Caravanes de quartier : les élus parlent mais n’écoutent pas
Bruno Chavanat revient sur les trois jours de la caravane de quartier installée sur les bords du canal Saint-Martin. S’ils n’ont pas dissipé le malaise des habitants, ils permettent cependant de s’interroger : à quoi sert une « caravane de quartier » ?
Leur lancement, il y a un an, se voulait être le signe d’un renouveau de la « démocratie de proximité ». Les habitants seraient consultés, écoutés, entendus nous annonçait-on. Les débats devaient être ouverts à différentes opinions.
Rien de tout cela ne s’est confirmé.
L’une après l’autre les éditions témoignent de ce que la mairie recherche à travers ces opérations mi-informatives mi-festives qui coûtent chacune 50 000 euros. Il s’agit pour les élus de créer un climat convivial pour exposer leurs propres projets. Il est beaucoup moins question d’entendre ce que disent les habitants et d’accepter de vrais débats.
Malgré de bons moments (les invités maliens, la coupe du monde…), l’édition du canal Saint-Martin, n’a pas échappé à cette logique de communication. Jeudi soir un « grand débat » sur l’eau était prévu : seuls les experts et les élus ont eu la parole. Samedi, sur le sujet brûlant de la bibliothèque, on pouvait espérer que la qualité d’écoute serait à la hauteur du nombre d’élus présents (12). Ce ne fut pas le cas. Les élus sont venus pour parler, pas pour écouter. Quant au débat avec les élus de l’opposition, pourtant présents, il a été tout simplement rayé du programme.
Bruno CHAVANAT















