Ouest-France. On a parlé transports, hier soir, lors du conseil de Rennes Métropole. Les plans de financement se préparent. Sur le dossier du métro, seule Caroline Ollivro a voté contre.

Les transports ont alimenté le gros des débats pour le dernier conseil communautaire avant les vacances à Rennes Métropole. Il était surtout question de s’inscrire dans les montages financiers à mettre en place en vue des énormes investissements demandés par la future ligne TGV et la seconde ligne du métro. Au moment du vote, le président, Daniel Delaveau, a échappé de peu à l’unanimité. La faute à Caroline Ollivro (Modem), la seule à faire bande à part sur le métro (lire ci-dessous).

Le projet « Bretagne à grande vitesse » est poussé par les collectivités bretonnes, très soudées pour la réussite du dossier qui mettra Brest à trois heures de Paris. Seul bémol : au niveau national, il est en concurrence avec d’autres projets LGV, comme le Tours-Bordeaux et la deuxième phase du LGV Est. Les Bretons font valoir leurs atouts : unanimité politique, coût plus modéré. Ils veulent finaliser le plan de financement le plus rapidement possible.

Rennes Métropole s’implique activement, anticipant sur les gains de temps et de voyageurs. Lors de la mise en service de la nouvelle ligne, le temps de parcours entre Rennes et Paris sera de 1 h 27. Rennes sera à 3 h 20 de Lille, 3 h 50 de Lyon et près de 4 h de Bruxelles. La distance Rennes – Brest sera couverte en 1 h 40. A plus long terme, on peut envisager une liaison Paris – Rennes en 1 h 23, à une vitesse de 320 km/h.

Le nombre de voyageurs s’arrêtant à Rennes devrait ainsi atteindre 5,2 millions à l’ouverture de la ligne (+21 %). La gare de Rennes, raccordée aux grandes métropoles européennes, sera alors positionnée comme la porte d’entrée de la Bretagne. Elle aura un effet structurant pour le développement économique du territoire.

La LGV Connerré – Rennes, première partie du projet, est estimée à 3 000 millions d’euros. Mais le tour de table n’est pas achevé. Un accord est déjà intervenu entre les Régions Bretagne et Pays de Loire. Il est prévu une participation de 896 millions d’euros à se répartir entre collectivités bretonnes, lesquelles tablent sur une participation de Réseau Ferré de France à hauteur de 34 %.

90 millions d’euros pour Rennes Métropole

Au regard des critères retenus, la facture serait de 90 millions d’euros pour Rennes Métropole, même somme pour le département, et 9 millions pour le Pays de Saint-Malo. Le contrat de projet État – Région a identifié plusieurs postes à l’horizon 2 013 pour la deuxième phase Rennes – Brest. Au total, les collectivités bretonnes s’accordent pour apporter une contribution de 1 110 millions d’euros au projet BGV.

« Un projet pertinent que l’on soutient avec conviction », commente Bruno Chavanat, élu rennais de l’opposition. Il s’inquiète néanmoins pour le prix du billet : « Peut-on faire confiance à Réseau Ferré de France à la SNCF de défendre l’usager et les tarifs sociaux ? » Il ne sera pas le seul à faire remarquer que le coût du billet a bondi de plus de 20 % sur le TGV Est.

Jean-Yves Guyot (Saint-Grégoire) souligne que le dossier breton présente de nombreux atouts. Mais il regrette que le protocole ne fasse pas mention de la liaison Rennes – Nantes et du futur raccordement à l’aéroport international de Notre-Dame-des-Landes. Un projet que défend aussi Caroline Ollivro : « Serait-il passé à la trappe ? »

De son côté, Jean-Louis Merrien (Verts) approuve le LGV, mais moins son financement par les collectivités, surtout qu’il leur faudra puiser dans les réserves pour les courtes distances train.

Alain THOMAS / Ouest France