Passe d’armes autour de la fresque Dubonnet

Centre, Dans les médias 12 mai 2010


Maison des associations et Maison de quartier Beauregard : les deux dossiers n’ont pas fait grand débat


La nouvelle Maison des Associations : le choix contestable d’une rénovation

Intervention de Benoît CARON

Conseil Municipal du 10 mai 2010

 

Monsieur le Maire,

Cher(e)s Collègues,

  

Cette délibération appelle de notre part un certain nombre d’observations. 

Nous en sommes sans doute à la dernière phase des travaux concernant l’aménagement de l’esplanade du Général de Gaulle. 

Après les champs libres, le 4 bis, le Liberté rénové, les complexes cinématographiques, la station de métro, nous voici sans doute arrivés au terme des aménagements de la place avec cette délibération concernant la restructuration de la maison des associations.

1°) Tout d’abord, le choix que vous avez fait de restructurer une partie des bâtiments existants, vous le savez n’était pas le nôtre. Vous avez, sur le plan architectural, pris l’option de mettre au devant du bâtiment un autre édifice en verre, de conception résolument actuelle : le 4 Bis.

Au risque de déséquilibrer l’harmonie nouvelle de l’esplanade, composée désormais de bâtiments d’architecture contemporaine, vous envisagez de restructurer un bâtiment de conception ancienne.

2°) Ensuite, le coût de cette restructuration, nous interpelle. L’opération en phase programme est évaluée à 7 660 000 € TTC sans compter les diverses options qui sont susceptibles d’augmenter encore ce montant. Nous connaissons les aléas en termes de délais de livraison, de dérives des finances publiques et d’efficacité de ce genre d’opération.

3°) Par ailleurs, sur le plan de l’accessibilité le projet n’est pas satisfaisant. En effet, une partie de ce bâtiment rénové, ne sera pas, malgré les travaux accessibles par des personnes à mobilité réduite. Un comble de voter cette délibération le soir d’un conseil municipal où nous allons nous prononcer pour étendre le droit et l’accessibilité aux bâtiments et voies publiques aux personnes handicapées.

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Pôles commerciaux rennais : en finir avec la politique de Gribouille !

Nouvelle imageGribouille se jetait à l’eau pour éviter de se mouiller. La municipalité rennaise et Rennes métropole signent une charte d’urbanisme commercial pour éviter de la mettre en oeuvre. Résultat deux ans après : un pôle commercial de centre-ville fragilisé, un développement déséquilibré des pôles périphériques, une politique contraire à tous les principes du développement durable.

Le dynamisme commercial ne se décrète pas. La charte d’urbanisme commercial signée fin 2007 n’a pas l’ambition de garantir, à elle seule, l’attractivité et le développement équilibré du commerce à Rennes. Mais ses partenaires – au premier rang desquels le maire de Rennes, président de Rennes Métropole- ont pris trois engagements : renforcer l’attractivité du pôle de centre ville, équilibrer les pôles périphériques, respecter une logique de développement durable. Or, de coups de canifs en tergiversations, le Maire de Rennes ne tient son cap sur aucune de ces priorités.

Première priorité, le coeur de Rennes. 1er pôle commercial de Bretagne avec 1600 commerces représentant 430 millions d’euros de chiffre d’affaire, c’est un moteur de l’attractivité de la  ville. Mais un moteur fragile. Sans accessibilité, il étouffe. Or la mairie n’avance ni sur l’extension du plateau pietonnier ni sur la désaturation des parkings relais. Sans le maintien d’un réseau d’enseignes de qualité, il s’étiole. Or le nombre de fonds de commerce à vendre dans le centre augmente sans que l’accompagnement annoncé soit au rendez-vous.

En réalité, le maire de Rennes, président de Rennes Métropole, met en oeuvre, au contraire, une très curieuse stratégie de concurrence exacerbée des centres commerciaux du nord de Rennes, dont l’effet  mécanique est d’affaiblir le commerce rennais. Face au développement de Cap Malo, sur la Mézière, Rennes Métropole a voulu répondre, à quelques kilomètres à peine, par l’implantation du même type de commerces à Betton. Quel intérêt pour la collectivité de prendre parti dans une guerre commerciale que se livrent des enseignes concurrentes? Et que cherche-t-on en autorisant encore l’extension de plusieurs milliers de mètres carrès des grandes surfaces de Betton, sinon un déséquilibre accru, commercial et territorial, en contradiction flagrante avec les engagements de la charte?

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Prairies des Matélouères : la ville s’enferme dans une position autiste

Poirier Prairie Poterie 002Voilà des mois que la municipalité rennaise cherche à isoler et à dénigrer les défenseurs du site naturel des prairies des Matélouères. Cet écrin naturel abrite, en plein cœur de Rennes, un biotope exceptionnel et plusieurs espèces protégées. Il participe d’un corridor écologique. Son urbanisation est un non sens. Des associations, un collectif, des habitants se sont époumonés à le répéter. Mais, ici comme ailleurs, la mairie se considère comme la seule expression de l’intérêt général, comme si habitants et associations ne défendaient, par construction, que des intérêts corporatistes. 

Ce complexe de supériorité de la mairie vis-à-vis des habitants, peut il aller jusqu’à refuser de prendre en compte l’avis des scientifiques ? Malheureusement oui. Il y a quelques semaines le Conseil scientifique régional patrimoine naturel, dont l’indépendance, l’autorité et la compétence sont difficilement contestables valide le point de vue des habitants et dénonce le projet d’urbanisation des prairies. L’adjoint à l’urbanisme dégage en touche : « ce n’est qu’un avis ».

Mais nous apprenons aujourd’hui que cet avis n’est pas sans poser de question à la direction régionale de l’environnement et au Préfet lui-même. La ville peut elle sans renier tous les discours prétendument écolo-compatibles dont elle abreuve les Rennais, continuer à préconiser l’urbanisation d’un site naturel majeur et de ses abords ? Nous affirmons pour notre part que ce serait un entêtement absurde de ne rien voir et de ne rien écouter.

Il est vrai que le vert très pâle des élus de Rennes métropole Ecologie qui ont obtenu des responsabilités dans la municipalité PS moyennant leur discipline sur certains sujets écologiquement sensibles, ne facilite pas les efforts de ceux qui veulent préserver la nature dans la ville.


La nouvelle collecte des déchets : une réorganisation regrettable

devptdurableBenoît CARON au nom du groupe pour Rennes Capitale trouve profondément regrettable cette nouvelle organisation du ramassage des déchets dans le centre ville.

Elle ne correspond pas aux besoins des habitants et des commerçants et rend par ailleurs la situation très compliquée. En effet, au-delà, de la baisse du nombre de passages, les horaires retenus occasionnent des perturbations de la circulation et de la vie commerciale du centre ville.

Cette nouvelle organisation, est également regrettable pour le contribuable Rennais car elle n’a pas vocation à réduire la Taxe d’Ordures Ménagères.

Nous avions pourtant alerté la Majorité de Rennes Métropole en assemblée des désagréments et des déséquilibres qui résulteraient de cette nouvelle organisation. Celle-ci avait malheureusement une nouvelle fois été ignorée notre intervention et l’avait même tournée en dérision.

Cet épisode est une nouvelle illustration du manque de concertation et d’un exercice du pouvoir autoritaire.


Refus du dialogue. Villejean : un nouveau cas d’école.

enfants tribune« On ferme d’abord, on discute après ! »

A deux pas de l’université, au cœur d’un quartier en ZEP (zone d’éducation prioritaire), l’école primaire JF Kennedy est une école à taille humaine. Les effectifs y ont certes baissé. Mais la violence scolaire aussi. Motivés et soudés par l’enjeu éducatif, parents et enseignants se mobilisent ensemble pour faire vivre à Villejean une école dont ils sont fiers.

Mais patatras ! Plutôt que d’encourager une dynamique, la mairie brandit le rouleau compresseur du « tous pareils ». Elle ferme l’école sous prétexte qu’elle est plus petite que les autres écoles du quartier. Les difficultés pratiques pour redispatcher les enfants s’accumulent, le devenir du site Kennedy est enveloppé de brouillard, l’avantage financier de l’opération est nul. Tout cela devrait peser dans la décision ! A tout le moins les parents et les habitants voudraient en discuter.

Il n’en est pas question. Le verdict est tombé. De haut. Comme à la maison de quartier de Maurepas. Comme à la bibliothèque de la Maison bleue. Comme à celle de Carrefour 18. Les habitants croyaient pouvoir être considérés comme des citoyens adultes. La mairie ne l’entend pas de cette oreille. « On ferme d’abord, on discute après ! ».


Centre ancien : c’est avec les habitants que l’avenir doit s’écrire

porte de Rennes 15eme siecleDébut mars, les Rennais apprenaient stupéfaits que l’immeuble qui abrite le « Piccadilly » sur la place de la mairie devait être évacué dans l’urgence. Une fois encore, l’état du bâti du centre ancien faisait la « une » du journal. Une fois encore sous le signe de l’urgence.

Cette urgence est réelle. Elle est connue. Elle a été précisément analysée par un rapport publié en 2008, qui a recensé plus de 1 500 immeubles dégradés, dont 300 présentent des risques sérieux nécessitant une intervention lourde. Elle doit être traitée avec sérieux. La prise de conscience de la mairie, pour tardive qu’elle soit, et la constitution d’une mission « Centre ancien » peut y aider. A condition toutefois d’accompagner les propriétaires, qui ont des responsabilités à assumer mais qui ont aussi besoin d’être conseillés.

Cependant, on ne doit pas se contenter de l’urgence. L’urgence, en l’espèce, est en partie la sanction de décennies de passivité pendant lesquelles la mairie n’a pas su ou pas voulu prendre la mesure du problème. Car les dégradations et certains défauts d’entretien ne datent pas d’hier. Et chacun pouvait constater que l’efficacité des OPAH (Opérations programmées d’amélioration de l’habitat) était largement insuffisante.

Plus encore, c’est au prix d’une magistrale erreur sociale et urbanistique que l’on a prétendu que « La Ville ne devait pas en faire trop pour les privilégiés du centre-ville ! ». C’était méconnaître ce quartier si particulier qui, à lui tout seul, fut toute la Ville il y a moins d’un siècle. La réalité était pourtant très différente. De nombreux Rennais aux revenus très ordinaires, des familles vivaient derrière les belles façades en si mauvais état. Les a-t-on pris en compte ? Non. Des logements familiaux ont été divisés dans l’indifférence en studios étudiants ou en bureaux. Certains combles ont été aménagés au-delà de ce qui est souhaitable. Et c’est ainsi qu’au fil des ans, l’équilibre social a été abandonné à son sort aussi bien que les bâtiments.

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