Au sommaire du dossier :

1. De l’intérêt d’un Palais des Congrès

2. Un projet tardif : les données du problèmes

3. Le Couvent des Jacobins ? Une « fausse bonne idée »

4. Les alternatives au Couvent des Jacobins

4. Les alternatives au Couvent des Jacobins

4.1 Pourquoi et comment établir une « offre complémentaire » ?

› Se positionner dans le Grand Ouest. Malgré son rôle-clef au sein du Grand Ouest français, notre ville nous l’avons relevé ne dispose toujours pas de Centre des Congrès. Il suffit pourtant de regarder autour de nous pour constater l’impact positif qu’un tel équipement a sur toute une agglomération. Saint-Malo, Nantes, Angers, La Baule Saint Brieuc ont le leur, et attirent chaque année des milliers de conférenciers, générant d’importantes retombées économiques pour les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et du commerce. Sans parler du surcroît de rayonnement national qui en découle.

Toutes les études et tous les professionnels interrogés soulignent les conditions auxquelles le futur Centre rennais trouvera sa place au milieu d’une offre déjà abondante. En effet, Rennes accueille à l’heure actuelle bon nombre de colloques et réunions professionnelles, mais peine encore à présenter sa propre solution «clefs-en-main» -une prestation pourtant très recherchée- faute d’infrastructure pour la justifier. D’autre part, sur le marché des congrès, l’offre tend à stimuler la demande et à produire un véritable d’appel d’air auprès des organisateurs d’événements, comme le démontre la réussite de la Cité des congrès de Nantes : allié à une gestion ambitieuse, un équipement convenablement dimensionné finit toujours par susciter des ambitions et contribuer au rayonnement d’une ville. Qui n’a jamais entendu parler de la Folle journée, des Utopiales, ou encore du festival Juste pour rire ? Autant de manifestations de référence qu’Atlantic Events, la structure destinée à œuvrer à la rentabilité de la Cité des congrès de Nantes a rendues possibles.

› Les critères qui entrent en compte. Si la ville de Rennes entend entrer dans une telle dynamique, encore faut-il qu’elle se pose les bonnes questions. La solution du couvent des Jacobins, actuellement retenue par l’équipe municipale est-elle, à ce sujet, réellement adaptée ? Rien n’est moins sûr, ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que ce site n’a jamais été débattu. Difficile d’accès pour les travaux, sa dimension historique imposera des surcoûts considérables : fouilles archéologiques, préservation du cadre… Qui plus est, son implantation, place Sainte-Anne, rendra son accès très malaisé : les conférenciers se déplacent le plus souvent en voiture; or, stationner dans le centre-ville de Rennes relève de l’exploit. Quant aux cars qui emmènent les groupes, on a peine là aussi à voir où les garer.

Si ces inconvénients sont aussi nombreux, c’est que le site du couvent des Jacobins a été retenu au gré d’une méthode qui défie les conditions qui président d’ordinaire à ce genre d’opération. Longtemps laissé en souffrance, la municipalité a surtout vu dans le projet de Centre des Congrès l’opportunité de lui assigner une vocation sans considération de ses inconvénients. On a marché à l’envers en réduisant les atouts du site à la perspective de le sortir de son abandon, tout en dotant la ville d’un équipement structurant longtemps refusé.

4.2 L’enjeu de la « jauge » : risques et opportunités

› Qu’est-ce que la « jauge » ? La jauge désigne concrètement le nombre de personnes que peut accueillir le Centre des Congrès. Cette donnée est fondamentale, car elle détermine directement l’échelle à laquelle la municipalité entend porter le projet. À titre de comparaison, la jauge du Palais du Grand Large de Saint-Malo s’établit à 800 personnes : un choix cohérent dans le cadre d’une ville moyenne ; mais Rennes peut-elle se contenter d’un équipement de ville moyenne, au risque de passer à côté d’une réelle opportunité de rayonnement culturel national, voire international ?

› Les enjeux. Déterminer la jauge va plus loin encore que la seule question de la capacité. Une jauge trop basse limitera évidemment les possibilités qu’offre un Centre des Congrès en temps normal ; le risque est réel de voir l’équipement délaissé en raison de sa petite taille, une éventualité inacceptable au regard des sommes investies. À l’inverse, une jauge démesurément élevée pose la question de sa rentabilité et du «retour sur investissement». Cette question trouve une issue naturelle notamment dans la polyvalence (organisation à la fois de congrès et d’événements culturels).

Au-delà, petit ou grand, un Centre des Congrès ne trouvera pas son public sans un support actif destiné à le faire vivre ; c’est pourquoi il est important de souligner qu’un tel projet engage réellement les acteurs locaux sur le long terme. Mais il reste quand même que la jauge fixe d’emblée un certain niveau d’ambitions au projet : Quel type de congrès voulons-nous attirer ? Quel type de clientèle ? Quelle vocation voulons-nous donner à la ville sur le plan international ? Avec quels moyens ? Autant de questions qui n’ont pas été explicitement débattues.

4.3 Pourquoi une jauge supérieure est-elle préférable ?

› Une opportunité pour la ville. Les premiers concernés par le Centre des Congrès, ce sont évidemment les Rennais ; or, une jauge élevée d’entrée de jeu présente pour eux deux intérêts non-négligeables. D’une part, la ville manifeste un besoin pressant de salles à vocation culturelle : monter la jauge à 2000 ou 3000 places permettrait de faire un usage mixte du Centre, qui, à l’occasion, se transformerait en salle de spectacles.

D’autre part, les retombées économiques sont toujours très importantes ; à titre d’exemple, un congressiste dépense en moyenne entre 120 et 300 € par jour en frais d’hôtellerie, restauration, commerce… Doubler, voire tripler la capacité d’accueil du Centre des Congrès reviendrait donc à multiplier d’autant les bénéfices pour l’économie rennaise.

› Un facteur de rayonnement. Monter la jauge a cet autre intérêt pour la ville : cela en fera une destination privilégiée pour les milieux des affaires (les séminaires d’entreprises et opérations commerciales de 2000 ou 3000 personnes ne sont pas rares) et permettra ainsi à Rennes d’assumer pleinement son statut de capitale régionale du Grand Ouest.

Ce choix (qui élargit l’enjeu de la distinction et de la complémentarité) est qui plus est naturellement conforme à la vocation de notre Ville. Une jauge supérieure permettrait d’accueillir des congrès de niveau national et international plus nombreux dans ses domaines d’excellence industriels, scientifiques ou de services. Dans cette optique, le Centre des Congrès serait une vitrine des secteurs moteurs de l’économie rennaise.

4.4 Tour d’horizon des solutions alternatives

L’idéal eût été de prévoir, dans le cahier des charges de la rénovation du Liberté, une vocation à accueillir des Congrès. L’opposition de l’époque avait fait cette suggestion en considération de l’emplacement du site et des économies qu’elle générait. L’état d’avancement des travaux ne permet plus à présent de l’envisager. Dés lors, trois solutions alternatives peuvent être mises en avant, et ces solutions ont l’avantage de remplir des objectifs clairement établis au départ : ce sont des sites accessibles, qui autorisent une extension des capacités du Centre des Congrès et qui s’inscrivent au mieux dans développement de la ville de Rennes. La maîtrise des coûts y est par ailleurs plus assurée que dans le cadre d’une restauration. Autant d’éléments que méconnaît le projet du Couvent des Jacobins, qui est quant à lui inaccessible, inextensible, et dispendieux.

› Le site de la gare SNCF. La recomposition du nœud de transport intermodal autour de la gare s’accompagne d’une recomposition des activités. Ainsi le « quartier-gare » connaît des mutations importantes qu’il convient d’accompagner. Le Centre des Congrès, accouplé à un Centre d’Affaires, pourrait s’implanter au-dessus des voies ferroviaires, entre les bâtiments de la gare et le pont de l’Alma, et ainsi créer un trait d’union entre le nord et le sud de la ville. Le Centre serait ainsi idéalement placé, raccordé à la fois par le TGV qui placera Rennes à 1h27 de Paris en 2012, par le métro et par les grands axes de communication automobile ; un parking de 500 places accueillerait les conférenciers et les cars. Qui plus est, la faisabilité de cette solution a déjà été éprouvée, notamment à Paris (sur les voies de la gare d’Austerlitz) et à Nice (sur un lit de rivière).

› La prison des femmes. Lieu emblématique de Rennes, le projet de Centre de Congrès assurerait une destination à ce site qui sera bientôt inoccupé. Sa proximité immédiate de la gare, du métro et des rues de l’Alma et de Châtillon, axes majeurs, jouent en sa faveur, en plus des capacités intéressantes d’aménagement qu’autorise le bâtiment.

› Le site ST Micro. Cette solution, résolument tournée vers le sud de l’agglomération, fait le pari ambitieux d’implanter un lieu à haute fréquentation dans un quartier excentré, qui en tirera un important bénéfice en termes de dynamique et de retombées économiques. Elle est envisageable si elle trouve à inscrire le site dans un projet ambitieux de rénovation du quartier. La proximité de la rocade et la desserte du métro offrent de ce point de vue, un avantage pratique indéniable.

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