Petit menu au conseil municipal de rentrée, lundi. Le débat principal a porté sur la révision du Plan local d’urbanisme. L’opposition ne veut pas de logements sur le site des Matélouères (Journal Ouest France, 9 juillet 2010)

La polémique

Peu de débat, peu d’entrain et peu de public pour le conseil. Un petit groupe d’habitants de la Poterie aurait voulu prendre la parole au sujet de la prairie des Matelouères, mais ils n’ont pu s’exprimer, faute d’avoir déposé une demande dans les temps. Le site des Matelouères a pourtant occupé l’essentiel des discussions, ce lundi soir.

Frédéric Bourcier, adjoint à l’urbanisme, était chargé de présenter une délibération portant sur la révision du Plan local d’urbanisme (PLU) de la ville. « Cette révision n’a pas suscité énormément de débats, précise d’emblée l’élu de la majorité. L’enquête publique s’est déroulée dans d’excellentes conditions. Le public est venu nombreux faire valoir ses observations, en toute liberté. »

109 requêtes

Le commissaire enquêteur a collecté 109 requêtes, « trois propositions de modifications ayant concentré 90 % des demandes » : la démolition du siège du Crédit Agricole, rue du Pré-Perché, la prairie des Matelouères et l’aménagement de l’allée des Îles Chausey (La Bellangerais). Un avis « globalement favorable » à la révision du PLU a été proposé, mais assorti de réserves concernant ces trois secteurs. La municipalité a pris les devants.

Le commissaire jugeait trop hauts les immeubles prévus rue du Pré-Perché, le maître d’ouvrage a accepté de réduire leur hauteur de trois étages (10 au lieu de 13). Une voie vélos et piétons est proposée allée des Îles Chausey. Quant aux logements des Matelouères, ils seront « décalés » pour préserver la biodiversité du site. Sans remise en cause du projet.

« La biodiversité du site est plus riche que ce que l’on disait au départ, estime Bruno Chavanat, élu d’opposition UMP et soutien aux opposants à l’urbanisation de la prairie. On y trouve des espèces qu’il est nécessaire de protéger, il forme un corridor écologique avec le bois de Soeuvre, mais vous n’y croyez pas. Vous n’avez pas voulu faire de ces prairies ce qu’elles méritent d’être : un site d’intérêt écologique à l’échelle de la ville. »

Fabrice Marzin, élu MoDem, est sur la même longueur d’ondes. « Convaincu par les arguments des opposants qu’il s’agit d’une mauvaise décision », il annonce qu’il votera également contre la réforme du PLU, « à cause des Matelouères ».

Oral de rattrapage

En réponse, Jean-Luc Dauberre, adjoint au maire en charge de l’écologie urbaine, explique que « personne n’a contesté les résultats de l’enquête sur l’impact écologique du projet, faite grâce aux habitants », et qu’il y a bien une zone à protéger… mais que c’est justement « celle qui sera respectée » de par la révision du projet. Pour ne pas « grignoter plus de terres agricoles, la densification, en ville, est inévitable », insiste l’élu Rennes Métropole Ecologie… qui ne croit pas à l’existence d’un « corridor écologique » entre les Matelouères et le bois de Soeuvre : « Il ne suffit pas 

de rabouter des espaces naturels les uns avec les autres, il faut voir comment se déplacent réellement les animaux ».

Malgré les oppositions, la majorité n’en démord pas : la révision du PLU est votée et le projet Matelouères suit son cours. Frédéric Bourcier le défendra demain, jeudi, face au Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Bretagne (CSRPN).

En février, ce conseil avait recommandé à la mairie de « surseoir à statuer au projet de construction » sur la prairie. Avis qui conforte les opposants à l’urbanisation des Matelouères, mais que la municipalité conteste au motif que le CSRPN ne l’avait pas entendue sur le dossier. « Nous avons demandé à être auditionnés. Nous avons des arguments », conclut Frédéric Bourcier. Cet oral de rattrapage suffira-t-il à infléchir l’avis du conseil scientifique ? Réponse dans quelques jours…

Stéphane VERNAY.