A noter, la parution la semaine dernière, d’un supplément spécial (encore en kiosque) au magazine L’Express consacré à Rennes et plus particulièrement aux « premiers pas de Daniel Delaveau ».

Plusieurs articles et autant d’angles et de point de vue dans ce dossier à tous égards intéressant. Le fil rouge en est le nouveau maire (et la manière dont il positionne son action en référence à l’ère Hervé qui s’est achevée au printemps), son équipe, ses projets, sa stratégie au terme des six mois qui le séparent de l’élection qui l’a vu prendre… les rennes de la Ville.

Plusieurs angles donc (portrait du maire, profil de sa garde rapprochée, verbatims d’acteurs de la vie rennaise, portraits de l’opposition, dossiers « chauds », interview de Daniel Delaveau…) et parmi eux :

- Tout d’abord un long article (« Daniel Delaveau ou la rupture invisible ») , véritable (re)vue d’ensemble des 6 mois qui se sont écoulés depuis l’élection : « l’ambiance a changé », le parcours d’un homme d’appareil, une personnalité moins cloisonnée (« pas de différence entre l’homme public et l’homme privé »), un style « plus décontracté », une méthode plus « collective« , mais le journaliste relève une « stratégie des premiers mois de mandat qui manque encore de visibilité ».

Une analyse qui fait écho aux interrogations exprimées par le groupe URC dans la presse cet automne et relayées pour certaines d’entre elles dans l’article (« … Bruno Chavanat, qui s’interroge sur les grands desseins du mandat: le train avance sur son élan, mais la prédétermination prend le pas sur l’impulsion politique (…) quand le mandat Delaveau va-t-il réellement commencer ? »).

Enfin, l’article met en perspective les priorités affirmées par le nouveau maire (« Proximité et rayonnement ») avec la « difficulté de conjuguer ces deux priorités et de les traduire dans des actes forts » en relevant que stratégie et projets risquent de trouver leurs limites dans les contraintes financières à venir… et à prévoir.

-  Un article consacré aux grands dossiers qui attendent la Mairie (« Revue de détail des 6 dossiers les plus chauds ») et sur lesquels le Groupe URC a notamment développé des (pro)positions qui sont pour certaines d’entre elles relevées:

  • « L’effet TGV relance le pôle gare » : recomposition urbaine autour de la gare pour accueillir le TGV à 1h27 de Paris en 2014 (cf sur ce site «stratégie LGV »),
  • « La deuxième ligne de métro fait toujours débat » : Opportunité du métro pour la deuxième ligne en TCSP au regard des hypothèques en termes de tracé, coûts, desserte… (cf sur ce site « Pour une deuxième ligne d’agglo »),
  • « Le centre des Congrès se cherche une adresse » : le choix des Jacobins pour implanter le Centre des Congrès pose des questions de coûts, de délais, de difficultés d’accès… (cf sur ce site « Le couvent des jacobins en débat »)
  • « Logement : plan Orsec pour le Centre historique » : la dégradation du patrimoine immobilier dans le Centre Historique -500 à à 600 immeubles pourraient être déclarés en situation de péril dans les deux ans si aucune opération de réhabilitation n’est entreprise- (cf sur ce site « aborder la question par l’angle de la mixité résidentielle »)
  •  » L’intercommunalité bouscule l’administration » : la mutualisation des services de la Ville et de Rennes Métropole (cf sur ce site « une mutualisation sous conditions »)
  • « La cité des idées, un ambitieux programme encore nébuleux ».

-  Le dossier se termine par une interview de Daniel Delaveau qui y expose son objectif de parvenir à « conjuguer la proximité et le rayonnement ». A une question posée par le journaliste: « L’opposition municipale vous reproche ne pas avoir de stratégie claire, que lui répondez vous ? », le maire relève : « … nos opposants sont dans la contradiction : ils nous reprochent à la fois d’agir dans la précipitation (métro, Centre de Congrès) et de ne pas aller assez vite en privilégiant de grandes annonces. Il n’y ni retard ni précipitation ».

Rappelons tout d’abord que l’ambition du rayonnement est celle que nous avons pour notre part mise en évidence tout au long de la campagne et qui s’exprime ici encore, jusque dans le choix du nom de notre groupe et de ce site internet.

Par ailleurs nous n’avons jamais formulé ces deux remarques en tant que telles et surtout simultanément. Les projets et la Vision obéissent chacun à des tempos différents. Les premiers pourraient être à la tactique ce que la seconde serait à la stratégie.

De fait, les « effets d’annonce » sur certains projets (Métro, Couvent des Jacobins), ne peuvent à eux seuls, tenir lieu de cap ou de Vision, pas plus qu’ils ne garantissent que le projet sera rapidement réalisé. Autant mettre alors à profit le temps qui sépare la communication de l’action pour envisager  débats, concertations, « plans B » et autres alternatives qui enrichiront le projet initial.

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