Ouest-France. D’ici à 2013, Rennes Métropole va soutenir les universités et les chercheurs à hauteur de 26 millions d’euros. Reste à savoir si cette manne financière est suffisante, et bien utilisée…

Hasard du calendrier ? Le jour où les scientifiques du CNRS s’opposaient au projet de réforme du gouvernement, Rennes Métropole débattait de sa politique en faveur de la recherche et des universités. L’enjeu est de taille. L’agglomération rennaise abrite en effet pas moins de 59 000 étudiants et un peu plus de 4 000 chercheurs.

Après avoir lancé la séance d’hier soir avec près d’une demi-heure de retard, Daniel Delaveau, le président de Rennes Métropole, ne s’est pas privé de rappeler les efforts consentis par les collectivités. Dans le cadre du contrat État-Région, l’enseignement supérieur et la recherche, en Bretagne, vont bénéficier de 400 millions d’euros entre 2007 et 2013, dont 206 millions d’euros pour les universités et chercheurs rennais. Sur cette dernière somme, l’agglomération rennaise ne sera pas en reste puisqu’elle déboursera près de 26 millions d’euros.

« C’est en région Bretagne qu’est consenti le plus grand effort. Dans les Pays-de-la-Loire, le contrat État-Région, lui, ne prévoit que 196 millions d’euros », souligne Daniel Delaveau.

Les universités seront évaluées

Et ce dernier de citer les différentes aides accordées par Rennes Métropole : des allocations d’installation pour attirer à Rennes de jeunes chercheurs, des aides pour le financement d’équipements scientifiques, des bourses pour que les jeunes chercheurs rennais puissent se rendre à l’étranger dans le cadre de leurs thèses, des soutiens aux colloques… Le 14 juillet prochain, la ville abritera ainsi un congrès de chimie rassemblant 1 100 chercheurs (de 40 nationalités différentes) dont trois prix Nobel.

Enfin, s’il fallait d’autres exemples de la renommée de l’université rennaise, Isabelle Pellerin, en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, a rappelé qu’un récent classement européen, établi par un organisme allemand, avait classé l’université Rennes 1 au premier rang dans le domaine de la chimie.

En somme, tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Bruno Chavanat, l’élu d’opposition, n’en est pas si sûr. D’une part, celui-ci relève que dans d’autres classements, les universités rennaises n’apparaissent pas.

Mais surtout, afin de mieux apprécier la notoriété et la progression des universités et laboratoires rennais, l’élu UMP souhaiterait que Rennes Métropole mette en place des critères d’évaluation : le taux d’échec des étudiants en première année, le taux de réussite en fin de licence, la prise en compte des classements internationaux et des publications scientifiques et enfin les projets, dans le cadre des pôles de compétitivité qui associent des industriels locaux. « Le monde change. C’est une question stratégique », insiste-t-il.

Alors, comment évaluer la politique de Rennes Métropole ? Bernard Poirier, le premier vice-président, est favorable à l’instauration de critères. « Ces critères sont en cours d’élaboration. Nous ne vous avons pas attendu pour le faire », rétorqua-t-il.

Pierrick BAUDAIS / Ouest France