dominé par les idées de gauche[1]. Comment s’étonner dans ces conditions que la politique des derniers gouvernements ait été systématiquement présentée sous un jour sombre et néfaste par la quasi-totalité des médias ?

Le phénomène s’auto-alimente par les enquêtes d’opinion qui mettent en évidence l’efficacité de ce système de démolition et constituent un élément supplémentaire de déprime, donnant lieu à un supplément de sombres analyses.

La presse ne se remet jamais en cause à l’occasion de ce triste constat. Etonnant, non ?


[1] Fait démontré par le célèbre sondage de l’institut SCP réalisé en février 2001 paru notamment dans l’hebdomadaire Marianne – cf http://archives.contrepoints.org/IMG/pdf/www-contrepoints-org_La-veritable-pensee-unique.pdf).


Ajout d’un module de sondages

Questions/réponses, Sur le vif 21 janvier 2009

Nous travaillons à apporter des améliorations constantes à ce site, sur la forme comme sur le fond.

Les visiteurs réguliers auront ainsi remarqué que nous avons inclu au cours de ces dernières semaines un système de gestion (et d’accès) aux archives ainsi qu’un nuage de « mots clés » dynamique. Nous avons d’ailleurs prévu d’améliorer à terme la solution que nous avons retenue afin de faciliter l’accès aux articles en général et aux compte rendus de conseils en particulier.

Par ailleurs, nous sommes en train de terminer la création des rubriques « forums » et « au coeur des quartiers », qui vous seront proposées ici très prochainement. Elles répondent au souci de stimuler le débat et de permettre à chacun de s’informer, réagir et contribuer au plus près de ses centres d’intérêt. 

En attendant, nous proposerons règulièrement à partir d’aujourd’hui des petits questionnaires qui vous permettront, en quelques secondes, de donner un avis sur des questions aussi diverses que les événements qui font l’actualité rennaise, l’actualité nationale lorsqu’elle est en raisonnance avec le local, les améliorations à apporter à ce site, etc.

Les réponses que vous y apporterez contribueront à éclairer cet « autre regard » et nourrir le débat que nous avons entrepris de proposer ici. 

 

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Huit semaines sans voitures

Idées neuves, Place du marché 21 octobre 2008

A Nantes, une expérience originale a conduit 4 personnes à se passer, deux mois durant de leur voiture. C’est l’expérience Zenius. Elle présente un double intérêt. D’abord montrer que c’est possible.

En alliant location de voiture, transport en commun et transport en mode doux, les participants ont réussi grosso modo à se passer de leur voiture et même, pour certains, ont renoncé à en posséder une de manière permanente.

Deuxième intérêt, pointer les points de blocage. Il y a des situations dans lesquelles, qu’on le veuille ou non la voiture reste le seul mode de transport possible, parce que les autres ne sont pas assez développés ou sont inadaptés aux exigences professionnelles ou familiales.

Pourquoi ne pas tenter une expérience similaire à Rennes, en faisant notamment participer à l’expérience des habitants des communes de la métropole ?

On s’apercevrait vite que, malgré le discours sur le développement des transports en commun, il n’y a pas aujourd’hui, lorsqu’on habite dans une commune voisine de Rennes, de véritable possibilité de se priver de sa voiture. Rien de tel qu’une expérience très concrète pour mesurer les progrès à réaliser!


Des panneaux solaires sur les toits des bâtiments communaux

Idées neuves, Place du marché 17 octobre 2008

Même en Bretagne (où la pluie, comme on le dit quelquefois en des termes plus familiers, «choisit ses cibles»…) les panneaux photovoltaïques permettent de produire une « électricité verte » à des conditions tout à fait intéressantes.

Sans aucun danger ni aucune nuisance, les conditions de rachat de l’énergie produite par EDF (32 centimes d’euros le KWh garantis sur 20 ans) permettent par ailleurs d’envisager un amortissement sur 12 ans des installations. Lorsque les panneaux sont intégrés au bâti lors de sa conception, le prix de vente est même réévalué à 57 centimes d’euros. L’objet de cette différence de traitement est d’incorporer au mieux les générateurs solaires dans l’enveloppe du bâtiment et ainsi de les rendre le plus discrets possible en les faisant remplir les fonctions réservées aux matériaux de construction.

Face à l’augmentation du coût de l’énergie, pour répondre aux objectifs nationaux de production d’énergies à partir de sources renouvelables, de nombreuses communes équipent aujourd’hui leurs bâtiments communaux de toitures ou de panneaux solaires. Bénéficiant souvent d’aides à l’investissement, l’initiative constitue aussi un outil de sensibilisation et d’éducation à l’environnement, en même temps qu’un moyen de réduire la facture énergétique. Elle contribue en outre au développement d’une filière dont les retombées en termes d’emplois sont loin d’être négligeables.

La Ville de Rennes ne manque pas de lieux suffisamment vastes auxquels un tel programme pourrait être destiné : écoles, gymnases, équipements publics etc. A l’heure où le Centre d’Information sur l’Energie et l’Environnement et le Conseil Local à l’Energie tiennent (parvis des Champs Libres et avec le soutien de la Mairie) du 17 et 25 octobre leur « semaine de l’énergie », tout engagement de la Ville en ce sens prolongerait la portée concrète qu’elle veut donner au Plan « Energie climat » adopté en 2004.


La « déconstruction sélective » a encore des progrès à faire à Rennes

Idées neuves, Place du marché 17 octobre 2008

Le tri sélectif sollicite beaucoup les efforts des collectivités qui en ont la charge. C’est vrai à Rennes métropole comme ailleurs. A la maison, les esprits ont évolué et les pratiques aussi. Mais le sait-on? Les déchets ménagers, dont la communauté d’agglomération de Rennes a la charge de la collecte et du traitement ne constituent qu’une faible part des déchets produits au total. En France, chaque année, près d’un milliard de tonnes de déchets sont produits (850 millions de tonnes exactement). Or les déchets ménagers ne représentent que 4%, contre 40% pour les déchets du BTP. Bien souvent les matériaux issus de la démolition des batiments et ouvrages sont refourgués en vrac pour construire des routes, sans que l’on se préoccupe de récupérer les composants métalliques, minéraux ou plastiques qui les composent.Il y a là pourtant un gisement considérable de recyclage.

A Rennes, seul le chantier de la Courrouze a donné lieu pour l’instant à une prise en compte de cette préoccupation. Et dans toutes les autres ZAC et chantiers de démolition reconstruction de la ville? Des progrès restent à faire. Et des économies aussi!