Rennes veut agir contre le réchauffement climatique
Lundi, les élus ont adopté un « Plan climat énergie territoire ». Objectif : réduire de 50 % la production de gaz à effet de serre de Rennes d’ici 2050. (Journal Ouest France, 6 octobre 2010)
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Pourquoi ? Comment ?
Qu’est ce que le « plan climat énergie territoire » ?
Un rapport détaillant les intentions et actions envisagées pour parvenir à diminuer les émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble de la ville de moitié (moins 50 %) d’ici 2050 (dans 40 ans). La Ville s’est engagée dans cette démarche en s’engageant dans un premier plan de ce type dès 2004. « Rennes a été la première ville de France à le faire, rappelle Jean-Luc Daubaire. Ce plan a permis d’obtenir des résultats formidables, dont la création d’un plan de déplacement des agents municipaux (plus de 1 500 agents impliqués, pour une réduction de 200 tonnes annuelles de CO2), l’organisation d’une exposition, d’une vingtaine de conférences, du lancement de Pédibus à Rennes… »
Quelle est la production rennaise ?
La production de gaz carbonique (CO2) sur l’ensemble du territoire rennais, tous types de productions confondues, est estimée à 720 000 tonnes par an. « Le parc de bâtiments municipaux n’est responsable que de 2,5 % de ces émissions, avec 15 000 tonnes par an, tient à préciser Jean-Luc Daubaire. Les seules voitures particulières représentent 130 000 tonnes. » L’ensemble du trafic routier est estimé à 24 % des émissions, contre 30 % pour les entreprises et 41 % pour l’habitat.
Que veut faire la ville avec ce nouveau plan ?
Faire de Rennes « une ville à basse consommation d’énergie et à haute qualité de vie pour tous ». Voilà pour la philosophie générale. Pour y arriver, 34 des 37 communes de Rennes Métropole, dont Rennes, ont signé la « convention des villes », l’an dernier. Un contrat partagé par 120 villes de France, qui s’engagent à réduire leurs consommations d’énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020. C’est ambitieux, « mais ça ne suffira pas pour atteindre l’objectif de moins 50 % en 2050, prévient Jean-Luc Daubaire. Si on veut y arriver, il faut faire plus dès maintenant. »
Comment être au rendez-vous en 2050 ?
Le plan climat énergie fixe cinq grands axes pour agir : mobiliser les habitants ; améliorer les systèmes de chauffage et d’isolation des bâtiments municipaux ; faciliter les travaux d’économie d’énergie des logements privés ; développer la production de chaleur à partir d’énergies renouvelables ; faciliter les déplacements en vélo ou à pied dans Rennes.
Quel est le point clef ?
Le bâtiment. L’habitat représente 41 % de la production annuelle de CO2 à Rennes. La municipalité a prévu d’investir 2 millions d’euros par an, dès l’an prochain, pour améliorer les performances énergétiques de ses propres bâtiments (700 000 m2 de locaux, qui représentent 60 % des émissions de CO2 des services de la Ville). Une somme qui sera doublée dans un avenir proche… mais qui ne suffira pas, 80 % des émissions liées à l’habitat provenant de logements privés. Mais comment aider les propriétaires privés à se « mobiliser » ?
Il faudra attendre le conseil de Rennes Métropole, le jeudi 14 octobre, pour avoir la réponse : « Nous ferons une annonce importante ce jour-là », promet Jean-Luc Daubaire. En attendant, le nouveau plan climat énergie territorial de Rennes a été adopté à l’unanimité, lundi, par les conseillers municipaux.
Stéphane VERNAY.
Ce qu’ils pensent du « plan climat énergie »
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Bruno Chavanat (UMP, groupe Union pour Rennes Capitale). « Nous votons ce plan malgré nos réserves parce que l’unanimité est importante, au-delà des clivages politiques, compte tenu de l’enjeu sur le climat, considérable. Ce plan devra montrer l’exemple et faire oeuvre de pédagogie pour que chacun puisse contribuer personnellement à cet effort. Soyons le plus concret possible. »
Fabrice Marzin (MoDem). « Les mesures proposées nous paraissent aller dans le bon sens. Le choix d’une seconde ligne de métro ne nous paraît cependant pas pertinent : elle ne desservira ni le stade, ni le centre hospitalier Saint-Grégoire, ni le parc des expositions. On peut également être inquiet concernant le bilan énergétique d’un centre de congrès installé au Couvent des Jacobins… »
Benoît Caron (UMP, groupe Union pour Rennes Capitale). « L’exemple donné par la ville en matière de bilan énergétique avec des bâtiments comme le 4Bis, le Liberté, les Champs Libres ou l’hôtel de Rennes Métropole est un très mauvais exemple donné aux citoyens. Il faudrait avoir l’honnêteté de le reconnaître ! »
Yannick Nadesan (PCF, groupe communiste). « Il faut lutter contre la précarité énergétique. Sans une intervention publique forte, l’habitat écologique risque de devenir un nouvel instrument de clivage entre ceux qui auront les moyens d’avoir un mode de vie « écologique » et ceux qui auront des factures de plus en plus lourdes. »
Sylvain Dajoux (Rouge et Vert). « La multiplication des véhicules électriques risque d’aggraver le problème de la production d’électricité. Nous préconisons la création de parcs relais métro équipés de panneaux photovoltaïques pour recharger les voitures électriques. »
Daniel Delaveau (PS, maire de Rennes). « Il est faux de dire que le métro n’a pas eu d’impact sur la circulation automobile à Rennes. La mise en service de la première ligne de métro a permis une réduction de 17 000 tonnes de CO2 d’origine automobile par an et une réduction de 11 % de la circulation sur les axes de pénétration dans la ville. »
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